Le Blog Finance

L’Italie et l’UE s’accordent avec la Libye pour financer les camps de migrants et revenir exploiter son pétrole ?

Alors que l’Union européenne ne mâchait pas ses mots encore récemment pour condamner Kadhafi, l’ancien dirigeant libyen …. il n’en demeure pas moins qu’elle semble désormais vouloir à nouveau se servir de la Libye  pour gérer sa politique migratoire … et s’approvisionner en pétrole. Même motifs, même punition oserais-je dire, emboîtant ainsi le pas à la réaction de MSF face à de telles pratiques.

En vertu d’un accord conclu avec Tripoli, dans le cadre de la lutte contre l’immigration clandestine, l’Italie et l’Union européenne vont ainsi contribuer au financement des camps situés en Libye où sont retenus les « candidats » à la traversée de la Méditerranée. Le texte a été signé jeudi par le président du Conseil italien Paolo Gentiloni et le Premier ministre libyen Fayez Seraj.

« Si la situation reste en l’état, nous serons dans quelques semaines face à une crise humanitaire et on commencera à montrer l’Europe du doigt en affirmant qu’elle ne fait rien », a souligné vendredi le Premier ministre maltais Joseph Muscat, dont le pays assure ce semestre la présidence de l’UE. « Par cet accord, il y a une première tentative décente pour apporter une gestion correction des flux migratoires via le centre de la Méditerranée », a-t-il ajouté.

Pour on peu croirait que le seul but de l’UE est humanitaire alors que – comme au « bon vieux temps » de Mohammed Khadafi -  la Libye renoue ainsi avec ses « qualités » de goulet d’étranglement pour l’immense population issue de la région qui tente de trouver une vie meilleure sur le vieux continent.

Il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’un accord intéressant à double titre pour l’Italie … directement impactée par le flux migratoire en provenance de la Libye …. et fortement implantée dans le secteur pétrolier du pays via le groupe énergétique Eni  … ne rêvons pas. Ainsi, en 2016, 181.000 migrants ont effectuée la traversée vers le territoire italien  au départ de la Libye, ce qui constitue un record. Il s’agit désormais de la première voie migratoire vers l’UE.

« Alors que des centaines de personnes ont déjà perdu la vie en 2017 et que le printemps approche, nous sommes déterminés à prendre des mesures supplémentaires pour réduire considérablement les flux de migrants le long de la route de la Méditerranée centrale et pour casser le modèle économique des passeurs (…) », écrivent parallèlement les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne, réunis vendredi à Malte pour une réunion informelle consacrée en partie à la crise migratoire. Ils se sont par ailleurs dits prêts à soutenir l’accord, faisant fi du désaccord de l’Agence de l’Onu pour les réfugiés (HCR), laquelle s’est d’ores et déjà dit hostile au maintien de ces camps où les conditions de vie sont, selon elle, inhumaines.

Les migrants y seront hébergés « jusqu’à leur expulsion ou leur retour volontaire dans leur pays d’origine » et leur gestion relèvera du ministère libyen de l’Intérieur, mais le personnel sera formé par les autorités italiennes, qui fourniront par ailleurs des médicaments et du matériel médical, indiquent les dirigeants européens, tentant ainsi d’apaiser les critiques. alors qu’une telle organisation pourrait – soit dit en passant –  être une « formidable opportunité » pour les firmes pharmaceutiques.

Rome y promet par ailleurs de soutenir fermement le gouvernement d’union nationale dirigé par Fayez al-Sarraj, ainsi que les « institutions militaires et de sécurité » qui en dépendent. Les dirigeants européens ont pris un engagement similaire. Il est vrai que les majors pétrolières de l’UE piétinent d’impatience pour reprendre l’exploitation des ressources énergétiques libyennes, opération mise à mal par le chaos actuel.

- ONU et  MSF hostiles à l’accord 

Pour un peu, les dirigeants européens nous feraient oublier un rapport de l’Onu publié en décembre 2016 indiquant que les camps libyens sont le théâtre de toute sortes d’exactions, telles que la détention arbitraire, le travail forcé, les viols et la torture.

« Conserver des camps en Libye, c’est maintenir les migrants dans des conditions inhumaines et les mettre encore plus en danger« , a déploré pour sa part à Reuters Carlotta Sami, porte-parole du HCR. « L’Union européenne et ses Etats membres doivent se rendre à l’évidence : la Libye n’est pas un pays sûr. On ne peut en aucun cas considérer cela comme une approche humaine du phénomène migratoire« , a renchéri Arjan Hehenkamp, de Médecins sans Frontières (MSF).

