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USA / Turquie main dans la main pour armer et former les rebelles syriens … encore une odeur de gaz

Cela a le mérite d’être clair : Turquie et Etats-Unis viennent de signer à Ankara un accord, scellé deux jours auparavant, en vue d’oeuvrer à la formation et l’équipement des opposants syriens modérés en Turquie. C’est en effet ce qu’a indiqué le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu à des journalistes.

Les signataires sont le sous-secrétaire au ministère des Affaires étrangères turques Feridun Sinirlioglu et l’ambassadeur américain à Ankara John Bass, a précisé une source gouvernementale. Une annonce qui vient cloturer des mois de négociations difficiles entre les différents membres de l’Otan, lesquels étaient à la fois divisés sur la nécessité de former des rebelles syriens et l’ennemi à combattre.

Ankara, qui ne ménage pas ses propos contre le président syrien Bashar al-Assad, souhaite que les factions de rebelles modérés soient entraînés pour combattre le régime de Damas mais également le groupe jihadiste Etat islamique (EI) qui contrôle de larges zones de territoires en Irak et en Syrie jusqu’à la frontière turque.

Washington affiche pour sa part officiellement sa volonté de former les rebelles dans le cadre de sa lutte contre le groupe EI, alors que l’US Air Force effectue des attaques ciblées contre les positions de l’EI en Syrie.

Le Pentagone a laissé entendre que le gouvernement américain espère que le programme pourra débuter d’ici fin mars, l’objectif étant d’avoir que les combattants rebelles formés puissent être « opérationnels » d’ici la fin de l’année. 5.000 combattants syriens devraient être formés dès la première année.
Vous noterez au passage que pas l’once d’une information concernant le montant des sommes ainsi mises sur la table n’a filtré, quant aux sources de financement elles-mêmes, il en est encore moins question …

Mais encore une fois, une forte odeur de pétrole et de gaz  pourrait régner sur la région. Et les tensions entre Turquie et Syrie pourraient être ni plus ni moins que le reflet des importants différents qui séparent Russie et Etats-Unis. La guerre des pipelines  n’arrangeant rien à l’affaire.

- La Turquie partenaire des Etats-Unis pour contrer le projet de pipeline entre Syrie, Iran et Irak

Rappelons en effet que Syrie, Iran  et Irak ont signé en juillet 2011  un « mémorandum d’entente » pour la construction d’un gazoduc qui, d’ici 2016, devrait relier le gisement iranien  de South Pars, le plus grand du monde, à la Syrie et à la Méditerranée. Plusieurs sociétés européennes devraient être associées à l’exploitation de ce « gazoduc islamique”.

Au final, la Syrie où a été découvert notamment un important gisement près de Homs, pourrait ainsi devenir un noeud de transit de couloirs énergétiques, offrant une alternative aux réseaux de gazoducs qui traversent …. la Turquie et à d’autres réseaux de pipelines …. contrôlés par les majors pétrolières US et européennes.

Le projet Iranien de gazoduc “gaz islamique” ou “Islamic Gas Pipeline ” d’un coût estimé à 10 Milliards de dollars devrait ainsi traverser l’Irak et la Syrie afin de proposer des livraisons de gaz liquéfié en Europe via les ports méditerranéens de Syrie. D’une longueur de 5.600 km, ses capacités pourraient permettre le transport de 35 Milliards de m³ de gaz par an.
A terme, le Liban, l’Irak, la Jordanie et la Syrie pourront se raccorder à ce gazoduc. Chose qui déplaît fortement aux Etats-Unis et à leurs alliés occidentaux, qui veulent garder la main-mise sur ce gaz, leur “défaite” sur le projet parallèle du gazoduc Nabucco leur restant encore en travers de la gorge. La Turquie ayant quant à elle tout à perdre de ce nouveau pipeline contournant son territoire.

En juillet 2011, les analystes indiquaient d’ores et déjà que la signature de l’accord sur le « gazoduc islamiste » pouvait être vue comme un échec de la stratégie américaine d’isolement de la Syrie, et comme un geste d’indépendance du gouvernement irakien de Nouri al-Maliki, en place depuis décembre 2010, à quelques mois du retrait des dernières troupes américaines.

