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Ebola : une crise qui pourrait servir les intérêts occidentaux, au détriment de l’Afrique et de la Chine ?

Cqfd ? … alors que Moody’s, l’agence US de notation, holding de Moody’s Analytics, fournisseur de solutions de gestion des risques, déclarait récemment que l’épidémie d’Ebola, qui frappe de plein fouet l’Afrique de l’Ouest devrait avoir de larges répercussions économiques et budgétaires sur les pays de la région … lesquels s’avèrent être des contrées aux finances fragiles et très dépendantes des matières premières ….  c’est désormais l’homme d’affaires sénégalais Moussa Sow, propriétaire d’hôtels en Guinée, et établi depuis plus de 20 ans dans le pays qui s’interroge sur une éventuelle implication de l’Occident dans la gestion de cette crise.

Sans langue de bois …

Interrogé par le journal sénégalais leral.net – alors que le virus Ebola déjà très présent en Guinée frappe aux portes du Sénégal – le propriétaire de deux grands hôtels à Conakry (Guinée), pose des questions qui pourraient rapidement devenir embarrassantes. Et que la presse française est loin de s’empresser à relayer.

- Manipulation de l’information ? 

Après avoir rappelé que depuis que la maladie s’est développée sur le continent africain, il “crie “ sur tous les toits qu’il y a un problème” mais que “personne ne l’écoute », Moussa Sow pointe du doigt une manipulation de l’information destinée à terroriser une population africaine qu’il considère lui-même comme très crédule.

«  Les Africains ont tendance à croire tout ce qu’on leur dit. On nous embarque et personne n’a le droit de douter. Les informations viennent de l’Occident et on les avale sans se poser des questions” affirme-t-il tout d’abord … reprenant ni plus ni moins les craintes énoncées il y a quelques jours à peine par la SAIF (Société des Auteurs des arts visuels et de l’Image Fixe) lors du festival Visa pour l’Image, laquelle s’inquiétait alors du risque de manque de pluralisme face à la concentration dans le secteur du journalisme et photo-journalisme.

Moussa Sow, lui, martèle : « on ne consomme que les informations des Occidentaux. Même les médias sénégalais se font embarquer. Aucun media sénégalais n’est allé là-bas pour en savoir plus. On doit se poser des questions. »

- L’épidémie frappe tout  particulièrement des pays riches en matières premières très convoitées 

Plus encore, alors que selon une première évaluation réalisée par la Banque mondiale et le Fonds Monétaire International (FMI), la Guinée pourrait voir sa croissance amputée d’un point à cause de l’épidémie, laquelle pourrait s’établir à 3,5% contre un chiffre de 4,5% initialement prévu … l’homme d’affaires sénégalais constate quant à lui que “bizarrement, on note des problèmes partout où il y a des richesses”. Pour lui, la question suivante doit être posée : “ Qui a amené la maladie dans ce pays, pourquoi on ne la retrouve que là où il y a une fortune ?

Dans un article précédent, nous avions quant à nous précisé que la Banque mondiale avait d’ores et déjà annoncé la mise en place d’un plan d’assistance de 200 millions de dollars (environ 150 millions d’euros) en vue de soutenir les économies des pays ouest-africains tels que la Guinée et la Sierra Leone, dont les déficits budgétaires excèdent les 3% du produit intérieur brut.

Nous avions également rappelé, en s’interrogeant nous aussi sur une éventuelle coïncidence  que ces contrées s’avèrent être fortement dépendantes du secteur minier.

Ainsi, le gouvernement du Libéria a déjà indiqué qu’il risquait de devoir réviser à la baisse ses prévisions de croissance, initialement fixée à 5,9%. Impact économique et financier concret de l’épidémie : ArcelorMittal a annoncé qu’un chantier d’expansion d’une de ses mines de minerai de fer était fortement perturbé par les mesures d’évacuation de leurs employés prises par les sociétés sous-traitantes. Ou quand le virus Ebola fait le jeu de la concurrence internationale.
Moody’s indique par ailleurs que la Sierra Leone pourrait connaître une décélération après avoir affiché un taux de croissance record de 16% en 2013. Autre impact financier à prévoir et non des moindres : la société britannique London Mining a annoncé en juin avoir évacué tout son personnel non essentiel de ce pays, affirmant néanmoins jusqu’à présent ne pas s’attendre à une baisse de sa production.