Dans un communiqué diffusé après le sommet, MSF, présente dans plusieurs camps en Libye, a estimé que la réunion de Malte démontrait que les dirigeants européens « se fourvoient » quant à la situation en Libye. « Aujourd’hui, il ne s’agissait pas de sauver des vies; il est évident que l’UE est prête à sacrifier des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants vulnérables afin de les empêcher d’atteindre les rivages européens », ajoute l’Association humanitaire  …. qui a visiblement tout compris.

-  Contrôle du pétrole et flux migratoire également sujet d’un accord avec l’Espagne

Pétrole et flux migratoire ont été toujours été intimement liés en Libye …

En avril 2016, le groupe pétrolier espagnol Repsol avait ainsi indiqué via le chef de la diplomatie espagnole être disposé à reprendre ses activités en Libye. Conditionnant toutefois ce retour à une situation sécuritaire le permettant et l’aboutissement de négociations sur le paiement d’arriérés …
Le ministre espagnol, José Manuel García-Margallo, effectuait une visite ayant pour but officiel de soutenir le gouvernement d’union nationale. Gouvernement dans lequel la communauté internationale place tous ses espoirs pour mettre fin au chaos régnant dans ce pays riche en pétrole, où l’Etat islamique (EI / Daesh) semble dicter sa loi.

Suite à sa rencontre avec le Premier ministre désigné du gouvernement d’union, Fayez al-Sarraj, le chef de la diplomatie espagnole avait tenu à préciser que Repsol était disposée à reprendre la production dès qu’un accord serait conclu sur des arriérés dus par les Libyens.

Le ministre espagnol avait par ailleurs rappelé qu’installé en Libye depuis 1975, Repsol produisait 340 000 barils par jour – soit environ 22% de la production pétrolière libyenne – jusqu’à l’été 2014, date à laquelle l’entreprise pétrolière avait cessé l’exploitation en raison de la détérioration de la situation sécuritaire en Libye. Si l’on en croit José Manuel García-Margallo, Repsol aurait les capacités pour produire 100 000 b/j à al-Charara, son principal champ pétrolier dans le sud du pays.

Le gouvernement d’union et l’Espagne avaient par ailleurs évoqué «  l’intensification (…) de la coopération en matière de lutte contre l’immigration clandestine et contre le terrorisme »  ….« Double « opportunité » pour l’Espagne pour obtenir une part du gâteau libyen et tenter de restreindre les flux migratoires » avais-je écrit alors …. Depuis, rien n’a changé dans ce bas monde  …. au grand dam des populations.

-  Déjà un accord entre Italie et Libye en 2012 … après le traité d’amitié signé en 2008

Déjà, en janvier 2012, à l’occasion de la première visite du chef du gouvernement italien Mario Monti à Tripoli, Italie et Libye avaient signé un nouveau pacte, lequel devait servir de cadre politique à leurs relations après la chute de Mouammar Kadhafi. « La déclaration de Tripoli vise à ouvrir de nouveaux horizons pour la coopération entre les deux pays, à renforcer leur amitié et leur coopération dans le cadre d’une nouvelle vision des relations bilatérales » et « dans le respect de la souveraineté nationale » précisait le texte de l’accord.

Mario Monti était  arrivé en Libye à la tête d’une importante délégation, comprenant ses ministres des Affaires étrangères et de la Défense … ainsi que le dirigeant du géant pétrolier italien ENI, Paolo Scaroni. Ce dernier avait alors « profité de l ’occasion » pour indiquer que la compagnie était presque revenue à son niveau de production d’avant-guerre sur le territoire libyen, avec 270.000 barils par jour contre 280.000 avant la révolution.

M. Monti avait également affirmé que son pays était prêt à assister la Libye dans sa reconstruction et sa stabilisation démocratique, tout en se disant prêt à réactiver la coopération entre les deux pays dans la lutte contre l’immigration illégale. Rappelant ainsi à demi-mots le traité d’amitié signé en 2008 entre le colonel Kadhafi et le chef du gouvernement italien d’alors, Silvio Berlusconi. Lequel prévoyait notamment des investissements italiens en Libye à hauteur de 5 milliards de dollars dont la construction, pour environ 3 milliards de dollars, d’une autoroute littorale de 1.700 km. En contrepartie, le régime de Tripoli s’était engagé à limiter l’immigration clandestine. Le traité avait conduit à une chute de 94% de l’immigration illégale vers le sud de l’Italie ….

