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11/09/2015 : quand le Bataclan passait aux mains de Lagardère et donc du Qatar, désormais mis au ban

Alors que le Qatar vient de voir lundi l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Bahreïn et l’Égypte rompre ses relations diplomatiques avec lui, l’accusant de soutenir les islamistes tout en se montrant complaisant avec  l’Iran, il n’est peut-être pas inutile de rappeler que le Bataclan est passé aux mains de l’empire médiatique de Lagardère – et par la même en partie aux mains du  Qatar –  le 11 septembre 2015 …. une date qui ne s’oublie pas tant elle est chargée de symboles.

Précisons préalablement qu’en vue de “protéger sa sécurité nationale des dangers du terrorisme et de l’extrémisme”, l’Arabie saoudite a également  décidé en ce début de semaine de fermer ses frontières terrestres, aériennes et maritimes avec le Qatar. Un responsable saoudien a parallèlement accusé Doha d’accueillir divers groupes terroristes  comme la confrérie des Frères musulmans, Daesh et Al-Qaïda, en vue de “déstabiliser la région”. Selon lui, le Qatar soutient aussi «les activités de groupes terroristes soutenus par l‘Iran dans la province de Qatif », où se concentre la minorité chiite du royaume saoudien, ainsi qu’à Bahreïn, soumis depuis plusieurs années à des troubles émanant de la majorité chiite du pays. Le Qatar a été également exclu de la coalition militaire qui intervient au Yémen contre les miliciens Houthistes pro-iraniens. Ces mesures sont “injustifiées” et “sans fondement”, a réagi le ministère des Affaires étrangères du Qatar dans un communiqué. Selon lui, elles ont pour « objectif clair » de placer le Qatar sous tutelle, “ce qui marque une violation de sa souveraineté” et est “totalement inacceptable”.

- Le rachat du Bataclan par Lagardère vu comme une poursuite de sa diversification

Alors que les médias français nous bombardent d’informations nous plongeant chaque jour un peu plus dans un choc émotionnel, peu d’entre eux nous rappellent la transaction concernant le Bataclan opéré le 11 septembre 2015. Ou s’ils le font, c’est en référence à la presse israélienne, The Times of Israel et l’Agence télégraphique juive, les deux journaux rapportant des propos tenus par les frères Laloux (Pascal et Joël) dans le cadre d’entretien accordés à la seconde chaîne de télévision israélienne selon lequel ils déclarent avoir vendu à cette date au groupe Lagardère la salle de spectacle, et ce, en raison de la récente émigration de Joël en Israël. Une cession qui a donc eu lieu deux mois avant l’attentat du vendredi 13 novembre 2015 commis dans les locaux, causant le décès de 89 personnes. A noter que la famille Touitou à laquelle appartiennent les Frères Laloux possédait le Bataclan depuis 1976.

C’est donc à la mi-septembre 2015  que la filiale de Lagardère dénommée alors « Lagardère Unlimited Live Entertainment » ou Lule poursuivait sa diversification dans le business du spectacle vivant - nom officiel de ce secteur économique  - après avoir acquis Les Folies Bergère, Le Casino de Paris et 20 % du Zénith.
La structure annonçait ainsi qu’elle rachetait 70 % de la salle de spectacle parisienne, le groupe choisissant de  conserver les co-directeurs et gérants du Bataclan,  les producteurs Olivier Poubelle  (Astérios) et Jules Frutos (Alias Production),et également gérants des salles parisiennes la Flèche d’or, les Bouffes du Nord, La Maroquinerie et Les Trois Baudets.  Dans un communiqué, Lagardère Live Entertainment indiquait s’être associé à Jules Frutos (Alias) et Olivier Poubelle (Astérios) pour cette acquisition.

Le groupe Lagardère ajoutait alors que dès 2016, des travaux seraient effectués pour améliorer les conditions d’accueil du public et des artistes. Elément non négligeable, alors que des failles dans la sécurité  du site pourraient émerger peu à peu, la presse n’osant pas d’entrée poser le débat de manière frontale mais via de petites touches bien subtiles en reprenant les propos des vigiles du Bataclan.

