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Attentats en Catalogne : le terrorisme pourrait booster l’indépendance, au grand dam de l’UE

Simple hasard de calendrier ? Le terrorisme vient de frapper deux villes de Catalogne – la cité éminemment touristique de Cambrils et sa capitale régionale, Barcelone – à l’heure ou la région revendique de plus en plus haut et fort son indépendance vis à vis de l’Espagne.

A l’heure où la Catalogne est de plus en plus décidée à s’affranchir de la tutelle de l’Etat espagnol, avouez – certes cyniquement mais les terroristes et leurs commanditaires ne sont-ils pas cyniques ? – que les attentats pourraient  tout de même fournir une « motivation » toute trouvée  pour « permettre » de rassembler les récalcitrants catalans en frappant en son cœur, à Barcelone, et qui plus dans un lieu emblématique que constitue les Ramblas.

L’argument invoqué par les terroristes pour justifier de leurs crimes est loin d ‘être anodin dans le contexte actuel. Justifiant leur propre violence par les actions menées par l’armée espagnole au sein des Forces de la coalition en Irak et en Syrie. Et ce, notamment, alors que la Russie fait état de collusion entre Daesh et la Coalition sous forte odeur de pétrole, soit dit en passant …

Or, la justification des terroristes pourrait faire son chemin dans l’inconscient des Catalans, qui pourraient alors faire un lien entre les actes de terrorisme perpétrés sur leur territoire et l’appartenance de la Catalogne à l’Etat espagnol. Bientôt, nous pourrions voir surgir ici ou là des slogans scandant : « Indépendance contre le Terrorisme.  » L’indépendance pouvant alors être vue comme une manière d’éviter que de tels actes n’endeuillent la région, la Catalogne se désolidarisant ainsi de facto de l’Espagne dans son implication au sein des Forces de la coalition.

Rappelons qu’après octobre 2014 – date des attentats meurtriers de Madrid – le pays a envoyé 300 instructeurs militaires en Irak. Depuis cette date, les forces armées espagnoles ont formé 46 bataillons et plus de 20.000 militaires irakiens pour combattre les jihadistes, selon le site de la Défense espagnole.

Si l’armée espagnole ne participe pas militairement aux frappes aériennes en Syrie -contrairement à la France par exemple- ciblant les bâtiments et membres de Daesh, elle apporte une aide financière et un soutien logistique, selon France24.

Mais au final, à qui profiterait le crime, me direz-vous peut-être, une fois l’émotion passée.
Rappelons qu’une éventuelle indépendance de la Catalogne aurait des conséquences économiques et financières notoires mais potentiellement dévastatrices tant pour la région elle-même que pour l’Espagne et l’UE toute entière.

A la plus grande joie des USA trouvant ainsi un compagnon d’infortune tout trouvé pour plonger dans les abysses de la crise financière. La Catalogne pouvant devenir alors l’arbre qui cachera la forêt de la déchéance financière, politique et morale des Etats-Unis.

Pour rappel, le 9 juin dernier, le président du gouvernement de Catalogne, Carles Puigdemont, a annoncé la tenue d’un référendum d’autodétermination unilatéral le 1er octobre prochain. Les indépendantistes faisant alors un pas supplémentaire vers la sécession de la région, laquelle s’affronte avec Madrid depuis 2012 dans le cadre d’une grave crise politique.

A la mi-juillet, annonçant le départ de la porte-parole du gouvernement Neus Monté, du ministre de l’Intérieur de la Catalogne Jordi Jané et du ministre de l’Education Meritxell Ruiz – lesquels sont des éléments moteurs dans l’organisation du scrutin – le président régional Carles Puigdemont avait déclaré que ces derniers avaient « pris la décision de se mettre à l’écart ».

Cette annonce intervenait alors que Carles Puigdemont avait déjà annoncé en début de mois le départ d’un autre membre du gouvernement régional, Jordi Baiget. Ce dernier avait exprimé des doutes quant à la viabilité du référendum interdit par Madrid. « L’Etat a tant de force qu’il est probable que nous ne puissions pas organiser le référendum », avait-il alors déclaré dans un entretien publié par un quotidien indépendantiste.

