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Visite d’Obama au Sénégal : prétexte à une prise de contrôle US du pays, voisin du Mali ?

Manière détournée pour les Etats-Unis de préparer les élections présidentielles au Mali, lesquelles ont lieu le 27 juillet prochain, voire d’installer une base arrière militaire au Sénégal voisin ? … qui sait.
Sous prétexte – certes valable – de la visite actuelle de Barack Obama au Sénégal, la presse malienne et sénégalaise estiment ni plus ni moins que les Etats-Unis “verrouillent” l’entrée nord du Sénégal à Al Qaïda avec l’appui de membres de la CIA.
Si à Dakar, agents de renseignements et forces de sécurité sénégalais et américains sont sur le qui-vive, la vigilance est plus que de mise à Saint-Louis, région frontalière avec la République islamique de Mauritanie et … le Mali.
Officiellement, les Américains redoutent des infiltrations de masse du réseau terroriste Al Qaïda. Ce qui permet de justifier une sécurité”renforcée de façon conséquente depuis jeudi dernier”. La presse indiquant qu”aucun détail n’est négligé”.

Selon le journal L’Observateur, depuis le 20 juin dernier, des éléments de l’Agence centrale de Renseignement (CIA) seraient en train de travailler en étroite collaboration avec les forces de sécurité de la Mauritanie et du Sénégal en vue de surveiller la pénétration d’éventuels terroristes dans le territoire sénégalais via le fleuve Sénégal, le Bac de Rosso, la frontière de Boyo et la voie routière. Et on ne parle que de la partie “immergée” de l’iceberg, bien entendu …

Rien que durant le week-end, près d’une centaine d’individus ont été interpellés, de spurce policière, on indique même que “les rafles vont se poursuivre jusqu’après le départ de l’hôte de marque du Sénégal “.
Le site koaci.com se veut encore plus précis – reprenant des infos qui circulent sur les chaînes de télé sénégalaise, l’opposition au nouveau président Macky Sall voyant l’affaire d’un mauvais oeil – indiquant que “les agents de sécurité américains ont pris le contrôle de la région de Saint-Louis, située au nord du Sénégal, à quelques heures de l’arrivée ce 26 juin de Barack Obama”.

Selon le site, “cette région frontalière avec la République islamique”, capitale du nord du Sénégal est prise d’assaut par des éléments de la CIA.

Ainsi, « des check-points sont en cours dans cette partie du pays qui déteint 1000 km de frontière avec la Mauritanie, et un navire de guerre US y est positionné » poursuit le site. La visite d’Obama pourrait certes justifier l’arrivée  dudit vaisseau … mais quid de son départ ? Les prochaines élections – le 27 juillet prochain – au Mali voisin pourraient justifier son maintien au large du Sénégal …
Toujours selon le site koaci.com, à Ross Béthio, principale porte d’entrée du Sénégal en venant de la Mauritanie, « la fouille des véhicules et des personnes est devenue systématique ».

La princesse Sheika Mowza de Qatar et sa suite ont été  quant à elles en quelque sorte expulsées du Sénégal … à quelques heures de la venue du Président américain.  Selon le journal l’Observateur, le jet privé de la princesse qatarie n’a pu l’autorisation d’atterrir à l’aéroport de Dakar, son plan de vol a même été changé pour un atterrissage quelque peu forcé à Saint Louis.
Mais Sheika Mowza, ses deux sœurs, Sheika Osha et Sheika Moza, de même que leur cour royale composée de deux gardes du corps et de 6 femmes n’ont pu faire plus de 24 heures dans l’ancienne capitale de l’Afrique Occidentale Française. Contraintes de quitter le territoire sénégalais pour le Maroc après une surveillance assidue des gendarmes durant leur court séjour.

Au final, les Etats-Unis  ne seraient-ils  pas  en train de se “rapprocher » un peu plus chaque jour du Sénégal ? Le pays étant proche du Mali et de ses matières premières, et étant lui-même  doté de richesses telles que pétrole et uranium ? Qui sait … N’oublions  pas qu’il y a quelques mois à peine,  Washingtown  envisageait d’installer une base américaine  de l’AFRICOM au Sénégal.
Certes, depuis, Abdoulaye Wade a du céder le pouvoir au nouveau Président sénégalais Macky Sall. Lequel, géologue de formation et ancien ministre des Mines pourrait devenir un  nouveau roi du pétrole  … Chose qui n’a pu «échapper»  aux majors pétrolières US, telle que Hunt Oil, d’ores et déjà présente dans le pays.

