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Fillon : collusion avec Axa et autres assurances ?

Très sale temps pour François Fillon. A près les soupçons d’emplois fictifs – Penelope étant décidément payée fort cher pour faire tapisserie – le candidat de droite à la présidentielle 2017 est désormais accusé de collusion avec les assurances. Selon BFM Business, l’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy aurait reçu 200.000 euros d’honoraires de la compagnie d’assurance Axa entre mi-2012 et mi-2014 via sa société de conseil 2F Conseil.

L’ancien chef du gouvernement aurait ainsi a aidé Henri de Castries, alors PDG d’Axa, dans les négociations de la directive européenne dite ‘Solvabilité 2′ sur la nouvelle réglementation des assureurs en Europe.

Une personne proche du dossier – selon le terme consacré – cité par BFM Business a par ailleurs indiqué que François Fillon avait notamment ouvert des portes “au plus haut niveau à la commission européenne et en Allemagne” pour la compagnie d’assurance.

Si la société 2F Conseil a vu le jour en 2012, son existence a été révélée au grand public par le Canard enchaîné. L’impétueux volatile a ainsi affirmé fin novembre 2016 qu’elle avait rapporté à François Fillon plus de 600.000 euros de salaire net en trois ans, entre 2012 et 2015.

Rappelons que Henri de Castries, patron d’Axa jusqu’à fin août 2016, a officialisé son soutien à l’ex Premier Ministre le 17 janvier dernier. Son nom est cité comme possible ministre de l’Economie et des Finances en cas de victoire du candidat à l’élection présidentielle … ce qui fait soupçonner quelques petites affaires entre amis … ou plutôt relations. Certains le soupçonnant d’être l’inspirateur du projet controversé de François Fillon sur la Sécurité sociale.

Libération indique pour sa part que lorsque de Castries a pris la présidence du groupe Bilderberg, banquiers d’affaires américains, patrons de multinationales et responsables politiques transatlantiques, Fillon fut l’invité vedette de sa réunion annuelle, pourtant très fermée. Le journal ajoutant que débutait alors « un compagnonnage aussi actif que discret. »

Dès 2013, le château de Gâtine – détenu par Castries en Anjou et situé à moins de 30 kilomètres du manoir de Beaucé qu’entretient la candidat républicain dans son fief de Sablé-sur-Sarthe – accueille régulièrement la garde rapprochée de Fillon, dont l’avocat Antoine Gosset-Grainville, son ancien directeur de cabinet adjoint à Matignon et possible secrétaire général de l’Elysée, ajoute par ailleurs Libération.

«Castries a été d’une fidélité incroyable quand Fillon était au plus bas dans les sondages, indiquait en janvier dernier un proche de l’ex-PDG au journal. Précisant qu’en septembre dernier, l’ancien patron d’Axa a « ouvert tout son carnet d’adresses pour organiser à New York une nouvelle levée de fonds. » Ajoutant : « il n’a pas dévié. Il y a de l’intimité entre eux ».

Mediapart et Le Monde indiquent de leur côte que l’ancien Premier ministre aurait aussi touché 200.000 euros en quatre ans du cabinet de conseil financier Ricol Lasteyrie  qu’il aurait conseillé via sa société. Des opérations qui selon les deux journaux pourraient constituer un possible conflit d’intérêt. Rappelons au passage que la famille de Lasteyrie du Saillant est liée à la famille Giscard d’Estaing, l’une des soeurs de VGE ayant épousé un de Lasteyrie.

L’originalité et la réussite du modèle économique de Ricol Lasteyrie Corporate Finance reposent sur l’indépendance, la confidentialité et des relations tissées dans la durée avec ses clients dans ses trois grands métiers affirme pourtant en guise de préambule la société sur son site internet. Ajoutant qu’elle « attache une grande importance à la gestion des conflits d’intérêts. »

certes, lors s de sa conférence de presse lundi soir, François Fillon a déclaré avoir exercé son activité de conseil “en toute légalité”, évoquant aussi parmi ses clients la holding Fimalac de Marc Ladreit de Lacharrière, le propriétaire de la Revue des deux mondes qui a employé Penelope Fillon, et la banque Oddo.

Avant de s’intéresser aux rémunérations de Penelope Fillon, le rédacteur en chef du Canard enchaîné a par ailleurs mercredi sur BFMTV s’être penché sur la société de conseil de François Fillon, lequel avait néanmoins refusé de leur répondre sur le nom de ses clients. “Il aurait été mieux avisé de le sortir avant comme ça il n’aurait pas eu l’air de se faire prendre les mains dans le pot de confiture”, a estimé Louis-Marie Horeau.

« Jamais dans l’histoire de la République, un candidat aux plus hautes fonctions, à la présidence de la République, n’a été ainsi sous l’influence des puissances d’argent », a dénoncé quant à lui le président du MoDem François Bayrou, sur France 2. « De très grandes sociétés multinationales se paient des hommes politiques, appointent, donnent de l’argent à des hommes politiques pour qu’ils les aident à ouvrir des portes, à se servir de leurs relations pour leurs intérêts », a ajouté le maire de Pau, citant « ce qui a été annoncé hier par François Fillon lui-même et sa société de conseil et les sommes incroyables, 200 000 euros par-ci, 200 000 euros par-là ».

« La responsabilité politique est une responsabilité qui normalement doit être mise à l’abri des intérêts », a souligné mercredi François Bayrou. Si le président du MoDem réserve sa décision quant à une possible candidature à l’Elysée, affirmant la semaine dernière, qu’il ferait une déclaration à ce sujet à la mi-février, il pourrait devancer l’appel.

Sources : BFMTV, AFP, Canard enchaîné, le Monde, Mediapart, Libération

Elisabeth Studer – 8 février 2017 – www.leblogfinance.com

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4 commentaires

  1. retrouvé le retour 9 février 2017 à 01:14

    Dans un pays où l’on trouve des crétins pour défendre 4 “policiers” capables de mutiler un anus avec leur “sceptre” au point de faire porter un anus artificiel à la personne agressée.
    Les fariboles de ce nain de Fillon n’ont d’intérêt que parce qu’il a envoyé le petit Sarko au tapis !!

  2. SimonB 9 février 2017 à 11:25

    D’un autre côté, lorsque la France s’est dotée d’un président “normal” cela ne lui a finalement pas trop réussi.
    A l’évidence, nous aurons toujours à choisir entre des groupes d’intérêts représentés par leur champion respectifs. Quels sont ceux, parmi ces groupes, qui seront in-fine bénéfiques au pays, là est toute la question.

  3. SimonB 9 février 2017 à 11:49

    Vu de l’extérieur, Mr. Fillon est à l’évidence, et de loin, le seul disposant d’une envergure suffisante pour redonner à la France sa place dans le concert des nations.

  4. retrouvé le retour 9 février 2017 à 12:04

    Personne ne peut dans le cadre actuel faire quoi que ce soit !! Visiblement certains pensent encore à l’homme providentiel.
    Tout le monde avait bien compris que pour éviter la cata Sarko, il fallait élire mollasson premier !! Idem pour la “primaire de droite” il fallait Fillon si on ne voulait pas voir un nouvel épisode “Tic Toc” II

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