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L’Irak dope le cours du pétrole, les marchés sur-réagissent avant la réunion de l’Opep

Le prix du baril a nettement progressé lundi à la faveur de propos de l’Irak, que les investisseurs ont considérés comme encourageant, deux jours avant une réunion cruciale de l’Opep (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole) en vue d’aboutir à une réduction de l’offre.

Lors de son arrivée à Vienne, siège du cartel, le ministre irakien du Pétrole, Jabbar al-Louaïbi, s’est déclaré « optimiste« , relançant ainsi les spéculations quelques heures avant le sommet semestriel de l’Opep. Mieux encore, alors que le cartel a promis fin septembre de mettre en oeuvre un accord de stabilisation de son offre durant cette réunion, l’Irak s’est dit même prêt à coopérer à une baisse de la production.

Au final, le prix du baril de « light sweet crude » (WTI) a gagné 1,02 dollar à 47,08 dollars sur le contrat pour livraison en janvier au New York Mercantile Exchange (Nymex).

Parallèlement à Londres, le cours du baril de Brent de la mer du Nord a progressé de 1,00 dollar à 48,24 dollars sur le contrat pour livraison en janvier à l’Intercontinental Exchange (ICE).

Les marchés ont d’autant plus favorablement réagi aux propos du ministre irakien, que l’Irak et l’Iran
constituaient jusqu’à présent les freins les plus importants à un accord, les deux pays ayant clairement affiché leur souhait d’accroître considérablement leur production.

Mais la prudence reste de mise alors que les tensions sur le marchés sont vives, et que les investisseurs devraient réagir dans les heures qui viennent aux moindres rumeurs concernant le dossier.

A noter également les déclarations encourageantes des présidents de Russie et d’Iran, lesquels
ont renouvelé leur soutien à la volonté de l’Opep. Le ministre vénézuélien du Pétrole Eulogio del Pino s’est dit pour sa part « optimiste » quant aux résultats de la « très importante » réunion de mercredi, à son arrivée à Alger où il a été reçu par son homologue Nouredine Boutarfa. Les deux ministres doivent se rendre à Moscou pour tenter de convaincre la Russie d’abaisser sa production de 600.000 barils par jour, un montant supérieur aux 500.000 bj de baisse que lui proposait jusqu’ici le cartel.

Reste que l’Arabie saoudite, membre dominant du cartel a déclaré ce week-end, après avoir un temps estimé « impératif » d’aboutir à un consensus, qu’une baisse de l’offre n’était pas obligatoire. « Nous nous attendons à un rétablissement de la demande en 2017, les prix vont se stabiliser, sans intervention de l’Opep« , a ainsi déclaré dimanche Khaled Al-Faleh, le ministre saoudien de l’Énergie.

Certains observateurs, optimistes, n’y voient cependant qu’une tentative de pression sur des pays comme l’Irak et l’Iran, tandis que d’autres considèrent cette déclaration comme un moyen de préparer les marchés à un éventuel échec des négociations.

L’Iran semble pour sa part moins déterminé à faire des compromis. Selon le Financial Times, l’Arabie saoudite lui aurait proposé de geler sa production à 3,8 mbj, en échange d’une baisse de 4,5% de sa propre production, à environ 10,5 mbj.

Quoiqu’il en soit, même en cas d’accord, certains doutent que les mesures ne soient qu’un coup d’épée dans l’eau alors que la production de l’Opep a atteint 33,64 mbj en octobre et que la production russe a beaucoup augmenté ces dernières années pour atteindre plus de 11 mbj. A noter également que plusieurs membres de l’Opep demandent à être exemptés de mesure contraignant leur offre.

Selon des informations de presse, chaque pays se verrait proposer de réduire sa production de 4% à 4,5%, à l’exclusion de la Libye, qui a jugé dimanche « impensable » toute réduction de sa production, et du Nigeria.

Sources : AFP, FT

Elisabeth Studer – 28 novembre 2016 – www.leblogfinance.com

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