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Chine : main basse sur les matières mondiales, de l’Ukraine au Mali, via le Sénégal

Et si les Chinois profitaient de la crise ukrainienne – pour en pas dire le chaos ukrainien – pour avancer ses pions sur un autre domaine géopolitique et financier et non des moindres : le Mali et ses fabuleuses ressources … ? Et ce, via un accord éminemment stratégique avec le Sénégal, en vue de financer les structures de transport – maritime et terrestre - permettant de faire transiter ces bien précieuses matières premières – que sont or, uranium, pétrole et gaz – du territoire malien vers le port minéralier de Bargny  et le port de Dakar … avec pour direction la Chine.

- Accord Chine/Sénégal pour financer des infrastructures stratégiques

Au premier jour de sa visite d’Etat en Chine, Macky Sall vient ainsi de décrocher les financements de ses plus grands projets d’infrastructures, concluant d’importants accords avec des firmes chinoises, pour un montant global d’investissements estimé à plus de 4,5 milliards de dollars de la China Eximbank. Le PDG de l’établissement financier chinois, Ruogo Li, assure pour sa part être disposé à financer totalement ces projets à la fin des études complémentaires dont certaines n’ont pas été encore finalisées. Nous y reviendrons point par point dans des articles dédiés, permettant d’approfondir le caractère stratégique de chaque accord, sachant qu’un des grands perdants pourrait être Alstom …

 - Le Groupe consultatif de Paris mis en concurrence avec la Chine, le hasard de calendrier n’existe pas

Il est indéniable que l’Union européenne et la France ne peuvent être sur tous les fonds. Et il n’est pas totalement anodin, que Laurent Fabius, le chef de la diplomatie française ait quitté Kiev en fin de semaine pour rejoindre Pékin, alors même qu’en visite en Chine, le Président sénégalais, Macky Sall, a convenu vendredi avec ses partenaires chinois de financer ses plus grands projets en matière d’infrastructures ferroviaires et routières via des financements de plus de 4,5 milliards de dollars. Une somme supérieure aux 1 864 milliards de francs Cfa fixés comme objectif au Groupe consultatif de Paris (table ronde des bailleurs de fonds selon les termes mêmes du gouvernement sénégalais).

Hasard de calendrier ? La cérémonie d’ouverture de la réunion du Groupe consultatif est quant à elle prévue lundi prochain à Paris. Le Sénégal organise en effet, « avec l’appui technique de la Banque Mondiale et du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) », un Groupe Consultatif qui se tiendra les 24 et 25 février 2014, au siège de la Banque Mondiale, à Paris. Nous y reviendrons également.

Les tribulations de Laurent Fabius entre Ukraine et Chine pourrait donc être une véritable course contre la montre au final …. la partie chinoise ayant certes conditionné le financement des projets sénégalais aux conclusions des études complémentaires. Une possible marge de manoeuvre ….

- La Banque Mondiale au coeur des financements au Mali et au Sénégal

Si la Banque Mondiale assure son appui au Sénégal au sein du Groupe Consultatif de Paris, rappelons à toutes fins utiles que le 18 septembre dernier, Makhtar Diop, le vice-président de la région Afrique de la Banque mondiale, s’est rendu au Mali à « l’occasion » de l’investiture du nouveau président  Ibrahim Boubacar Keita. Tout en « profitant » du déplacement pour signer un accord de crédit sans intérêt de 50 millions de dollars avec le gouvernement malien.

A cette occasion, Makhtar Diop a rencontré Bouaré Fily Sissoko, la nouvelle ministre de l’Économie et des Finances en vue de discuter de la façon dont la Banque mondiale pouvait soutenir les priorités de développement du Mali. Rappelons à toutes fins utiles que Fily Bouaré Sissoko est elle-même issue de la Banque mondiale, en poste récemment à la représentation de l’établissement financier à Bamako. Des retrouvailles donc en quelque sorte … voire un retour aux sources.

Après avoir remercié le Groupe de la Banque mondiale pour son soutien continu (de l’auto-congratulation ? ) la Ministre de l’Économie et des Finances a souligné à cette occasion que ce financement arrivait à point nommé pour le Mali.

- Quand la Chine et Ukraine signaient un important accord sur le plan énergétique

Mais avant cela, revenons un instant sur la Chine et Ukraine. Si ces deux pays économiquement et politiquement éloignés aux yeux du grand public, il n’en est rien.

En décembre dernier, a lors que la bataille sur les tarifs gaziers au coeur des discussions entre la Russie et l’Ukraine d’une part et de l’Ukraine et l’UE d’autre part, j’avais pour ma part indiqué que la Chine venait d’avancer un pion qui pourrait fortement changer la donne au niveau énergétique mondial. Cette dernière annonçant en effet qu’elle aiderait l’Ukraine à produire du gaz de synthèse à partir de charbon. Un sérieux pied de nez à Moscou, qui tente de maintenir sa suprématie sur les approvisionnements gaziers de l’Europe, lesquels transitent en majorité par l’Ukraine, avais-je ajouté.

Un accord a en effet été signé début décembre à Pékin entre le ministre ukrainien de l’Energie Edouard Stavitski et le Groupe chinois d’ingénierie chimique (CNCEC), s’insérant au sein du programme ukrainien de remplacement de gaz naturel par le charbon.

