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Vers une nouvelle guerre du pétrole Maroc/ Espagne pour les eaux au large des îles Canaries ?

Revoilà les prémices d’une guerre du pétrole qui ne dit pas son nom, avec pour principales protagonistes le Maroc et l’Espagne, au travers de dossiers aussi épineux que celui du Sahara occidental et du statut des eaux situées au large des îles Canaries. 

Alors que la délimitation de ces eaux avait par le passé suscité des tensions entre le Maroc et l’Espagne, notamment après le démarrage des premières explorations de pétrole dans la zone, le Maroc vient d’adopter deux textes de loi visant à délimiter son espace maritime au large du Sahara occidental, face aux îles Canaries, lesquelles sont constituées d’un archipel espagnol de l’océan Atlantique situé au large des côtes du Maroc et du Sahara occidental. Si moins de 100 km séparent Fuerteventura des côtes marocaines, chaque Etat est en droit de revendiquer un plateau continental allant de 200 à 350 milles marins.

En fin de semaine dernière, le porte-parole du gouvernement marocain Mustapha El Khalfi, a déclaré à l’issue d’un conseil gouvernemental durant lequel ces textes ont été adoptés que leur objectif était d’ »inclure l’espace maritime faisant face aux côtes du Sahara marocain dans l’arsenal juridique national ». L’objectif est de « cimenter la tutelle juridique du Maroc sur ces eaux et barrer la route à toutes les allégations remettant en cause la souveraineté du royaume sur cet espace », a-t-il poursuivi.

Selon la MAP, l’agence officielle marocaine MAP, le royaume va ainsi procéder « aux opérations techniques de délimitation des lignes de base au large de la mer territoriale du Maroc, de la zone économique exclusive et du plateau continental ».

Mustapha El Khalfi a tenu à préciser pour sa part que le Maroc entendait délimiter ses eaux territoriales « de manière plus précise » en perspective du dépôt du dossier final de demande d’extension du plateau continental.

L’un des textes institue une zone économique exclusive (ZEE) de 200 milles marins (370 km) au large des côtes du Sahara occidental « pour l’incorporer, clairement, dans l’arsenal juridique national », a souligné le porte-parole. Rabat souhaite également « abroger le recours à la ligne médiane comme seul repère de la démarcation des frontières maritimes » avec les Canaries.

Si vendredi, une source diplomatique de haut rang n’a évoqué qu »une simple mise à jour du cadre législatif national sur le domaine maritime », précisant que si l’espace terrestre du Sahara avait été intégré dans le corpus juridique national, l’espace maritime était resté en décalage, l’enjeu pourrait être d’une ampleur beaucoup plus importante. Tant qu’une ce qui concerne les richesses en hydrocarbures de la zone qu’au niveau de l’épineux dossier du Sahara occidental.

Pour rappel, en 2007, Rabat avait ratifié la convention des Nations Unies (Montego Bay) sur le droit de la mer, disposant alors d’un délai de dix ans maximum pour définir les limites de son plateau continental.
En mai 2014, le gouvernement espagnol a donné son feu vert au projet de prospections pétrolières au large des îles Canaries présenté par le groupe Repsol.

Le ministère  espagnol « de l’Agriculture, de l’Alimentation et de l’Environnement  avait alors émis la Déclaration sur l’impact environnemental (DIA) favorable à un projet de prospection au large des Canaries, présenté par un consortium international menée par le géant pétrolier espagnol.

Les prospections, prévues une distance d’environ 60 kilomètres de la côte des Canaries devaient consister à prélever des échantillons de roche ou de fluides en vue de détecter l’éventuelle présence d’hydrocarbures dans la zone.

Des affirmations que ne semblaient pas convaincre les écologistes espagnols, lesquels avaient dénoncé en retour dans un communiqué « une absurdité sans précédent ». « Il s’agit d’un acte injustifiable, qui pose un grave risque aussi bien à l’environnement qu’à la principale activité économique des îles, le tourisme », indiquaient alors les organisations Greenpeace, WWF, Amigos de la Tierra, Ecologistas en Accion, SEO/Birdlife. Le président de l’une des îles des Canaries, Fuerteventura, avait quant à lui réagi très durement à l’annonce. Notant qu’elle voyait le jour à la suite des élections européennes.

