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L’Opep à la solde des Etats-Unis, selon l’Iran

L’Opep à la solde des Etats-Unis, selon l’Iran

L’Opep ( Organisation des pays exportateurs de pétrole) ne serait guère plus crédible. C’est en tout cas ce qu’affirme l’Iran. Téhéran juge en effet que les membres du cartel – et certains de ses partenaires comme la Russie – se plient un peu trop facilement aux exigences de Donald Trump. Profitant de l’aubaine pour accroître leur production …. et leur manne pétrolière.

L’Opep à la solde des Etats-Unis, selon l’Iran

Dans le cadre d’un entretien publié samedi, Hossein Kazempour Ardebili, le représentant de l’Iran au sein du cartel pétrolier a ainsi déclaré qu’il ne restait plus beaucoup de crédibilité à l’OPEP . Arguments invoqués : certains de ses membres l’ayant transformé en un outil au service des Etats-Unis.

Pays explicitement visés dans l’entretien accordé à l’agence de presse Shana, laquelle dépend du ministère du Pétrole iranien : l’Arabie saoudite et les Emirats arabes.

Hossein Kazempour Ardebili estime par ailleurs que « l’OPEP perd de sa substance en tant qu’organisation et devient un forum”.

L’Iran irrité par l’accord visant à accroître la production

Cette vive critique iranienne s’avère fortement motivée par le récent changement de cap opéré par le cartel ces dernières semaines. L’Opep ainsi que ses partenaires non membres du cartel – tels que la Russie – se sont en effet mis d’accord fin juin pour augmenter leur production, alors qu’ils s’étaient précédemment accordés fin 2016 pour limiter leur offre, en vue de faire remonter les prix.

L’Iran n’a pas caché son opposition à cette décision. Laquelle intervient alors que le pays doit faire face à de nouvelles sanctions US, après la décision de Washington de se retirer de l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien. Or, un tel revirement a provoqué le retour de craintes liées à l’offre, sur les marchés mondiaux.

Hossein Kazempour Ardebili a également accusé la Russie et l’Arabie saoudite de prendre le marché du pétrole en “otage” à travers leur production de pétrole. Il estime a contrario qu’il revenait à l’OPEP d’assumer ses responsabilités en restaurant l’équilibre entre l’offre et la demande plutôt que de « boycotter ses membres fondateurs », parmi lesquels figure l’Iran.

La part de l’Iran dans la production de l’Opep : un enjeu majeur

Donald Trump a quant à lui exigé à plusieurs reprises que le cartel augmente sa production. Souhaitant parallèlement que les autres pays cessent d’acheter du pétrole venant d’Iran sous peine de se voir infliger des sanctions américaines. Les hausses de production du cartel revenant en quelque sorte à remplacer les quantités de pétrole iranien rendues « indisponibles » sur le marché. De quoi fortement fâcher Téhéran. Et permettant d’expliquer les vives critiques de l’Iran à l’encontre des pays trouvant avantage à sa mise à l’écart, tout en faisant le jeu des Etats-Unis. Le bannissement de l’Iran permettant d’accroître la manne pétrolière d’autres pays.

“La Russie et l’Arabie saoudite affirment vouloir équilibrer le marché pétrolier mondial, mais cherchent en fait à s’emparer de la part de l’Iran”, a ainsi déclaré Hossein Kazempour Ardebili, résumant la situation. Ajoutant que « les efforts de Donald Trump pour priver l’Iran d’accès au marché mondial du brut ont incité la Russie et l’Arabie saoudite à prendre ce marché en otage”.

Néanmoins, selon lui, les Etats-Unis ne parviendront pas à leurs fins, le marché étant trop tendu et les producteurs autres que l’Iran n’ayant pas la possibilité de combler un tel déficit.

L’Inde et la Chine prudents face à l’Iran

La production de pétrole iranienne a quant à elle touché ses niveaux les plus bas depuis juillet 2016. D’importants clients comme l’Inde ou la Chine ont en effet pris de la distance avec Téhéran, redoutant des sanctions américaines. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), ces dernières pourraient rentrer en vigueur le 5 novembre prochain.

Sources : AFP, agence de presse Shana, Reuters

Elisabeth Studer – 15 septembre 2018 – www.leblogfinance.com

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5 commentaires

  1. Elisabeth Studer 15 septembre 2018 à 22:58

    Les Européens cherchent à contourner les sanctions contre l’Iran
    Paris – Les Européens envisagent d’instaurer un circuit commercial alternatif, une sorte de troc à grande échelle, pour contourner les sanctions américaines et permettre à l’Iran de continuer à exporter du pétrole.

    L’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne pourraient ainsi créer un véhicule dédié (Special purpose vehicle – SPV) agissant comme une bourse d’échanges qui permettrait de traiter de manière isolée les transactions commerciales avec l’Iran, ont rapporté vendredi deux médias allemands, l’hebdomadaire Der Spiegel et le quotidien économique Handelsblatt.

    Si par exemple l’Iran vendait du pétrole à une entreprise espagnole, et qu’un fabricant allemand de machines-outils équipait une installation à Téhéran, la somme correspondant à la livraison du pétrole servirait directement à payer le fournisseur allemand.

    “C’est du troc sophistiqué. L’acheteur paie des droits de compensation qui donnent (à l’Iran) un droit d’achat de biens de première nécessité”, confirme un haut responsable français à l’AFP sous couvert de l’anonymat, précisant que des pays tiers comme la Chine ou l’Inde pourront y être associés.