Précisons, qu’au debut du mois de mai dernier,  s’est tenu à Dakar  un atelier sur “le rôle de la sécurité et du développement dans la lutte contre l’extrémisme violent dans le Sahel”. Atelier à l’initiative de l’ambassade des Etats-Unis et du gouvernement du Sénégal nous dit-on, mené en partenariat avec le Centre d’études stratégiques de l’Afrique (ACSS).
L’atelier regroupa environ 60 participants venant de 13 pays africains, dont des représentants du gouvernement américain et des experts d’organisations internationales telles que le Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM), et l’Agence américaine pour le développement international (USAID).  Tout de même …
La rencontre ‘’permettra d’aborder le rôle des programmes axés sur le développement pour trouver des solutions aux problèmes de sécurité dans la région du Sahel’’, ajoutait-t-on de source diplomatique. Précisant que ‘’les experts examineront les moyens de coordonner les efforts pour trouver des solutions à long terme pour préserver la sécurité, la paix et la stabilité des citoyens dans une région qui a longtemps souffert de groupes extrémistes violents’’.

 - USA / Sénégal : partenariat renforcé, voire implantation d’une base de l’AFRICOM ?

Rappelons  que le 21 avril 2011, le Général américain Carter Ham, tout frais nommé commandant du Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM) avait effectué pour sa part sa première visite au Sénégal. Au cours de son séjour, il avait été reçu tour à tour par le chef d’Etat major des Forces armées sénégalaises, le général Abdoulaye Fall, le ministre des Forces armées, Bécaye Diop, et le président de la République Abdoulaye Wade. Tout de même …

Petit rappel : basé à Stuttgart, en Allemagne, l’AFRICOM est l’un des six états-majors de commandement géographique du Département de Défense US. Officiellement il oeuvre pour un partenariat fructueux entre les Etats-Unis et 53 nations d’Afrique et pour l’instauration d’espaces de sécurité et de stabilité sur le continent. Des missions qui pourraient être loin d’être totalement désintéressées …
A l’occasion de sa visite, le général américain Carter Ham avait assuré pour sa part que le partenariat entre le Commandement régional américain pour l’Afrique (AFRICOM) et le Sénégal allait « s’accentuer » dans l’avenir.
Bécaye Diop  avait alors indiqué  que l’AFRICOM est « très proche » de l’armée sénégalaise et « échange beaucoup » avec celle-ci pour trouver des solutions aux conflits dans la sous-région. « Sur le plan de la formation, nous souhaitons que ça aille de l’avant. Nous voulons que les échanges soient plus permanents « , avait également précisé le ministère des Forces armées d’alors.
« Le Sénégal n’aura pas le privilège d’accueillir le siège de l’Etat-major d’Africom » affirmait néanmoins en juin 2010 la presse sénégalaise alors que les Etats-Unis avaient laissé entendre qu’ils souhaitaient déplacer les 1300 membres de leur personnel de Stuttgart vers l’Afrique.

 - Les Etats-Unis  souhaitent jouer une rôle plus actif  au Mali voisin …

Rappelons également à toutes fins utiles qu’en février dernier, le sénateur américain Chris Coons, président de la sous-commission des Affaires étrangères du Sénat américain pour l’Afrique, avait déclaré à Bamako (capitale du Mali) que les Etats-Unis allaient jouer un rôle militaire plus actif dans le pays. Tout en ajoutant qu’une telle implication n’interviendrait qu’après la tenue d’élections au Mali … contrée voisine du Sénégal. Lesquelles élections sont désormais fixées au 27 juillet prochain.
Reste, que selon Chris Coons, les Etats-Unis ne peuvent pas coopérer directement avec l’armée malienne tant qu’un gouvernement démocratiquement élu n’aura pas remplacé les dirigeants actuels, lesquels ont accédé au pouvoir à la suite d’un coup d’Etat. Une manière comme une autre de forcer la main, Washington pouvant être enclin à influencer le choix d’un candidat …