Madrid n’avait pas été avare de menaces ces derniers temps à l’encontre des fonctionnaires qui accepteraient de participer à l’organisation du scrutin, pointant également du doigt les entreprises qui fourniraient la logistique. Laissant entrevoir qu’ils pourraient faire l’objet de poursuites pénales, de retraits d’habilitations tout en étant condamnés à de coûteuses amendes.

- La Catalogne : l’indépendance, une bataille de longue date -

Rappelons qu’en 1932, sous le Roi Alphonse XIII, la Généralité de Catalogne avait été déclarée autonome avec le 1er statut d’autonomie. Statut qui sera perdu lorsque la guerre civile éclate en 1936. Ce n’est qu’en 1978 avec la constitution espagnole que la Généralité de catalogne et son parlement sont rétablis, l’autonomie politique étant réinstaurée à travers un 2ème statut d’autonomie. En 2006, la demande d’un 3ème statut de l’autonomie qui, entre autre, reconnaît la « nation » catalane et accroît l’autonomie de la région au niveau de la justice et des finances est approuvée au parlement espagnol. Il est cependant annulé par le conseil constitutionnel en 2010 suite à un recours déposé par le parti Populaire (droite). Cette décision entraîne alors d’importantes manifestations réunissant 1 million de personnes à Barcelone, revendiquant le « droit à décider » des catalans.

En septembre 2012, plusieurs centaines de milliers de personnes défilent pacifiquement à Barcelone en faveur d’un référendum d’indépendance et du « pacte fiscal » demandé par le président catalan, Artur Mas. Voulant ainsi faire valoir la capacité de la Catalogne à gérer les impôts prélevés dans la région.

Le 25 novembre 2012, après le rejet du pacte fiscal par le chef du gouvernement Mariano Rajoy, des élections régionales anticipées sont convoquées par Artur Mas. Pour la première fois des élections se tiennent par rapport à la question indépendantiste. Si Convergence et Union, la formation d’Artur Mas, avait certes perdu des voix, elle n’en avait pas moins remporté l’élection avec pour nouvelle feuille de route la construction d’un Etat catalan souverain.

Le 27 septembre 2015, les nationalistes de Convergence démocratique de Catalogne (CDC) et les indépendantistes de la Gauche républicaine catalane (ERC), ainsi que des membres d’associations indépendantistes forment une liste commune, Junts Pel Sí (« Ensemble pour le oui »), lors de nouvelles élections anticipées par le gouvernement catalan. La liste remporte 39,6 % des voix et 62 députés.

Le 9 janvier 2016, grâce au soutien du mouvement séparatiste, europhobe et anticapitaliste Candidature d’unité populaire (CUP) – lequel a totalisé 8 % des voix et obtenu 10 sièges de députés – les indépendantistes obtiennent une majorité parlementaire leur permettant de lancer une nouvelle feuille de route visant à déclarer l’indépendance dans les dix-huit mois. La CUP aura obtenu en échange le retrait d’Artur Mas. Carles Puigdemont est alors élu nouveau président de la Catalogne.

Le 13 mars 2017 , Artur Mas est condamné à deux ans d’interdiction d’exercer toute fonction publique élective et à une amende de 36 500 euros pour avoir organisé, le 9 novembre 2014, la « consultation populaire » sur l’indépendance de la région, malgré l’interdiction prononcée, cinq jours plus tôt, par la Cour constitutionnelle.

L’ancienne vice-présidente du gouvernement catalan, Joana Ortega, et l’ancienne ministre régionale de l’éducation, Irene Rigau, ont également été condamnées à six mois d’inéligibilité, en tant que « collaboratrices nécessaires ». Al la suite, le vice-président Francesc Homs est condamné à un an et un mois d’inéligibilité.

- La Catalogne : un enjeu économique majeur -

Il est vrai que Madrid joue gros ! La Catalogne constitue en effet un moteur de l’économie espagnole, la région possédant des activités diversifiés autour de l’industrie automobile, pharmaceutique ou touristique. Ainsi, la Catalogne assure notamment 44% de la production bio-pharmaceutique espagnole, et 25% des produits chimique de laboratoire espagnoles.