- Co-directeurs et co-actionnaires du Bataclan  : des hommes influents dans le secteur du spectacle

Décidément, beaucoup de choses ont changé en cette mi-septembre 2015, puisque c’est le 14 septembre 2015 que l’Assemblée générale du Prodiss (Syndicat des producteurs, diffuseurs, festivals et salles de spectacle) s’est réunie à Berlin, pour élire les représentants qui siégeront dans les nouvelles instances de gouvernance du syndicat. C’est dans ce cadre que Guy Marseguerra a été élu président du Prodiss, succédant à Jules Frutos, dont le mandat est arrivé à échéance après 9 ans passés à sa tête. Il n’en demeure par moins que Jules Frutos a pu conserver d’importants appuis. Bien utiles notamment au niveau financier.

C’est ainsi que le lundi 16 novembre 2015, une réunion de crise s’est tenue au Centre national de la chanson, des variétés et du jazz  (CNV), en présence de la ministre de la Culture et de ses équipes, de la Ville de Paris, des représentants des réseaux, syndicats et organismes professionnels. A cette occasion, le ministère a notamment déclaré qu’il allait mobiliser ses services sur les questions liées aux pertes d’exploitation entraînées par l’état d’urgence, en associant ses collègues de Bercy pour que la situation exceptionnelle soit considérée par les assureurs. Un fonds, alimenté par le ministère, le CNV et la Sacem, sera créé sous 48 heures, a-t-il ajouté, précisant qu’il devrait concerner les pertes économiques, les défaillances ou absences d’assurance annulation ainsi que les surcoûts spécifiques de sécurité.

- Lagardère Unlimited renommée Lagardère Sports and Entertainment

A noter que  le 15 septembre 2015  Lagardère Unlimited  était renommée Lagardère Sports and Entertainment. « Lagardère Unlimited, l’une des quatre branches du Groupe Lagardère, évoluant sous le nom de Lagardère Sports and Entertainment » précisait ainsi un communiqué. Les agences de marketing sportif de la division, notamment Sportfive, World Sport Group, IEC in Sports, Sport Marketing and Management et Lagardère Unlimited Inc., étaient alors renommées Lagardère Sports. Lagardère Live Entertainment regroupe toutes les activités de divertissement.

- Le Qatar, actionnaire principal du groupe Lagardère depuis 2012

Au début du mois de janvier 2012, Qatar Holding, branche du fonds souverain Qatar Investment Authority (QIA), elle-même filiale du fond souverain de l’émirat du Qatar, est devenu l’actionnaire principal du groupe Lagardère.
Auparavant, Qatar Holding était passé de 7,8% à plus de 10% de Lagardère pour 50 millions d’euros environ, devenant ainsi le premier actionnaire devant le gérant de l’entreprise, Arnaud Lagardère (9,62%). « Avec près de 13% du capital et la volonté affichée de continuer ses acquisitions au fil de l’eau, Qatar Holding poursuit donc sa montée en puissance dans ce groupe présent dans la presse, l’édition, le sport et la télévision » notait alors Challenges.
Les dirigeants de Qatar Holding avaient précisé, dans leur déclaration à l’Autorité des marchés financiers (AMF), « ne pas envisager de prendre le contrôle de la société ». Qatar Holding LLC  laissait toutefois entendre qu’il pourrait augmenter encore ses parts. L’Autorité des marchés Financiers indiquait pour sa part que Qatar Holding LLC envisageait même alors d’intégrer le conseil de surveillance du groupe, sans pour autant vouloir en prendre le contrôle.
A cette date, certains analystes estimaient que les Qatariens pourraient faire peser une pression certaine, fût-elle amicale, sur Arnaud Lagardère, afin d’engager des coopérations plus poussées dans les domaines qui les intéressent. Propriétaires du PSG, initiateurs de la chaîne en français Al-Jazira Sport, organisateurs de la Coupe du monde de football 2022, les Qatariens sont en effet en partie engagés dans les mêmes activités que le groupe Lagardère.