En janvier dernier, le New York Times indiquait  pour sa part que trois des quatre unités d’élite maliennes à commandement touareg formées par les États-Unis dans les années 2000 étaient passées dans le camp des rebelles lors du conflit de 2012. Nous apprenions ainsi que les Etats-Unis avaient « investi » dans la formation de militaires maliens, lesquels – ironie de l’histoire ou ultime étape d’un plan US proche d’une stratégie du chaos ? – ont retourné leur treillis pour désormais affronter les forces militaires du Mali.
Rappelons en effet que durant les années 2000, et au début des années 2010, des militaires maliens ont été entraînés par des instructeurs américains dans le cadre de l’opération Enduring Freedom – Trans Sahara (OEF-TS ). Opération militaire conduite par les États-Unis et d’autres pays partenaires dans la région du Sahara/Sahel en Afrique, ayant pour but officiel de mener des actions de contre-terrorisme et à réguler le trafic d’armes et le trafic de drogues en Afrique centrale. Autre élément du dispositif : la Joint Task Force Aztec Silence (JTF Aztec Silence), organisation inter-armées dont le but est d’effectuer les missions et de remplir les objectifs de l’OEF-TS, placée sous la responsabilité de l’AFRICOM.

En 2007, le Congrès des États-Unis décide d’allouer la somme de 500 millions de dollars à la Trans-Saharan Counterterrorism Initiative (TSCTI) pour les six années à venir, afin – officiellement – de soutenir financièrement les États africains impliqués dans la lutte antiterroriste contre Al-Qaïda que sont l’Algérie, le Tchad, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, le Nigéria, et le Maroc. Ce programme s’appuie notamment sur l’ancien Pan Sahel Initiative (PSI), plan achevé en décembre 2004 et qui s’était focalisé sur les trafics d’armes et de drogues, ainsi que le contre-terrorisme.

Au final, une affaire à suivre, très certainement …

Elisabeth Studer – www.leblogfinance.com  – 26 juin 2013

Crédit Photo : Elisabeth STUDER – Port de Dakar – Mai 2011 -USS Robert Bradley

(U.S. Marine Corps photo by Cpl. Timothy Norris)

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30 commentaires

  1. Elisabeth Studer 26 juin 2013 à 22:47

    While not participating directly in a French-led assault against Islamists in northern Mali, the US military has helped with logistics and intelligence-gathering operations.

    US military instructors are also training African troops preparing to enter Mali as part of a thousands-strong UN peacekeeping force. US Marines are also training their Senegalese counterparts in light infantry and maritime security.

    These exercises are part of a longtime US strategy to quell potential global security threats by readying local armies to fight regional conflicts.

  2. Elisabeth Studer 26 juin 2013 à 22:53

    News: U.S. Marines, Sailors train Senegalese Companie de Fusilier Marine Commandos

    Read more: http://www.dvidshub.net/news/107286/us-marines-sailors-train-senegalese-companie-de-fusilier-marine-commandos#.UctUvb5OLIU#ixzz2XMFPQOcu

  3. Elisabeth Studer 26 juin 2013 à 22:54

    TOUBACOUTA, Senegal — U.S. Marines and Sailors with Special-Purpose Marine Air-Ground Task Force Africa 13 began training Senegalese Companie de Fusilier Marine Commandos in Dakar, Senegal, April 6, 2013.

    The training was focused on light infantry tactics and maritime security that helped build proficiency in handling regional stability issues such as drug traffickers or potential hostile activity.

    “We’re here because the U.S., and the Marines in particular, have a longstanding relationship with Senegal and the COFUMACO,” said 1st Lt. Kyle Finnerty, Special-Purpose MAGTF Africa 13 assistant team leader from New York City.

    “They have identified areas where they can improve their military capabilities and they have asked us to come in and help train them to improve in those areas and build their capacity to provide security for their country,” he said.

    Senegal has approximately 330 miles of Atlantic Ocean coastline and large networks of rivers along the southern coastline. However, the Senegalese landscape consists mainly of the rolling sandy plains of the Western Sahel.

    “The COFUMACO are the Senegalese equivalent of the U.S. Marines,” Finnerty added. “They are naval infantry, so they operate in desert and water-based environments.”

    The Marines and Sailors use interpreters to communicate while in the classroom with the COFUMACO. Classroom time only accounts for about 10 percent of instruction, the rest of the training is hands-on in the field or on the water to promote muscle memory and an understanding that can only come from experience, Finnerty said.