Désormais, le gouvernement d’union – soutenu par la compagnie nationale pétrolière libyenne – entend relancer  l’exploitation pétrolière, secteur clé de l’économie du pays, après de fortes baisses de production, histoire notamment de reconstruire sa manne pétrolière lui permettant d’asseoir son pouvoir.

- Le pétrole, le poumon noir de la Libye 

A l’heure actuelle, la Libye produit autour de 600.000 barils par jour et compte bien doubler sa production en 2017.   Rappelons qu’avant la chute du régime de Kadhafi en 2011, le pays produisait 1,6 million de barils par jour. Mais depuis, le pays a sombré dans le chaos tant politique que sécuritaire. Dans un tel contexte, il éprouve d’immenses difficultés à exploiter ses ressources pétrolières et à pouvoir en profiter pleinement, une situation qui a conduit son économie au bord de l’effondrement.

Démontrant s’il en était besoin le lien intime entre politique, économie, pétrole et tensions internes en Libye, le directeur de la Compagnie nationale de pétrole (NOC) libyenne, Mustafa Sanalla, avait tenu à souligner  en novembre dernier que le pétrole libyen pouvait « être un vecteur d’unité si on lui permet de couler librement ». Quand le contrôle du flux migratoire permet de contrôler le flux pétrolier.

Sources : AFP, Reuters

Elisabeth Studer – 5 février 2017 – www.leblogfinance.com

A lire  également :

La Libye ne veut pas réduire sa production, tâche accrue pour l’Opep

Libye : la communauté internationale prône la réouverture du marché de l’armement, le pétrole en ligne de mire

Espagne / Libye : retour du pétrolier Repsol contre contrôle de l’immigration ?

Libye : production de 440 000 barils de pétrole par jour, bientôt 2 millions ?

Libye : découverte de gaz par l’italien Eni et le libyen NOC

Vers une déstabilisation du Sahel après la Libye ?

Algérie / AQMI : quand Juppé s’inquiétait de la fuite de missiles de Kadhafi vers le Sahel

Mirages de Kadhafi : rénovés pour financer la campagne de Sarkozy, puis cibles de la coalition ?

 

 

Partager cet article

Article de

7 commentaires

  1. Elisabeth Studer 8 février 2017 à 14:00

    on en reparle !!!

    Le Parlement libyen juge « nul » un accord sur l’immigration AFP08/02/2017

    Le Parlement libyen basé dans l’est du pays a jugé mercredi « nul et non avenu » un accord sur la lutte contre l’immigration clandestine signé la semaine dernière par le gouvernement libyen d’union (GNA) et l’Italie.

    Le Parlement installé à Tobrouk considère qu’il n’y a « aucune obligation morale ou matérielle » liée à cet accord car le GNA et son chef, le Premier ministre Fayez al-Sarraj, « n’ont aucun statut juridique dans l’Etat libyen ».

    M. Sarraj a signé à Rome le 2 février avec son homologue italien Paolo Gentiloni un memorandum d’accord visant à renforcer la lutte contre l’immigration clandestine depuis la Libye, le pays d’Afrique du nord d’où partent chaque année des milliers de migrants vers l’Italie.

    Mais l’autorité de M. Sarraj et du GNA, bien que soutenus par la communauté internationale, n’est pas reconnue par le Parlement issu des élections de 2014. Ce dernier appuie un gouvernement rival basé aussi dans l’est libyen.
    « Des dossiers comme celui de l’immigration clandestine sont parmi les questions cruciales (qui doivent être décidées) par le peuple libyen par l’intermédiaire des députés démocratiquement élus », souligne le Parlement dans son communiqué.

    Le GNA, issu d’un accord interlibyen parrainé par l’Onu et signé en décembre 2015 au Maroc, gère les affaires courantes mais peine à asseoir son autorité à l’échelle de tout le pays, notamment dans l’est.
    Plusieurs observateurs et personnalités politiques libyennes ont critiqué l’accord signé avec Rome, affirmant que celui-ci prévoyait le refoulement des immigrés vers la Libye. Le GNA a démenti toutefois avoir donné son accord à une telle mesure.

    Les Européens envisagent des mesures pour bloquer l’arrivée de milliers de migrants depuis la Libye, mais leurs plans sont critiqués par des organisations internationales et ONG qui redoutent de mauvais traitements à l’encontre des migrants bloqués en Libye faute de pouvoir traverser la Méditerranée.

    Les passeurs de migrants clandestins profitent du chaos qui règne en Libye depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. La plupart des départs ont lieu depuis l’ouest du pays, à destination de l’Italie qui n’est qu’à 300 kilomètres.