La région constitue également une ouverture sur l’Europe et sur le monde puisqu’elle compte 35% des sociétés exportatrice du pays, c’est une des régions les plus exportatrices d’Espagne, accueillant 25% des IDE (investissement direct à l’étranger) du territoire espagnol.

Le secteur touristique est aussi très développé. La région compte 22.2% des infrastructures de tourisme espagnole, et a accueilli, en 2016, 18 millions de touristes, soit 24% du nombre total de touristes qui se sont rendus en Espagne cette année la (75 millions).

Forte de ces atouts, la Catalogne est ainsi la région la plus riche d’Espagne. Elle représente 20% du PIB espagnol, 222.6 milliard d’euros en 2014, soit un PIB supérieur a celui de l’Irlande, la Grèce ou encore le Portugal en valeur absolue. Le poids démographique de la catalogne en Espagne est quant à lui loin d’être négligeable. La population vivant en Catalogne représente 16% de la population espagnole.

Néanmoins, selon les experts, malgré le dynamisme économique de la région, l’indépendance de la Catalogne aurait des conséquences importantes pour la Catalogne elle-même, l’Espagne et même l’Europe.

La région pourrait devoir affronter de sérieuse difficultés financières si elle obtient son indépendante dans les délais qu’elle souhaite. Figure en tout premier lieu l’épineux dossier des retraites, un des arguments majeurs avancé par les anti-indépendantistes. La Catalogne ne pourrait pas assurer entièrement les versements des pensions de retraites sans l’aide de la Sécurité sociale espagnole, ce qui entraînerait alors une baisse de 6.7% à 16.9% de leurs montants.
Parallèlement, l’indépendance de la Catalogne entraînerait automatiquement la sortie de la région de l’Union européenne. Si les indépendantistes sont pro européens, et devraient donc se montrer rapidement candidats à a une entrée dans l’Union, tous les membres doivent accepter les candidatures. L’Espagne pourrait alors y opposer son veto. Une sortie de la Catalogne de l’Espagne et de l’Union européenne pose également la question du maintien de l’euro dans la région. La région pourrait alors créer une nouvelle monnaie, liée de prêt ou de loin ou continuer à utiliser la monnaie européenne, avec ou sans le consentement de la Zone Euro (comme le fait Monaco, le Monténégro ou le Vatican), plaçant alors la Catalogne sous tutelle de la troïka.

L’indépendance pourrait avoir des conséquences négatives même pour l’économie catalane. La région se retrouvant alors dans la situation de devoir emprunter sur les marchés sans le soutien de l’Espagne et sans le bénéfice d’appartenir à l’Union européenne. De plus, la région ne pourra alors plus prétendre au financement de l’Union européenne. Il s’agirait alors d’une lourde perte, Madrid bénéficiant grandement de ces aides. Une sortie de la Catalogne pourrait également conduire à une baisse des investissements étrangers sur le territoire catalan. En 2012, Volkswagen-Audi Espagne avait ainsi déclaré que le groupe déménagerait à Madrid en cas d’indépendance.

La Catalogne étant la région la plus riche du pays, sa sortie de l’Espagne ferait courir un important risque de faillite pour Madrid. De plus, l’Espagne refusant de négocier avec la Catalogne, la région menace de ne pas prendre en charge une partie de la dette. A noter enfin que la Catalogne constitue une région non négligeable de l’Europe. Son PIB représentait 1.47% du PIB de l’Union européenne en 2015. Si l’indépendance de la Catalogne mettrait en péril la stabilité économique de l’Espagne, une ruine de la 5ème économie d’Europe pourrait mettre en cause la stabilité économique de la zone entière.

Sources : AFP, Le Monde, Courrier international, Les Echos, Géopolis, La Tribune, France24

Elisabeth Studer – 18 août 2017 – www.leblogfinance.com

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22 commentaires

  1. Elisabeth Studer 18 août 2017 à 16:31
  2. Elisabeth Studer 18 août 2017 à 16:39

    Faire echouer ou au contraire activer la volonté d’indépendance en associant non independance à la mort dans l’esprit des Catalans
    Le crime profiterait bcp + dans ce cas là au pouvoir financier de la planète.

