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Les USA pressent la Grèce de réformer, chantage voilé sur une éventuelle participation au gazoduc Russie-Turquie ?

De quoi je me mêle serait-on tenté de dire ! Le président américain Barack Obama a exhorté vendredi la Grèce à engager des réformes gouvernementales et fiscales. Il s’exprimait ainsi lors d’une conférence de presse commune avec le Premier ministre italien Matteo Renzi à la Maison Blanche.

Mais ce qu’Obama omet d’afficher aux grands jours, ce sont les pressions qu’exerce son gouvernement sur Athènes pour éviter qu’elle ne rejoigne le projet – russe – de transit d’hydrocarbures via le gazoduc Turkish Stream, destiné à livrer du gaz russe en Europe via un transit par la Turquie. Une position qui permet de comprendre pourquoi Obama tance la Grèce, histoire au final d’augmenter la pression …

« Matteo a raison. La Grèce doit engager des réformes », a ainsi déclaré Barack Obama. Ajoutant qu’Athènes devait prélever des impôts, réduire leur bureaucratie et rendre plus flexible son marché du travail. En clair, adopter les principes de l’ultra-libéralisme aux citoyens grecs …

Le président américain a par ailleurs rappelé qu’il avait exhorté le Premier ministre grec Alexis Tsipras à montrer à son peuple qu’il y avait de l’espoir et que le pays pouvait retrouver de la croissance.

« Nous soutiendrons un degré de flexibilité sur la façon dont vous avancerez », a ajouté Barack Obama, indiquant toutefois que la Grèce devait « montrer à vos créanciers et à ceux qui soutiennent » qu’elle y mettait du sien et que tous les efforts n’étaient pas du même côté. Laissant ainsi entendre qu’on n’a rien sans rien, le Président américain a par ailleurs ajouté que « cela requiert le genre de décisions difficiles que Matteo commence à prendre ».

Ces propos font suite à une brève entrevue entre Barack Obama et le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis jeudi soir à la Maison Blanche en marge d’une cérémonie commémorant l’indépendance grecque de 1830.

M. Varoufakis, présent à Washington en vue de participer aux réunions du FMI et de la Banque mondiale, a quant à lui affiché la volonté de son gouvernement de mener à bien les réformes exigées par ses créanciers en vue d’obtenir le déblocage d’une tranche d’aide de 7,2 milliards d’euros. Provoquant en retour un certain scepticisme de son homologue allemand Wolfgang Schäuble, et une grande fermeté de la part de la directrice générale du FMI, Christine Lagarde.

Mais l’enjeu final de la position américaine, au delà des intérêts de banques telles que Goldman Sachs pourrait bien être encore une fois le pétrole.

Rappelons en effet que si Panagiotis Lafazanis, ministre grec de l’Energie, a récemment indiqué qu’Athènes montrait un vif intérêt au prolongement sur son territoire du nouveau le géant gazier russe Gazprom envisage de construire à destination de la Turquie, il a récemment déclaré à la presse russe que les Etats-Unis exerçaient une très forte pression sur la Grèce, afin de la dissuader de participer à la réalisation du projet de gazoduc Turkish Stream, destiné à livrer du gaz russe en Europe.

Le dossier est loin d’être dénué d’intérêts financiers, puisque M. Lafazanis a tenu à souligner que la Grèce souhaitait obtenir de la part de la Russie une réduction de tarif sur le gaz russe livré à partir de 2016, ainsi qu’une baisse des volumes fournis selon des contrats d’enlèvement ferme (« take or pay »).

Rappelons que Gazprom ambitionne de mettre en service dès la fin 2016 un nouveau pipeline à destination de la frontière gréco-turque, projet qui devrait notamment permettre de compenser l’abandon du projet South Streamvers l’Union européenne.
Si certes Vladimir Poutine a de nouveau félicité le parti Syriza à l’occasion de sa victoire aux élections, tout en félicitant personnellement Alexis Tsipras « à l’occasion de son entrée en fonction », le Président russe avait alors invité son interlocuteur à effectuer une visite en Russie. Avec en ligne de mire : le projet du gazoduc on ne peut plus stratégique.

C’est lors d’une visite en Turquie, qu’au début du mois de décembre 2014, le président russe a annoncé l’abandon de South Stream, évoquant une nouvelle alternative de rediriger le gazoduc en cours de construction vers le territoire turc.