Edouard Stavitski indiquant à cette occasion procéder avec la Chine « à la réalisation d’un projet conjoint d’envergure ». Tout en précisant que le groupe CNCEC et sa filiale Wuhuan Engineering figurent parmi les leaders des marchés chinois et mondial dans le domaine de la carbochimie. Selon le ministre, la réalisation du projet devrait permettre à l’Ukraine d’économiser jusqu’à 4 milliards de m³ de gaz synthétique par an et devrait induire la création de plus de 2.000 emplois.

Elément non négligeable voire enjeu final de l’accord : le gouvernement ukrainien aurait ainsi l’intention de remplacer le gaz importé de Russie par l’utilisation de ses propres ressources minières, notamment par du charbon dont elle a déjà augmenté la production.

En vertu d’un accord signé en décembre 2012 , la Banque chinoise du développement accordera un crédit de 3,656 milliards de dollars au groupe gazier public ukrainien Naftogaz pour la réalisation du programme. Pékin s’engageant parallèlement à mettre ses technologies à la disposition de Kiev.

Cet accord avec la Chine s’inscrit dans la volonté actuelle de l’Ukraine de diversifier ses importations de gaz tout en tentant de renforcer la sécurité énergétique nationale et européenne. Le pays est en effet doté d’une position on ne peut plus stratégique, achetant la majorité de son gaz importé en Russie, tout en étant un pays de transit pour le gaz russe vers l’Europe.

Selon les éléments indiqués en septembre 2013 par le président ukrainien Viktor Ianoukovitch, l’Ukraine a réduit sa consommation de gaz russe ces derniers mois, laquelle est passée de 41 milliards de mètres cubes en 2010 à 27 milliards en 2013.

Au final, donc, un imbroglio énergétique, géopolitique et financier qui mêle donc en tout premier lieu la Chine, l’Union européenne, l’Ukraine, le Mali et le Sénégal, via un ensemble de poupées russes. L’enjeu ultime : l’appropriation des matières premières de la planète.

Sources : Leral.net, Ria Novosti, Worldwide News Ukraine

Elisabeth Studer – www.leblogfinance.com  – 22 février 2014

A lire également :

Accord Chine/Ukraine pour produire du gaz à partir du charbon, bouleversement géopolitique en vue ?

. Mali : visite de banquiers, ONU, UA et UE à des anciens de Banque mondiale et BCEAO désormais au gouvernement

. Visite d’Obama au Sénégal  : prétexte à une prise de contrôle US du pays, voisin  du Mali ?

. Sénégal / USA : AFRICOM et USAID en  atelier à Dakar sur la sécurité  au Sahel

. Mauritanie : export  d’électricité  vers  Mali  et Sénégal

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32 commentaires

  1. Elisabeth Studer 22 février 2014 à 22:33

    Laurent Fabius a quitté l’Ukraine pour la Chine

    le Vendredi 21 Février 2014 à 07:05
    Par Clara Beaudoux France Info

    Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a quitté Kiev pour Pékin dans la nuit de jeudi à vendredi. Jeudi il s’était rendu sur place avec ses homologues allemand et polonais, pour tenter de trouver une issue aux violences qui ont fait 75 morts en trois jours. Les négociations “très difficiles” se sont interrompues et doivent reprendre avant la mi-journée, vendredi matin la présidence ukrainienne assure qu’un accord a été trouvé. Mais le ministre français des Affaires étrangères est parti en Chine, “il ne pouvait pas reculer son départ”.

    Alors que la diplomatie piétine, alors que les violences ont fait 75 morts en trois jours, selon un bilan provisoire, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a quitté l’Ukraine pour la Chine. Il était présent à Kiev depuis jeudi, avec ses homologues allemand Frank-Walter Steinmeier, et polonais Radoslaw Sikorski, pour tenter de trouver un accord et stopper les violences. Il sont rencontré pendant plusieurs heures le président Viktor Ianoukovith et les dirigeants de l’opposition.

    Mais ces négociations “sont très difficiles”, a indiqué l’entourage de Laurent Fabius. Elles se sont interrompues dans la nuit et doivent reprendre avant la mi-journée. Vendredi matin, la présidence ukrainienne assure qu’un accord a été trouvé avec les ministres européens et qu’il sera signé dans la journée, sans donner davantage de détails sur son contenu.

    ??? EDITION SPECIALE sur France Info : reportages et invités en direct de Kiev

    “Il continue à suivre les négociations”

    “Le ministre a des engagements, un programme de visites en Chine, il va être reçu par le président chinois, donc il ne pouvait pas reculer son départ”, a déclaré le porte-parole du Quai d’Orsay. “Il est en permanence en liaison avec ses homologues allemand et polonais. Il est pleinement mobilisé par cette négociation et il continue à la suivre”, a-t-il ajouté.

    La visite en Chine de Laurent Fabius était initialement prévue de jeudi à mardi prochain. Elle a pour objectif de préparer la visite en France en mars du président Xi Jinping.

  2. Elisabeth Studer 22 février 2014 à 22:35

    Course contre la montre …
    —————————————-

    L’UMP dénonce la «désinvolture» de Fabius, qui a quitté Kiev pour Pékin
    Par lefigaro.fr
    Mis à jour le 21/02/2014 à 15:52

    Laurent Fabius, jeudi, à Kiev.

    Alain Lamassoure et Pierre Lellouche critiquent le départ du ministre des Affaires étrangères de la table des négociations.