- Un accord gazier Syrie / Russie qui déplaît fortement - 

Rappelons ainsi que c’est fort discrètement que le 25 décembre 2013 – en pleine trêve des confiseurs – que la Syrie a signé avec la Russie un accord pour le moins stratégique sur l’échiquier énergétique mondial. Et ce, sur différents aspects.

Il s’agit tout d’abord du premier accord de prospection pétrolière et gazière signée par la Syrie dans ses eaux territoriales, alors que suite à de récentes découvertes, ses réserves off-shore sont considérées comme les plus importantes de la Méditerranée.

Le fait que russes et syriens agissent de concert alors que le régime du président Bachar al-Assad est frappé de sanctions internationales, suite au conflit interne qui dévaste le pays, est également lourd de symboles.
L’accord, d’une durée de 25 ans, a été paraphé au siège du ministère du Pétrole et des ressources minières à Damas par le ministre syrien du Pétrole, Sleimane Abbas, la Compagnie générale syrienne du Pétrole et l’entreprise russe Soyuzneftegaz. Le directeur général de la Compagnie générale syrienne du pétrole, Ali Abbas, soulignant à cette occasion, qu’il s’agissait du premier contrat accordant des licences d’exploration de gaz et de pétrole dans les eaux syriennes.

Autre élément notable : les zones concernées font partie des gigantesques gisements de gaz et de pétrole récemment découverts en Méditerranée orientale, aux larges de pays tels que …. la Syrie, le Liban, Israël et Chypre.
Précisons à cet égard, qu’un un accord de délimitation des zones économiques exclusives a été conclu le 17 décembre 2010 entre Israël et Chypre, en vue de permettre aux deux pays la poursuite des recherches off-shore d’hydrocarbures de part et d’autre. Provoquant de vives réactions des pays voisins … Turquie, Syrie, Liban et l’Égypte voyant d’un mauvais œil la volonté hégémonique de l’Etat hébreu sur les gisements récemment découverts tels que Tamar et Leviathan.

Nous avions également laissé entendre à plusieurs reprises que le gouvernement chypriote pourrait faire jouer la concurrence  en vue de monnayer l’octroi d’un prêt salvateur  … en l’échange de licences d’exploration d’immenses champs gaziers off-shore, la Russie étant confrontée à la troïka via l’intermédiaire de la BCE sur ce dossier.
Moscou semble donc désormais redoubler d’efforts pour avancer ses pions sur la zone … en passant par la Syrie. Histoire d’ajouter encore plus d’huile sur le feu …

Quoi qu’il en soit, le ministre syrien a indiqué que la prospection allait débuter sur une superficie de 2.190 km2, ajoutant que le coût de la prospection s’élèverait à 100 millions de dollars. Suite aux récentes découvertes réalisées en Méditerranée, les réserves de gaz pourraient s’élever à 38.000 milliards de pieds cubes.

Selon la revue « Oil and Gas », la Syrie détiendrait au final les plus grandes réserves prouvées de pétrole de la Méditerranée, avec 2,5 milliards de barils, dépassant ainsi ses voisins, hormis l’Irak. Reste que suite aux sanctions internationales, la Syrie a vu sa production pétrolière chuter de 90% depuis mars 2011, date de début du conflit.

Il n’en demeure pas moins que la signature de ce contrat est loin de faire l’unanimité, ne serait-ce qu’au sein de la Syrie elle-même. La Coalition de l’opposition syrienne avait ainsi affirmé que le peuple syrien considérait comme nul l’accord signé la veille entre le gouvernement et la Russie. « La Coalition condamne cette signature qui vise à donner les richesses de notre sous-sol contre les armes russes destinées à tuer le peuple syrien », avait-elle indiqué jeudi dans un communiqué. Ajoutant que « la signature par la société russe d’un des plus importants contrats dans la région avec le régime criminel alors que les combats se poursuivent sans répit met en évidence le fait que le gouvernement russe a signé un accord pour fournir au régime des armes supplémentaire pour tuer le peuple syrien ».

