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Sylvain Fort, l’homme qui fait communiquer Macron et le monde de la finance

Sylvain Fort, normalien, communiquant passé par BNP-Paribas et l’agence de communication DGM Conseils devrait devenir très rapidement la plume officielle du nouveau président après avoir rejoint l’équipe de Macron en août 2016 comme prestataire de services, écrivait récemment Libération. Son parcours est loin d’être inintéressant.

Chargé de la communication du candidat Macron, Sylvain Fort  a en effet créé parallèlement son cabinet Steele & Holt, « agence spécialisée dans la communication corporate et financière ». Selon son site internet, cette structure accompagne notamment le groupe d’assurances AXA IM, Le Groupe Edmond de Rothschild – Emmanuel Macron étant pour sa part un ancien dirigeant de Rothschild & Co – la Banque Neuflize OBC, La Caisse d’Epargne Ile-de-France, Idinvest Partners, CDC International Capital, le sulfureux fonds de pension US Carlyle, Sycomore, M&G, A Plus Finance, Candriam, Novaxia, Yomoni, Lendix, l’Hôtel Drouot, Dalloyau ou encore Monceau Fleurs.

CDC International Capital  est une société d’investissement direct dotée d’une capacité d’investissement initiale de près de 1 milliard d’euros et partage selon ses propres termes  une vision de long terme avec ses partenaires. Elle indique investir avec ses partenaires fonds souverains et agir comme accélérateur du développement des entreprises, notamment à l’international.

Neuflize OBC est quant à elle une banque française issue de la fusion de la Banque NSMD (Neuflize Schlumberger Mallet Demachy) et OBC (Odier Bungener et Courvoisier) en 2006. Elle est aujourd’hui filiale de la banque néerlandaise ABN AMRO, elle-même sous contrôle de l’État néerlandais.

Idinvest Partners est une société de gestion de portefeuille indépendante, agréée en Juin 1999 par l’Autorité des Marchés Financiers (AMF). Elle est issue d’un spin-off du groupe AGF. Grâce notamment au soutien du groupe Allianz, Idinvest Partners s’est taillé une place conséquente dans le monde du Private Equity européen en moins d’une dizaine d’années. En mai 2010, Idinvest Partners a pris son indépendance et s’est adossée au groupe IDI.

Le site internet de Steele & Holt  nous renseigne quant à lui sur l’esprit dominant de la dite société et de son patron, qui pourrait donc être charge de communiquer la bonne parole Macron. Edifiant. On y apprend notamment que la société est spécialisée sur l’aide à la conduite au changement, un de ces trois domaines d’expertise nous est-il même précisé.

Dans un sous-chapitre du dossier intitulé “Gestion de crise” , Steele and Holt indique : « chocs sociaux, restructurations, opérations stratégiques, changement de management : nous avons toute l’expérience nécessaire pour accompagner nos clients dans ces contextes critiques afin de contrôler les dommages d’image potentiels voire de tirer parti de ces moments complexes. »
Dans un autre paragraphe intitulé « Communication Interne », Steele and Holt poursuit « Nous définissons les grands messages de communication interne qui accompagnent les phases de transformation de l’entreprise. Nous réalisons également des audits de fonction communication. »

Conduite du changement, restructuration, des termes proches de ceux employés par France Telecom en vue d’ « accompagner » sa politique de suppression de plus de 22 000 postes, période durant laquelle la résistance au changement devait être largement combattue via des formations appropriées destinées aux managers afin qu’ils soient aptes à communiquer sur le sujet avec leurs ouailles.

Cette évolution du géant français et mondial des télécoms ayant conduit certains de ses salariés aux suicides aura été menée en grande partie pour satisfaire ses actionnaires. Actionnaires parmi lesquels outre l’Etat français figure notamment le sulfureux fonds de pension Carlyle … désormais conseillé en communication  par …. Steele and Holt  …. De quoi reboucler la boucle ….

Sources : Libération, Steele and Holt

Elisabeth Studer – 14 mai 2017 - www.leblogfinance.com

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14 commentaires

  1. retrouvé le retour 15 mai 2017 à 08:41

    Pourvu que Pénélope ne choisisse pas une forme familiale de Brexit !!

    http://www.boursorama.com/actualites/un-londonien-devra-verser-536-millions-d-euros-a-son-ex-femme-4d0134aa63a1a230d829d71512d3a458

    Pour ce qui est de nos hauts fonctionnaires l’ENA ne les prépare qu’à une seule chose l’esquive !! Autant dire ” qu’on n’est pas encore rendu ” !!