    Pierre Lellouche avait donné le ton dès mercredi. Alors que les heurts redoublaient de violence sur la place de l’Indépendance de Kiev, l’ancien secrétaire d’État aux Affaires européennes du gouvernement Fillon lâchait sur Europe 1: «François Hollande aurait pu se réveiller la semaine dernière, cela aurait évité 25 morts.» Le député UMP reprochait également à Laurent Fabius de ne s’être jamais déplacé en Ukraine depuis le début de la crise.

    Jeudi matin, le ministre des Affaires étrangères, accompagné par ses homologues allemand, Frank-Walter Steinmeier, et polonais, Radoslaw Sikorsk, est arrivé à Kiev. Le «triangle de Weimar», cette coopération trilatérale née au lendemain de la chute du mur, était alors réuni au complet. Ensemble, ils ont rencontré pendant six heures le chef de l’État ukrainien Viktor Ianoukovitch, dans un palais présidentiel bunkerisé.

    Aux alentours de minuit, jeudi soir, après des «négociations intenses et difficiles», selon ses propres mots, Laurent Fabius a quitté la capitale ukrainienne. Direction Pékin, où le chef de la diplomatie était attendu dès jeudi pour une visite officielle. Objectif: préparer la visite en France en mars du président Xi Jinping. Selon le Quai d’Orsay, la présence de Laurent Fabius en Chine était non négociable. «Le ministre a des engagements, un programme de visites en Chine, il va être reçu par le président chinois, donc il ne pouvait pas reculer son départ», indique Romain Nadal, le porte-parole du ministère.

    «L’objectif aurait dû être de mener la médiation jusqu’au bout»

    Pas de quoi convaincre Pierre Lellouche, qui a regretté ce vendredi matin le départ de Laurent Fabius. «Une des choses curieuses de ce matin, c’est que Fabius soit en Chine et pas à Moscou», a-t-il assuré sur France Inter, regrettant que la France «laisse l’Allemagne gérer cette partie de l’Europe». «On n’avait même pas envoyé un ministre en Ukraine depuis trois mois (…) Comme disait Winston Churchill: trop peu, trop tard. On aurait dû agir avant», a ajouté le député de Paris.

    Sur France Info, un autre ancien ministre des Affaires européennes UMP, Alain Lamassoure, y est allé de son tacle, en dénonçant la «désinvolture» de Laurent Fabius. «L’objectif numéro un, ça aurait dû être de mettre fin au bain de sang, et le numéro deux de mener la médiation jusqu’au bout», estime le député européen.

    Un avis qui n’est pas partagé par tous à l’UMP. Sur i-Télé, Rachida Dati a salué «l’excellente initiative, notamment de la France, d’aller à Kiev pour essayer de négocier avec le pouvoir ukrainien». Pour la vice-présidente de l’UMP, il faut désormais «convoquer un Conseil européen» et «que François Hollande appelle Poutine ou qu’il se rende peut-être à Moscou» afin «que l’Union européenne, la Russie et l’Ukraine soient à la même table».

    Laurent Fabius cherche lui à montrer qu’il suit toujours le dossier de très près. «Il est en permanence en liaison avec ses homologues allemand et polonais. Il est pleinement mobilisé par cette négociation», explique le Quai d’Orsay. Vendredi matin, le ministre a livré, depuis Pékin, ses impressions sur l’avancée du processus. «Tant que les choses ne sont pas effectivement faites, il faut rester très prudent», a-t-il expliqué sur Europe 1, alors que la présidence ukrainienne venait d’annoncer la signature imminente d’un accord.

  3. ES 24 février 2014 à 00:14

    Le président malien salue l’excellence de la coopération entre la Chine et le Mali

    MALI

    Chine Nouvelle (Xinhua) – M B, le 15/02/2014

    Le président malien Ibrahim Boubacar Kéita a magnifié samedi l’excellence de la coopération entre son pays et la République populaire de Chine, lors de l’inauguration du Palais des sports construit à Bamako par la Société générale d’Outre-mer de Chine (COVEC).

    “Nous inaugurons aujourd’hui un autre fleuron de la coopération sino-malienne … C’est le lieu de remercier la République populaire de Chine, notre partenaire de tous les jours, qui a toujours ?uvré aux côtés du Mali pour la satisfaction de nos besoins essentiels”, a déclaré le chef de l’Etat malien.

    Pour lui, cet appui est d’autant appréciable que le sport est ce qui est de plus nécessaire à la santé d’un peuple, à son dynamisme et à son progrès.

    Le ministre malien de la Jeunesse et des Sports, Me Mamadou Gaoussou Diarra, a abondé dans le même sens. Il a souligné que ce joyau sportif est “la parfaite illustration de ce que l’amitié et la coopération entre les nations peut apporter de bénéfique … A travers la COVEC, je remercie toute la coopération chinoise qui n’a cessé d’accompagner notre ministère à chaque fois qu’elle est sollicitée”.

    Dans son intervention, l’ambassadeur de la Chine au Mali n’a pas manqué d’évoquer les nombreuses difficultés rencontrées par l’entreprise chinoise (COVEC) surtout lors de la crise sécuritaire qui a frappé son pays hôte.

    Pour renforcer l’amitié et la solidarité entre les deux pays, M. Cao Zhongming a confirmé la participation de la Chine au “Tournoi de la Paix, de l’Amitié et de la Solidarité” qui s’ouvre la semaine prochaine (20-28 février) à Bamako.