    “We started with basic weapons handling and maintenance and then live-fire,” he said. “We start from the stand-still and move up to more advanced skills, such as shooting on the move. We saw them make great progress throughout the week. They are a motivated group of individuals and they work hard every day and they are exceeding our expectations.”

    Like the U.S. Marines, the COFUMACO are amphibious, so the training did not stop with land based activity.

    Daily drills of waterway patrolling, land insertions and extractions, live-fire target practice, and scout-swimmer techniques are the challenges the COFUMACO face daily and come out on top, said Quarter Master 2nd Class Eric Waters, Special-Purpose MAGTF Africa 13 riverine instructor from Pueblo, Calif.

    “When we get out [on the water] we teach them how to overcome the heat and environment,” Waters said. “Most of the time we get wet out there but the COFUMACO are very willing to learn. They overcome it and they ask a lot of questions. Once they hear it, they grasp it and they do it.”

    The long term goal of the training is to prepare the training participants to become the next generation of instructors for the COFUMACO.

    “Our goal here is to train the trainer,” Waters said. “The COFUMACO are willing to learn new techniques and practice and progress in the skills that we are teaching them to the point where they can effectively train future COFUMACO.”

    At the end of every training day, the participants review their performance and prepare to do it better the next day.

    “If you could spend a half hour with them in training you’d think everyone was old friends,” Finnerty said. “All the shared pain in training and working out during the long hard days, everyone becomes close pretty quickly. Everyone is working hard but there are a lot of laughs and good times to be had as well.”

    Special-Purpose MAGTF Africa strengthens U.S. Marine Corps Forces Africa and U.S. Africa Command’s ability to assist partner nations. The approximately 150 U.S. Marines and Sailors conduct security force assistance, military-to-military engagements and are trained to provide support to crisis response

    Read more: http://www.dvidshub.net/news/107286/us-marines-sailors-train-senegalese-companie-de-fusilier-marine-commandos#.UctUvb5OLIU#ixzz2XMFap8LI

  4. ES 26 juin 2013 à 23:21

    Le commandant de l’AFRICOM pour une coopération militaire plus large avec la Mauritanie

    Jeudi 30 Mai 2013
    —————————–
    Le nouveau commandant des Forces armées des Etats-Unis d’Amérique pour l’Afrique (AFRICOM), le général David Rodriguez, a formé l’espoir que sa visite actuelle à Nouakchott ouvre “de nouveaux et larges horizons” à la coopération entre les USA et la Mauritanie.

    “En ma qualité de nouveau commandant de l’AFRICOM, j’espère que cette visite puisse être bénéfique pour les relations entre les USA et la Mauritanie et ouvrir de nouveaux horizons à une coopération plus large entre nos deux pays, au service de nos intérêts communs et pour un avenir meilleur et plus prospère”, a-t-il indiqué dans une déclaration à la presse à l’issue de son entretien, mercredi, avec le premier ministre mauritanien, Moulay Ould Mohamed Laghdaf.

    La visite du nouveau commandant de l’AFRICOM est la deuxième d’un responsable de ce commandement US, en Mauritanie au cours de 2013. Son prédécesseur, le Général Carter Ham avait effectué en février dernier une visite dans ce pays dans le cadre des manœuvres militaires initiées par les USA, sous le nom de “Flintlock”, avec la participation de 18 pays d’Afrique, d’Europe et du monde arabe.

  5. retrouvé le retour 26 juin 2013 à 23:21

    Wall Str. en hausse mercredi pour la deuxième séance consécutive, la cause étant la baisse du PIB des Etats-Unis!
    Plus ça va mal plus on fabrique de monnaie, plus les indices montent et donc fabriquent à leur tour de la monnaie.
    A la différence de 1929, certains pensent actuellement contrôler l’emballement monétaire en contrôlant les flux de données informatiques. Ce système ne peut fonctionner qu’avec 0 erreurs. A + ou- long terme, on peut avoir sérieusement des doutes sur cette possibilité de réussite à 100%.

    • retrouvé le retour 28 juin 2013 à 08:05

      Et que sont devenus les actifs toxiques de nos banques franco-françaises (ou de notre banque franco-belge !) confinés dans des structures “nationalisées” ?
      Va-t-on longtemps réussir à confiner la “monnaie de référence mondiale” ? Se sont effectivement des questions qui se discutent alors que notre gouvernement se voit contraint à préparer un “anti New Deal” sur les grands travaux.
      Promener des armées tout autour du monde c’est sympa, mais nous sommes au XXIéme et ça fait légèrement dérisoire, même si c’est dangereux.