  2. retrouvé le retour 15 mai 2017 à 08:51
  3. Voyance par mail rapide 15 mai 2017 à 12:22

    Super blog, j’adore vos articles et reportages, bonne continuation.

  4. Les Ateliers Fleurs 16 mai 2017 à 10:53

    Sylvain Fort ? Son parcours est loin d’être inintéressant.

  5. ES 20 mai 2017 à 00:22

    http://www.francetvinfo.fr/politique/emmanuel-macron/travail-de-sagouin-gros-connard-quatre-fois-ou-emmanuel-macron-et-son-equipe-s-en-sont-pris-aux-journalistes_2198280.html

    Yann Barthès : le “gros connard” menacé de boycott

    Au lendemain du premier tour et de cette soirée à la Rotonde, un journaliste de “Quotidien”, l’émission de Yann Barthès diffusée sur TMC, pose la question qui fâche : “La Rotonde, c’est votre Fouquet’s ?” La réponse d’Emmanuel Macron est cinglante. Il réplique au reporter qu’il n’a “rien compris à la vie”, et que lui n’a “pas de leçon à recevoir du petit milieu parisien”.

    En représailles, relate Le Monde, l’émission reçoit “des menaces de boycott et des pressions directes”. Sylvain Fort, l’attaché de presse du candidat, devenu depuis le directeur de la communication de l’Elysée, qualifie Yann Barthès de “gros connard” et de “débile profond”. Dans le magazine du quotidien du soir, l’intéressé récuse la seconde formule… mais pas la première.

  6. ES 20 mai 2017 à 00:27

    https://www.marianne.net/politique/elysee-comment-l-equipe-macron-veut-echapper-aux-journalistes-politiques

    Plusieurs reporters ont également signalé que l’Elysée entendait désormais choisir, pour chaque rédaction, quel journaliste suivrait Emmanuel Macron lors de ses déplacements. Chose là encore totalement inhabituelle et qui contreviendrait à la liberté de chaque média d’envoyer le journaliste de son souhait. Interrogé sur ce sujet, Christophe Castaner n’a pas démenti, mais éludé en déplorant le trop grand nombre de médias présents lors des visites de Macron. « Il y a la volonté aussi, notamment lors des déplacements, que le président de la République mais aussi celles et ceux qui l’accompagnent puissent avoir la liberté de déplacement, d’échanges avec les Français, a-t-il argué. Vous savez comme moi que la présence de 50 journalistes, d’une dizaine de caméras, nuit un peu au dialogue direct et à l’échange que peut avoir le président de la République avec les Français. » Ce qui ne répond pas au problème du choix de l’identité desdits journalistes…

  7. ES 20 mai 2017 à 00:31

    Après avoir été qualifié de “chouchou” des médias, Emmanuel Macron ne le sera peut-être plus longtemps. M le magazine du Monde a révélé jeudi que le chef de la communication du président, Sylvain Fort, avait traité de “gros connard” Yann Barthès juste après le premier tour de la présidentielle.

    Au soir du 23 avril, Paul Larrouturou, l’un des journalistes de “Quotidien”, l’émission présentée par Yann Barthès sur TMC, avait en effet chiffonné le candidat, qui fêtait sa première place à La Rotonde. “La Rotonde, c’est votre Fouquet’s ?”, lui avait-il lancé. Emmanuel Macron avait immédiatement répliqué, devant les caméras, en affirmant au reporter qu’il n’avait “rien compris à la vie” pour poser de pareilles questions et qu’il n’avait pas à “recevoir de leçon du petit milieu parisien”.

    http://www.lci.fr/elections/quand-sylvain-fort-le-patron-de-la-com-du-candidat-emmanuel-macron-insultait-yann-barthes-de-gros-connard-quotidien-tmc-2052584.html

    Mais l’épisode ne s’est pas arrêté là. Dès le lendemain, selon le magazine, les équipe de communication d’Emmanuel Macron ont en effet contacté les journalistes de Quotidien pour les menacer de boycott et exercer sur eux “une pression directe”.

    Sylvain Fort a de son côté directement joint Yann Barthès pour l’insulter. Lors de la conversation, le présentateur se voit affubler de noms d’oiseaux comme “gros connard” ou “débile profond”. Sylvain Fort aurait par la suite contacté les auteurs de l’article publié dans M pour démentir l’utilisation du terme “débile profond”. Celui de “gros connard”, en revanche, n’a pas été contesté et est donc tout à fait assumé.

  8. mon site 22 mai 2017 à 12:31

    Super article, je le trouve intéressant.