En janvier 2015, Moscou a tenu à préciser que le nouveau projet Turkish Stream de Gazprom prévoyait de déployer le pipeline jusqu’à la frontière gréco-turque, charge restant aux Européens de créer les infrastructures en vue de récupérer le gaz au delà de ces limites.
Face aux risques que la Commission européenne ne s’avère réticente quant à un possible transit du gazoduc via la Grèce, M. Lafazanis a estimé que l’isolement énergétique de la Russie n’était pas un développement positif pour l’Europe . Selon lui, les pays européens ont besoin du gaz russe, aucune solution alternative n’étant envisageable à ses yeux.

Sources : AFP, sputniknews.com, Le Monde, themoscowtimes.com

Elisabeth Studer – 18 avril 2015 – www.leblogfinance.com

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13 commentaires

  1. retrouvé le retour 19 avril 2015 à 16:34

    On se demande bien qui va se trouvé “réformé” dans cette affaire. Certains pensent que les US vont se désengager militairement ici où là. En fait ils sont condamnés à semer la pagaille un peu partout sur la planète pour survivre !! Il faut se préparer au grand vide qu’ils vont produire en perdant leurs dernières billes.

  2. retrouvé le retour 19 avril 2015 à 17:00

    http://www.lepoint.fr/monde/l-ei-diffuse-une-video-d-executions-de-chretiens-ethiopiens-19-04-2015-1922673_24.php

    Les costumes colorés inventés pour humilier les prisonniers aux usa, au Rouanda ou ailleurs auront-ils un avenir aussi radieux que le costume rayé de sinistre mémoire? qui sait? Leurs inventeurs que l’on croyait inimitables “plus jamais ça” font malheureusement des ” herzatz”

  3. ES 19 avril 2015 à 19:07

    En fait ils sont condamnés à semer la pagaille un peu partout sur la planète pour survivre !! : tout à fait cela !

  4. Elisabeth S 21 juillet 2015 à 11:00

    Attentat de Daesh en Turquie …. simple hasard ? ….

  5. retrouvé le retour 21 juillet 2015 à 15:08

    La situation déclenchée par des crétins comme Bush, Wolfowitz et autre Juppé n’est plus vraiment sous contrôle. C’est exactement comme pour la fin de l’URSS et la réunification allemande. Chaque nouvelle situation déclenchée par pur opportunisme ne permet pas de récolter les “marrons du feu”. Alors qu’avant c’était la règle.
    Les livres d’Yvonne Bollmann présentent un portrait exact de ce qu’il se passe dans le “sous sol ” allemand.
    Il y a quelques années j’ai pu prendre “en stop” un Allemand qui faisait une “opération survie” dans la neige avec armes réelles. Ce nigaud mourrait de fain et voulait se rendre dans un supermarché!! Je n’ai pas pu voir le groupe à l’entraînement, car il ne voulait surtout pas être découvert par les autres. Je ne sais pas si ce groupe était suivi par qui de droit.
    Les USA et les Anglais pensent à une fracture entre l’Allemagne et la France. Ils ont bien vu que le tandem franco allemand est maintenant un fauteuil roulant poussé par l’Allemagne. Ils se trompent sur la suite !!

  6. Elisabeth Studer 22 juillet 2015 à 21:06

    Chaque nouvelle situation déclenchée par pur opportunisme ne permet pas de récolter les « marrons du feu » …. c’est cela …

  7. ES 16 novembre 2015 à 21:03

    La Turquie abandonne l’achat de missiles sol-air chinois, un mégacontrat de 3 mds d’euros

    Ankara – La Turquie a annulé un mégacontrat d’un montant de 3 milliards d’euros remporté il y a deux ans par la Chine pour équiper son armée de missiles sol-air, a indiqué dimanche à l’AFP une source proche du gouvernement turc.

    Cette décision a été récemment prise par le gouvernement, a déclaré cette source. Ce contrat attribué en 2013, à la surprise générale, à la firme China Precision Machinery Export-Import Corporation (CPMIEC), avait suscité l’ire des Etats-Unis.

    L’information survient alors que la Turquie accueille dimanche et lundi à Antalya (sud) les dirigeants des pays du G-20, les plus riches de la planète, dont le président chinois Xi Jinping.