  6. ES 26 juin 2013 à 23:54

    DAKARACTU.COM Dans le cadre de la visite du président des USA, Barack Obama, nul n’est épargné par le dispositif sécuritaire mis en place par les américains. En efffet, en lieu et place de leurs véhicules de fonction, les ministres du Gouvernement d’Abdoul M’baye ont reçu des instructions selon lesquelles ils doivent tous se retrouver devant le building administratif pour prendre … un bus qui doit les acheminer à l’Aéroport Léopold Sédar Senghor, pour accueillir leurs hôtes.

  7. ES 26 juin 2013 à 23:55

    “A la différence de 1929, certains pensent actuellement contrôler l’emballement monétaire en contrôlant les flux de données informatiques”
    oui, la guerre est à la fois économique et informatique
    guerre de l’intox.

    Nous sommes en guerre, il faut le voir comme tel

  8. Elisabeth Studer 24 septembre 2014 à 00:56

    Ebola, le Pentagone s’installe en Afrique: Washington annonce la naissance d’un centre de commandement militaire au Libéria:

    Par Manlio Dinucci
    Mondialisation.ca, 18 septembre 2014

    Ebola Obma 2
    Face à l’« épidémie sans précédent d’Ebola, qui se répand de façon exponentielle en Afrique occidentale », le président Obama a annoncé que « à la demande du gouvernement libérien », les Etats-Unis établiront « un centre de commandement militaire au Liberia ». Il s’agit d’un « quartier général de commandement de la force conjointe » spécifie le Commandement Africa des Etats-Unis (dont l’ « aire de responsabilité » couvre tout le continent, sauf l’Egypte). Le quartier général, aux ordres du général Darryl Williams (déjà sur le terrain au Libéria) disposera d’au moins 3000 militaires étasuniens, d’un pont aérien et d’un centre de tri au Sénégal. C’est ce quartier général qui exercera la fonction de « commandement et contrôle » de l’opération internationale anti-Ebola, qui prévoit l’envoi de personnel médical et d’hôpitaux de campagne. Selon Obama, c’est « un exemple de ce qui se passe quand l’Amérique prend le leadership pour affronter les plus grands défis mondiaux ». Qu’il a listés dans son récent discours urbi et orbi, affirmant que seule l’Amérique a « la capacité et la volonté de mobiliser le monde contre les terroristes de l’Isis », de « battre le rappel mondial contre l’agression russe », et de «contenir et anéantir l’épidémie d’Ebola ».

    Même si la possibilité qu’Ebola se diffuse aux Etats-Unis est extrêmement basse, a souligné Obama dans le discours qu’il a prononcé au Centre de contrôle et de prévention des maladies[1] à Atlanta (Georgie), en Afrique occidentale il a provoqué la mort de « plus de 2400 hommes, femmes et enfants ». Evénement certes tragique, mais limité si on le rapporte au fait que l’Afrique occidentale a une population d’environ 350 millions d’habitants et toute la région sub-saharienne presque 950 millions. Si l’on pense que chaque année meurent dans la région à cause du sida plus d’un million d’adultes et d’enfants ; que la malaria provoque chaque année plus de 600 mille morts, en majorité chez les enfants africains ; que dans l’Afrique sub-saharienne et dans l’Asie méridionale la diarrhée tue chaque année environ 600 mille enfants (plus de 1600 par jour) de moins de cinq ans. Ces maladies et quelques autres, toutes « maladies de la pauvreté », qui provoquent chaque année en Afrique sub-saharienne des millions de morts prématurées et de cas d’invalidité, sont dues à la sous-alimentation et à la malnutrition, au manque d’eau potable, aux mauvaises conditions hygiéniques-sanitaires dans lesquelles vit la population pauvre, qui (selon les données de la Banque mondiale elle-même) constitue 70% de la population totale, dont 49% se trouve en conditions de pauvreté extrême. La campagne d’Obama contre l’Ebola semble donc instrumentale.