- L’épidémie fait partir les Chinois, une « aubaine » pour les groupes occidentaux 

Pour Moussa Sow, « dans cette affaire ; ce qui est grave, c’est que les Occidentaux sont en train de régler beaucoup de problèmes ». Il note ainsi que la propagation du virus provoque le départ des Chinois … alors même que ces derniers raflent plein de projets en Afrique.

Rappelons pour notre part qu’en février dernier, la Chine et le Sénégal ont conclu un accord, en plein cœur de la crise ukrainienne. Une période propice pour Pékin, lui permettant de damer le pion à la France, élément moteur de l’intervention militaire au Mali, mais également fortement présente en Ukraine, et ne pouvant être présente sur tous les fronts. Handicap non négligeable pour la partie française, alors que l’accord entre les Chinois et les Sénégalais permet avant tout à Pékin d’obtenir un avantage certain sur le transport des matières premières extraites du Sénégal et du Mali, et donc sur l’approvisionnement en ressources minières elles-mêmes, au grand dam des géants énergétiques français tels qu’Areva et Total avais-je indiqué à l’époque.

Les Chinois semblaient alors profiter de la crise ukrainienne pour avancer ses pions sur un autre domaine géopolitique et financier et non des moindres : le Mali et ses fabuleuses ressources …  Et ce, via un accord éminemment stratégique avec le Sénégal, en vue de financer les structures de transport – maritime et terrestre - permettant de faire transiter ces bien précieuses matières premières – que sont or, uranium, pétrole et gaz – du territoire malien vers le port minéralier de Bargny  et le port de Dakar … avec pour direction la Chine.

Il n’est pas totalement anodin, que Laurent Fabius, le chef de la diplomatie française ait quitté Kiev en plein chaos pour rejoindre Pékin, alors même qu’en visite en Chine, le Président sénégalais, Macky Sall, avait convenu quelques heures plus tôt avec ses partenaires chinois de financer ses plus grands projets  en matière d’infrastructures ferroviaires et routières via des financements de plus de 4,5 milliards de dollars. Une somme supérieure aux 1 864 milliards de francs Cfa fixés comme objectif au Groupe consultatif de Paris (table ronde des bailleurs de fonds). Groupe consultatif dont – hasard de calendrier – la cérémonie d’ouverture était prévue moins d’une semaine après à Paris , « avec l’appui technique de la Banque Mondiale et du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) ».

Sources : Leral.net, Ria Novosti, Worldwide News Ukraine

Elisabeth Studer – www.leblogfinance.com  – 14 septembre 2014

A lire également :

.  Chine : main basse sur les matières mondiales, de l’Ukraine au Mali, via le Sénégal

Mali : guerre Chine / Banque Mondiale pour financer les infrastructures d’exportations des ressources minières

Ebola : d’importantes répercussions économies sur des pays affaiblis … mais riches en matières premières

Accord Chine / Sénégal : infrastructures d’acheminement des produits miniers du Mali et du Sénégal vers l’Atlantique

 

 

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9 commentaires

  1. Elisabeth Studer 14 septembre 2014 à 14:39

    Comme par hasard ….
    Intox en Chine
    —————————-
    En Chine, une rumeur prétend qu’Ebola transforme ses victimes en zombies

    *********
    Une agence d’information étatique a dû intervenir pour rétablir la vérité. La fausse information s’était largement répandue sur internet.
    ************************

    Par Francetv info
    Mis à jour le 14/08/2014 |

    Alors que les témoins de l’épidémie d’Ebola, qui sévit actuellement dans quatre pays d’Afrique, décrivent des scènes d’horreur, en Chine, on s’imagine littéralement des scènes de films d’horreur.
    *******
    C’est le magazine américain Foreign Policy (article en anglais) qui le raconte : certains internautes chinois semblent avoir du mal à distinguer les vrais symptômes des faux, et ont surnommé Ebola « la maladie du zombie », car, selon eux, ses victimes qui paraissent mortes auraient tendance à se réveiller.

