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Iran : début de ventes de pétrole via la Bourse de l’Energie

Iran : début de ventes de pétrole via la Bourse de l’Energie

L’Iran a débuté dimanche ses ventes de pétrole à des acheteurs privés, et ce, via une bourse de l’énergie. Objectif : pouvoir vendre sa production en contournant les prochaines restrictions imposées par les Etats-Unis. C’est en effet le 4 novembre prochain que rentreront en vigueur les sanctions américaines imposées au régime de Téhéran.

Auparavant, les sociétés de raffinage privées ne pouvaient acheter du brut que pour l’exportation de produits pétroliers, est-il par ailleurs précisé. Rappelons qu’en Iran, le commerce du brut est contrôlé par l’Etat.

La vente à la Bourse de l’Energie boudée par les investisseurs

Selon SHANA, sur un million de barils proposés à la Bourse de l’énergie, 280.000 barils ont été vendus au prix de 74,85 dollars le baril. L’État iranien escomptait toutefois vendre un million de barils de brut à 79,16 dollars (69,39 euros) l’unité. Mais au final, l’offre n’aura pas suscité l’enthousiasme du marché. Les investisseurs jugeant que le jeu n’en valait pas la chandelle. Au delà du risque de s’attirer les foudres de Donald Trump, si leurs noms venaient à être révélés, Téhéran a été jugé trop gourmand.

L’agence IRNA précise que les acheteurs étaient tenus de payer 10% de la valeur de la commande en espèces ( !…), sur le compte de la société de dépôt central de la bourse, et ce, au plus tard 2 heures avant l’offre.

Selon l’agence de presse Fars, le gouvernement compte proposer du pétrole via la Bourse de l’énergie une fois par semaine.

Anonymat garanti

L’intégralité des stocks ont été acquis par un acheteur dont l’identité n’a pas été révélée. Le directeur de la commission iranienne des opérations de Bourse, Chapour Mohammadi s’était engagé vendredi à garantir l’anonymat des acquéreurs.

Fars a indiqué pour sa part qu’il s’agissait d’un conglomérat d’entreprises privées.

Contourner les sanctions américaines

En juillet dernier, Téhéran avait déclaré que l’Iran allait vendre du brut à des entreprises privées pour continuer à exporter du pétrole. Ajoutant que d’autres mesures seraient prises en vue de contrer le rétablissement par l’administration Trump des sanctions prises à son encontre.

Le premier vice-président iranien Eshaq Jahangiri avait alors émis l’idée de vendre du pétrole aux entreprises privées en Bourse. Objectif affiché : “déjouer les efforts de l’Amérique » pour « arrêter les exportations de pétrole iranien”.

Téhéran espère également que la vente de son pétrole à des acheteurs privés et non plus à des pays identifiés rendent plus ardus la surveillance et le blocage de ses exportations par les États-Unis.

Rétablissement des sanctions américaines

En mai 2018, Donald Trump a décidé de sortir les Etats-Unis de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015, après moult négociations. Objectif affiché : mettre fin à l’ingérence de l’Iran en Syrie et en Irak et forcer Téhéran à reprendre des négociations sur son programme de missiles balistiques.

En août dernier, les Etats-Unis ont rétabli une première série de sanctions contre Téhéran, une deuxième série visant notamment l’industrie pétrolière iranienne devant rentrer en vigueur au début du mois de novembre.

Trouver de nouveaux marchés : un enjeu vital pour l’Iran

“Avec le retour imminent d’une nouvelle vague de sanctions, le gouvernement est déterminé à utiliser les marges de manoeuvre existantes dans le secteur privé pour vendre le pétrole iranien et trouver de nouveaux marchés”, a déclaré quant à lui le directeur de la Fédération iranienne des exportations de pétrole, Hamidréza Saléhi, à l’agence de presse IRNA.

L’Iran souhaite ainsi préserver autant que faire se peut les recettes générées par la manne pétrolière. Le temps presse et des solutions doivent être rapidement trouvées : certaines estimations indiquent que depuis mai 2018, les exportations de brut iranien ont d’ores et déjà chuté d’un tiers. A cette date, Téhéran vendait près de 2,5 millions de barils par jour.

Sources : Reuters, SHANA, AFP, Fars, Irna

Elisabeth Studer – 28 octobre 2018 – www.leblogfinance.com

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