    L’Afrique occidentale, où le Pentagone installe son propre quartier général avec la motivation officielle de lutter contre l’Ebola, est très riche en matières premières : pétrole au Nigéria et Bénin, diamants en Sierra Leone et Côte d’Ivoire, phosphates au Sénégal et Togo, caoutchouc, or et diamants au Libéria, or et diamants en Guinée et Ghana, bauxite en Guinée. Les terres les plus fertiles sont réservées aux monocultures de cacao, ananas, arachides et coton, destinées à l’exportation. La Côte d’Ivoire est le plus grand producteur mondial de cacao. De l’exploitation de ces grandes ressources quasiment rien n’arrive à la population, car les revenus sont partagés entre multinationales et élites locales, qui s’enrichissent aussi grâce à l’exportation des bois précieux avec de graves conséquences environnementales dues à la déforestation.

    Les intérêts des multinationales étasuniennes et européennes sont cependant mis en danger par les rebellions populaires (comme celle du delta du Niger, provoquée par les conséquences environnementales et sociales de l’exploitation pétrolifère) et par la concurrence de la Chine, dont les investissements sont pour les pays africains beaucoup plus utiles et avantageux. Pour conserver sa propre influence dans le continent les Usa ont constitué en 2007 le Commandement Africa qui, derrière le paravent des opérations humanitaires, recrute et forme dans les pays africains des officiers et des forces spéciales locales par l’intermédiaire de centaines d’activités militaires. Une base importante pour ces opérations est celle de Sigonella (Sicile), où a été déployée la Task force du Corps des marine qui, dotée d’avions hybride Ospreys, envoie en rotation des escadrons en Afrique, notamment occidentale.

    Là où commence la campagne d’Obama « contre le virus Ebola ».

    Edition de jeudi 18 septembre 2014 de il manifesto

    http://ilmanifesto.info/ebola-il-pentagono-si-sistema-in-africa/

    Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

    Selon http://fr.wikipedia.org/wiki/Centres_pour_le_contr%C3%B4le_et_la_pr%C3%A9vention_des_maladies

    « L’origine des CDC (Centre pour le Contrôle et la Prévention des maladies) est d’abord militaire. Aux États-Unis, les institutions militaires, pour la protection de l’US Army ont joué un rôle important en matière de santé et surtout d’épidémiologie, via d’abord le suivi et l’étude de la santé des soldats, puis par l’étude des épidémies en tant que pouvant être utilisées par le bioterrorisme ou comme arme de destruction massive » (Note -et italiques- de la traductrice pour la version française).

  9. ES 17 janvier 2015 à 19:52

    Charlie Hebdo: au moins un millier de manifestants à Dakar, drapeau français brûlé
    Vendredi, 16 Janvier 2015 12:43 AEM – AFP

    Au moins un millier de manifestants ont protesté à Dakar après la prière du vendredi contre la caricature du prophète Mahomet par l’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo, ont constaté des journalistes de l’AFP.

    Un drapeau français a été brûlé devant l’ambassade de France, dans le centre de Dakar, par un groupe de manifestants qui ont scandé des slogans à la gloire du prophète Mahomet et contre Charlie Hebdo, selon des journalistes de l’AFP.

    La police a lancé des bombes lacrymogènes pour disperser la foule, qui criait “Allah akbar”.

    Plus d’un millier de manifestants avaient spontanément pris la direction de la représentation diplomatique française après un rassemblement à l’appel d’organisations islamiques, initialement prévu dans la Grande Mosquée de Dakar (centre-ville), qui s’est mué en une marche.

    “Au diable Charlie”, “Ne touche pas à mon prophète”, “la liberté de blasphémer tue la liberté d’expression”, pouvait-on lire sur des banderoles et pancartes.

    Lors de cette marche de la Grande Mosquée jusqu’à la Place de l’Obélisque, dans un quartier populaire, les manifestants se sont arrêtés devant la télévision publique pour exiger d’être filmés.Â

    Plusieurs manifestants ont critiqué le président Macky Sall pour avoir participé à la marche organisée dimanche à Paris, contre “le terrorisme”, après les attentats qui ont fait 17 morts la semaine dernière en France, dont 12 lors de l’attaque contre l’hebdomadaire satirique.

    “Macky Sall est un hypocrite. Il ne devait pas participer” à cette marche, a affirmé une manifestante. “Il doit présenter ses excuses” aux Sénégalais, a déclaré à la presse Malick Ndiaye, enseignant à l’Université de Dakar.