    Foreign Policy a retrouvé des messages de chinois alarmés sur les réseaux sociaux. « Les zombies ne sont plus loin de nous », s’inquiète l’un d’eux en postant un article sur la propagation de l’épidémie. Un autre veut une « réponse officielle » à la question : « Combien de personnes deviendront-elles des zombies [à cause d'Ebola] ? » Des symptômes imaginaires résumés par l’agence d’information étatique Xinhua, citée par Foreign Policy : les victimes, en apparence mortes, « se réveillent sans prévenir après plusieurs heures ou plusieurs jours, et entrent dans un état de violence extrême où elles mordent n’importe quel objet mouvant, y compris les animaux et les hommes ».

    « Cela n’arrive que dans les films », assure l’agence chinoise
    Une rumeur tellement répandue que cette agence a dû l’infirmer, expliquant que « ce genre de choses n’arrive que dans les films ». Pleine de bon sens, elle ajoute que les victimes d’Ebola perdent en général beaucoup de sang, ce qui ne peut les rendre que plus faibles et non plus agressives. Les symptômes d’Ebola – désagrégation des organes vitaux, hémorragies internes et externes importantes –, aussi terrifiants soient-ils, n’évoquent en aucun cas des zombies : c’est plutôt le cas de ceux de la maladie du sommeil (pour le côté mort-vivant) ou de la rage (pour la transmission par la morsure), raconte le site io9.

    L’agence Xinhua a aussi tenté de dissiper une autre fausse information, selon laquelle on peut soigner le virus en buvant une boisson à base de café et d’oignons crus. Une rumeur de l’oignon qui circule également en Afrique et qui inquiétait, en mars, un ministre d’un des pays touchés, la Guinée, selon un média local. Se baigner dans l’eau chaude et salée n’est pas non plus un remède, rappelle l’Organisation mondiale de la Santé. Plus grave, aux Etats-Unis enfin, certains tentent d’exploiter la désinformation pour se faire de l’argent, en prétendant que les huiles essentielles permettent de se protéger de l’épidémie.

  2. Elisabeth Studer 14 septembre 2014 à 14:45

     »LE CHEMIN DE FER A FAIT L’OBJET D’UNE MAUVAISE PRIVATISATION »
    ABDOULAYE LO, DIRECTEUR GENERAL DE L’AGENCE NATIONALE DES NOUVEAUX CHEMINS DE FER DU SENEGAL

    Maguette Ndong | Publication 13/09/2014
    \
    Réhabilitation de la ligne de chemin de fer Dakar-Bamako, desserte aibd par un train rapide ainsi que la construction de la ligne Nepad (Dakar-Bamako par le Sud) sont autant de grands projets du chef de l’Etat pilotés par le directeur de l’agence nationale des nouveaux chemins de fer du Sénégal, Abdoulaye Lô. Dans cet entretien, il décline la nouvelle vision du chef de l’Etat sur le secteur ferroviaire. Le tout nouveau maire de Sébikotane parle aussi de ses projets et ambitions pour sa commune.

    Vous êtes le directeur général de l’agence nationale des nouveaux chemins de fer du Sénégal, un secteur auquel le chef de l’Etat accorde une grande importance. Les choses ont-elles commencé à bouger ?

    Les choses bougent et même plus vite qu’on ne le pense. Le chemin de fer est un domaine que je connais très bien. J’y ai fait presque 30 ans. D’ailleurs, la situation du chemin de fer est une des raisons qui m’a poussé à entrer en politique. Car, de tous les présidents qui sont passés, et cela je le dis sans ambages, Macky Sall est le seul président qui veut prendre le chemin de fer à bras le corps.

    C’est sous Senghor que la ligne Louga-Linguère a été supprimée. Sous Abdou Diouf, les lignes Dakar-Saint-Louis et Dakar-Thiès ont été arrêtées et la privatisation des chemins de fer a débuté. On est passé de régie en société nationale et de société nationale, on a entamé la privatisation.

    Sous Abdoulaye Wade, la privatisation a été attribuée à des sociétés qui n’avaient aucun pouvoir et aucun moyen financier, d’où l’état de Transrail actuellement. Le chemin de fer a commencé à se dégrader depuis les années 1970. Abdoulaye Wade a fait l’erreur de supprimer la gare de Dakar.