  9. retrouvé le retour 9 juin 2017 à 23:00
  10. retrouvé le retour 13 juin 2017 à 09:05

    C’est super cette histoire de gens qui vont à l’isoloir comme on se plonge dans la piscine d’eau bénite à Lourdes !! En attendant le miracle promis par un employé de banque qui pour le moment boit du petit lait et marche sur l’eau ( avec ses charentaises aux motif de tartan écossais )
    Si De Gaulle avait pu prévoir, cet épisode !!

    Jérome Kerviel et Emmanuel Macron sont deux employés de banque qui ont des expériences différentes !

    http://www.ledauphine.com/france-monde/2017/06/09/jerome-kerviel-et-son-avocat-places-en-garde-a-vue

  11. Elisabeth Studer 26 octobre 2017 à 00:30

    Une page se tourne chez le fonds américain Carlyle

    Le fonds Carlyle a annoncé mercredi la promotion d’une jeune génération de dirigeants pour remplacer ses patrons fondateurs, tournant ainsi une page importante d’un des acteurs les plus influents de la finance américaine.

    David Rubenstein, 68 ans, et Bill Conway, 68 ans, vont céder leurs fonctions et responsabilités de co-PDG du célèbre fonds washingtonien à Glenn Youngkin, 50 ans, et Kewsong Lee, 52 ans, au 1er janvier 2018.

    Peter Clare, un autre quinquagénaire (52 ans), va devenir un des responsables des investissements.

    Dan D’Aniello, le président exécutif du conseil d’administration, va également passer la main et devenir président d’honneur de cette instance stratégique, dont David Rubenstein et Bill Conway seront les futurs co-présidents.

    MM. Rubenstein, Conway et D’Aniello avaient fondé Carlyle en 1987 et avaient choisi de baser le fonds à Washington, tranchant ainsi avec les autres grands fonds américains basés pour la plupart à New York, la principale place financière américaine.

    Ils avaient toutefois baptisé leur fonds du nom de l”hôtel Carlyle à New York où ils se retrouvaient pour monter leur projet.

    Au départ, Carlyle gérait pour 5 millions de dollars d’actifs mais 30 ans plus tard le fonds gère 170 milliards de dollars d’actifs et emploie 1.550 personnes dans une trentaine de bureaux à travers le monde.

    Il s’est distingué avec des investissements dans une foultitude de secteurs économiques, allant de l’aéronautique aux médias en passant par la santé, la distribution, la défense, les télécoms, les services financiers et l’immobilier.

    Les nouveaux dirigeants ont déjà fait leurs preuves chez Carlyle: Glenn Youngkin y est entré en 1995 et était jusqu’à récemment directeur des opérations.

    Quant à Kewsong Lee, arrivé en 2013 du fonds Warburg Pincus, il était en charge de la stratégie d’investissement dans les marchés financiers.

    “Ces promotions garantissent une continuité (…) et maintiennent les processus d’investissements qui ont nourri notre succès pendant trente ans”, déclarent d’une seule voix les trois fondateurs, cités dans le communiqué.

    - KKR prêt, Blackstone non -

    Cette fin de règne chez Carlyle intervient au moment où la moyenne d’âge des dirigeants des grands fonds américains, devenus pour la plupart milliardaires, avoisine les 60 ans.

    Stephen Schwarzman, 70 ans, le PDG de la société de capital-investissement new-yorkaise Blackstone, n’a toutefois pas encore donné de signes de vouloir raccrocher. Aucun plan de succession n’a encore été annoncé officiellement.

    M. Schwarzman était le président d’un des forums de grands patrons censés conseiller Donald Trump sur sa politique économique jusqu’à la dissolution de ce cénacle en Août dernier.

    Leon Black, 66 ans, Joshua Harris, 52 ans, et Marc Rowan, 55 ans, restent fermement aux commandes d’Apollo Global Management.

    Chez KKR, Henry Kravis, 73 ans, et Georges Roberts, 73 ans, ont promu en juillet deux quadragénaires, Scott Nuttall et Joe Bae, comme co-directeurs des opérations, ce qui les place en bonne position pour leur succéder.

    Jerry Kohlberg qui avait créé le fonds avec eux en 1976 s’était retiré en 1987 et était mort à l’âge de 90 ans en 2015.

    (©AFP / 25 octobre 2017 18h45)

  12. retrouvé le retour 26 octobre 2017 à 08:28

    “Jérome Kerviel et Emmanuel Macron sont deux employés de banque qui ont des expériences différentes !”

    Et les articles alors ES ?

  13. Elisabeth Studer 26 octobre 2017 à 12:32

    bouhou ….. j’attends du nouveau … notre docteur ordi pas dispo avant fin de semaine … et rajoutez le salon de Tokyo ….. re bouhou
    pourtant plein de choses à dire de mon côte ….

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