    Referendum indépendantiste en Catalogne et attentats à Barcelone
    18 AOÛT 2017 PAR EGALIDAD BLOG : LE BLOG DE EGALIDAD

    Le 1er octobre prochain, la Catalogne doit se prononcer sur son indépendance par referendum.

    « Si une majorité des votes émis est en faveur de la création d’un république catalane, il faudra évidemment et immédiatement déclarer l’indépendance », déclare une élue régionale, séparatiste Gabriela Serra…

    Une loi « établira un régime juridique exceptionnel » avait précisé auparavant Jordi Orobitg, autre séparatiste. Cette loi « prévaudra sur les autres normes » renchérit Lluis Corominas, à savoir sur la Constitution espagnole notamment.

    « Le peuple de Catalogne est un sujet politique souverain ».

    Y aurait-il un lien entre les attentats et le scrutin à venir ?

    S’agirait-il ici d’une manipulation d’Etat ou d’oligarchies nationales ou internationales pour faire échouer ce qui ne paraît pas impossible : la séparation de la Catalogne de l’Espagne ?

  3. retrouvé le retour 18 août 2017 à 22:55

     » Y aurait-il un lien entre les attentats et le scrutin à venir ?  »
    ES il serait plus important de prévoir un système d’élections pour déterminer des structures internes de l’UE.
    La naissance d’un état ayant pour base la religion musulmane à nos portes est un piège mortel que nous avons mis en place nous même en créant des pseudo-états religieux sur les ruines de l’Empire Turc, c’est un autre sujet.
    Je suis sur que ces constructions « religieuses » loufoques vont disparaître.

  4. ES 19 août 2017 à 16:45

    Madrid donne la cellule jihadiste pour « démantelée », Barcelone nuance

    Madrid – La cellule d’une douzaine d’auteurs des attentats de Barcelone et Cambrils est désormais « démantelée », a affirmé samedi le ministre espagnol de l’Intérieur, alors qu’un homme, Younès Abouyaaqoub, est toujours activement recherché par la police.

    L’annonce a déplu à Barcelone où la police catalane a rappelé que c’était elle qui dirigeait l’enquête.

    Le groupe a été « démantelé », a déclaré le ministre Juan Ignacio Zoido lors d’une conférence de presse. A ce stade, quatre suspects sont toujours en garde à vue, cinq ont été abattus à Cambrils et trois autres identifiés, dont Younès Abouyaaqoub. Les deux autres pourraient avoir péri dans l’explosion d’Alcanar.

    « Nous pouvons presque dire que la cellule est totalement démantelée à Barcelone, puisque des personnes sont mortes, des personnes ont été arrêtées et que des identifications ont été rapidement réalisées et que d’autres recherches sont en cours dont nous ne pouvons pas parler en ce moment (…) nous pouvons dire que la cellule a été démantelée ».

    « Je crois que le coup porté à Cambrils est important pour démanteler l’organisation mais il reste en toute logique du travail à accomplir », a déclaré en réponse le chef du département de l’Intérieur de Catalogne, Joaquim Forn.

    Les Mossos d’Esquadra, la police catalane, ont de leur côté expliqué qu’ »une personne [faisait] toujours l’objet d’un avis de recherche », sans préciser s’il s’agissait ou non du conducteur de la camionnette de las Ramblas.

    « Nous rappelons que ce sont les Mossos d’Esquadra qui dirigent l’enquête… (…) nous communiquerons nous-mêmes le résultat final », a déclaré le porte-parole des Mossos, Albert Oliva.

    « Nous ne pouvons considérer l’enquête, menée par les Mossos d’Esquadra, comme terminée tant que nous n’avons pas localisé ou arrêté les personnes que nous croyons faire partie de cette cellule terroriste », a ajouté Joaquim Forn.

    Interrogé sur l’opération policière chez une personne décrite comme un imam à Ripoll samedi à l’aube, le porte-parole des Mossos a refusé de confirmer que cette « neuvième perquisition » dans cette ville où vivaient plusieurs des suspects avait eu lieu chez un imam.

    (©AFP / 19 août 2017 15h24)

  5. ES 19 août 2017 à 16:46

    A noter : »L’annonce a déplu à Barcelone où la police catalane a rappelé que c’était elle qui dirigeait l’enquête. »

    çà commence ? !