    L’option est à l’étude parmi plusieurs autres et vise à créer des “canaux de paiement indépendants” avec l’Iran, a indiqué de son côté une porte-parole du ministère allemand des Finances, interrogée par l’AFP.

    Le président américain Donald Trump s’est retiré en mai de l’accord international sur le nucléaire iranien, censé empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique et le sortir parallèlement de son isolement économique grâce à une levée des sanctions qui l’étranglaient.

    - Des “moyens techniques” -

    Washington a rétabli depuis une série de lourdes sanctions visant aussi les entreprises ou pays étrangers qui continueraient de faire affaire avec Téhéran. Sous la menace, nombre de grands groupes (Total, Daimler..) très engagés aux Etats-Unis ont depuis cessé toute activité avec l’Iran par craintes de représailles américaines.

    Le 4 novembre, une nouvelle vague de sanctions frappera directement les exportations de pétrole iraniennes et les opérations bancaires avec ce pays qui va se retrouver de facto déconnecté des circuits financiers internationaux.

    L’Iran détient les quatrièmes réserves mondiales prouvées de pétrole et nombre de pays, en Asie particulièrement, ont besoin de se fournir en brut iranien, d’autant que leurs raffineries sont spécialement conçues pour traiter cette variété de pétrole-là et pas une autre.

    En créant une bourse d’échanges, les Européens pourraient “réduire les paiements transfrontaliers au départ ou à destination de l’Iran”, relève un document de la Commission européenne cité par le Handelsblatt. Les banques internationales, très exposées au risque américain, resteraient ainsi à l’écart des transactions.

    “Pour nous, la question c’est de trouver des moyens techniques pour que l’Iran puisse continuer d’importer et exporter en dépit des sanctions américaines sans que les opérateurs européens soient eux-mêmes sanctionnés”, résume un diplomate européen.

    La France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne sont déterminées à sauvegarder l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien – dont elles sont cosignataires avec la Russie et la Chine – afin de prévenir une reprise du programme iranien susceptible de déclencher une course à l’arme atomique dans la région.

    - Une question de souveraineté -

    Elles s’inquiètent aussi d’un affaiblissement du président iranien Hassan Rohani, ardent défenseur de l’accord nucléaire mais qui pour l’heure n’en a pas engrangé les bénéfices économiques escomptés.

    “Les mesures prises par Washington (..) risquent de renforcer les éléments les plus durs du régime”, avertit le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

    “Washington pense que ces pressions sont susceptibles de provoquer un changement d’attitude du régime, voire du régime lui-même; or nous ne le croyons pas”, ajoutait-t-il dans une interview fin août à l’hebdomadaire français L’Express.

    Les Européens dénonçent aussi, à travers les sanctions américaines, une atteinte à leur souveraineté ainsi qu’à leurs intérêts économiques, et pas seulement en Iran.

    Berlin redoute notamment que des sanctions de Washington contre la Russie ne pénalisent l’industrie allemande dans ce pays.

    Face à de telles menaces, “nous devons réagir et renforcer l’autonomie et la souveraineté de l’Europe en matière commerciale, économique et financière”, martèle le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas.
    AFP / 15 septembre 2018

  2. retrouvé le retour 15 septembre 2018 à 23:41

    Les Américains c’est comme les Anglais dehors !! On va nettoyer leurs harkis !!

  3. retrouvé le retour 16 septembre 2018 à 22:29

    https://www.romandie.com/news/ZOOM-L-Ethiopie-et-l-Erythr-e-signent-en-Arabie-saoudite-un-accord-consolidant-leur-r-conciliation/954043.rom

    Quand on parle des harkis US en voilà qui sortent le nez de leur tranchées et cherchent a entraîner les moines de Lalibela :) :) :) en concurrence avec les évangélistes, trop fort. Les Saouds vont devoir encore emprunter !!

  4. retrouvé le retour 18 septembre 2018 à 09:36

    “Parce qu’il a travaillé avec l’armée française, Mohammad Basir devrait surtout bénéficier de la protection fonctionnelle du ministère des Armées. Une demande a d’ailleurs été faite auprès du ministère qui s’est abstenu de répondre, indique l’association. “L’administration n’a jamais souhaité dénouer à titre gracieux la situation de M. Ibrahim et elle a donné l’impression de pas prendre en considération son cas”, regrette Caroline Decroix. D’autant plus qu’il n’est pas le seul à se retrouver en grande difficulté après avoir travaillé avec les Français. Sur 252 demandes de visa déposées par des auxiliaires afghans de l’armée française en 2015, 152 ont essuyé des refus, dont une trentaine se trouvent en France ou sur la route de l’exil, quelque part entre Kaboul et Paris.”
    France 24 :) :) :)

    Inutile de dire ce qu’il va se passer dans la suite criminelle qui trouve son origine dans des fantaisie comme le “Pacte du Quincy” ou le “Nouveau Moyen Orient” ou Trump réservant sa première visite à l’étranger aux Saouds !! L’Europe doit foutre dehors les USA et leurs bases.

  5. retrouvé le retour 18 septembre 2018 à 16:21

    Qui aurait pu penser que les USA seraient en perdition face aà l’Asie au début du XXIème siècle ?? C’est dans cette région que tout s’est joué à la fin du XXème alors que les conflits pseudo religieux initiés par quelques crétins au Moyen Orient nous cachaient la réalité.
    Les crétins pseudo religieux qui sont à l’origine du déclin provisoire de l’Europe, et même aux USA finiront par être jugés !!

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