- Part accrue de droits de votes - 

En avril dernier, le fonds souverain du Qatar a porté à 16,69% ses droits de vote chez Lagardère à la faveur de l’attribution de droits de vote doubles, consolidant son statut de premier actionnaire du groupe de médias français. Qatar Holding a ainsi bénéficié de l’application de la loi Florange qui prévoit l’attribution de droits de vote doubles pour les actionnaires détenant leurs titres depuis au moins deux ans.
Depuis le 28 avril 2017, Qatar Holding contrôle 13,03% du capital et 16,69% des droits de vote de la société, contre 12,827% du capital et 9,98% des droits de vote précédemment. Le fonds, qui est une émanation du fonds souverain Qatar Investment Authority (QIA), conforte ainsi son statut de premier actionnaire devant le gérant commandité Arnaud Lagardère (7,65% du capital et 11,90% des droits de vote selon le document de référence 2016). “Le groupe Lagardère se félicite de la confiance que lui témoigne Qatar Holding LLC, réputé pour être un actionnaire exigeant et pérenne”, avait déclaré à cette occasion un porte-parole de Lagardère.

- Première visite à Paris du Premier ministre qatari le 15 novembre 2015

Les hasards de calendrier faisant décidément bien les choses en ces dernières semaines de 2015, cheikh Abdallah ben Nasser Al-Thani, le Premier ministre qatari et ministre de l’Intérieur du Qatar s’est rendu en France le dimanche 15 novembre de cette même année pour une visite officielle de trois jours, et ce, « en dépit des attentats », selon les termes officiels.

A noter que le chef du gouvernement qatari était accompagné d’une importante délégation.  Il s’agissait  alors de la première visite officielle de cheikh Abdallah en France et même de son premier déplacement dans un pays européen. Samedi, l’émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al-Thani, avait envoyé un message de condoléances au président François Hollande à la suite de « l’attaque terroriste » qu’il avait sévèrement « condamnée ».

Quelques jours auparavant, une source diplomatique française avait indiqué que cheikh Abdallah ben Nasser Al-Thani devait notamment participer au salon de la sécurité intérieure des Etats (Milipol), organisé alternativement à Paris et à Doha.  Vaste sujet …

A noter enfin que Paris et Doha entretiennent d’étroites relations diplomatiques et commerciales. L’émirat, qui partage des champs gaziers en offhsore avec l’Iran a ainsi effectué l’achat en mai 2015 de 24 avions de combat français Rafale, pour un montant de 6,3 milliards de d’euros.

- Le Qatar fortement soupçonné de financer Daesh

S’exprimant sur ZDF, la chaîne de télévision publique d’Allemagne, le ministre allemand de l’Aide au Développement, Gerd Müller, a accusé explicitement, le 20 août 2014 l’émirat du Qatar d’être derrière le financement des terroristes de l’ « Etat Islamique » (EI). S’interrogeant sur «qui finance ces troupes ?», il a à la suite ajouté :  «je pense au Qatar».
Dans un communiqué de presse, le parti UPR  notait quant à lui que ce membre du gouvernement d’Angela Merkel donnait ainsi du crédit aux rumeurs insistantes, étayées sur des indices de plus en plus nombreux, qui circulent dans les milieux du renseignement et sur les réseaux sociaux, et qui font état de liens étroits des terroristes de l’EI avec le Qatar, mais aussi avec les États-Unis et les pays occidentaux. L’UPR demandait alors au gouvernement d’expliquer aux Français ce qu’il sait – grâce à ses services de renseignement et à ceux des Allemands –, des liens entre son allié l’émir du Qatar et les terroristes de l’EI.

Lors d’un point de presse gouvernemental tenu à Berlin, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Martin Schäfer, avait quant à lui été interrogé, par les journalistes présents, sur la déclaration sensationnelle du ministre de l’Aide au développement, Gerd Müller, au sujet du Qatar. Répondant très exactement ceci : « L’Allemagne a de bonnes et amicales relations, avec le Qatar acteur régional majeur»,  ajoutant que «les propos de M. Müller ont donné lieu à une discussion entre le gouvernement qatari et l’ambassade d’Allemagne à Doha. »
Dans le cadre de cette entrevue, l’Allemagne a déclaré « au gouvernement du Qatar » qu’elle considérait leur pays « comme un partenaire » avec lequel « elle travaille dans différents domaines, même si sur certaines questions, elle ne partage pas toujours le même avis.» Martin Schäfer ajoutant : « Nous regrettons qu’il ait pu y avoir une incompréhension ». S’exprimant tout particulièrement au sujet des allégations de financement, il a simplement déclaré : « Je ne suis pas au courant de telles informations ». « Le ministre a fait allusion à des informations de presse et n’a pas formulé d’accusations concrètes.» Sans s’étendre davantage sur le sujet, sans présenter de quelconques excuses et sans préciser non plus que les suppositions du ministre allemand sont dénuées de tout fondement.