    Toutes les installations qu’on avait à Dakar, ont été récupérées pour en faire le parc culturel. C’est une catastrophe. Dakar est la seule ville voire la seule capitale au monde qui n’a pas de gare ferroviaire. Me Wade a fait de même avec la gare de Kaolack. Sous son magistère, l’Express Dakar-Bamako a été arrêté, faute de moyens pour entretenir la voie, et cela depuis 2009. Aucun de ces 3 présidents n’a donc jamais pu prendre à bras le corps le problème du chemin de fer et essayer de le sortir de l’ornière.

    Le président Macky Sall s’est engagé à le faire à travers le Plan Sénégal émergent (Pse) dans le- quel 3 projets majeurs sont inscrits dont la réhabilitation de la ligne Dakar-Bamako avec de nouveaux standards, une charge à l’essieu augmentée de 15 à 22 tonnes, un rail neuf de 54 kilos au lieu du rail de 25, 26 ou de 36kg qui constitue la voie actuelle.

    Ce projet avance et les bailleurs de fonds (Banque mondiale, Union européenne, Bad) sont tous disposés à nous accompagner, surtout à nous financer. Mais la conditionnalité est qu’on change le nouveau schéma de concession. La concession actuelle du Dakar-Bamako est intégrale et un privé ne viendra jamais investir sur les infrastructures.

    Il faut qu’on la change en affermage et que les Etats prennent en charge le financement des infrastructures et qu’on cherche un autre privé pour financer l’exploitation. Nous avons, sur le même trajet, signé des homeviews avec des sociétés chinoises. Certaines sont en train de faire des études de faisabilité. Nous avons donc 2 fers au feu pour financer ce projet. Le deuxième projet important pour le chef de l’Etat, c’est la desserte de l’Aibd par un train rapide qui va rouler à 120 km/h entre l’aéroport international et Sébikotane ou Diamniadio et 80 km/h entre Diamniadio et Dakar.

    Nous sommes en partenariat avec une société chinoise qui a déjà fait une étude de préfaisabilité sur laquelle nous avons discutée et donné nos observations. Nous allons revenir au mois de septembre pour continuer les discussions.

    Nous espérons que celles-ci aboutiront au début de l’année 2015 et qu’on pourra signer la convention de financement et que les travaux démarreront fin 2015, début 2016.

    Quel est le troisième projet ?

    C’est la ligne Dakar-Bamako par le Sud. C’est une ligne ferroviaire à écartement standard qui va partir du port de Bargny, longer les voies actuelles jusqu’à Thiès, Tambacounda et passer par Kédougou pour qu’on puisse exploiter les mines de fer, et de là, on pourra passer sur Bamako. Cette ligne sera plus courte de presque 200 km que la ligne actuelle.

    C’est une ligne qui sera presque dédiée au trafic minier. Elle nous permettra d’exploiter les mines de fer au Sénégal, les mines de Bauxite au Mali situées à 80 km de la frontière. Elle sera prolongée jusqu’à Sikasso, Bobo-Dioulasso et en Côte d’Ivoire. Ce sera la ligne Nepad, puisqu’elle permettra la jonction entre le Sénégal et les autres pays.

    C’est une ligne extrêmement importante pour 2 raisons. Elle nous permettra de faire un embranchement de Matam à Tambacounda pour l’exploitation des phosphates de Matam et de faire un deuxième embranchement de Ziguinchor à Tambacounda pour le désenclavement de la Casamance.

    Cette ligne est capitale parce qu’elle est structurante. Si on ne la fait pas, on ne pourra pas faire des embranchements. Egalement, cette ligne nous permettra d’être concurrentiels par rapport aux autres pays. Car, la Côte d’Ivoire est en train de construire une ligne de chemin de fer entre San Pedro et Bamako longue de 990 km.

    Si l’on ne fait pas cette ligne qui sera longue de 1.000 km, on ne pourra plus concurrencer la Côte d’Ivoire sur la desserte de Bamako et sur la desserte des zones minières du Sénégal et du Mali.

    Cette ligne est, de ce fait, extrêmement importante. C’est sûr qu’il nous faudra des partenaires miniers pour la rentabiliser, mais ces partenaires n’attendent que cela. Que l’Etat décide pour qu’ils viennent, parce qu’ils ne pourront pas faire tout. Ils ne pourront pas faire les investissements sur le port, sur la mine et sur le chemin de fer.

