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Fort risque social pour les pays du Maghreb en 2014, proies de choix pour un ultra-libéralisme ?

Selon The Economist Intelligence Unit, les États du Maghreb font font partie des pays les plus exposés au risque social en 2014. Le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Turquie, mais aussi l’Afrique du Sud, l’Espagne et le Portugal figurent ainsi dans les premiers rangs de cette liste.

La société britannique de recherche et d’analyse, filiale du groupe britannique The Economist, vient en effet de publier une étude sur le risque de troubles sociaux dans 150 pays en 2014. Les données de l’EIU font ressortir 19 pays extrêmement exposés à l’instabilité sociale, dont l’Égypte, le Nigeria, la Grèce et l’Argentine.

Sur les 150 pays concernés par l’analyse, 65 sont classés à haut risque ou à très haut risque, soit 43% de l’ensemble.

L’Afrique du Nord et le Moyen Orient (MENA), l’Europe du Sud, les Balkans et les anciens pays soviétiques de la Communauté des Etats Indépendants (CEI) figurent en tête de la catégorie à risque élevé : y figurent ainsi 12 des 18 Etats de la région MENA, 6 des 7 pays balkaniques, 8 des 12 Etats CEI et 5 des 6 Etats sud-européens.

Sur l’ensemble des pays concernés par cette analyse, 54 présentent un risque moyen. Il s’agit, entre autres, de la France, la Grande-Bretagne, l’Italie et Israël, ainsi que certains pays subsahariens dont le Gabon et la Côte d’Ivoire.

25 pays dont l’Allemagne, la Chine et le Sénégal présentent un risque faible, tandis que 6 seulement sont des pays à très faible risque d’instabilité sociale (la Suisse, l’Autriche et le Japon, entre autres).

Raisons principales d’une telle situation selon The Economist Intelligence Unit : la lenteur des réponses gouvernementales aux problèmes socio-économiques auxquels ces pays sont confrontés, les inégalités sociales n’arrangeant rien à l’affaire.

Selon le think-thank britannique, le plus grand risque n’est pas forcément imputable à la pauvreté. Selon ses analystes, «la baisse des revenus et le chômage élevé ne sont pas toujours suivis de troubles. Il faut que la détresse économique soit accompagnée d’autres facteurs de vulnérabilité pour qu’elle devienne un risque élevé d’instabilité».

Les inégalités de revenus, les faibles niveaux de prestations sociales ou encore la mauvaise gouvernance et la corruption sont d’importants facteurs susceptibles d’exacerber la montée des tensions sociales … y compris en Europe.

La vigilance est doublement de mise – à l’approche notamment d’élections cruciales en Algérie – alors que dans son ouvrage intitulé « La stratégie du choc. La montée d’un capitalisme du désastre », la journaliste canadienne Naomi Klein fournit les résultats d’une enquête édifiante sur le dévoiement du capitalisme depuis plus de trente ans.  Naomi Klein remontant tout d’abord aux années 50, période durant lesquelles, un universitaire américain de Chicago, Milton Friedman avait mis au point une doctrine économique reposant sur un capitalisme sans entrave, cette dernière ne pouvant néanmoins être mise en œuvre qu’à la « faveur » d’un « choc » émotionnel et brutal, volontaire ou non, frappant les peuples et offrant une voie royale pour l’émergence d’un libéralisme sauvage dans tous les sens du terme …

Milton Friedman devra ainsi attendre  1973 pour voir  sa doctrine confrontée avec la réalité économique et politique d’un pays en voie de développement … le Chili.  Rappelons que le 11 septembre 1973,  le général Augusto Pinochet  arrivait au pouvoir dans le pays, à l’issue d’un coup d’Etat militaire. Renversant alors la sociale-démocratie du président élu démocratiquement, Salvador Allende.

Si certes le gouvernement déchu dérangeait quelque peu les intérêts de Washington, le coup d’Etat aura offert l’opportunité à une équipe de jeunes économistes sud-américains formés à l’école de Milton Friedman de s’implanter au plus haut sommet du pays.  Lesquels, surnommés les « Chicago Boys » mettaient alors les bouchées double pour appliquer leur nouveau credo néolibéral basé sur la privatisation, la déréglementation et la réduction des dépenses sociales.

Cette recette économique allait toutefois se trouver rapidement indigeste pour la population chilienne, entraînant des dégâts considérables pour l’économie du pays : inflation, flambée des prix des denrées alimentaires de base, privatisation des entreprises publiques au profit de multinationales …. souvent américaines, explosion du chômage, délabrement des services comme la fourniture d’eau potable et d’électricité, mais également médecine et hôpitaux publics …

Le principe de base ? Le chaos économique et social résultant de l’application de la doctrine des « Chicago Boys » n’aurait jamais pu se faire sans le soutien d’un régime dictatorial, ce dernier faisant usage de ses moyens militaires et policiers pour soumettre les citoyens à la nouvelle politique.