    En s’adressant à la presse, le président Ibrahim Boubacar Kéita n’a pas caché l’importance qu’il accorde à l’entretien de l’infrastructure inaugurée. “Je souhaite simplement que ce joyau que je viens d’inaugurer soit géré très correctement. Je le dis sans aucune ambigüité … Il se peut que je vienne ici à l’improviste et si cette salle n’est pas bien entretenue, sa direction n’aura rien à m’expliquer. J’assumerais toutes mes responsabilités”, a averti le président malien.

    Situé en plein coeur de la capitale malienne, ce complexe sportif de deux niveaux est bâti sur une superficie de plus de trois hectares et sa réalisation a coûté un peu plus de 8,6 milliards de francs CFA au Trésor public malien. Avec une capacité de 5.000 places, le Palais des sports peut accueillir des manifestations artistiques et culturelles en plus des événements sportifs.

  4. ES 25 février 2014 à 21:02

    GCP : l’Etat envisage 368 milliard FCFA pour le port de Bargny

    SETAL.NET-La construction du port minéralier de Bargny entre autres programmes sera au cœur de la réunion du Groupe consultatif de Paris(GCP) pour un financement de 368 milliards FCFA.

    Dans son programme de réhabilitation des milliards FCFA. L’infrastructure sera faite sur une infrastructures portuaires, le chef de l’Etat Macky Sall a annoncé la construction d’un port minéralier à Bargny. Ce joyau concoctera pas moins de 368 superficie d’environ 1346 hectares (zone terrestre) et 864 hectares (zone maritime)…

  5. ES 25 février 2014 à 21:05

    EDITO. Ouverture du groupe consultatif de Paris: quand Hollande snobe Macky Sall (par Karfa Diallo)

    .
    Quand Dakar parle développement, Paris continue de parler civilisation.

    HollandeMackySallTout un symbole que la présence de Yamina Benguigui, qui a commencé son intervention en égarant son discours, à l’ouverture de la réunion du Groupe consultatif de Paris. Après la Chine où les lettres d’intention ont fusé, François Hollande snobe ouvertement Macky Sall en envoyant sa Ministre de la Francophonie.

    SENENEWS.COM – La rupture attendra. A la tête d’une importante délégation, le Président Macky Sall est à Paris, aujourd’hui et demain, pour présenter son plan de développement pour accélérer la croissance et faire émerger durablement l’économie sénégalaise.

    Venu à Paris chercher 4,5 milliards d’euros additionnels, le Président Macky Sall est allé plus loin que la plupart des chefs d’Etats africains qui ont usé et abusé depuis l’indépendance des investissements publics et privés occidentaux censés participer au développement du continent. Véritable maitre d’orchestre d’une tournée qui a commencé par la Chine, le Président Macky Sall joue sa crédibilité personnelle dans une entreprise politico-économique qui a eu raison de bien des illusions présidentielles en Afrique. La rupture tant attendue dans la gestion des relations diplomatiques et économiques du pays attendra.

    Un pari présidentiel coûteux pour le contribuable sénégalais.

    Le Président Macky Sall aurait surement pu faire de substantielles économies à l’Etat sénégalais en ne convoyant pas sa pléthorique délégation vers la capitale française. Peut-être fallait-il tout simplement assumer l’audacieuse stratégie de contournement et de pression qu’il a entreprise en sollicitant d’abord la Chine

    Quand Dakar parle développement, Paris continue de parler civilisation.

    S’Il est vrai que le pacte de responsabilité, que le gouvernement Ayrault a été obligé de concéder au patronat français pour redresser une économie à bout de souffle et un chômage endémique, mobilise toute l’attention des ministres de François Hollande, on peut difficilement imaginer qu’il ne s’agisse que d’une erreur de casting. Le gouvernement socialiste français n’a trouvé pour le représenter à l’ouverture de cette rencontre « d’importance » initiée par l’Etat sénégalais qu’une Ministre de la francophonie dont les compétences économiques sont aussi éclairantes que le sont celles de mon cousin d’Agnam Siwol.

    Est-ce pour la France une manière de ridiculiser l’initiative du Président Macky Sall ? Serait ce une mesure de rétorsion face à la stratégie de diversification des sources de financement et d’évitement de l’ancienne puissance coloniale qui a fait démarrer cette initiative en Chine ?

    Car enfin, faudrait-il rappeler à l’Etat français, que Dakar n’est pas venu à Paris pour parler de la francophonie. Que si le Président Macky Sall s’est impliqué personnellement c’est qu’il veut faire de son plan d’émergence « le référentiel de la politique économique et sociale sur le moyen et le long terme’’ du Sénégal. Que l’usage du français, malgré sa beauté, ne sera d’aucun recours pour trouver les 10 000 milliards de francs CFA, pour lequel il est recherché un financement additionnel de 3 milliards de FCFA, dont 1853 milliards auprès des partenaires techniques et financiers et 1 000 milliards du secteur privé. Que la langue française n’est nullement nécessaire pour présenter les 21 projets que l’imposante délégation transporte dans sa besace.