En 2012, le gouvernement marocain avait annoncé la mise en place d’une commission provisoire pour la délimitation du plateau continental sur la rive atlantique. Laquelle devra étudier tous les détails permettant de fixer de nouvelles frontières maritimes en vue de présenter les dossiers d’ici la fin 2017 devant la commission internationale chargée de cette question. «Cette délimitation est nécessaire pour sauvegarder les intérêts du Maroc» avait alors déclaré à la presse le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Saad Dine El Othmani.

Un communiqué de la présidence du gouvernement avait indiqué que la réunion qui s’est tenue fin décembre 2012 en vue de mettre en place cette commission provisoire s’inscrivait dans le cadre de la mise en application de la Convention sur le droit de la mer, à laquelle le Maroc a adhéré, et qui donne aux Etats côtières l’autorisation de fixer la largeur de leurs mers territoriales au-delà de 200 milles, sans toutefois dépasser la distance maximale autorisée (350 milles), et en respectant certaines conditions géomorphologiques.

Le chef de gouvernement avait alors appelé tous les secteurs concernés à contribuer activement à l’élaboration d’ »un dossier digne de la position stratégique du Royaume » et « permettant de défendre ses intérêts devant la commission onusienne ».

Les résultats des études de terrain devraient permettre d’établir un nouveau tracé en concertation avec les pays concernés, à savoir l’Espagne (Îles Canaries) et le Portugal (Îles Madère). Des discussions qui pourraient être à l’origine de nouvelles tensions … avais-je alors indiqué …

Or, simple hasard de calendrier ? A l’été 2013, la Commission européenne s’est déclarée  incompétente pour trancher un éventuel litige entre le Maroc et l’Espagne concernant la prospection pétrolière  dans la zone maritime qui sépare les Iles Canaries du Maroc … Günther Oettinger, commissaire européen à l’Energie encourageant toutefois  les deux parties à résoudre tout différend à ce propos et conclure un accord par «des moyens pacifiques en suivant les principes de la charte des Nations unies, les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU et la Convention onusienne relative au droit de la mer».

Précisons encore que suite à la découverte d’importantes réserves de pétrole dans une zone maritime non-définie entre le Maroc et l’Espagne, l’Espagne a renforcé sa présence militaire dans les Iles Canaries. Le 16 avril 2013, le Bulletin officiel espagnol a publié un décret du ministre de la Défense, Pedro Morenés Eulate, autorisant la mise en place dans la municipalité de Puerto del Rosario (Fuerteventura), d’une zone militaire. Rappelons qu’en mars 2012, la commune avait donné l’autorisation à la compagnie pétrolière espagnole Repsol, d’explorer dans cette zone maritime.

Début 2012,  le lieutenant général César Muro Benayas, chef du Commandement militaire des Iles Canaries, avait  quant à lui soulevé un tollé, affirmant que l’armée espagnole devait se préparer à gérer un regain de tension avec le Maroc  suite à la découverte de gisements de pétrole et de gaz au large du Sahara marocain. «La question du pétrole, qui va prochainement se poser, sera une source d’instabilité et accentuera la tension», avait-il alors souligné.

Sources : AFP, MAP, Les Echos (Maroc), Libération (Maroc)

Elisabeth Studer – 11 juillet 2017 – www.leblogfinance.com

A lire également :

Canaries : l’Espagne autorise les prospections de pétrole, au grand dam des écologistes et du Maroc ?

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15 commentaires

  1. ES 11 juillet 2017 à 01:31

    EAUX TERRITORIALES. AUX ÎLES CANARIES, LA DÉCISION MAROCAINE D’ASSURER SA SOUVERAINETÉ NE PASSE PAS
    Par Youssef Bellarbi le 10/07/2017 à 17h48

    Un parti nationaliste canarien, Nuava Canaria, monte au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie de «prétentions expansionnistes» du Maroc après l’adoption par le gouvernement de deux projets de lois et un projet de décret relatifs au domaine maritime du Royaume.