En juillet 2013, à l’occasion du cinquantenaire du quotidien Al-Thawra, le président syrien avait répondu à plusieurs questions de journalistes. En réponse à l’un d’entre eux, lui demandant de faire la lumière sur les ressources en pétrole et en gaz des eaux territoriales syriennes, Bachar Al-Assad avait indiqué : « C’est la vérité, que ce soit dans nos eaux territoriales ou dans notre sol. Les premières études ont fait état d’importants gisements de gaz dans nos eaux territoriales. Puis, nous avons su que d’autres gisements s’étendaient de l’Égypte à la Palestine et sur tout le long de la côte ; ces ressources étant plus abondantes dans le Nord ». Ajoutant : « certains disent que l’une des raisons de la crise syrienne est qu’il serait inacceptable qu’une telle fortune soit entre les mains d’un État opposant mais, évidemment, personne ne nous en a parlé de façon directe. C’est une analyse logique de la situation et nous ne pouvons ni la réfuter, ni la considérer comme une raison secondaire. C’est peut-être la raison principale de ce qui se passe en Syrie mais, pour le moment, elle reste du domaine de l’analyse. »

Sources : AFP, Mondialisation.ca, Al-Thawra

Elisabeth Studer – www.leblogfinance.com   – 22 février 2015

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25 commentaires

  1. Johnathan Gravier 23 février 2015 à 15:54

    C’est mal parti !

    • Arthur 21 mars 2015 à 19:24

      Ca fait quelques années que ça dure t’as raté le début?

  2. retrouvé le retour 26 février 2015 à 17:56

    http://www.ledevoir.com/international/europe/432897/catalogne-l-interdiction-du-referendum-est-confirmee

    Et nous les Français, débarrassons-nous de cet encombrant voisin ibérique post-franquiste. Ce qui aurait du être fait en 1945 !!

    • Arthur 21 mars 2015 à 19:23

      La guerre avec l’Espagne maintenant tu te crois au 17ème siècle?

  3. Maitre Gambi 3 mars 2015 à 03:23

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    • Arthur 21 mars 2015 à 19:21

      Maitre Gambi est un CHARLATAN et c’est scandaleux que sa propagande se retrouve sur votre site comme sur n’importe quel autre site d’ailleurs ça enlève toute crédibilité à ceux qui le publient! ABE!

  4. retrouvé le retour 22 mars 2015 à 15:11

    Arthur, Tu m’as mal compris nous allons foutre dehors cette monarchie post-franquiste tueuse d’éléphants par un grand mouvement « pacifiste » style « Dégage »
    Au 17 c’était encore l’Ancien Régime. (Le vrai !!:) )

  5. retrouvé le retour 22 mars 2015 à 15:15

    Maitre Gambi, c’est sur que c’est triste et débile mais pas plus que nos horoscopes, bien de chez nous

  6. retrouvé le retour 22 mars 2015 à 15:26

    http://armenews.com/article.php3?id_article=109112

    « Il ne manque pas un bouton de guêtre » aux Kurdes !! Pauvres Kurdes ils finiront poignardés dans le dos par les Turcs, comme les arméniens en 1915.
    Ceux qui sont responsables des guerres actuelles je pense en particulier à Bush ou Sarko finiront devant un Tribunal International.

  7. retrouvé le retour 8 mai 2015 à 17:55

    Et bien entendu tout ce petit monde de faux culs à la Fabius va connaître les Tribunaux internationaux !! qui peut mieux que la Turquie pays de transit dire qui sont les faux culs dans la fourniture « des armes lourdes » aux islamistes de toutes couleurs !!

    http://www.trt.net.tr/francais/europe/2015/05/07/la-france-a-fourni-des-armes-lourdes-aux-rebelles-syriens-ès201-222463

  8. Elisabeth Studer 13 août 2015 à 23:53

    Michael Flynn, ex-chef de la DIA : “Washington a fait exprès de ne pas stopper l’émergence de l’EIIL”

    Par L’Antidiplomatico
    Mondialisation.ca, 11 août 2015

    L’ancien directeur de la Defense Intelligence Agency, Michael Flynn, déclare : « Washington a fait exprès de ne pas stopper l’émergence de l’EIIL. […] Je pense qu’il s’agit d’une décision, une décision volontaire. »

    Les États-Unis n’ont pas empêché l’émergence de groupes djihadistes anti-gouvernementaux en Syrie, qui ont ensuite dégénéré en l’État islamique. C’est ce qu’affirme l’ex-chef de la Defense Intelligence Agency (DIA), laquelle avait prévu très précisément leur émergence comme en témoigne un rapport secret de 2012.