    >> A lire : Edito : Youssou Ndour, du joujou à la sucette (par Karfa S. Diallo)

    Mon avis est que la France a voulu démontrer encore une fois son influence néocoloniale en se faisant représenter par sa ministre chargée de la francophonie au groupe consultatif de Paris organisé par le Sénégal. Et que ce soit une ministre d’origine africaine (maghrébine pour être précis) montre l’éclatement des repères idéologiques et politiques dans la France aujourd’hui. Une manière de dire que les liens entre la France et le Sénégal sont au-delà de l’économique. Que le Sénégal pourra aller jusqu’en Chine chercher et trouver des financements, qu’il n’arrivera pas pourtant à défaire ce que des siècles de ravalement, de rafles, de confiscation, de mépris, de désespérance et de peur ont insinué au plus profond de la terre africaine.

    Et ce ne sont ni les lettres d’intention signées à tout va, ni les rencontres consultatives qui mettront un terme à cette domination sournoise qu’on ne fait que reproduire en mystifiant la Chine. Sans ignorer le monde, c’est d’abord grâce à ses propres forces qu’on redresse un pays.

    Karfa Diallo

  6. ES 25 février 2014 à 21:21

    Groupe consultatif de Paris sur le Sénégal, discours de Makhtar Diop, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique

    Excellence Monsieur Le Président de la République du Sénégal
    Madame le Ministre, représentant le Gouvernement français
    Mesdames, Messieurs les ministres,
    Chers Collègues
    Mesdames, Messieurs
    Monsieur le Président,

    Je voudrais tout d’abord, vous exprimer au nom du Président du groupe de la Banque mondiale, nos remerciements pour avoir choisi nos bureaux de Paris pour le septième Groupe consultatif auquel le Sénégal a invité ses partenaires – tant publics que privés. A ses yeux, ce choix – très symbolique – traduit l’excellence du partenariat entre le Sénégal et le Groupe de la Banque mondiale.

    Monsieur le président

    La croissance durable est au cœur des enjeux. **********
    Dans de nombreux pays, l’on célèbre des taux de croissance forts fondés sur l’exploitation des ressources naturelles. On en arrive ainsi presque à faire un lien mécanique entre un fort taux de croissance et l’exploitation de ces ressources. Ce faisant, on en oublie presque que les richesses naturelles ne sont nullement une condition sine qua none d’obtention de taux de croissance durable ; Singapour et la Corée du Sud le démontrent.
    ***********************

    Je rappelle ce fait pour souligner la nécessité pour le Sénégal de se mettre sur la trajectoire d’une croissance fondée sur l’absence d’abondantes ressources naturelles malgré les quelques découvertes annoncées d’or ou de zircone. En effet, le Sénégal a des avantages comparatifs qui, dans d’autres pays, ont produit des effets positifs durables.

    ********
    Un capital humain de qualité, une stabilité politique, de fortes institutions, une capacité de sélection, une bonne gouvernance, une ouverture sur le reste du monde et une grande capacité d’adaptation et de mise en œuvre des politiques économiques sont les caractéristiques des pays qui ont réussi cette transition vers l’émergence.
    **********************************

    Le capital humain est depuis longtemps la principale ressource du Sénégal.
    ***********
    Ce capital humain, Mesdames, Messieurs, doit demeurer le socle sur lequel bâtir la croissance, en sus du renforcement des institutions pour que celles-ci soient fortes et enracinées dans un temps long. Nous devons donc nous féliciter des efforts que le Sénégal fait pour son secteur éducatif.

    Depuis des années, la Banque mondiale et d’autres partenaires appuient le gouvernement du Sénégal pour renforcer son secteur éducatif. En outre, le Groupe de la Banque Mondiale a opéré un retour en force dans le secteur de l’Enseignement supérieur ; les performances dans le secondaire et le primaire exigent en effet un enseignement supérieur de qualité et tous les espoirs sont permis.

    [....]

    Egalement , permettez moi de souligner les reformes que vous vous préparez à lancer dans l’enseignement secondaire visant en particulier à adopter le curriculum et cursus scolaires adaptés aux réalités du monde actuel.
    **************
    Ces réformes dans le domaine de l’éducation devront être soutenues car elles constituent l’élément fondamental d’une économie de services.
    ****************************************************

    Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs

    La construction de ces institutions fortes et durables et l’émergence d’une ressource humaine de fortes capacités, vont de pair avec une exigence de redevabilité et de réduction des inégalités. La marginalisation d’une frange de la population qui ne bénéficie pas d’un partage équitable des richesses est une menace à ne pas ignorer.
    [....]

    Ces efforts, salutaires, ne sont cependant pas suffisants car il faut une croissance dans des secteurs créateurs d’emploi, y compris dans le secteur informel. Jobs, jobs, jobs peut être le credo de toute politique orientée vers une prospérité partagée.

    [....]

    *******************************************************
    Dans cette logique de création d’emplois, je ne peux manquer de souligner la nécessite de relancer le secteur manufacturier. C’est d’autant plus urgent que vous ancrez, Monsieur le Président, le Sénégal dans une dynamique régionale porteuse de croissance dans ce secteur avec, notamment, les nouvelles connexions ferroviaires prévues en direction du Mali et le projet Banda sur l’énergie avec la Mauritanie.
    *******************************

    La position géographique favorable du Sénégal, notamment par rapport à l’Europe, est un avantage. Pour en bénéficier en totalité, les infrastructures doivent être renforcées et les procédures pour le mouvement des biens et services, simplifiées.

    [....]