    Aux Îles Canaries, des voix s’élèvent contre la décision prise par le gouvernement marocain de consolider sa souveraineté sur ses eaux territoriales situées au large du Sahara. Premier à monter au créneau, le parti nationaliste canarien Nueva Canarias, un parti régionaliste minoritaire, comptant un seul député au Congrès des députés en Espagne.

    Cette formation réclame rien de moins que la comparution du ministre des Affaires étrangères et de la coopération, Alfonso Dastis, devant le Sénat. Et pour cause, elle estime que le gouvernement espagnol doit s’expliquer quant à « l’expansionnisme maritime » du Maroc face aux îles Canaries et «les mesures que le gouvernement central compte prendre à cet égard».

    Sénatrice du parti Nuava Canaria, María José López, dénonce à ce titre « l’attitude passive » du gouvernement espagnol. «Derrière ces prétentions expansionnistes se cachent des intérêts économiques clairs (…) qui iront à l’encontre des intérêts canariens, aussi bien au niveau des ressources naturelles que de la protection de l’environnement» de l’archipel, a-t-elle souligné.

    Parlant de «provocation de l’exécutif marocain», María José López va jusqu’à se ranger du côté du Polisario. Ces «mesures adoptées par le Maroc ne sont pas seulement préoccupantes pour les Canaries, mais constituent également une attaque directe à la souveraineté du territoire du Sahara Occidental», affirme-t-elle.

    Dans ce qui ressemble à une réponse à la sénatrice, le ministre espagnol des Affaires étrangères et de la coopération, Alfonso Dastis, a assuré que le nouvel arsenal juridique marocain « n’affecte en rien » la délimitation des frontières entre les espaces maritimes du Maroc et de l’Espagne, qui « continuera d’être de commun accord » entre les deux pays. Lors d’une conférence de presse, tenue lundi à Las Palmas de Grande Canarie l, Dastis a précisé que ces nouveaux textes de loi constituent un « ajustement technique » répondant à la nécessité pour le Maroc d’actualiser sa législation dans ce domaine. Les lois marocaines en vigueur jusqu’à présent sont antérieures à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982. « Le gouvernement espagnol a été en contact avec son homologue marocain sur cette question », a encore indiqué le ministre espagnol.

    [..]

    les textes visent également à actualiser et à compléter les coordonnées géographiques relatives aux lignes de base et aux lignes de fermeture de baies sur les côtes marocaines, sur la base de données scientifiques nouvelles, de sorte à permettre au Maroc de délimiter ses eaux territoriales de manière plus précise et plus conforme aux dispositions du droit international de la mer, en perspective du dépôt du dossier final de demande d’extension du plateau continental.

    Ces textes ont également pour but de délimiter la zone économique exclusive au large des côtes des provinces du sud et de l’incorporer, clairement, dans l’arsenal juridique national. Il s’agit également d’abroger le recours à la ligne médiane comme seul repère de la démarcation des frontières maritimes et d’introduire le principe de l’équité qui est plus conforme aux intérêts du Maroc et plus compatible avec le droit international.

  2. para92 11 juillet 2017 à 08:48

    C’est très simple, le Maroc récupère les Iles Canaries en plus de Ceuta et Melillia et il n y aura plus jamais de souci avec l’Espagne!!
    Le Maroc est de bonne foi sur toutes les questions géostratégique mais en Face ce n’est pas le cas, on a été gentil avec l’affaire du Sahara et pourtant l’ONU ne prends pas de véritable décisions et cela nous empêche de nous développer comme on souhaite, à cela s’ajoute maintenant les Iles Canaries.
    L’Espagne devrait faire attention car sinon on vas la traduire en justice et la faire payer pour le Gaz Moutarde dans le Rif et aussi arrêter d’être son gendarme pour les migrants subsahariens, s’ils veulent passer alors on les laissera, on fera comme l’Italie, ils arrivent pas bateau entier dans ses ports et les dirige vers toute l’Europe, avec un petit 500 milles ou 1 millions de migrants en 1 an sur son territoire l’Espagne vas comprendre ce qu’elle doit au MAroc!!!!! car nous au Maroc on lui doit absolument rien!!!