Le 13 août 2014, reprenant une analyse du quotidien Nezavissimaïa Gazeta, l’agence de presse russe  Ria Novosti, avait également dénoncé à son tour le fait que les terroristes de EI bénéficient en réalité d’un soutien financier, matériel et militaire pratiquement illimité du Qatar, et indirectement des États-Unis et de l’UE.

Après avoir rappelé que « les organisations terroristes islamistes, comme Al-Qaïda ou les talibans, ont été créés par la CIA, le Pentagone et le département d’État », les médias russes soulignaient ainsi ,  « qu’avec le consentement silencieux, voire parfois le soutien direct de Washington et de ses alliés occidentaux et régionaux, le terrorisme international se répand sur la planète, représentant une menace toujours plus importante pour l’humanité. »

Lors du sommet du G20, qui s’est tenu du 14 au 16 novembre 2015  en Turquie, soit le lendemain des attentats perpétrés à Paris, le président russe Vladimir Poutine a souligné que la Russie avait présenté des exemples de financement des terroristes par des personnes physiques venant de 40 pays, y compris des pays-membres du G20.
Lors du sommet «j’ai donné des exemples basées sur nos données du financement de Daesh par des individus privés. Cet argent vient de 40 pays, parmi lesquels participent des pays-membres du G20», a ainsi précisé Vladimir Poutine. Lequel a également évoqué la nécessité urgente d’empêcher la vente illégale de pétrole, laquelle rentre pour une bonne part dans le financement de Daesh comme nous l’indiquions dans un précédent article.

Au final, si l’« État islamique » et les terroristes d’Al Nosra-Al Qaïda sont officiellement combattus, de plus en plus d’éléments laissent à croire qu’ils sont en réalité soutenus discrètement, par Washington et ses vassaux.

On ne peut ainsi que s’étonner que les « frappes aériennes » occidentales contre ces mouvements aient obtenu si peu de résultats depuis plusieurs semestres, alors qu’elles étaient venus à bout de l’armada irakienne de Saddam Hussein en 3 semaines. Rappelons ainsi que la guerre contre l’Irak a été déclarée par George W. Bush le 20 mars 2003 et que Bagdad est tombée le 12 avril de la même année.

Mais tout ceci dans quel but me direz-vous ?

- Le terrorisme pour faire régner un chaos aux intérêts stratégiques ?

On ne peut s’empêcher comme je l’ai déjà fait auparavant, lors de l’attentat visant Charlie Hebdo, de repenser au monde de Globalia vu par Jean-Christophe Rufin, ancien Ambassadeur de France au Sénégal soupçonnant – certes dans une version romanesque permettant de rendre son raisonnement plus digeste – ni plus ni moins que le terrorisme soit désormais devenu l’arme suprême de l’oligarchie mondiale. Il est vrai que tous les ingrédients semblent de plus en plus réunis … aussi machiavéliques soient-ils …
Car en soufflant le chaud et le froid sur Daesh et l’Etat islamique – la partie immergée de l’iceberg étant toujours la plus dense, Washington pourrait être tenté de détruire des pays tels que la Syrie  en y faisant régner une situation de chaos chronique, contexte idéal pour pouvoir piller les matières premières de la région et surtout affaiblir les puissances régionales de manière à freiner voire rendre impossible tout projet pétrolier et gazier – d’exploitation ou de transit – concurrençant les vues occidentales.

- Encore de fortes odeurs de pétrole et de gaz ?

Rappelons en effet que Syrie, Iran  et Irak ont signé en juillet 2011  un « mémorandum d’entente » pour la construction d’un gazoduc qui, d’ici 2016, devrait relier le gisement iranien  de South Pars, le plus grand du monde, à la Syrie et à la Méditerranée. Plusieurs sociétés européennes devraient être associées à l’exploitation de ce « gazoduc islamique”.