    Lors d’une interview donnée à Mehdi Hasan (Al-Jaseera), le général à la retraite Michael Flynn confirme ainsi les soupçons qui existaient déjà sur le fait que Washington a soutenu la formation de groupes djihadistes naissants comme force d’opposition en Syrie.

    Flynn explique que le gouvernement des États-Unis a volontairement fermé les yeux sur les recommandations de son Agence. « Je pense qu’il s’agit là d’une décision, d’une décision volontaire, » a lancé l’ex-chef de la DIA.

    Le rapport de la DIA présenté en août 2012 affirmait que « les salafistes, les Frères musulmans et AQI (Al-Qaïda en Irak) étaient les principales forces qui menaient l’opposition en Syrie, » et étaient soutenues par « l’Occident, les Pays du Golfe et la Turquie. »

    Le document divulgué récemment grâce à une demande FOIA (Freedom of Information Act, ou Loi sur la liberté de l’information aux USA) analyse la situation en Syrie en 2012 et établit des prévisions : « Si la situation dégénère, le risque existe de voir s’établir une principauté salafiste déclarée ou non, dans l’Est de la Syrie… et c’est exactement ce que les pouvoirs qui soutiennent l’opposition veulent, afin d’isoler le régime de Damas. »

    Le rapport met en garde contre des « conséquences terribles », qui verraient la possibilité pour al-Qaïda de reconquérir ses positions en Irak et d’unifier les forces djihadistes sunnites en Irak,en Syrie et dans le reste du monde arabe, contre les autres minorités musulmanes qu’ils considèrent comme dissidentes.

    « L’EIIL (État islamique en Irak et au Levant) pourait également déclarer un État islamique à travers son union avec d’autres organisations terroristes en Irak et en Syrie, ce qui créerait un grave danger pour la réunification de l’Irak et la protection de son territoire, » pouvait-on lire dans le rapport de la DIA, qui avait donc parfaitement prévu la suite des événements.

    A la différence du Département d’État américain qui s’est empressé de qualifier le mémo déclassifié de la DIA de « document peu pertinent » juste après sa divulgation au grand public, l’ancien chef de la DIA a fait part de sa pleine confiance en la fiabilité de ce rapport de 2012.

    Lorsque le journaliste d’Al-Jazeera, Mehdi Hasan, lui a demandé pourquoi il n’avait pas cherché à empêcher le transfert d’armes depuis les États-Unis vers ces extrémistes islamiques, le général à la retraite a répondu : « Je n’aime pas dire cela, mais ce n’était pas mon rôle, mon travail consistait à m’assurer de la qualité de nos renseignements. » Notons que Flynn a également occupé le poste de directeur du renseignement au Joint Special Operations Command (JSOC) pendant la traque d’Oussama Ben Laden.

    Source : Lantidiplomatico, le 11.08.2015

    Traduction : Christophe pour ilFattoQuotidiano.fr

  9. Elisabeth Studer 28 octobre 2015 à 00:13

    Ankara saisit un tribunal d’arbitrage pour contester le prix du gaz russe

    Istanbul – Le gouvernement turc a saisi un tribunal d’arbitrage pour trancher son différend sur le prix du gaz russe avec Moscou, son principal fournisseur d’hydrocarbures, a annoncé mardi le ministre turc de l’Energie, Ali Riza Alaboyun.

    Nous avons demandé une réduction des prix (…) et c’est un tribunal d’arbitrage qui décidera, a déclaré mardi M. Alaboyun, cité par l’agence de presse progouvernementale Anatolie.

    Le géant du gaz russe Gazprom et la compagnie d’Etat turque Botas avaient annoncé en décembre un contrat prévoyant une baisse de 6% du prix du mètre cube de gaz naturel acheté par la Turquie.

    Ankara avait toutefois demandé une baisse supplémentaire de l’ordre de 15%. Gazprom avait accepté une réduction de 10,25% mais aucun accord n’avait été signé.

    Nous avons continué à avoir d’intenses échanges (avec les Russes), mais comme nous n’avons pas pu avoir de réponse sur ce point, nous avons porté l’affaire devant un tribunal d’arbitrage en respectant les délais prévus par le contrat, a indiqué M. Alayobun.