    La Turquie a décidé d’annuler le projet, à la traîne notamment en raison de la réticence de la partie chinoise de partager une grande partie de sa technologie durant plusieurs mois de longues discussions, a rapporté la chaîne d’information CNN-Türk.

    Pour l’heure, Ankara projette de produire ses propres missiles avec le soutien d’un système d’armement mondialement reconnu, a affirmé la chaîne.

    Ankara ne devra donc pas lancer un nouvel appel d’offres, un processus qui risque encore de prendre de longs mois, a-t-on précisé de source informée.

    En 2013, sa décision de retenir une entreprise d’Etat chinoise avait provoqué la levée de boucliers des alliés de la Turquie au sein de l’Otan. Tous ont regretté l’absence de compatibilité du matériel chinois avec leurs propres systèmes et rappelé que CPMIEC faisait l’objet de sanctions de Washington pour avoir livré des armes à la Syrie et à l’Iran sous embargo.

    Sous pression, Ankara a donc été contraint de revoir à plusieurs reprises sa position en repêchant les deux autres candidats de l’appel d’offres (les américains Raytheon et Lockheed Martin, et le consortium franco-italien Eurosam), priés de reformuler leurs propositions.

    Au début de l’année 2014, la Turquie située dans une position géostratégique particulièrement instable et dangereuse, avait fait finalement savoir que son choix pour les missiles chinois n’est pas définitif et étendu à deux reprises le délai de soumission pour favoriser, semble-t-il, de nouvelles offres.

    La Turquie envisage à la fois de renforcer sa protection contre des attaques aériennes ou de missiles, de diversifier ses fournitures d’équipements et de trouver des partenaires en vue de la coproduction d’armements.

    (©AFP / 15 novembre 2015 15h01)

  8. retrouvé le retour 17 novembre 2015 à 01:04

    Comme on me le signale à Porte les Valence. Les Zazeris et les Zouighourts c’est tout des Turcs !! :)
    Alors c’est compliqué,, la Chine pense peut-être pareil d’où: “en raison de la réticence de la partie chinoise de partager une grande partie de sa technologie”

  9. ES 17 novembre 2015 à 19:14

    Bien vu, retrouvé !!!
    ————————–
    La colère des Ouïghours de Turquie
    Par RFI Publié le 09-07-2015

    La Thaïlande a renvoyé en Chine une centaine de migrants Ouïghours, minorité musulmane et turcophone chinoise. Ce refoulement viole le droit international, ont déclaré les Nations unies et les ONG de défense des droits de l’homme. Depuis le début du ramadan, de nombreuses manifestations ont lieu en Turquie. Jeudi 8 juillet, le consulat thaïlandais d’Istanbul a été saccagé.

    Les Ouïghours remis mercredi aux autorités chinoises font partie d’un groupe de 300 personnes emprisonnées depuis plus d’un an en Thaïlande pour être entrées clandestinement dans le pays, et qui affirmaient être de nationalité turque.

    Il y a une dizaine de jours, Bangkok avait d’ailleurs envoyé 170 d’entre eux en Turquie. Une première dans le traitement réservé à ces clandestins. Mais la junte affirme avoir eu la preuve que les Ouïghours qui ont été renvoyés mercredi sont de nationalité chinoise. La Thaïlande assure par ailleurs avoir reçu de Pékin l’assurance qu’ils seront bien traités. Une affirmation jugée ridicule, selon les organisations de défense des droits de l’homme, qui affirment qu’une fois en Chine, ils risquent en réalité la prison, la torture ou la disparition forcée.

    Répression culturelle, religieuse et économique

    Quant aux Ouïghours qui sont toujours en prison en Thaïlande, leur sort reste incertain. Musulman et turcophone, le peuple ouïghour de la province du Xinjiang est victime d’une sévère répression culturelle, religieuse et économique de la part des autorités chinoises. Ses intellectuels et ses militants sont systématiquement soupçonnés par Pékin de séparatisme et de terrorisme.

    À Istanbul, plus de 200 manifestants ont saccagé le consulat thaïlandais ce jeudi 8 juillet, pour protester contre le renvoi des Ouïghours en Chine. Et depuis le début du ramadan, des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes de Turquie pour dénoncer la répression des autorités chinoises.

