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L’Opep pourrait décider de baisser l’offre davantage tant en volume qu’en durée

Alors que les annonces fusent ici et là pour indiquer que nombre de pays partenaires de l’accord de réduction de l’Opep avaient été conformes à leur engagement, des sources internes au cartel indiquent désormais que l’organisation pourrait prolonger son accord de réduction de la production avec les pays producteurs non-membres, et mieux encore, pourraient mettre en oeuvre des baisses plus conséquentes à partir du mois de juillet prochain. Cette mesure pourrait être prise si i les stocks de brut ne parviennent pas à descendre au niveau souhaité …. pour garantir leur manne pétrolière. De telles rumeurs laissent ainsi entendre que les producteurs sont désormais conscients que leur décision initiale pourrait n’avoir été qu’un coup d’épée dans l’eau, voire n’avoir comme but qu’un effet d’annonce ?

Pour rappel, en novembre dernier, l’Opep qu’un certain nombre de pays non membres, tels que la Russie ont conclu un accord dans le but de réduire leur production globale de 1,8 million de barils par jour (bpj). Objectif : restreindre l’offre et tenter ainsi de faire remonter les cours. L’accord est entré en vigueur le 1er janvier dernier pour une durée de six mois.

Or, rappellent les sources internes du cartel, pour que les stocks mondiaux de brut diminuent d’environ 300 millions de barils et retrouvent leur niveau observé en moyenne durant les cinq dernières années, les pays producteurs doivent d’un côté respecter à 100% leurs engagements de réduction de leur production … mais la croissance devra être parallèlement soutenue. En tout état de cause, selon eux, il n’est pas possible à l’heure actuelle de pouvoir anticiper la baisse de l’offre. Les représentants des 13 pays membres de l’OPEP, dont le ministre saoudien de l’Energie, Khalid al-Falih, estiment pour leur part que les stocks de brut devaient revenir à leur niveau moyen des cinq dernières années pour pouvoir parler d‘un réel retour à l’équilibre.

Lundi, le ministre koweïtien du Pétrole Essam al-Marzouk, qui préside le comité de surveillance de l’accord, a estimé que les pays membres de l’Opep respectaient à 92% leur objectif de baisse de l’offre – grâce notamment aux efforts de l‘Arabie saoudite –  les pays non membres dépassant le taux de 50%.

Alors que la  prochaine réunion de l’OPEP traitant de sa politique de l’offre est prévue pour  le 25 mai prochain, des pays non-membres pourraient y être invités. Si les experts du domaine estiment qu’une réduction de la production de 1,8 million de bpj durant six mois devrait permettre de réduire l’offre d’environ 300 millions de barils sur la période, les délais nécessaires pour recueillir des données fiables sur le niveau des stocks ne devraient pas permettre aux participants de connaître  de manière précise l’ampleur de la baisse enregistrée.

La semaine dernière, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a indiqué pour sa part que les stocks mondiaux de brut étaient repassés en dessous de la barre des trois milliards de barils à la fin décembre mais ils demeuraient alors supérieurs de 286 millions de barils à leur niveau moyen sur cinq ans, le surplus étant composé pour moitié de pétrole brut et de gaz naturel liquéfié (GNL) et de l’autre moitié à des produits dérivés du pétrole.

Jeudi, le ministre russe de l’Energie, Alexandre Novak, a déclaré quant à lui que la Russie prévoyait d’atteindre «  à une vitesse accélérée » d’ici fin avril l’objectif de réduction de sa production de pétrole fixé en accord avec les grands pays exportateurs, soit 300.000 barils de pétrole par jour (b/j). ajoutant que cela permettrait en mai et juin prochains de produire exactement 300.000 b/j de moins qu’en octobre. Selon le ministre, la baisse de production est actuellement de plus de 100.000 b/j en février et devrait s’élever au moins à 150.000 b/j en mars, soit plus que prévu initialement.

Alexandre Novak a tenu par ailleurs à préciser que la Russie ne pouvait pas arriver immédiatement à une diminution de 300.000 b/j “en raison des spécificités technologiques de la production en Russie”. Les températures extrêmement basses enregistrées durant l’hiver conduisent en effet à une augmentation de la consommation de gaz et donc à une hausse de la production de condensats contenus dans le gaz, comptabilisés dans l’offre de pétrole.

Sources : AFP, Reuters, Interfax

Elisabeth Studer – 16 février 2017 – www.leblogfinance.com

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