    **************************************
    Pour atteindre les objectifs du Plan Sénégal Emergent, il sera essentiel que le cout des facteurs de production soit alignes a ceux des pays concurrents.
    **************
    La Banque Mondiale appuiera le Gouvernement dans la mise en œuvre d’une politique énergétique bien planifiée, privilégiant des couts de production nettement en baisse. Cette stratégie nécessitera une recherche active de solutions régionales avec les pays voisins que sont la Mauritanie et la Guinée.
    ******
    Nous sommes encore une fois encourages par la signature prochaine du projet de Banda qui constitue un exemple de projet innovant incluant le secteur privé, les pays de la sous-région et visant une transformation locale des ressources naturelles du continent.

    La Banque Mondiale accompagnera la Guinée dans ses projets de Keleta et Souapiti. Une solution africaine a un défi africain !
    *******************************

    L’urbanisation accélérée du continent africain et du Sénégal offre des opportunités accélérées de transfert de technologie et mène à la création de nouveaux marches plus sophistiques avec des consommateurs encore plus exigeants.
    *********
    En ce domaine, l’habitat social est un outil important qui combine un appui direct aux populations démunies et la création d’emploi lors des programmes de construction .Là également, le renforcement institutionnel et financier des institutions spécialisées sera une condition pour la relance de ce secteur.

    De façon plus générale, nous encouragerons les solutions visant à une utilisation intensive du facteur travail dans la construction des infrastructures. A titre d’exemple, les projets de construction des routes pavées finances par la Banque Mondiale en Amérique Centrale ont en effet eu un impact positif sur l’emploi.

    Mesdames, Messieurs

    Le Sénégal a déjà démontrer de fortes capacités d’innovations qui lui ont permis de mener des politiques réussies dans les secteurs des infrastructures(autoroute apéage) ou dans le secteur de la nutrition. Notre pari pour le futur est de la renforcer. Et gagner ce pari exigera :

    1. Un effort tout particulier axe sur les résultats et sur la mise en œuvre (implementation) ;
    2.Une adaptation constante à un environnement extérieur en rapide mutation ;
    3) Une utilisation la plus efficiente possible des ressourcesmobilisées, notamment dans le cadre de ce Groupe consultatif car c’est seulement ainsi que vous serez assuré, si vous me permettez l’expression, d’en avoir pour votre argent – le fameux « Value for Money » – et ceci rassurera l’ensemble de vos partenaires aussi bien publics que privés et j’ajoute aussi la société civile sénégalais dont je salue la mobilisation croissante pour veiller à la mise en œuvre effective des politiques publiques favorables à la réduction des inégalités.

    Au nom du Groupe de la Banque mondiale, je voudrais réitérer notre engagement à continuer notre partenariat à travers l’appui au programme d’investissement public mais aussi dans la mobilisation du secteur privé. [....]
    Je puis vous assurer que votre volonté de mettre l’accent sur la mise en œuvre résolue et le suivi mise en évidence par ce Plan Sénégal Emergent et par la création d’un Service Delivery Unit est en phase avec les orientations introduites par le Président du Groupe de la Banque mondiale Jim Yong Kim.
    Je souhaite un éclatant succès à cette réunion et vous remercie pour votre aimable attention.//FIN

    [....]

  7. ES 25 février 2014 à 21:23

    Nouvelle forme d’esclavage, tout bonnement ….
    avec des esclaves formés et à faible cout de production : tout est dit …

  8. Elisabeth Studer 14 septembre 2014 à 14:47

    ”LE CHEMIN DE FER A FAIT L’OBJET D’UNE MAUVAISE PRIVATISATION”
    ABDOULAYE LO, DIRECTEUR GENERAL DE L’AGENCE NATIONALE DES NOUVEAUX CHEMINS DE FER DU SENEGAL

    Maguette Ndong | Publication 13/09/2014
    \
    Réhabilitation de la ligne de chemin de fer Dakar-Bamako, desserte aibd par un train rapide ainsi que la construction de la ligne Nepad (Dakar-Bamako par le Sud) sont autant de grands projets du chef de l’Etat pilotés par le directeur de l’agence nationale des nouveaux chemins de fer du Sénégal, Abdoulaye Lô. Dans cet entretien, il décline la nouvelle vision du chef de l’Etat sur le secteur ferroviaire. Le tout nouveau maire de Sébikotane parle aussi de ses projets et ambitions pour sa commune.

    Vous êtes le directeur général de l’agence nationale des nouveaux chemins de fer du Sénégal, un secteur auquel le chef de l’Etat accorde une grande importance. Les choses ont-elles commencé à bouger ?

    Les choses bougent et même plus vite qu’on ne le pense. Le chemin de fer est un domaine que je connais très bien. J’y ai fait presque 30 ans. D’ailleurs, la situation du chemin de fer est une des raisons qui m’a poussé à entrer en politique. Car, de tous les présidents qui sont passés, et cela je le dis sans ambages, Macky Sall est le seul président qui veut prendre le chemin de fer à bras le corps.

    C’est sous Senghor que la ligne Louga-Linguère a été supprimée. Sous Abdou Diouf, les lignes Dakar-Saint-Louis et Dakar-Thiès ont été arrêtées et la privatisation des chemins de fer a débuté. On est passé de régie en société nationale et de société nationale, on a entamé la privatisation.

    Sous Abdoulaye Wade, la privatisation a été attribuée à des sociétés qui n’avaient aucun pouvoir et aucun moyen financier, d’où l’état de Transrail actuellement. Le chemin de fer a commencé à se dégrader depuis les années 1970. Abdoulaye Wade a fait l’erreur de supprimer la gare de Dakar.