  10. ES 17 novembre 2015 à 19:15

    Musulman et turcophone, le peuple ouïghour de la province du Xinjiang est victime d’une sévère répression culturelle, religieuse et économique de la part des autorités chinoises. Ses intellectuels et ses militants sont systématiquement soupçonnés par Pékin de séparatisme et de terrorisme.

  11. retrouvé le retour 18 novembre 2015 à 00:07

    ES, le bout de l’oreille !! :)
    On connait bien la méthode. Pour ceux qui dénoncent c’est l’histoire de la paille et de la poutre ! Tu connais mieux voir la paille dans l’oeil de son voisin que la poutre que l’on a dans l’oeil !!

  12. retrouvé le retour 18 novembre 2015 à 10:26

    Quel lien existe-t-il entre ceux qui nous fournissent en permanence la peinture des vilains Chinois qui oppriment les musulmans. L’émission télé officielle sur l’entrée de la Finlande en Europe qui proposait d’attaquer les Russes pour récupérer la Karélie !! Rolandas et Arvidas qui se promènent dans les bois pour faire quoi ? Les émissions anti françaises des années 2000 sur la BBC qui nous présentaient comme des monstres parce que nous ne voulons pas de costumes religieux?
    Réponse
    1) La terre est ronde, ce que certains en recopiant des textes anciens un peu “nigauds” ne comprennent pas encore bien.
    2) La propagande anglosaxonne fonctionne avec aussi bien avec de la grosse artillerie que des cellules dormantes. Il suffit de regarder qui sort du placard télévisuel et internet en période délicate.
    3) Tout cela est bien dérisoire, tout ce petit monde terminera à Siegmaringen dans les hotels le Bären et le Löwen!! puis ensuite devant un Tribunal.
    Monsieur Fabius ” le responsable mais pas coupable”du sang contaminé “qui mérite d’être de ce monde” et ses copains Sarko et Juppé auront une suite réservée !!!

  13. ES 18 novembre 2015 à 19:23

    allez , retrouvé ! vous allez etre content !!
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    Normandie. Laurent Fabius quitterait le ministère après les élections régionales
    Selon le site spécialisé “La lettre A”, des indices indiqueraient que le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, pourrait céder sa place en décembre 2015.

    Mise à jour : 09/11/2015 à 14:36
    À l’approche des élections régionales en Normandie, les 6 et 13 décembre 2015, qui, cette année, se tiendront en pleine Conférence internationale sur le climat à Paris, la COP21 (du 30 novembre au 11 décembre 2015), les rumeurs vont bon train concernant un éventuel remaniement, après un scrutin de tous les dangers pour la gauche.

    Objectif le conseil constitutionnel ?
    À ce jeu, nos confrères de La lettre A.fr (la lettre de tous les pouvoirs), média spécialisé dans « l’actualité économique, politique et médiatique », ont décelé des indices indiquant, selon eux, que le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius (PS), ancien président de l’Agglomération de Rouen (Seine-Maritime), préparerait son départ du Quai d’Orsay. En témoignerait le transfert annoncé de plusieurs de ses conseillers.

    Si Laurent Fabius laisse volontairement planer l’incertitude sur son avenir au Quai d’Orsay, son cabinet parle pour lui, explique La Lettre A. Donné partant du gouvernement pour succéder à Jean-Louis Debré à la présidence du Conseil constitutionnel, le ministre des Affaires étrangères pourrait quitter ses fonctions après la COP21, à l’occasion d’un vraisemblable remaniement post-Régionales. Sans attendre cette échéance, plusieurs membres de son cabinet sont déjà sur le départ.
    Une équipe à recaser
    Bien renseigné, le site cite en tout cas plusieurs exemples :

    La conseillère communication Marianne Zalc-Muller chercherait de son côté à se rapprocher du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), où elle a récemment passé des entretiens. Quant au dircab’ Alexandre Ziegler et à son adjoint Martin Briens, ils seraient en instance pour rejoindre début 2016 les ambassades de New Delhi (Inde) pour le premier et de Téhéran (Iran) pour le second. Ils succéderaient ainsi respectivement à François Richier et Bruno Foucher, tous deux en poste depuis 2011.

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