  3. retrouvé le retour 11 juillet 2017 à 09:06

    Pour le pétrole, il ne faut pas rêver, mais penser plus à Agadir 1960 !!! Une zone de fracture très ancienne ne peut livrer que du bitume, et encore dans certaines conditions !!
    Alors « faut pas rêver » !!

  4. Elisabeth Studer 11 juillet 2017 à 14:01

    Pour essayer de convaincre l’opinion publique, férocement opposée au projet, Repsol avait fait miroiter les importants investissements prévus pour les sondages pétroliers – 280 millions d’euros – ainsi que des créations d’emplois, dans une région où le chômage frôle les 34 %.
    Mais les Canaries craignaient avant tout les effets des prospections sur le tourisme, principale activité économique de l’archipel qui, en 2013, a accueilli près de 10,5 millions de visiteurs. Les écologistes, eux, dénonçaient un possible un impact sur la faune et la flore et des risques sismiques. Ils mettaient en avant l’importance écologique de la zone située près des côtes africaines – elle est traversée par les cétacés et les tortues marines –, classée zone spéciale de protection des oiseaux.
    Greenpeace avait envoyé en novembre son navire Arctic-Sunrise dans la zone pour dénoncer les prospections mais il avait été mis sous séquestre par les autorités. Quant au Rowan-Renaissance, a annoncé Repsol, il « retournera en Angola pour poursuivre le programme de recherches d’hydrocarbures » que la compagnie mène dans ce pays.

    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/energies/article/2015/01/17/repsol-abandonne-ses-prospections-petrolieres-au-large-des-iles-canaries_4558301_1653054.html#MLY9wtMuVFL47Tj5.99

  5. Elisabeth Studer 11 juillet 2017 à 14:03

    juin 2014

    Le Maroc a décidé de créer une unité océanographique spécialisée qui aura pour mission de délimiter les frontières maritimes avec les îles Canaries, rapporte le site El Confidencial Digital.

    Un navire océanographique pourrait être acheté à la France pour équiper l’unité, relevant de l’Inspection générale de la Marine Royale, dressera avec l’appui de la Marine française, une cartographie pour documenter scientifiquement les demandes marocaines devant la Commission des limites du plateau continental (CLPC).

    La CLPC fait partie, avec le Tribunal international du droit de la mer et l’Autorité internationale des fonds marins, des trois organisations créées par la Convention des Nations unies sur le droit de la mer du 10 décembre 1982.

    La zone suscite d’autant plus de l’intérêt que la compagnie pétrolière espagnole Repsol a reçu, jeudi 29 mai, le feu vert du ministère espagnol de l’Environnement à un projet de prospections pétrolières au large des Îles Canaries.

    Repsol autorisée à prospecter

    Cette autorisation qui a suscité des réactions hostiles des autorités locales et des défenseurs de l’environnement va permettre une prospection sur une distance de 60 kilomètres de la côte en vue « de détecter la possible existence d’hydrocarbures dans la zone », selon le ministère espagnol de l’Environnement.

    Une étude réalisée pour Repsol évoque la création de 260.000 emplois en 20 ans du fait de l’exploration et de la production d’hydrocarbures en Espagne.

    Le Maroc a déjà manifesté en 2013 son souci de défendre ses « intérêts » et avait décidé de mettre en place une commission pour la délimitation du plateau continental sur la rive atlantique. Le ministre des affaires Étrangères à l’époque, Saad-Eddine Al-Othmani avait souligné que cette délimitation était « nécessaire pour sauvegarder les intérêts du Maroc ».

    En juillet 2003, la Commission européenne s’est déclarée incompétente pour trancher un éventuel litige entre le Maroc et l’Espagne concernant la prospection pétrolière dans la zone maritime qui sépare les Îles Canaries du Maroc.

    Tout en estimant d’éventuels litiges, « hors des compétences de l’UE », la Commission européenne avait appelé, par la voix de Günther Oettinger, commissaire européen à l’Énergie, les deux pays « à résoudre tout différend à ce propos et conclure un accord par » des moyens pacifiques en suivant les principes de la charte des Nations unies, les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU et la Convention onusienne relative au droit de la mer ».