    Ces projets sont à la fois ambitieux et coûteux, le Sénégal n’est-il pas en retard dans ce domaine par rapport aux autres pays de la sous-région ?

    On n’est pas en retard par rap- port aux autres pays parce que tous les autres pays sont logés à la même enseigne. Peut-être que la Côte d’Ivoire réussit mieux avec sa privatisation et le Cameroun également. Ils ont un partenaire qui a un intérêt économique à long terme. Ce qui n’est pas le cas chez nous.

    C’est quand on a des intérêts économiques dans le long terme dans le pays qu’on peut prétendre investir. Mais si l’on prend un investisseur qui n’a aucun intérêt dans un pays, qui n’aspire à gagner que de l’argent, il va exploiter comme il peut et le jour où il y aura problème, il s’en ira. C’est donc une mauvaise privatisation.

  3. retrouvé le retour 14 septembre 2014 à 20:12

    Monsieur Fabius qui est le roi du sang contaminé, « responsable mais pas coupable » n’a rien à craindre d’Ebola. Il est lui même un « zombie » politique.

  4. ES 14 septembre 2014 à 22:14

    Le Liberia appelle à l’aide Washington face à Ebola
    La présidente du Liberia, Ellen Johnson Sirleaf, a écrit samedi 13 septembre à son homologue Barack Obama. Elle demande aux Etats-Unis de construire et gérer au moins un centre de traitement du virus Ebola à Monrovia.
    La présidente du Liberia, Ellen Johnson Sirleaf a écrit au président américain Barack Obama pour demander le soutien financier de Washington
    La présidente du Liberia, Ellen Johnson Sirleaf a écrit au président américain Barack Obama pour demander le soutien financier de Washington
    Selon Ellen Johnson Sirleaf, son pays manque cruellement d’infrastructures sanitaires, notamment de lits et de centres de soins d’Ebola à Monrovia, la capitale, et dans tout le pays. « Sans une aide directe accrue de votre gouvernement, nous allons perdre la bataille contre Ebola », a écrit la présidente libérienne à son homologue américain, Barack Obama. Le gouvernement libérien doit ouvrir à Monrovia un centre de soins doté d’une centaine de lits et Médecins sans frontières va porter à 400 places son unité dans la capitale libérienne.
    Des soignants s’occupent d’un malade d’Ebola, qui s’est échappé d’un centre de soins de Monrovia début septembre
    Des soignants s’occupent d’un malade d’Ebola, qui s’est échappé d’un centre de soins de Monrovia début septembre
    Par ailleurs, pour joindre la parole à l’acte, Ellen Johnson Sirleaf a limogé ce dimanche dix hauts responsables, dont deux secrétaires d’Etat au ministère de la Justice. La raison ? Leur refus de rentrer au pays en août dernier pour participer à la lutte contre Ebola, alors qu’ils étaient en mission officielle. La présidente libérienne estime qu’en agissant de la sorte, ces responsables ont « fait preuve d’insensibilité pour notre tragédie nationale et de désobéissance à l’autorité ».
    La France vient à la rescousse de la Guinée-Conakry
    La Guinée, elle aussi violemment touchée par le virus Ebola, a reçu samedi neuf millions d’euros de Paris (soit près de 6 milliards de francs CFA). L’argent va servir à créer une antenne de l’Institut Pasteur et un centre de traitement d’Ebola. Une vingtaine d’experts français doivent aussi être envoyés sur place. Selon le ministre guinéen de la Santé, de nouveaux centres de traitement seront installés par le gouvernement à travers le pays, en particulier dans le Sud, frontalier du Liberia et de la Sierra Leone.
    Donald Kaberuka, le président de la BAD, a annoncé 150 millions de dollars pour les pays les plus touchés par Ebola
    Donald Kaberuka, le président de la BAD, a annoncé 150 millions de dollars pour les pays les plus touchés par Ebola
    Samedi, la BAD, la Banque africaine de développement annonçait le déblocage de 150 millions de dollars (soit plus de 75 milliards de Francs CFA) en faveur du Liberia, de la Sierra Leone et de la Guinée. Les trois pays les plus touchés par la fièvre hémorragique Ebola. Selon le président de cette institution, Donald Kaberuka, cette aide financière permettra aux pays bénéficiaires de consolider leur budget ainsi que leur monnaie. Carla BAD, prévoit une baisse de leur PIB, en raison du ralentissement économique. « Nous discuterons des clés de répartition de cette aide budgétaire avec les Etats concernés. Mais elle sera conditionnée à l’effort supplémentaire qu’ils feront pour améliorer leurs systèmes de santé et la sécurité alimentaire », a expliqué Donald Kaberuka. Il a estimé en outre qu’une fois l’épidémie vaincue, « l’urgence sera de déstabiliser les finances publiques. » Fin août, la BAD avait déjà annoncé une aide de 60 millions de dollars pour mobiliser et équiper le personnel soignant.
    Depuis son apparition au début de l’année 2014, l’épidémie Ebola a déjà tué plus de 2400 personnes en Afrique de l’Ouest, dont la moitié au Liberia.