Au final, la Syrie où a été découvert notamment un important gisement près de Homs, pourrait ainsi devenir un noeud de transit de couloirs énergétiques, offrant une alternative aux réseaux de gazoducs qui traversent …. la Turquie et à d’autres réseaux de pipelines …. contrôlés par les majors pétrolières US et européennes.

Le projet Iranien de gazoduc “gaz islamique” ou “Islamic Gas Pipeline ” d’un coût estimé à 10 milliards de dollars devrait ainsi traverser l’Irak et la Syrie afin de proposer des livraisons de gaz liquéfié en Europe via les ports méditerranéens de Syrie. D’une longueur de 5.600 km, ses capacités pourraient permettre le transport de 35 milliards de m³ de gaz par an.

A terme, le Liban, l’Irak, la Jordanie et la Syrie pourront se raccorder à ce gazoduc. Chose qui déplaît fortement aux Etats-Unis et à leurs alliés occidentaux, qui veulent garder la main-mise sur ce gaz, leur “défaite” sur le projet parallèle du gazoduc Nabucco leur restant encore en travers de la gorge. La Turquie ayant quant à elle tout à perdre de ce nouveau pipeline contournant son territoire.

En juillet 2011, les analystes indiquaient d’ores et déjà que la signature de l’accord sur le « gazoduc islamiste » pouvait être vue comme un échec de la stratégie américaine d’isolement de la Syrie, et comme un geste d’indépendance du gouvernement irakien de Nouri al-Maliki, en place depuis décembre 2010, à quelques mois du retrait des dernières troupes américaines.

- Le terrorisme, la stratégie du choc pour créer un monde presque parfait ?

Les Etats-Unis pourraient être également tentés de mettre en scène un « Choc des Civilisations » en présentant aux opinions publiques occidentales un ennemi qui pourrait se révéler au final bien utile pour asseoir leur pouvoir  …. et surtout ne pas le perdre.
Or, comme l’exprime lui-même Jean-Christophe Rufin dans son livre Globalia, la recette « miracle » pour assurer la cohésion, c’est la peur. Laquelle est agitée via trois « leviers » : le terrorismeles risques écologiques et la paupérisation. Cela ne vous rappelle rien ?

L’absence d’ennemi  peut en effet être vue comme un facteur important d’explosion sociale, la peur de l’autre, de la mort et du ciel qui peut nous tomber sur la tête, pouvant assurer a contrario une cohésion.
Dans Globalia, les burocrates du BIM (Bureau d’identification de la menace), chargés de l’application concrète du slogan «La surveillance, c’est la liberté» tentent alors de trouver une « solution » …. «Un bon ennemi est la clef d’une société équilibrée », explique ainsi l’énigmatique et tout puissant Ron Altman dont nous nous apercevrons au final qu’il est loin d’être éloigné du monde de la finance planétaire désormais aux mains d’oligarques prêts à tout pour assurer leur pouvoir. Sa stratégie sera alors bâtie autour d’un axe  : la création d’un «Nouvel Ennemi».
Stratégie à rapprocher du bombardement médiatique de nos pensées, gavées sans répit des atrocités commises par l’EI ou Al Nosra, entretenant la peur, l’effroi et la haine dans les opinions publiques. Le terrorisme, devenant alors également une nouvelle arme de choix pour implanter une dictature de masse, en désignant des « ennemis intérieurs » et en supprimant les unes après les autres toutes nos libertés publiques.

Elisabeth Studer – 5 juin 2017 – www.leblogfinance.com

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5 commentaires

  1. Elisabeth Studer 6 juin 2017 à 20:17

    Qatar: les opérations militaires américaines ne sont “pas affectées” (Pentagone)

    Washington – Les opérations militaires américaines au Qatar ne sont “pas affectées” par la crise autour de cet Etat clef pour le dispositif militaire américain au Moyen-Orient, placé à l’isolement par les autres pays du Golfe et critiqué par Donald Trump.

    “Au niveau des opérations militaires il n’y a pas eu d’impact”, a déclaré le porte-parole du Pentagone Jeff Davis lors d’un point presse.