    De la tension à l’apaisement?

    En 2012, lieutenant général César Muro Benayas, chef du Commandement militaire des Îles Canaries, avait suscité de fortes polémiques en déclarant que l’armée espagnole était prête à un regain de tension avec le Maroc. « La question du pétrole, qui va prochainement se poser, sera une source d’instabilité et accentuera la tension ».

    Amina Benkhadra, Directrice général de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) paraît envisager les choses de manière plus apaisée. Interrogée sur les réactions, hostiles, du gouvernement des Îles Canaries au sujet de l’autorisation accordée par Madrid à Repsol, elle parait plutôt défendre les prospections.

    « Le gouvernement des Îles Canaries est libre de ses choix, et de notre côté nous continuons de travailler d’une manière souveraine », a-t-elle déclaré en estimant que Repsol « va sûrement un jour ou l’autre finir par forer dans cette zone vu que le groupe est très intéressé par le potentiel y existant ».

  6. Elisabeth Studer 11 juillet 2017 à 14:08

    Novembre 2014 ESPAGNE. La société pétrolière espagnole Repsol a commencé mardi 18 novembre son premier forage près des Canaries, au large des côtes marocaines. Cette première phase de prospection, effectuée à une cinquantaine de kilomètres des côtes des îles Lanzarote et Fuerteventura, depuis le navire Rowan Renaissance, va durer près de deux mois et devrait atteindre 3 100m de profondeur.

    Ce premier forage est un aboutissement pour Repsol qui se bat depuis plus de deux ans pour obtenir le droit de prospecter dans cette zone prometteuse. Si le gouvernement espagnol a rapidement donné son accord, le gouvernement autonome des Iles Canaries, dont la région vit essentiellement du tourisme, y est toujours farouchement opposé. Avec les associations écologistes, ils ont tenté tous les recours judiciaires possibles. Depuis hier, pour prévenir tout coup d’éclat, le ministère de l’intérieur espagnol a décidé de garder à quai de force le bateau de Greenpeace.

    Côté marocain, plusieurs prospections ont d’ores et déjà eu lieu. Cairn Energy a reçu l’autorisation de forer dans la même zone, mais dans les eaux territoriales marocaines, dès septembre 2013

    Lire la suite http://www.econostrum.info/Prospection-petroliere-aux-Canaries-Repsol-commence-son-premier-forage_a19400.html#ixzz4mWYbbTbM
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  7. Elisabeth Studer 11 juillet 2017 à 14:10

    janvier 2015
    Repsol abandonne ses prospections pétrolières au large des îles Canaries
    Le pétrolier espagnol a jugé insuffisante la qualité du pétrole et du gaz découverts autour de l’archipel, dont le gouvernement et la population sont farouchement opposés aux forages.

    Le Monde.fr | 17.01.2015

    Le groupe pétrolier espagnol Repsol a décidé d’abandonner la recherche d’hydrocarbures au large des îles Canaries, après avoir jugé insuffisante la qualité du pétrole et du gaz découverts. « Les prospections ont confirmé que du gaz et du pétrole ont bien été produits dans ce bassin mais les dépôts sont saturés d’eau et les hydrocarbures présents sont disposés en couches très fines non-exploitables », a annoncé le groupe dans un communiqué vendredi 16 janvier. « Il y a du gaz (depuis le méthane jusqu’à l’hexane) mais pas en volume ni en qualité suffisants pour envisager un forage », a ajouté Repsol.
    La nouvelle a été applaudie par les groupes écologistes et par le gouvernement régional – présidé par Paulino Rivero, à la tête de la coalition nationaliste de centre-droit – qui avaient tout tenté pour stopper les prospections, sans succès. « Repsol, le ministère de l’industrie et le gouvernement du PP [Parti Populaire au pouvoir] ont perdu la partie et les Canaries ont gagné », s’est félicité M. Rivero peu après l’annonce.