  5. Elisabeth Studer 16 septembre 2014 à 23:04

    EBOLA
    Halte au marketing de la peur !

    Selon le dernier bilan de l’OMS du 12 septembre, Ebola a touché 4 784 personnes, parmi lesquelles 2 400 sont décédées. Pourtant, cela suscite une réaction excessive, qui désoriente les politiques publiques de santé, dénonce cet éditorialiste.
    SENEPLUS | MOMAR SEYNI NDIAYE
    16 SEPTEMBRE 2014| 0

    Des artistes en mal d’inspiration signent de nouvelles partitions pour se rappeler aux bons souvenirs de leurs fans en manque de nouvelles sensations. L’émotion chasse la raison et désoriente les politiques publiques de santé de leurs vraies priorités dans ce domaine. La haine se développe et les rancœurs s’accumulent entre les peuples de voisinage séculaire. La chasse aux sorcières prend de l’ampleur et le crime au faciès empeste les relations sociales entre populations vivant jusqu’ici en bonne intelligence. La seule évocation du nom d’un pays où est apparu le virus même à des niveaux confidentiels suffit à créer la stupeur et la peur.

    Aujourd’hui des milliers de Guinéens, Sierra-Léonais et Libériens sont interdits de pèlerinage dans les lieux saints de l’islam. Ils ne pourront même pas prier pour leurs morts. Des rencontres sportives sont annulées. Des écoles sont fermées. L’économie touristique subit de plein fouet les restrictions de déplacements et de transactions de toute nature. Et bientôt, pourquoi pas, une coalition mondiale de lutte contre Ebola vient couronner cette bêtise internationale encadrée par le marketing de la peur et du business.

    Ebola ne tue pas seulement les hommes. Elle affecte et infecte leurs âmes, assassine leurs valeurs. Et c’est probablement cela le vrai danger de sa logique mortifère.

  6. ES 17 septembre 2014 à 10:57

    La Chine réfute les rumeurs sur la propagation du virus du Ebola au Guangdong (sud)
    Le ministère chinois de la Santé a réfuté mardi à Beijing les rumeurs sur internet à propos d’une infection de virus du Ebola dans la ville côtière du Guangdong, au sud de la Chine, en les qualifiant « inventées de toute pièce ».

    Le ministère a indiqué qu’il avait été demandé au Bureau provincial de la santé du Guangdong de confirmer cette information après sa parution sur internet.

    Selon des rapports du Centre de prévention et de contrôle des maladies de Shenzhen, il n’avait aucun cas de ce virus, après une vérification dans tous les hôpitaux de la ville, a dit le ministère citant les rapports du Bureau de la santé du Guangdong jeudi.

    Par ailleurs, le ministère a ajouté qu’aucun cas de virus de Ebola avait été signalé dans d’autres régions de la Chine.

    Le virus du Ebola a été identifié pour la première fois au Soudan, en Afrique équatoriale près du Zaïre (ancienne République du Congo) en 1976 après de graves épidémies à Yambuku au nord du Zaïre et à Nzara au sud du Soudan.