    Le porte-parole de Gazprom Serguei Kouprianov a souligné de son côté à l’agence publique Ria-Novosti qu’il s’agissait d’une procédure normale, prévue par le contrat et qu’un accord était possible avant les audiences.

    Nous continuerons d’acheter notre gaz comme d’habitude jusqu’à ce que le tribunal d’arbitrage tranche, a d’ailleurs affirmé le ministre turc.

    Malgré des divergences politiques de taille, notamment sur la guerre en Syrie où Moscou appuie militairement le régime de Bachar al-Assad, la Russie et la Turquie restent deux partenaires commerciaux proches, surtout en matière d’énergie.

    La Turquie, deuxième client étranger de Gazprom derrière l’Allemagne, achète plus de 50% de sa consommation de gaz en Russie.

    La Turquie a annoncé le mois dernier le gel de ses discussions avec Moscou sur un ambitieux projet de gazoduc baptisé Turkstream, destiné à remplacer le projet abandonné South Stream et permettre à la Russie de livrer du gaz à l’Union européenne (UE) sans passer par l’Ukraine.

    AFP / 27 octobre 2015 15h58)

  10. retrouvé le retour 29 octobre 2015 à 09:53
  11. retrouvé le retour 29 octobre 2015 à 10:26

    http://www.ninaberman.com/multimedia

    Tendre une main artificielle? Encore une odeur de gaz

  12. ES 29 octobre 2015 à 14:29

    ok, merci je regarde

  13. ES 29 octobre 2015 à 14:33

    impressionnant …. :-(

  14. ES 29 octobre 2015 à 14:42

    http://todd-heisler.squarespace.com/final-salute/

    vu à Visa pour l’image
    Perpignan

  15. Elisabeth Studer 10 décembre 2015 à 00:46

    Tout est dit !

    La guerre ultime pour le contrôle des pipelines se joue en Syrie

    Par Pepe Escobar
    Strategic Culture Foundation, le 8 décembre 2015

    article original : « Syria: Ultimate Pipelineistan War »

    La Syrie est une guerre de l’énergie. Elle met en scène une compétition géopolitique vicieuse entre deux projets de gazoducs concurrents. C’est la guerre ultime du Pipelineistan, terme que j’ai inventé, il y a longtemps, pour décrire les champs de bataille impériaux pour le contrôle de l’énergie au 21ème siècle.

    Tout a commencé en 2009, lorsque le Qatar a proposé à Damas la construction d’un pipeline, depuis son [gisement gazier de] North Field[1] — contigu avec le gisement de South Pars qui appartient à l’Iran —, traversant l’Arabie Saoudite, la Jordanie, la Syrie et toute la Turquie, pour approvisionner l’Union Européenne.

    À la place, Damas a choisi en 2010 de donner la faveur au projet concurrent, le [gazoduc] Iran-Irak-Syrie de 10 milliards de dollars, connu également sous le nom de « pipeline islamique ». Cet accord fut officiellement annoncé en juillet 2011, lorsque la tragédie syrienne était déjà en mouvement. En 2012, un protocole d’accord a été signé avec l’Iran.

    Jusque-là, la Syrie était éliminée, sur le plan géostratégique, parce qu’elle n’avait pas autant de pétrole et de gaz que le pétrodollar club du CCG. Mais, les initiés connaissaient déjà son importance en tant que corridor énergétique stratégique. Plus tard, l’importance de la Syrie s’accrut avec la découverte d’un potentiel offshore pétrolier et gazier conséquent.

    L’Iran, pour sa part, est une puissance pétrolière et gazière établie. Une agitation persistante à Bruxelles — toujours incapable de proposer une politique énergétique européenne unifiée après plus de 10 ans — témoignait de l’enthousiasme européen à peine voilé pour le pipeline islamique ; ce serait la stratégie idéale pour se diversifier et s’éloigner du russe Gazprom. Mais, l’Iran se trouvait sous le coup des sanctions américaines et européennes liées au nucléaire.

    Cela finit par se transformer en raison stratégique primordiale, au moins pour les Européens, en vue d’une solution diplomatique sur le dossier nucléaire iranien ; un Iran « réhabilité » aux yeux de l’Occident est capable de devenir une source d’énergie essentielle pour l’UE.