    Toutes les installations qu’on avait à Dakar, ont été récupérées pour en faire le parc culturel. C’est une catastrophe. Dakar est la seule ville voire la seule capitale au monde qui n’a pas de gare ferroviaire. Me Wade a fait de même avec la gare de Kaolack. Sous son magistère, l’Express Dakar-Bamako a été arrêté, faute de moyens pour entretenir la voie, et cela depuis 2009. Aucun de ces 3 présidents n’a donc jamais pu prendre à bras le corps le problème du chemin de fer et essayer de le sortir de l’ornière.

    Le président Macky Sall s’est engagé à le faire à travers le Plan Sénégal émergent (Pse) dans le- quel 3 projets majeurs sont inscrits dont la réhabilitation de la ligne Dakar-Bamako avec de nouveaux standards, une charge à l’essieu augmentée de 15 à 22 tonnes, un rail neuf de 54 kilos au lieu du rail de 25, 26 ou de 36kg qui constitue la voie actuelle.

    Ce projet avance et les bailleurs de fonds (Banque mondiale, Union européenne, Bad) sont tous disposés à nous accompagner, surtout à nous financer. Mais la conditionnalité est qu’on change le nouveau schéma de concession. La concession actuelle du Dakar-Bamako est intégrale et un privé ne viendra jamais investir sur les infrastructures.

    Il faut qu’on la change en affermage et que les Etats prennent en charge le financement des infrastructures et qu’on cherche un autre privé pour financer l’exploitation. Nous avons, sur le même trajet, signé des homeviews avec des sociétés chinoises. Certaines sont en train de faire des études de faisabilité. Nous avons donc 2 fers au feu pour financer ce projet. Le deuxième projet important pour le chef de l’Etat, c’est la desserte de l’Aibd par un train rapide qui va rouler à 120 km/h entre l’aéroport international et Sébikotane ou Diamniadio et 80 km/h entre Diamniadio et Dakar.

    Nous sommes en partenariat avec une société chinoise qui a déjà fait une étude de préfaisabilité sur laquelle nous avons discutée et donné nos observations. Nous allons revenir au mois de septembre pour continuer les discussions.

    Nous espérons que celles-ci aboutiront au début de l’année 2015 et qu’on pourra signer la convention de financement et que les travaux démarreront fin 2015, début 2016.

    Quel est le troisième projet ?

    C’est la ligne Dakar-Bamako par le Sud. C’est une ligne ferroviaire à écartement standard qui va partir du port de Bargny, longer les voies actuelles jusqu’à Thiès, Tambacounda et passer par Kédougou pour qu’on puisse exploiter les mines de fer, et de là, on pourra passer sur Bamako. Cette ligne sera plus courte de presque 200 km que la ligne actuelle.

    C’est une ligne qui sera presque dédiée au trafic minier. Elle nous permettra d’exploiter les mines de fer au Sénégal, les mines de Bauxite au Mali situées à 80 km de la frontière. Elle sera prolongée jusqu’à Sikasso, Bobo-Dioulasso et en Côte d’Ivoire. Ce sera la ligne Nepad, puisqu’elle permettra la jonction entre le Sénégal et les autres pays.

    C’est une ligne extrêmement importante pour 2 raisons. Elle nous permettra de faire un embranchement de Matam à Tambacounda pour l’exploitation des phosphates de Matam et de faire un deuxième embranchement de Ziguinchor à Tambacounda pour le désenclavement de la Casamance.

    Cette ligne est capitale parce qu’elle est structurante. Si on ne la fait pas, on ne pourra pas faire des embranchements. Egalement, cette ligne nous permettra d’être concurrentiels par rapport aux autres pays. Car, la Côte d’Ivoire est en train de construire une ligne de chemin de fer entre San Pedro et Bamako longue de 990 km.

    Si l’on ne fait pas cette ligne qui sera longue de 1.000 km, on ne pourra plus concurrencer la Côte d’Ivoire sur la desserte de Bamako et sur la desserte des zones minières du Sénégal et du Mali.

    Cette ligne est, de ce fait, extrêmement importante. C’est sûr qu’il nous faudra des partenaires miniers pour la rentabiliser, mais ces partenaires n’attendent que cela. Que l’Etat décide pour qu’ils viennent, parce qu’ils ne pourront pas faire tout. Ils ne pourront pas faire les investissements sur le port, sur la mine et sur le chemin de fer.

    Ces projets sont à la fois ambitieux et coûteux, le Sénégal n’est-il pas en retard dans ce domaine par rapport aux autres pays de la sous-région ?

    On n’est pas en retard par rap- port aux autres pays parce que tous les autres pays sont logés à la même enseigne. Peut-être que la Côte d’Ivoire réussit mieux avec sa privatisation et le Cameroun également. Ils ont un partenaire qui a un intérêt économique à long terme. Ce qui n’est pas le cas chez nous.

    C’est quand on a des intérêts économiques dans le long terme dans le pays qu’on peut prétendre investir. Mais si l’on prend un investisseur qui n’a aucun intérêt dans un pays, qui n’aspire à gagner que de l’argent, il va exploiter comme il peut et le jour où il y aura problème, il s’en ira. C’est donc une mauvaise privatisation.