    (xinhua)

  7. Elisabeth Studer 24 septembre 2014 à 00:54

    Ebola, le Pentagone s’installe en Afrique: Washington annonce la naissance d’un centre de commandement militaire au Libéria:

    Par Manlio Dinucci
    Mondialisation.ca, 18 septembre 2014

    Ebola Obma 2
    Face à l’« épidémie sans précédent d’Ebola, qui se répand de façon exponentielle en Afrique occidentale », le président Obama a annoncé que « à la demande du gouvernement libérien », les Etats-Unis établiront « un centre de commandement militaire au Liberia ». Il s’agit d’un « quartier général de commandement de la force conjointe » spécifie le Commandement Africa des Etats-Unis (dont l’ « aire de responsabilité » couvre tout le continent, sauf l’Egypte). Le quartier général, aux ordres du général Darryl Williams (déjà sur le terrain au Libéria) disposera d’au moins 3000 militaires étasuniens, d’un pont aérien et d’un centre de tri au Sénégal. C’est ce quartier général qui exercera la fonction de « commandement et contrôle » de l’opération internationale anti-Ebola, qui prévoit l’envoi de personnel médical et d’hôpitaux de campagne. Selon Obama, c’est « un exemple de ce qui se passe quand l’Amérique prend le leadership pour affronter les plus grands défis mondiaux ». Qu’il a listés dans son récent discours urbi et orbi, affirmant que seule l’Amérique a « la capacité et la volonté de mobiliser le monde contre les terroristes de l’Isis », de « battre le rappel mondial contre l’agression russe », et de «contenir et anéantir l’épidémie d’Ebola ».

    Même si la possibilité qu’Ebola se diffuse aux Etats-Unis est extrêmement basse, a souligné Obama dans le discours qu’il a prononcé au Centre de contrôle et de prévention des maladies[1] à Atlanta (Georgie), en Afrique occidentale il a provoqué la mort de « plus de 2400 hommes, femmes et enfants ». Evénement certes tragique, mais limité si on le rapporte au fait que l’Afrique occidentale a une population d’environ 350 millions d’habitants et toute la région sub-saharienne presque 950 millions. Si l’on pense que chaque année meurent dans la région à cause du sida plus d’un million d’adultes et d’enfants ; que la malaria provoque chaque année plus de 600 mille morts, en majorité chez les enfants africains ; que dans l’Afrique sub-saharienne et dans l’Asie méridionale la diarrhée tue chaque année environ 600 mille enfants (plus de 1600 par jour) de moins de cinq ans. Ces maladies et quelques autres, toutes « maladies de la pauvreté », qui provoquent chaque année en Afrique sub-saharienne des millions de morts prématurées et de cas d’invalidité, sont dues à la sous-alimentation et à la malnutrition, au manque d’eau potable, aux mauvaises conditions hygiéniques-sanitaires dans lesquelles vit la population pauvre, qui (selon les données de la Banque mondiale elle-même) constitue 70% de la population totale, dont 49% se trouve en conditions de pauvreté extrême. La campagne d’Obama contre l’Ebola semble donc instrumentale.

    L’Afrique occidentale, où le Pentagone installe son propre quartier général avec la motivation officielle de lutter contre l’Ebola, est très riche en matières premières : pétrole au Nigéria et Bénin, diamants en Sierra Leone et Côte d’Ivoire, phosphates au Sénégal et Togo, caoutchouc, or et diamants au Libéria, or et diamants en Guinée et Ghana, bauxite en Guinée. Les terres les plus fertiles sont réservées aux monocultures de cacao, ananas, arachides et coton, destinées à l’exportation. La Côte d’Ivoire est le plus grand producteur mondial de cacao. De l’exploitation de ces grandes ressources quasiment rien n’arrive à la population, car les revenus sont partagés entre multinationales et élites locales, qui s’enrichissent aussi grâce à l’exportation des bois précieux avec de graves conséquences environnementales dues à la déforestation.

    Les intérêts des multinationales étasuniennes et européennes sont cependant mis en danger par les rebellions populaires (comme celle du delta du Niger, provoquée par les conséquences environnementales et sociales de l’exploitation pétrolifère) et par la concurrence de la Chine, dont les investissements sont pour les pays africains beaucoup plus utiles et avantageux. Pour conserver sa propre influence dans le continent les Usa ont constitué en 2007 le Commandement Africa qui, derrière le paravent des opérations humanitaires, recrute et forme dans les pays africains des officiers et des forces spéciales locales par l’intermédiaire de centaines d’activités militaires. Une base importante pour ces opérations est celle de Sigonella (Sicile), où a été déployée la Task force du Corps des marine qui, dotée d’avions hybride Ospreys, envoie en rotation des escadrons en Afrique, notamment occidentale.