    Cependant, du point de vue de Washington, un problème géostratégique subsistait : comment casser l’alliance entre Téhéran et Damas ? Et, au bout compte, comment casser l’alliance entre Téhéran et Moscou ?

    L’obsession « Assad doit partir » à Washington est une hydre à plusieurs têtes. Elle implique de casser l’alliance entre la Russie, l’Iran, l’Irak et la Syrie (à présent très efficace en tant qu’alliance « 4+1 », incluant le Hezbollah, laquelle combat activement toutes les variantes du djihadisme salafiste en Syrie). Elle implique également d’isoler la coordination énergétique entre ces pays, au profit de ses clients/vassaux pétromonarchiques du Golfe, liés aux géants américains de l’énergie.

    D’où, la stratégie de Washington, jusqu’à présent, d’introduire en Syrie la logique légendaire de l’Empire du Chaos : attiser les flammes du chaos intérieur, une opération planifiée à l’avance par la CIA, l’Arabie Saoudite et le Qatar, avec comme dénouement un changement de régime à Damas.

    À Washington, un pipeline Iran-Irak-Syrie est inacceptable, non seulement parce que les vassaux des États-Unis seraient perdants, mais surtout parce qu’en terme de guerre des monnaies, celui-ci court-circuiterait le pétrodollar. Le gaz iranien en provenance de South Pars s’échangerait dans un panier alternatif de devises.

    Combinez cela à la notion tordue, largement partagée à Washington, que ce gazoduc impliquerait que la Russie contrôle encore plus les flux gaziers depuis l’Iran, la Mer Caspienne et l’Asie Centrale. Sottises ! Gazprom a déjà dit être intéressé dans certains aspects de cet accord, mais que c’est essentiellement un projet iranien. En fait, ce pipeline représenterait une alternative à Gazprom.

    Néanmoins, la position de l’administration Obama a toujours été de « soutenir » le pipeline qatari « comme un moyen de faire contrepoids à l’Iran et, en même temps, de diversifier les approvisionnements gaziers de l’Europe en les éloignant de la Russie ». Par conséquent, l’Iran et la Russie étaient tous deux configurés comme « l’ennemi ».

    La Turquie : un carrefour

    Prenant en compte l’immense pression des Etats-Unis et des puissants lobbies du Qatar dans les principales capitales Européennes, le projet qatari, emmené par Qatar Petroleum, comme l’on pouvait s’y attendre, est parvenu à séduire divers Européens. Ce pipeline courrait sur une partie de l’itinéraire de l’opéra du Pipelinistan tristement célèbre, le défunt Nabucco, un projet dont le siège se trouvait à l’origine à Vienne. L’UE soutenait donc implicitement depuis le début l’offensive en vue d’un changement de régime à Damas — qui pourrait avoir coûté jusqu’à maintenant à l’Arabie Saoudite et au Qatar au moins 4 milliards de dollars (et l’addition continue de s’alourdir). C’était une intrigue très similaire au djihad afghan des années 1980 : les Arabes finançant et armant une clique multinationale de djihadistes/mercenaires, aidés par un intermédiaire stratégique (le Pakistan dans le cas de l’Afghanistan, la Turquie dans le cas de la Syrie), mais combattant aujourd’hui directement une république arabe laïque.

    Mais, le jeu s’est évidemment durci, avec les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France et Israël passant progressivement à la vitesse turbo avec toutes sortes d’opérations secrètes privilégiant les rebelles « modérés » et autres, avec le même objectif d’un changement de régime.

    Désormais, le terrain de jeu s’est encore étendu, avec la réserve offshore de gaz naturel récemment découverte dans toute la Méditerranée orientale — au large d’Israël, de la Palestine, de Chypre, de la Turquie, de l’Egypte, de la Syrie et du Liban. Toute cette zone pourrait contenir jusqu’à 1,7 milliards de barils de pétrole et jusqu’à 122.000 milliards de mètres cubes de gaz naturel. Et ce pourrait n’être que le tiers de la totalité des réserves de combustibles fossiles dans le Levant.

    Du point de vue de Washington, le jeu est clair : essayer d’isoler autant que possible de ce nouveau filon exceptionnel en Méditerranée orientale la Russie, l’Iran et un « régime inchangé » en Syrie.