  9. Elisabeth Studer 24 septembre 2014 à 00:55

    Ebola, le Pentagone s’installe en Afrique: Washington annonce la naissance d’un centre de commandement militaire au Libéria:

    Par Manlio Dinucci
    Mondialisation.ca, 18 septembre 2014

    Ebola Obma 2
    Face à l’« épidémie sans précédent d’Ebola, qui se répand de façon exponentielle en Afrique occidentale », le président Obama a annoncé que « à la demande du gouvernement libérien », les Etats-Unis établiront « un centre de commandement militaire au Liberia ». Il s’agit d’un « quartier général de commandement de la force conjointe » spécifie le Commandement Africa des Etats-Unis (dont l’ « aire de responsabilité » couvre tout le continent, sauf l’Egypte). Le quartier général, aux ordres du général Darryl Williams (déjà sur le terrain au Libéria) disposera d’au moins 3000 militaires étasuniens, d’un pont aérien et d’un centre de tri au Sénégal. C’est ce quartier général qui exercera la fonction de « commandement et contrôle » de l’opération internationale anti-Ebola, qui prévoit l’envoi de personnel médical et d’hôpitaux de campagne. Selon Obama, c’est « un exemple de ce qui se passe quand l’Amérique prend le leadership pour affronter les plus grands défis mondiaux ». Qu’il a listés dans son récent discours urbi et orbi, affirmant que seule l’Amérique a « la capacité et la volonté de mobiliser le monde contre les terroristes de l’Isis », de « battre le rappel mondial contre l’agression russe », et de «contenir et anéantir l’épidémie d’Ebola ».

    Même si la possibilité qu’Ebola se diffuse aux Etats-Unis est extrêmement basse, a souligné Obama dans le discours qu’il a prononcé au Centre de contrôle et de prévention des maladies[1] à Atlanta (Georgie), en Afrique occidentale il a provoqué la mort de « plus de 2400 hommes, femmes et enfants ». Evénement certes tragique, mais limité si on le rapporte au fait que l’Afrique occidentale a une population d’environ 350 millions d’habitants et toute la région sub-saharienne presque 950 millions. Si l’on pense que chaque année meurent dans la région à cause du sida plus d’un million d’adultes et d’enfants ; que la malaria provoque chaque année plus de 600 mille morts, en majorité chez les enfants africains ; que dans l’Afrique sub-saharienne et dans l’Asie méridionale la diarrhée tue chaque année environ 600 mille enfants (plus de 1600 par jour) de moins de cinq ans. Ces maladies et quelques autres, toutes « maladies de la pauvreté », qui provoquent chaque année en Afrique sub-saharienne des millions de morts prématurées et de cas d’invalidité, sont dues à la sous-alimentation et à la malnutrition, au manque d’eau potable, aux mauvaises conditions hygiéniques-sanitaires dans lesquelles vit la population pauvre, qui (selon les données de la Banque mondiale elle-même) constitue 70% de la population totale, dont 49% se trouve en conditions de pauvreté extrême. La campagne d’Obama contre l’Ebola semble donc instrumentale.

    L’Afrique occidentale, où le Pentagone installe son propre quartier général avec la motivation officielle de lutter contre l’Ebola, est très riche en matières premières : pétrole au Nigéria et Bénin, diamants en Sierra Leone et Côte d’Ivoire, phosphates au Sénégal et Togo, caoutchouc, or et diamants au Libéria, or et diamants en Guinée et Ghana, bauxite en Guinée. Les terres les plus fertiles sont réservées aux monocultures de cacao, ananas, arachides et coton, destinées à l’exportation. La Côte d’Ivoire est le plus grand producteur mondial de cacao. De l’exploitation de ces grandes ressources quasiment rien n’arrive à la population, car les revenus sont partagés entre multinationales et élites locales, qui s’enrichissent aussi grâce à l’exportation des bois précieux avec de graves conséquences environnementales dues à la déforestation.

    Les intérêts des multinationales étasuniennes et européennes sont cependant mis en danger par les rebellions populaires (comme celle du delta du Niger, provoquée par les conséquences environnementales et sociales de l’exploitation pétrolifère) et par la concurrence de la Chine, dont les investissements sont pour les pays africains beaucoup plus utiles et avantageux. Pour conserver sa propre influence dans le continent les Usa ont constitué en 2007 le Commandement Africa qui, derrière le paravent des opérations humanitaires, recrute et forme dans les pays africains des officiers et des forces spéciales locales par l’intermédiaire de centaines d’activités militaires. Une base importante pour ces opérations est celle de Sigonella (Sicile), où a été déployée la Task force du Corps des marine qui, dotée d’avions hybride Ospreys, envoie en rotation des escadrons en Afrique, notamment occidentale.

    Là où commence la campagne d’Obama « contre le virus Ebola ».

    Edition de jeudi 18 septembre 2014 de il manifesto

    http://ilmanifesto.info/ebola-il-pentagono-si-sistema-in-africa/

    Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

    Selon http://fr.wikipedia.org/wiki/Centres_pour_le_contr%C3%B4le_et_la_pr%C3%A9vention_des_maladies

    « L’origine des CDC (Centre pour le Contrôle et la Prévention des maladies) est d’abord militaire. Aux États-Unis, les institutions militaires, pour la protection de l’US Army ont joué un rôle important en matière de santé et surtout d’épidémiologie, via d’abord le suivi et l’étude de la santé des soldats, puis par l’étude des épidémies en tant que pouvant être utilisées par le bioterrorisme ou comme arme de destruction massive » (Note -et italiques- de la traductrice pour la version française).

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