  2. Elisabeth Studer 4 mars 2017 à 13:38

    Des groupes islamistes s’emparent d’un site pétrolier en Libye (responsable)

    Benghazi (Libye) – Des groupes islamistes se sont emparés d’un important site pétrolier dans le nord-est de la Libye, a indiqué samedi un responsable militaire.

    Les Brigades de Défense de Benghazi (BDB) « sont arrivées jusqu’à l’aéroport principal de Ras Lanouf », a indiqué le colonel Ahmad al-Mismari, porte-parole des forces loyales aux autorités non reconnues basées dans l’est de la Libye.

    « Les assaillants étaient équipés de tanks modernes et d’un radar pour neutraliser (notre) armée de l’air », a ajouté le colonel Mismari.

    Mais « la bataille continue » et « la situation dans la zone du Croissant pétrolier demeure sous (notre) contrôle », a dit le porte-parole des forces commandées par le maréchal controversé Khalifa Haftar.

    Ces dernières avaient pris le contrôle en septembre des quatre principaux sites pétroliers du pays -Zoueitina, Brega, Ras Lanouf et Al-Sedra-, qui assuraient l’essentiel des exportations libyennes d’or noir.

    Mais les BDB, alliées à des tribus de l’est libyen, ont lancé vendredi une offensive pour tenter de reconquérir ces installations pétrolières.

    Le gouvernement d’union nationale (GNA), installé à Tripoli (ouest) et dont l’autorité est contestée par le maréchal Haftar a affirmé dans un communiqué « n’avoir aucun lien avec l’escalade militaire qui se déroule dans la région du Croissant pétrolier ».

  3. retrouvé le retour 4 mars 2017 à 22:53

    « forces loyales aux autorités non reconnues » « maréchal controversé Khalifa Haftar. »

    Chez nous on pourrait dire: Les forces loyales aux autorités du régime du Hollandais, le maître de l’Elysée font face à celles du candidat controversé Fillon !!

  4. Elisabeth Studer 25 mars 2017 à 01:11

    Libye : la cour d’appel suspend l’accord avec l’Italie sur l’immigration

    AFP24/03/2017

    La cour d’appel de Tripoli a suspendu l’accord entre la Libye et l’Italie sur l’immigration en attendant de statuer sur le sujet, a annoncé le ministère de la Justice du gouvernement d’union nationale (GNA).

    « La cour d’appel (…) a décidé le 22 mars de suspendre la mise en oeuvre du mémorandum d’entente » signé le 2 février entre la Libye et l’Italie, a indiqué le ministère de la Justice dans un communiqué publié jeudi soir sur son site officiel. « L’affaire est toujours en cours d’examen (…) et il n’y a pas eu de décision finale », a-t-il précisé.

    Le chef du GNA, Fayez al-Sarraj, a signé à Rome le 2 février avec son homologue italien Paolo Gentiloni un mémorandum d’accord visant à renforcer la lutte contre l’immigration clandestine depuis la Libye, pays d’Afrique du nord d’où partent chaque année des milliers de migrants vers l’Italie.

    Mais l’autorité de M. Sarraj et du GNA, bien que soutenus par la communauté internationale, n’est pas reconnue par le Parlement issu des élections de 2014. Ce dernier appuie un gouvernement rival basé aussi dans l’est libyen. Le GNA, issu d’un accord interlibyen parrainé par l’ONU et signé en décembre 2015 au Maroc, gère les affaires courantes mais peine à asseoir son autorité à l’échelle de tout le pays, notamment dans l’est.

    Le Parlement libyen élu, basé à Tobrouk (est), avait déclaré le 8 février « nul et non avenu » l’accord car, n’ayant pas reçu la confiance du Parlement, le GNA et son chef, le Premier ministre Fayez al-Sarraj, « n’ont aucun statut juridique dans l’Etat libyen ».

    Les Européens envisagent des mesures pour bloquer l’arrivée de milliers de migrants depuis la Libye mais leurs plans sont critiqués par des organisations internationales et ONG qui redoutent de mauvais traitements à l’encontre des migrants bloqués en Libye faute de pouvoir traverser la Méditerranée.

    Les passeurs de migrants clandestins profitent du chaos qui règne en Libye depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. La plupart des départs ont lieu depuis l’ouest du pays, à destination de l’Italie située à seulement 300 kilomètres.

    Selon l’ONG espagnole Pro-Activa Open Arms, environ 250 migrants africains seraient morts dans le naufrage de deux canots gonflables repêchés jeudi au large de la Libye.