    Feu vert du gouvernement de Madrid
    Le gouvernement de Madrid avait donné son feu vert à la société pétrolière pour procéder à trois sondages dans la zone. Il avait ensuite fait bloquer, par le tribunal constitutionnel, un référendum que voulait organiser le président des Canaries. « Pour un pays avec un tel niveau de dépendance énergétique (plus de 80 %) il est bon de savoir s’il possède ou non » des hydrocarbures, a affirmé vendredi la vice-présidente du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaría, en défendant toujours le projet.
    Pour l’association espagnole Ecologistes en action, le gouvernement doit à présent revenir sur les autres permis d’exploration pétrolière accordés au large des régions côtières et de l’archipel des Baléares, en Méditerranée.
    Repsol avait fait miroiter des créations d’emplois
    L’opération du Rowan-Renaissance, le bateau de Repsol qui effectuait les sondages au large des Canaries, aura duré soixante-trois jours. Il est arrivé à sonder jusqu’à 3 093 mètres de profondeur. Les opérations qui, d’après la société, ont mobilisé « 750 professionnels venant de plus de 50 entreprises » avaient démarré le 18 novembre 2014, dans la polémique. Repsol se battait depuis deux ans pour chercher des hydrocarbures dans cette zone de 616 000 hectares, située à une cinquantaine de kilomètres des îles de Lanzarote et Fuerteventura, entre les côtes espagnoles et marocaines.

    Pour essayer de convaincre l’opinion publique, férocement opposée au projet, Repsol avait fait miroiter les importants investissements prévus pour les sondages pétroliers – 280 millions d’euros – ainsi que des créations d’emplois, dans une région où le chômage frôle les 34 %.
    Mais les Canaries craignaient avant tout les effets des prospections sur le tourisme, principale activité économique de l’archipel qui, en 2013, a accueilli près de 10,5 millions de visiteurs. Les écologistes, eux, dénonçaient un possible un impact sur la faune et la flore et des risques sismiques. Ils mettaient en avant l’importance écologique de la zone située près des côtes africaines – elle est traversée par les cétacés et les tortues marines –, classée zone spéciale de protection des oiseaux.
    Greenpeace avait envoyé en novembre son navire Arctic-Sunrise dans la zone pour dénoncer les prospections mais il avait été mis sous séquestre par les autorités. Quant au Rowan-Renaissance, a annoncé Repsol, il « retournera en Angola pour poursuivre le programme de recherches d’hydrocarbures » que la compagnie mène dans ce pays.

    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/energies/article/2015/01/17/repsol-abandonne-ses-prospections-petrolieres-au-large-des-iles-canaries_4558301_1653054.html#tjUHsoP7j7QBT5CW.99

  8. Elisabeth Studer 11 juillet 2017 à 14:17

    http://www.sanleonenergy.com/operations-and-assets.aspx#morocco

    Morocco
    San Leon has interests in the Tarfaya and Zag licence areas and two offshore licences – Foum Draa and Sidi Moussa. The company is also developing an in-situ oil shale (In-Situ Retort) technology in Timahdit.

  9. retrouvé le retour 11 juillet 2017 à 18:56

    « Le Maroc a décidé de créer une unité océanographique spécialisée qui aura pour mission de délimiter les frontières maritimes avec les îles Canaries » C’est une idée autrement on peut aider l’Emir du Maroc !! :) :) , comme on a aidé le bon roi ThaÏ :) :)

    lorsque la France et l’Angleterre ont envahi les états protégés par l’Empire Chinois en Indochine, c’est la France qui a fixé les frontières coloniales de la Thaïlande en 1907, car les Thaï eux même en étaient incapables !!!

    Le résidu inattendu ce cette colonisation c’est l’affaire actuelle de la mer de Chine Méridionale !! Contrairement a ce que raconté le pingouin Jean Pierre Cot la mer de Chine n’a pas été colonisée par la France !!
    Quand on a connu le père dans cette trinité familiale on voit bien que le fils n’a vu passer l’esprit !! Même en rase motte !!

  10. Adil 12 juillet 2017 à 22:30

    España no tiene nada que revendícar en esas aguas mientras las olas canarias no tiene independencia punto.