    “Nous continuons d’être reconnaissants aux Qataris pour leur soutien de longue date à notre présence et nous n’avons pas de projet de changer notre position au Qatar”, a-t-il ajouté.

    Le Qatar joue un rôle clef dans le dispositif militaire américain au Moyen-Orient, avec près de 10.000 troupes américaines déployées dans le pays.

    La plus grande partie de ces troupes sont des personnels de l’US Air Force installés sur la base aérienne d’Al-Udeid, qui commande toute les opérations aériennes américaines au Moyen-Orient et notamment les opérations aériennes de la coalition contre le groupe Etat islamique.

    Sur le plan opérationnel, la base est une importante plate-forme pour les avions ravitailleurs KC-135, les bombardiers lourds, les avions de transport, et les avions de reconnaissance et de surveillance opérant dans la région.

    Lundi, l’Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, l’Egypte, le Yémen ainsi que les Maldives ont annoncé rompre toute relation avec le Qatar, accusé de “soutenir le terrorisme”, une décision qui a eu l’effet d’un séisme dans la région.

    Le président américain Donald Trump a accusé mardi le Qatar, pourtant allié des Etats-Unis, de financer les extrémistes, semblant prendre fait et cause pour l’Arabie saoudite et des pays amis qui ont rompu avec ce riche émirat gazier du Golfe.

    “Nous espérons une résolution rapide” de la crise et “nous n’avons aucune intention de modifier nos opérations” au Qatar ou dans les autres pays du Golfe, a indiqué Jeff Davis.

    Les avions militaires américains “continuent leurs missions en soutien aux opérations en Irak et Syrie” et en Afghanistan, a-t-il ajouté.

    “Nous n’anticipons aucun problème” avec les militaires qataris, a indiqué le porte-parole.

    (©AFP / 06 juin 2017 19h17)

  2. Elisabeth Studer 6 juin 2017 à 20:18

    Le président américain Donald Trump a accusé mardi le Qatar, pourtant allié des Etats-Unis, de financer les extrémistes, prenant fait et cause pour l’Arabie saoudite et des pays amis qui ont rompu avec ce riche émirat du Golfe.

    Sur Twitter, M. Trump a écrit que l’isolement du Qatar marquera “peut-être le début de la fin de l’horreur du terrorisme”, indiquant que “tous les éléments pointent vers le Qatar” dans le financement de l’extrémisme religieux.

    Allié de longue date des Etats-Unis, le Qatar abrite la plus grande base aérienne américaine dans la région, siège du commandement militaire chargé du Moyen-Orient.

    La base d’Al-Udeid est cruciale pour la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI) en Syrie et Irak, menée par une coalition internationale dirigée par Washington et dont fait partie Doha.

    Le Pentagone a toutefois assuré que les opérations militaires américaines au Qatar n’étaient “pas affectées” par la crise. “Au niveau des opérations militaires, il n’y a pas eu d’impact”, a déclaré le porte-parole du Pentagone Jeff Davis.

    Face à cette crise inédite, le Koweït a entrepris une médiation et l’émir Sabah Al-Ahmad Al-Sabah est arrivé à Jeddah, dans l’ouest saoudien, pour rencontrer le roi Salmane.

    L’Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, l’Egypte et le Yémen avaient annoncé lundi rompre toute relation avec le Qatar, accusé de “soutenir le terrorisme”, une décision qui a eu l’effet d’un séisme dans la région.

    S’y ajoutent une suspension de vols aériens, des mesures économiques comme la fermeture des frontières terrestres et maritimes avec le Qatar ainsi que des interdictions de survol aux compagnies qataries et des restrictions aux déplacements des personnes.

    - ‘Pas d’escalade’ -

    Dès lundi, l’émir du Koweït avait reçu un conseiller du roi Salmane et appelé l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, pour l’inviter à la “retenue”.

    Le Qatar a ensuite donné l’impression de chercher une issue à la crise, en appelant à un “dialogue ouvert et honnête”.

    S’exprimant sur la télévision Al Jazeera, le chef de la diplomatie qatarie, cheikh Mohamed ben Abderrahmane Al-Thani, a assuré qu’il n’y aurait “pas d’escalade” de la part de son pays et répété à l’occasion le caractère “stratégique” des relations avec les Etats-Unis.