  6. ES 19 août 2017 à 16:46

    « Nous rappelons que ce sont les Mossos d’Esquadra qui dirigent l’enquête… (…) nous communiquerons nous-mêmes le résultat final », a déclaré le porte-parole des Mossos, Albert Oliva.
    « Nous ne pouvons considérer l’enquête, menée par les Mossos d’Esquadra, comme terminée tant que nous n’avons pas localisé ou arrêté les personnes que nous croyons faire partie de cette cellule terroriste », a ajouté Joaquim Forn.

  7. retrouvé le retour 19 août 2017 à 19:13

    Les indépendances de la Catalogne et de l’Ecosse sont de vrai cas d’école pour la constitution d’une Europe forte.
    Le vrai modèle est la Suisse avec la création du Canton du Jura !! En aucun cas la Confédération n’a souffert ni de la première votation, ni de la seconde !! Qui a permis à une petite minorité de protestants francophones de se maintenir dans l’énorme canton germanique de Bern !!

  8. ES 20 août 2017 à 15:56

    oui, à regarder de près

  9. ES 20 août 2017 à 15:56

    https://www.youtube.com/watch?v=NcKlDMYnmug

    Brazil ….
    Terry Gilliam’s Brazil & Terrorism

  10. ES 20 août 2017 à 16:26

    La Catalogne déclarera immédiatement son indépendance en cas de « oui » au référendum

    Par latribune.fr | 04/07/2017,

    Le scrutin, qui se tiendra le 1er octobre, débouchera sur l’entrée en vigueur d’une loi stipulant que « le peuple de Catalogne est un sujet politique souverain ».
    La coalition au pouvoir dans la région espagnole de Catalogne a assuré mardi que le référendum d’autodétermination qu’elle entend organiser en octobre serait suivi d’un effet immédiat. « Si une majorité des votes émis est en faveur de la création d’un république catalane, il faudra évidemment et immédiatement déclarer l’indépendance », a dit une élue régionale de la CUP (séparatiste), Gabriela Serra, lors de la présentation – par un groupe d’élus indépendantistes de tous bords – de la loi qui servira à organiser le référendum.

    Cette loi « établira un régime juridique exceptionnel », avait précisé un peu plus tôt l’élu Jordi Orobitg de la coalition « Ensemble pour le oui » (Junts pel si), composée de séparatistes de droite et de gauche. « Elle prévaudra sur les autres normes », a expliqué un autre élu de cette coalition, Lluis Corominas. Pour les séparatistes, cette loi sera au-dessus de la Constitution espagnole, car, comme l’indiquera son article 2, le « peuple de Catalogne est un sujet politique souverain ».

    Le texte, qui sera en principe soumis au vote des députés catalans fin août, prévoit aussi la mise en place d’une autorité électorale indépendante chargée d’organiser et de superviser le scrutin.

    Mariano Rajoy opposé au scrutin
    Le gouvernement catalan est dirigé depuis début 2016 par une coalition séparatiste qui a promis de mener la région vers l’indépendance. En septembre, le président régional catalan Carles Puigdemont avait annoncé qu’un référendum d’autodétermination, désormais prévu le 1er octobre, serait organisé dans ce but.

    Le gouvernement espagnol du conservateur Mariano Rajoy est fermement opposé à ce référendum, estimant qu’une question relative à la souveraineté nationale doit être débattue par l’ensemble des Espagnols. Il a saisi la Cour constitutionnelle, qui l’a déclaré illégal. En février, la Cour avait en outre fait savoir à l’exécutif catalan que toute action en ce sens serait passible de poursuites.

    La société catalane est elle-même profondément divisée: 48,5% des Catalans sont contre la sécession, 44,3% pour, selon un récent sondage d’un institut dépendant du gouvernement catalan. Mais une très large majorité, plus de 70%, aimerait trancher la question par un référendum.

  11. ES 20 août 2017 à 16:28

    Deux armes « légales » Selon un récent sondage, 49,4 % des habitants ne souhaitent pas que la Catalogne soit un État indépendant alors que 41,1 % le désirent. Pour Madrid, c’est la faible mobilisation des anti-indépendance qui pose problème puisque si le scrutin avaient lieu dimanche le « oui » l’emporterait à 62,5 % à cause d’une forte mobilisation des indépendantistes. Les nonistes, eux, ne souhaitent pas se déplacer pour voter.