    Là où commence la campagne d’Obama « contre le virus Ebola ».

    Edition de jeudi 18 septembre 2014 de il manifesto

    http://ilmanifesto.info/ebola-il-pentagono-si-sistema-in-africa/

    Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

    Selon http://fr.wikipedia.org/wiki/Centres_pour_le_contr%C3%B4le_et_la_pr%C3%A9vention_des_maladies

    « L’origine des CDC (Centre pour le Contrôle et la Prévention des maladies) est d’abord militaire. Aux États-Unis, les institutions militaires, pour la protection de l’US Army ont joué un rôle important en matière de santé et surtout d’épidémiologie, via d’abord le suivi et l’étude de la santé des soldats, puis par l’étude des épidémies en tant que pouvant être utilisées par le bioterrorisme ou comme arme de destruction massive » (Note -et italiques- de la traductrice pour la version française).

  8. retrouvé le retour 24 septembre 2014 à 09:39

    Ni le sida, ni le Plasmodium falciparum, ni Ebola ne sont des jouets, c’est sur ! Mais il ne faut pas tout confondre.

    Les Anglo-saxons sont un véritable problème pour l’ensemble de la planète, mais ils sont malgré des apparences trompeuses en grande difficulté pour des raisons avant tout financières.

    Pour ce qui est des épidémies nouvelles et des anciennes non maîtrisées, ils peuvent très bien en être victimes en masse comme nous même.

  9. Elisabeth Studer 12 octobre 2014 à 22:36

    Renforcement des contrôles sur plusieurs continents à cause d’Ebola

    L’inquiétude face au virus de l’Ebola gagne tant les Etats-Unis, l’Europe que l’Amérique latine. Alors que le FMI a lancé un appel au calme, l’ONU s’est montrée plus alarmiste. Plusieurs Etats ont d’ailleurs déjà décidé de renforcer les contrôles aux frontières et dans les aéroports.

    La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a pressé samedi le monde de ne pas frapper d’ostracisme la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone. La mobilisation de la communauté internationale « doit servir à éradiquer Ebola, pas à isoler les pays eux-mêmes », où est concentrée l’épidémie qui a déjà fait plus de 4000 morts, a-t-elle insisté.

    Selon la Banque mondiale (BM), l’épidémie pourrait coûter plus de 32 milliards de dollars à l’Afrique de l’Ouest d’ici fin 2015. Ailleurs sur le continent, « les affaires doivent continuer, les économies des autres pays doivent continuer à agir et à créer des emplois », a insisté Mme Lagarde.

    Les contrôles se multiplient
    Les Etats en Europe comme sur le continent américain multiplient les contrôles sur les voyageurs venant des trois pays d’Afrique de l’Ouest. Aux Etats-Unis, les contrôles ont commencé samedi à l’aéroport J.F. Kennedy de New York. Même chose au Canada, qui a carrément conseillé à ses ressortissants de quitter ces pays africains « tant que des vols commerciaux sont encore disponibles ».

    L’inquiétude a aussi gagné l’Amérique latine ce week-end. Le Brésil a finalement été soulagé d’apprendre samedi qu’un Guinéen de 47 ans mis en quarantaine n’était finalement pas porteur du virus d’Ebola. Mais la prudence prévaut, tout comme dans deux pays voisins, le Pérou et l’Uruguay, qui ont annoncé une plus grande vigilance dans les ports et les aéroports.

    Soignante contaminée au Texas
    Aux Etats-Unis, l’Etat du Texas a annoncé dimanche avoir détecté le deuxième cas de contamination du virus Ebola hors d’Afrique, chez une soignante qui s’était occupée du Libérien décédé mercredi à Dallas. Elle se trouve dans un « état stable », selon un médecin. Les autorités sanitaires surveillent en outre toujours 48 personnes ayant côtoyé le Libérien.

    (ats / 12.10.2014 18h30)

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