    Cette chaîne basée au Qatar a dénoncé, dans un communiqué, la fermeture, annoncée lundi par les autorités saoudiennes de son bureau à Ryad, y voyant une mesure “injustifiée”.

    Des pays comme la Turquie essaient aussi de jouer les médiateurs dans la crise, la plus grave depuis la naissance en 1981 du Conseil de coopération du Golfe (CCG – Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Qatar, Koweït, Oman).

    Le souverain saoudien a reçu un appel du président turc Recep Tayyip Erdogan qui selon son porte-parole, a entrepris “des efforts diplomatiques”.

    Alliés à la fois de Ryad et de Doha, les Etats-Unis avaient invité dès lundi les pays du Golfe à rester “unis” par la voix du secrétaire d’Etat Rex Tillerson.

    Mais le ton a changé mardi avec les tweets de M. Trump, qui a aussi établi un lien entre son discours en mai à Ryad sur l’extrémisme islamiste et la décision d’isoler le Qatar.

    “Durant mon récent voyage au Moyen-Orient, j’ai affirmé que le financement de l’idéologie radicale devait cesser. Les dirigeants ont montré du doigt le Qatar – Et regardez !” a écrit le président américain.

    - Perturbations aériennes -

    L’effet des mesures contre le Qatar a commencé à se faire sentir mardi.

    Six compagnies du Golfe, ainsi qu’EgyptAir, ont suspendu “jusqu’à nouvel ordre” leurs vols vers ou depuis Doha, entraînant une grogne de passagers.

    L’Aviation civile saoudienne a par ailleurs interdit aux compagnies aériennes du Qatar de survoler le royaume, ce qui devrait entraîner des déroutements, des retards et des surcoûts d’exploitation.

    Les autorités saoudiennes ont aussi annoncé avoir annulé la licence de Qatar Airways et décidé de fermer les bureaux de la compagnie “d’ici 48 heures”.

    Qatar Airways a indiqué avoir suspendu sine die tous ses vols vers l’Arabie, les Emirats, Bahreïn et l’Egypte.

    Face à ces restrictions, le directeur général de l’Association internationale du transport aérien (IATA), Alexandre de Juniac, a réclamé mardi le rétablissement au plus vite des liaisons avec le Qatar, dans l’intérêt des compagnies aériennes et des passagers.

    Autre conséquence, l’isolement du Qatar risque d’affecter la reconstruction dans la bande de Gaza, enclave palestinienne contrôlée par le mouvement islamiste Hamas, a prévenu Jan Egeland, secrétaire général du Norwegian Refugee Council.

    Le Qatar a promis un milliard de dollars à cet effet après la guerre de 2014 qui avait dévasté ce territoire soumis à des blocus israélien et égyptien.

    Riche pays gazier à la politique étrangère controversée, le Qatar avait au départ réagi avec colère à la décision de rupture, accusant ses détracteurs de vouloir le mettre “sous tutelle” et de l’étouffer économiquement.

    Le Qatar a toujours poursuivi sa propre politique régionale, affirmant son influence par le sport -il accueillera le Mondial 2022 de football- et par les médias avec Al Jazeera.

    Il est aussi accusé d’entretenir des liens avec les réseaux jihadistes Al-Qaïda et EI, ainsi que les Frères musulmans classés “terroristes” par certains pays arabes.

  3. retrouvé le retour 6 juin 2017 à 22:51

    Tout le monde connait l’évacuation avec des hélicoptères des derniers résidus US au Vietnam !! Avant de recevoir des triquées la spécialité des USA c’est d’organiser la merde chez leurs “alliés” pour essayer de les envahir ensuite.
    Les Saouds sont visiblement sur la liste.

  4. retrouvé le retour 6 juin 2017 à 23:21

    Dans le style état “religieux” les Saouds pensent détenir une sorte de nombril du monde !! avec toutes les baraques de souvenirs et de tapis volants qui vont avec. Malheureusement pour ces pingouins des sables la terre est ronde.

  5. retrouvé le retour 14 juin 2017 à 13:26

    Et “à la maison” qui va garder les sots !! ( qui sont nombreux malheureusement ) si le Canard continue de balancer !! Il faut foutre la grippe aviaire à ce volatile !!

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