    Alors, le pouvoir central s’est préparé à toute éventualité. Madrid pourra compter sur deux armes légales imparables. Tout d’abord, le gouvernement peut relever des élus de leurs fonctions en cas de désobéissance par une procédure d’urgence. Les premiers visés seront bien sûr les organisateurs du scrutin.

    Plus radical : Madrid a le pouvoir de suspendre l’autonomie catalane si elle était proclamée et de prendre les rênes de la région en direct. Mais le légalisme n’est pas la qualité première de l’exécutif catalan qui s’opposera sûrement à ces procédures. Dernière arme de Madrid : l’argent. La capitale exige la remise de comptes hebdomadaires de la part de la Generalitat et menace de couper une ligne de crédit vitale pour Barcelone de 3,6 milliards d’euros.

    En savoir plus sur http://www.lindependant.fr/2017/08/08/independance-de-la-catalogne-le-bras-de-fer-avec-madrid-dossier,3040390.php#ZRhBKfdZXKti4PVD.99

  12. retrouvé le retour 20 août 2017 à 21:58

     » Madrid a le pouvoir de suspendre l’autonomie catalane si elle était proclamée  » c’est connu toute cette histoire.
    Même pas peur !!

  13. retrouvé le retour 23 août 2017 à 09:18

    https://www.lorientlejour.com/article/1068705/pourquoi-lindependance-kurde-est-loin-de-faire-lunanimite.html

    Sur ce site  » francophone » démé
    nagé aux USA, voila encore une indépendance « controversée » !!! Le « Grand Moyen Orient », c’est à dire la fin des misérables états religieux controversé est en route :) :)

    Pour la Catalogne et l’Ecosse en route !!

  14. ES 23 août 2017 à 13:08

    j’avais malheureusement raison …..

    COURRIER INTERNATIONAL

    Attentats. Distinguer les victimes catalanes des victimes espagnoles : une honte

    EL PAÍS – MADRID
    Publié le 21/08/2017 – 17:25

    Énonçant le bilan des attentats du 17 août à Barcelone et Cambrils, le ministre de l’Intérieur du gouvernement autonome de Catalogne a fait la différence entre les morts “de nationalité espagnole” et les victimes catalanes. Pour cette journaliste d’El País, c’est une insulte aux victimes et à la vérité.

    Nous sommes tous la Catalogne, comme nous avons tous été Nice, Manchester, New York ou Madrid, dans le Monopoly de la terreur où nous entraînent les djihadistes. La solidarité est contagieuse, et elle n’attend pas que nous analysions au préalable si Madrid est une nation, comme le propose aujourd’hui le PSOE [Parti socialiste], si la Catalogne est une région autonome qui aspire à bien plus, ou si les uns veulent voter oui et les autres non. Le terrorisme est le terrorisme, la vérité est la vérité.

    Contre toute attente, dans cet élan de communion autour des valeurs que nous partageons, le gouvernement de la Generalitat a décidé que les morts identifiés étaient par exemple italiens (mais non pas milanais ou siciliens), portugais (sans qu’on précise s’ils sont de Sintra ou des Açores), tandis que les victimes espagnoles devraient être divisées en deux groupes : les Catalans et les Espagnols. En l’occurrence, leur vérité n’est plus la vérité.

    À partir de quand un Catalan est-il catalan et non espagnol ?

    Le ministre [régional] de l’Intérieur Joaquim Form, qui s’est exprimé en ces termes, faisait-il référence à cet Andalou de Grenade, mort sur la Rambla avec son petit-neveu et qui résidait en Catalogne depuis les années 1970 ? Celui qui est venu d’ailleurs est-il toujours d’ailleurs, ou y a-t-il un moment à partir duquel il est d’ici ?

    À partir de quand un Catalan est-il catalan et non espagnol ? Quand il est né en Catalogne ? Quand il a derrière lui quatre générations de Catalans ? La pauvre victime de nationalité belge va-t-elle être répertoriée comme flamande ou wallonne ? Et dans quelle catégorie aurait-elle voulu qu’on la range ? Quelqu’un y a-t-il pensé ?