    Et cela nous conduit à la Turquie — à présent dans la ligne de mire de Moscou après avoir abattu le Su-24.

    L’ambition d’Ankara, en vérité, son obsession, est de positionner la Turquie comme le carrefour énergétique majeur pour toute l’UE. (1) En tant que centre de transit pour le gaz iranien, d’Asie Centrale, et, jusqu’à maintenant, russe (le gazoduc Turkish Stream est suspendu, pas annulé). (2) En tant que plate-forme centrale pour les découvertes gazières majeures en Méditerranée orientale. (3) Et en tant que plaque tournante pour le gaz importé du Gouvernement Régional du Kurdistan (KRG) au nord de l’Irak.

    Dans le projet de pipeline qatari, la Turquie joue le rôle de carrefour énergétique clé. Mais, il est toujours important de se rappeler que le pipeline du Qatar n’a pas besoin de traverser la Syrie et la Turquie. Il pourrait aisément traverser l’Arabie Saoudite, la Mer Rouge, l’Egypte et rejoindre la Méditerranée orientale.

    Donc, du point de vue de Washington, ce qui importe le plus, une fois encore, dans ce tableau d’ensemble, est d’« isoler » l’Iran de l’Europe. Le plan de jeu de Washington consiste à privilégier le Qatar, et non l’Iran, comme source d’approvisionnement, et la Turquie comme plate-forme centrale afin que l’UE se diversifie de Gazprom.

    C’est la mème logique qui se trouve derrière la construction du coûteux pipeline Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC), facilité en Azerbaïdjan par Zbigniew Brzezinski, alias le «Grand Echiquier», en personne.

    Telles quelles, les perspectives pour ces deux pipelines sont vraiment lugubres. Le processus de paix de Vienne concernant la Syrie n’aboutira nulle part tant que Riyad insistera pour maintenir ses mafias armées sur la liste « non-terroriste », et qu’Ankara continuera de permettre le libre flux de djihadistes à travers sa frontière, tout en étant engagé dans un business louche avec le pétrole syrien volé.

    Ce qui est certain est que la Syrie, tant sur le plan géopolitique qu’économique, est bien autre chose qu’une simple guerre civile : c’est une partie vicieuse de Pipelineistan qui oppose les puissances sur un échiquier complexe et vertigineux, où le Grand Prix représentera une victoire majeure dans les guerres énergétiques du 21èmesiècle.

    Copyright 2015 Pepe Escobar/[JFG-QuestionsCritiques]

    Note :
    _________________
    [1] North Dome, North Field ou encore South Pars est un gisement offshore de gaz naturel situé à cheval entre les eaux territoriales de l’Iran et du Qatar dans le golfe Persique.

  16. Elisabeth Studer 20 novembre 2016 à 14:34

    A lire , à relire, à re relire , et à relier :-(

  17. retrouvé le retour 20 novembre 2016 à 21:13

    Franchement les USA utilisent de la poudre mouillée !! Tous ces états à base religieuse sont condamnés à court terme !! Si par malheurs ces structures débiles venaient à perdurer plus longtemps nous serions face à une régression économique encore plus féroce que celle qui se prépare !! Soutenir la puissance de l’Europe c’est soutenir la rupture entre ces fantaisies religieuses et la laïcité.

  18. retrouvé le retour 23 décembre 2016 à 00:11

    Frédéric Mitterrand dans l’émission de « Galzi jusqu’à plus soif » !! trop fort ! Kouchner !! Kosovo !! et merdum nostrum !! J’ai encore de beaux jours à poursuivre les Albano-kosovars pour récupérer des sacs à main !!

    Et Bachar qui ne devrait plus être de ce monde et qui parade !! Ils vont nous faire mourir de rire tous ces imbéciles qui en douce soutiennent des états religieux débiles !! Contre la République et des gribouillis contre les constitutions !!

  19. retrouvé le retour 23 décembre 2016 à 00:16

    « Zbigniew Brzezinski » ce grand nigaud qu’il regarde donc les retraites des Polonais !! Encore un état religieux fondé sur la bêtise avec la possibilité d’élire des pro US débiles si on abandonne le parti de la messe à toute heure !!
    En ce moment inutile de chercher la quantité de particules fines émises par des églises chauffées à fond !!

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