    Le Sénégal a interdit la diffusion “par tout moyen” de l’édition de mercredi de “Charlie Hebdo”, ainsi que celle du quotidien “Libération”, qui a repris la Une de l’hebdomadaire satirique mercredi, où figure une caricature de Mahomet.

    Le Sénégal ne peut pas “cautionner” des caricatures de Mahomet car elles pourraient être “sources de tensions sérieuses sur l’ensemble de la planète”, avait justifié jeudi Macky Sall, également président de l’Organisation de la conférence islamique (OCI).

    Sa présence était “une manifestation de solidarité face à une agression barbare que des Français ont subie suite à la tuerie” de Charlie Hebdo, avait-il expliqué.

    Le Sénégal, “république laïque” où la presse est libre et les censures de journaux rares, compte plus de 90% de musulmans.

  10. retrouvé le retour 17 janvier 2015 à 22:53

    “Plusieurs manifestants ont critiqué le président Macky Sall”, se sont probablement des modérés !! Les “vrais” criaient certainement du plus saignant !
    Il faut être parfaitement conscient que les heurts entre les états religieux du Moyen Orient ont déjà un effet d’entrainement d’une puissance incroyable.
    La laïcité, ce n’est qu’ici en France, c’est à nous de l’étendre. Les anglo-saxons se sont spécialisés dans une autre vision le “Cujus regio, ejus religio”

  11. ES 17 janvier 2015 à 23:44

    pas pour rien retrouve que j’ai mis cette info ici …;
    pour avoir été au senegal mi decembre, je peux vous dire que tt ceci est bien orchestre par nos “amis” us …
    qui prennent de plus en plus de pouvoir au Sénégal
    on en reparle d’ailleurs

  12. ES 17 janvier 2015 à 23:45

    américanisation de la vie sénégalaise
    dans toute sa non splendeur ….

  13. ES 17 janvier 2015 à 23:46

    egalement politique alors que Karim Wade n’est pas à la fête, n’oubliez pas…

    Marche contre Charlie Hebdo : Des excuses publiques de Macky Sall exigées
    Rédigé le Samedi 17 Janvier 2015 à 12:13 | | 6 commentaire(s)
    Comme partout ailleurs à travers le monde, des milliers de musulmans sénégalais ont sillonné hier, les rues de Dakar pour manifester leur colère contre Charlie Hebdo.

    Marche contre Charlie Hebdo : Des excuses publiques de Macky Sall exigées

    Après la grande prière du vendredi, des milliers de fidèles musulmans ont marché de la grande mosquée de Dakar jusqu’à l’ambassade de France située au centre-ville. Les marcheurs ont brûlé le drapeau de la France et exigé des excuses publiques du chef de l’Etat Macky Sall qui avait pris part à la marche, dite contre le terrorisme. Pour eux, Macky Sall a commis l’erreur de sa vie, en tant que président d’une République « presque musulmane ». Des cris contre ce dernier, ont fusé de partout : « Macky, Charlie, PSE, nous non ! », « Macky dégage, ta place est à l’Elysée », « Macky Sall a soutenu les ennemis de l’islam ». Selon toujours ces manifestants, le président de la République ne devrait pas assister à cette marche. Donc pour eux, il doit se reconvertir et demander pardon au peuple Sénégalais. “Macky ne fait plus partie de la communauté musulmane, il doit encore dire “ach’ adou anla ila…” Parce qu’il a soutenu les ennemis du Prophète. Il a commis l’erreur de sa vie”, déclare Cheikh Sadibou Diaga, coordonnateur des animateurs des chefs religieux du Sénégal. Et l’imam Ismaïla Ndiaye, membre de la ligue des imams et prédicateur du Sénégal de renchérir : c’est du irrespect, c’est manquer de respect à un milliard plus de musulmans qui n’ont que le prophète ( Psl) comme référence… “.

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  22. Betsey 27 janvier 2019 à 19:21

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  23. Augusta 28 janvier 2019 à 07:51

    All varieties of investments come with certain risks.

  24. Lela 5 février 2019 à 17:20

    This is true for funding advice as effectively.

  25. Marcos 8 février 2019 à 09:37

    Traders do pay direct and oblique prices.

  26. Toby 15 février 2019 à 01:27

    This is true for investment recommendation as effectively.

  27. Glinda 15 février 2019 à 01:39

    Traders do pay direct and indirect costs.

  28. Ferdinand 19 février 2019 à 04:50

    Think about investments that offer quick annuities.