    Je passe en revue la liste des morts, et parmi les Espagnols identifiés j’éprouve de la peine pour Francisco López Rodríguez, tourneur fraiseur, né il y a 57 ans à Lanteira (région de Grenade) et émigré en Catalogne, qui jusqu’à jeudi résidait à Rubí [commune de la province de Barcelone]. J’en ressens aussi pour son petit-neveu, Xavi, 3 ans. Pour la mère de ce dernier, pour la femme de Francisco et pour une autre mineure, qui ont été blessées. Pour Pepita Codina, femme de 75 ans, qui habitait à Sant Hipòlit de Voltregà (région de Barcelone) et qui se promenait à cet endroit. Pour Silvina Alejandra Pereyra, une Hispano-Argentine de 40 ans, installée à Barcelone depuis dix ans. Pour Ana María Suárez, une femme de Saragosse morte à Cambrils. Etc., etc.

    Des gens d’ici et d’ailleurs, des migrants, des touristes, des compatriotes, des étrangers. Form ose-t-il les classer suivant d’autres critères que ce qui est inscrit sur leurs passeports ? Apparemment, oui. Sans vergogne.

    Il est triste de devoir écrire cela en ces jours de douleur, et plus triste encore de devoir entendre ce qu’on entend. Form a perdu une belle occasion de rassembler sans diviser. De n’insulter ni les victimes ni la vérité. Espérons que ni lui ni personne d’autre ne perdra les occasions qui vont suivre. Car quoi qu’il en dise, nous sommes tous la Catalogne.

  15. retrouvé le retour 23 août 2017 à 14:41

    « Attentats. Distinguer les victimes catalanes des victimes espagnoles : une honte » ????

    A une époque de vente d’organes pour du fric, il y a bien longtemps que cette opération de la honte a été faite !!
    Il existe aussi depuis longtemps des « lieux de mémoire » spécialisés dans les victimes spécifiques !!

    Par contre il me semble vraiment important de déménager Franco, il doit bien exister des décharges !! On fera un monument avec des objets récupérés !!

  16. Elisabeth Studer 28 août 2017 à 00:50

    La guerre des nerfs reprend entre Madrid et les indépendantistes catalans

    Le président de la Catalogne Carles Puigdemont (G) et le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy après un office en hommage aux victimes des attentats de Barcelone et Cambrils, le 20 août 2017 à Barcelone / © AFP/Archives / JAVIER SORIANO
    L’Espagne n’aura pas eu le temps de faire son deuil. Dimanche, alors que succombait une seizième victime des attentats de Catalogne, la guerre des nerfs reprenait entre Madrid et les indépendantistes catalans.

    Le chef du gouvernement Mariano Rajoy a demandé publiquement aux séparatistes de renoncer au referendum qu’ils préparent pour le 1er octobre afin de faire sécession.

    « Notre engagement à tenir le referendum d’autodétermination est inébranlable », lui a répondu le chef de l’exécutif régional catalan, Carles Puigdemont, dans un interview au journal numérique El nacional de Cataluña.

    Des sifflets et les huées des indépendantistes contre Rajoy et le roi Felipe VI avaient déjà assombri une grande marche samedi à Barcelone en hommage aux victimes des attentats et contre le terrorisme.

    Proclamant « no tinc por » (je n’ai pas peur en catalan), des centaines de milliers de personnes avaient défilé, derrière les policiers, commerçants, secouristes et même chauffeurs de taxis qui les premiers avaient assisté les victimes de la tuerie.

    Les 17 et 18 août dernier, de jeunes marocains ont pris le volant pour écraser des piétons sur les Ramblas de Barcelone puis dans la station balnéaire de Cambrils, à 120 km plus au sud, avant de tomber sous les balles de la police.

    Le bilan des attentats, revendiqués par l’organisation Etat islamique, est monté à 16 morts dimanche, quand une Allemande de 51 ans a succombé à ses blessures dans un hôpital de Barcelone. Cinq des 126 blessés étaient toujours dans un état critique.

    L’enquête doit encore établir comment un groupe de jeunes, apparemment bien intégrés dans la petite ville de Ripoll au pied des Pyrénées, ont été endoctrinés, apparemment par un imam marocain, et si cet imam avait des liens avec des réseaux jihadistes.