  5. retrouvé le retour 25 mars 2017 à 21:12

    « Mais l’autorité de M. Sarraj et du GNA, bien que soutenus par la communauté internationale, n’est pas reconnue par le Parlement issu des élections de 2014. »

    La communauté dite internationale pense peut-être :  » élections pièges à cons  » en fait elle le montre déjà trop fort en refusant l’élection de la Trump(ette).

    Eventuellement quand des peuples gênent on les génocide en les évacuant par la force et on les confine dans des sortes de réserves comme chez les anglo-saxons ou maintenant au Moyen Orient !! Aucune crainte la punition arrive !!

  6. retrouvé le retour 26 mars 2017 à 13:41

    Si Monsieur le mari de sa maman-prof arrivait au pouvoir par bombardage médiatique, sa politique extérieure risquerait de faire ce que le petit caporal autrichien n’avait pas pu faire une France divisée en plusieurs zones, dont une terre d’empire et une autre italienne !! Alors quid de la finance et de l’économie ?? ;( ;(

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_France#/media/File:France_map_Lambert-93_with_regions_and_departments-occupation-fr.svg

  7. Elisabeth Studer 17 septembre 2017 à 21:00

    n une semaine, 3.000 migrants ramenés en Libye, 2.000 débarquent en Italie

    Tripoli – Plus de 3.000 migrants ont été ramenés à terre par les gardes-côtes libyens en une semaine, tandis qu’environ 2.000 autres ont débarqué en Italie, selon un bilan établi dimanche à partir de plusieurs sources officielles et un média italien.

    Ces chiffres indiquent que la route migratoire entre la Libye et l’Italie, le pays européen le plus proche, n’est donc pas totalement fermée malgré la chute spectaculaire du flux des migrants entre ces deux pays.

    L’Italie a enregistré 6.500 arrivées depuis la mi-juillet, soit à peine 15% de la moyenne enregistrée sur cette période entre 2014 et 2016.

    « L’expérience italienne de ces derniers mois montre ce qui peut être fait : il y a moins d’arrivées et aussi moins de morts en mer », s’est encore félicité dimanche le chef du gouvernement italien Paolo Gentiloni.

    Toutefois, quelque 2.000 migrants ont été récupérés au large des côtes libyennes depuis mercredi et accompagnés dans des ports siciliens par des bateaux militaires et des navires d’ONG internationales, selon plusieurs sources militaires et médiatiques.

    Un navire militaire irlandais, le William Butler Yeats, a ainsi débarqué dimanche dans le port d’Augusta quelque 550 migrants mais aussi trois cadavres (deux femmes et, selon la Croix Rouge,,un petit Camerounais de trois ans). Ces personnes dérivaient vendredi au large des côtes libyennes sur plusieurs canots pneumatiques. Certaines étaient dans l’eau en situation d’urgence, précise le service naval irlandais sur sa page Facebook.

    Un navire militaire italien, le Zeffiro, a pour sa part ramené dimanche à Messine 135 migrants venant de sept pays africains, dont le Maroc.

    Un navire de l’ONG SOS Méditerranée avait déjà débarqué samedi dans le port de Trapani 371 personnes secourues la veille. Et selon le site de l’armée allemande, l’un de ses navires a été appelé pour sauver mercredi 134 personnes.

    Enfin, le journal italien La Stampa a évoqué dimanche l’arrivée en Sicile de 589 migrants sur un navire de l’ONG britannique Save the Children, qui n’était pas joignable dimanche pour confirmer. Le quotidien a évoqué, de plus, le débarquement sur l’île de Lampedusa et dans un port de Sicile de quelque 200 migrants sur des petites embarcations.

    Les gardes-côtes italiens, qui coordonnent les secours, n’ont pas confirmé le nombre exact de migrants arrivés en Italie ces derniers jours.

    En Libye, un responsable de la marine a précisé dimanche que douze opérations distinctes avaient été effectuées au large des côtes ouest du pays en une semaine. Il s’agit du chiffre le plus élevé annoncé par les autorités libyennes depuis la mi-juillet.

    Entre lundi et vendredi, « les gardes-côtes libyens ont pu secourir 2.082 migrants clandestins de différentes nationalités », dans neuf opérations de sauvetage, a indiqué le général Ayoub Kacem, porte-parole de la marine, ajoutant qu’une femme avait été retrouvée morte parmi les rescapés. Selon le responsable libyen, 1.047 autres migrants ont été secourus samedi dans trois opérations distinctes.

    Les migrants secourus ou interceptés sont conduits dans des centres de rétention où ils sont détenus dans des conditions épouvantables. Ils sont par la suite rapatriés avec l’aide de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) ou lâchés dans la nature où ils sont rackettés ou exploités par des groupes armés.

Commenter cet article