  11. ES 12 juillet 2017 à 23:34

    sur le sujet :
    Par ailleurs, le ministre des Affaires étrangères sahraoui a réitéré, lors de son point de presse, la position du gouvernement sahraoui et du Front Polisario à propos du projet de loi marocain visant à délimiter les eaux territoriales entre le Sahara occidental occupé et les Iles Canaries (Espagne). Le texte est, dit-il «nul et non avenu». «Une telle décision constitue une violation flagrante du droit international et du statut du Sahara occidental en tant que territoire non autonome inscrit à l’ordre du jour du Comité des Nations unies», dénonce Ould Salek.
    Selon lui, «cette décision sans effet politique ou juridique sur le plan international est une nouvelle fuite en avant qui cache mal les débours ainsi que la situation difficile que traverse actuellement le Maroc tant sur le plan intérieur que sur le plan africain et international». Ce projet de loi, rappelons-le, adopté jeudi dernier par le gouvernement marocain, est un décret portant délimitation des eaux territoriales sahraouies en face des Iles Canaries.
    https://www.letempsdz.com/index.php/129-international/191701-le-ministre-des-ae-sahraoui-parle-de-man%C5%93uvres-au-sommet-de-l-ua-%C2%ABle-maroc-a-doublement-%C3%A9chou%C3%A9%C2%BB

  12. ES 12 juillet 2017 à 23:36

    fevrier 2013 :
    Les Canaries ont peur de devenir marocaines
    Dans son éditorial, l’un des principaux quotidien canarien, El Dia, met en garde l’Espagne : si la péninsule devait vendre les îles Canaries au Maroc, ce serait la révolution.

    Dans son édito, aujourd’hui, l’un des principaux quotidiens des Iles Canaries, El Dia, revendique l’indépendance de l’archipel de peur de voir le gouvernement espagnol le vendre au Maroc. «L’Espagne sait qu’elle ne pourra pas maintenir cette colonie encore très longtemps et a adopté la solution au problème la moins favorable aux Iles Canaries», commence l’édito : les vendre au Maroc pour ne pas avoir à payer le prix, aux habitants des Iles Canaries eux mêmes, d’une véritable décolonisation. Une éventualité qu’El Dia ne peut envisager. «Si l’option choisie par l’Espagne est de donner les îles au Maroc, nous le répétons, ce sera la révolution et le terrorisme. Dans ce cas, nous cesserions d’être, définitivement, les Iles Afortunadas pour devenir un archipel misérable.»
    Indépendantisme
    Les velléités indépendantistes des Iles Canaries sont anciennes et n’ont rien de surprenant dans un Etat peu centralisé, l’Espagne, traversée par plusieurs mouvements indépendantistes. Les plus connus sont situés au pays basque à la frontière avec la France et en Catalogne. «Nous ne voulons ni être Espagnols, ni être Marocains. Nous voulons être Canariens avec notre propre identité», affirme El Dia. Aujourd’hui, cette revendication politique se couple avec la crise économique espagnole qui avait déjà fait dire à un journal galicien que l’Espagne pourrait vendre Sebta et Mélilia au Maroc pour renflouer les caisses du royaume.
    Si aujourd’hui cette cession, hautement improbable, en vérité – le Maroc n’a jamais revendiqué l’archipel -, est évoquée, c’est parce que le débat autour des prospections pétrolière menées par Repsol, aux large des îles, a été relancé. Le gouvernement autonome des îles fait tout son possible pour empêcher de dangereuses prospections off shore. «Une telle vente serait un accord et cela vaut de l’or pour eux [le gouvernement espagnol] quant à la question cruciale du pétrole», explique l’éditorial, car vendre les îles, ce serait également vendre – cher – le pétrole que pourrait contenir ses aires maritimes.
    Canaries déjà marocaines
    Pour l’archipel, la question de son indépendance se cristallise autour de la définition des aires maritimes. L’Espagne assimile la frontière maritime entre le Maroc et les îles à une ligne médiane à égale distance des deux côtes. Le Maroc, au contraire, revendique la propriété de tout plateau continental marocain. Au lieu d’un partage 50/50 km, la séparation se ferait à 20/80km au profit du Maroc et englobe toute la zone des Canaries. Aujourd’hui, le droit international est du côté du Maroc.
    «Les Canaries sont, nous le répétons, marocaines parce qu’elles se situent dans la Zone Economique Exclusive du Maroc. Elles seront canariennes, une fois qu’aura été tracée la frontière médiane, si notre archipel devait perdre sa condition de colonie pour devenir un Etat à part entière», estime l’éditorialiste. Le droit international serait effectivement du côté des Iles Canaries si elles étaient indépendantes. Constituées en Etat, elles auraient droit à cette ligne dessinée à égales distance des deux côtes.
    «En l’état actuel des choses, les Canaries n’ont pas d’autres eaux territoriales que ce qui est compris jusqu’à 12 milles marins, à partir des côtes de chaque île. Les eaux qui nous entourent au-delà de ces limites ne sont pas internationales ; elles sont marocaines de plein droit, selon le droit maritime», conclut l’éditorialiste.