    Mais la querelle catalane, qui pèse depuis des années sur la politique en Espagne, a repris après une courte trêve où Madrid et Barcelone avaient éviter l’affrontement.

    La Catalogne qui représente 15% de la population de l’Espagne avec 7,5 millions d’habitants sur 47 millions, produit 20% du PIB national. Fière de sa langue et de son histoire, elle a longtemps réclamé sans succès plus d’autonomie avant d’être tentée par l’indépendance.

    Les huées et les drapeaux indépendantistes pendant la marche de Barcelone ont indigné la presse nationale. « L’indépendantisme passe avant les victimes », titrait à la une El Mundo, sous une photo où les bannières des séparatistes flottent derrière le roi.

    « Le fanatisme indépendantiste a rompu une unité indispensable », accuse dans son éditorial El Pais, le journal le plus lu du pays.

    Le gouvernement catalan, qui dispose d’une majorité ténue au parlement régional, veut coûte que coûte son referendum. Le gouvernement central et la majorité des partis politiques s’appuient eux sur la constitution pour s’y opposer.

    Celle-ci prévoit que tous les Espagnols doivent être consultés sur des questions qui concernent l’ensemble du pays et qu’une région ne peut donc pas seule organiser un referendum.

    Selon le dernier sondage réalisé pour le compte du gouvernement catalan, 49,4% des Catalans sont opposés à l’indépendance, contre 41% pour, mais plus de 70% d’entre eux veulent un referendum.

    « Il est impossible d’arrêter la volonté d’un peuple qui veut voter », assure Carles Puigdemont dans son interview. « Je crois que le 2 octobre, quoi qu’il arrive, les choses auront beaucoup changé. Et que la position de l’Espagne sera insoutenable ».

    M. Puigdemont et ses alliés cherchent en vain depuis des années des appuis à l’étranger pour leur cause.

    Madrid conserve l’appui de ses partenaires de l’Union européenne et de la communauté internationale. Bruxelles a même prévenu à plusieurs reprises qu’une Catalogne qui proclamerait son indépendance sortirait automatiquement de l’UE.

    M. Rajoy répète sur tous les tons que le referendum n’aura pas lieu, sans dévoiler par quels moyens il compte l’empêcher.

    Il avait promis d’empêcher une première consultation populaire en novembre 2014, à laquelle 2,3 millions de 6,3 millions d’électeurs avaient participé et s’étaient prononcés à 80% pour l’indépendance. Quatre dirigeants catalans ont été condamnés depuis pour l’avoir organisée.

    « J’aimerais, tout comme l’immense majorité des Espagnols, que certains dirigeants politiques renoncent à leurs plans de rupture, de division et de radicalité », a déclaré M. Rajoy dimanche à l’adresse du gouvernement catalan.

  17. retrouvé le retour 28 août 2017 à 08:34

    « no tinc por » c’est exactement ça !!

  18. retrouvé le retour 4 septembre 2017 à 14:48

    https://www.lorientlejour.com/article/1070671/la-catalogne-sest-dotee-dun-tresor-pare-pour-lindependance.html

    Il serait grandement utile de désarmer ce sinistre Rajoy, et son armée post franquiste.
    Pour ce qui est des USA la facture Nord / Sud n’est pas uniquement une fracture « platonique » à force de jouer les fractures et la création d’états bidons avec des bases pseudo religieuses !! Biafra, Croatie, Kosovo, Soudan du Sud, les USA sont en train de constituer un front « islamique ».
    Les Bush, Kouchner, Fabius et autre Blair vont se retrouver devant un Tribunal International un vrai !!

  19. Elisabeth Studer 5 septembre 2017 à 00:52

    on en reparle, le sujet est loin d’être clos.
    Guerre politique mais surtout économique.

  20. retrouvé le retour 5 septembre 2017 à 17:17

    Guerre pseudo religieuse !! avant toute chose !!!
    Notre économie en déroute mesure bien que les anglo-saxons pseudo religieux sont de véritables adversaires de notre pensée laïque.

  21. retrouvé le retour 15 septembre 2017 à 16:41

    Modère beau merle !! :) :)

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