    …Suite : https://www.yabiladi.com/articles/details/15462/canaries-peur-devenir-marocaines.html

  13. ES 12 juillet 2017 à 23:38

    Le député des Canaries fait monter les enchères au Parlement espagnol
    Profitant d’un Parti populaire ayant absolument besoin de sa voix pour voter le budget à la Chambre basse, le méconnu Pedro Quevedo a négocié de multiples avantages pour son archipel.

    LE MONDE | 20.05.2017 à 09h49 • Mis à jour le 20.05.2017 à 10h17 | Par Sandrine Morel (Madrid, correspondance)

    La facture est chère pour une seule voix : près de 450 millions d’euros d’investissements, un nouveau statut d’autonomie, une augmentation de 10 % des quotas de pêche pour le thon rouge, une hausse des subventions des billets d’avion entre les îles Canaries et le continent… En Espagne, le député canarien Pedro Quevedo a mis ses conditions sur la table pour voter le budget. Il est gourmand et peut se le permettre. Le Parti populaire (PP, droite) de Mariano Rajoy, qui gouverne en minorité, a absolument besoin de sa voix pour boucler une majorité au Parlement et approuver la loi de finances 2017 dans les prochains jours, avec six mois de retard.
    Avec l’irruption de nouveaux partis au Parlement espagnol l’an dernier, Podemos à l’extrême gauche et Ciudadanos au centre, la vie politique semblait vouée à un renouvellement, promettant un vent de fraîcheur capable de secouer le vieux bipartisme. C’est raté. La Chambre basse s’est transformée ces derniers mois en un lieu de disputes, de provocations et de théâtre, où les partis de gauche rivalisent pour marquer leur espace politique, pendant que la droite fait des comptes d’apothicaire pour composer une majorité.
    Sur les 350 députés que compte le Parlement espagnol, seuls 137 appartiennent au PP. Avec le soutien des 32 députés du parti centriste et libéral Ciudadanos, des cinq élus du Parti nationaliste basque (centre droit) et de la députée du parti nationaliste canarien de droite Coalition canarienne, il parvient sans trop de peine à rassembler un groupe idéologiquement cohérent de 175 députés.
    L’homme providentiel
    Problème : il lui manque encore un siège pour avoir la majorité absolue. Pas question pour les indépendantistes catalans, en guerre avec Madrid sur la tenue d’un référendum d’autodétermination, de lui prêter leurs voix. Inconcevable pour le parti de la gauche radicale Podemos. Trop coûteux électoralement pour le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), qui essaie maintenir le plus…

    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/05/20/le-depute-des-canaries-fait-monter-les-encheres-au-parlement-espagnol_5130939_3214.html#p9IPXhp2jhJsq5dY.99

  14. retrouvé le retour 16 juillet 2017 à 11:58

    http://www.la-croix.com/Monde/Enclaves-espagnoles-Maroc-heritage-passe-mouvemente-2017-07-16-1300863247

    Ainsi ne sera-t-il pas !! Car 3 gouttes de bitume et une marche verte plus tard !! rien n’est réglé pour l’Emir du Maroc !!

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