Cela pourrait donner froid dans le doigt quand on connaît le climat politique et social qui règne actuellement en Algérie, le pouvoir des militaires algériens … et les richesses en hydrocarbures du pays, voisin notamment du Mali, du Niger et de la Libye …

Sources : Economist Intelligence Unit, El Watan, Naomi Klein « La Stratégie du Choc »

Elisabeth STUDER – 31 décembre 2013 – www.leblogfinance.com

A lire également :

. Égypte : quand le Wall Street Journal souhaitait l’émergence d’un Pinochet … remake de la stratégie de choc des Chicago Boys ?

. Portugal : coupes sombres dans les retraites des fonctionnaires

. Portugal : quand l’austérité prônée par FMI et UE mène à des lois anti-constitutionnelles

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30 commentaires

  1. H.Satour 31 décembre 2013 à 11:56

    Merci Elisabeth pour cette article riche en information.
    J’espère de tout cœur qu’il y aurai renversement de situation en 2014 et que les troubles se produisent en Angleterre et aux USA.

  2. Nenuphar 6 janvier 2014 à 15:43

    Élisabeth, vous mettez le drapeau algérien pour étayer une étude britannique qui au demeurant parle surtout de pas mal de pays qui risquent de des troubles civils.

    Quelle mouche vous a donc piquée ? Vous avez la singulière habitude de dénigrer l’Algérie sans fondement et prétendez en conclusion la gravité de la situation dans ce pays que vous ne connaissez pas. Vous faites comme madame Irma en somme et vous lisant, je ne vous insulte même pas tant j’ai du respect pour les déchets.

  3. ES 6 janvier 2014 à 19:10

    L’Algérie en danger
    Hocine Belalloufi
    Mercredi 3 Avril 2013

    Les interventions militaires impérialistes à la périphérie de notre pays font planer une grande menace sur l’Algérie. Mais le plus grand danger provient du front interne qui se fragilise et se fracture de plus en plus. Ce danger ne provient pas toujours de là où on l’attend.

    Le fait que le mouvement national de chômeurs se développe à partir du Sud n’est pas le fruit du hasard. Le chômage ne constitue pas un problème spécifique à cette région. Il est national. Mais cette vérité n’enlève rien au fait que le Sud abrite l’essentiel des ressources en hydrocarbures du pays qui procurent à l’Etat 98% de ses recettes en devises alors même que la population locale se trouve particulièrement marginalisée. L’exploitation pétrolière et gazière emploie un nombre appréciable de travailleurs (ingénieurs, techniciens, ouvriers, employés, agents de sécurité, agents d’entretien…), mais peu sont originaires de la région. Un tel contraste s’avère saisissant et particulièrement choquant. Il était donc pratiquement inévitable que la révolte des chômeurs soit plus forte, plus soutenue et plus organisée dans le Sud, particulièrement à Ouargla, cette ville toute proche de Hassi Messaoud. Initié par des jeunes sortis des universités et des centres de formation, le Comité national de défense des droits des chômeurs (CNDDC) semble en passe de réussir son extension dans diverses wilayas du Sud (Laghouat, El oued, Ghardaïa…). Mais le mouvement finira inéluctablement par devenir national tant le chômage, des jeunes en particulier, est ravageur. Il y parviendra, s’il s’avère à même de surmonter les obstacles objectifs qui se dressent sur son chemin et de déjouer les manigances de ceux qui cherchent à le détruire ou à l’amener sur une voie de garage.

    En dépit des manœuvres du gouvernement qui reconnait, par la voix d’Abdelmalek Sellal, la légitimité des revendications des chômeurs ainsi que leur droit de protester pacifiquement, mais qui, dans le même temps, les réprime et organise un dialogue clandestin avec des « représentants » qu’il a préalablement pris soin de sélectionner lui-même, le CNDDC a eu une réaction politique responsable. En exprimant clairement et publiquement son attachement indéfectible à l’unité du peuple algérien et de son territoire, il a coupé l’herbe sous les pieds des tenants du statuquo qui, au pouvoir ou dans l’opposition, tentaient de le briser ou, à tout le moins, de l’affaiblir par la culpabilisation de ses dirigeants accusés de démarche séparatiste voire d’accointance avec les groupes armés islamistes et des puissances impérialistes.

    Un mouvement à soutenir
    Continuant sur sa lancée, le mouvement de chômeurs poursuit sa mobilisation et tente de s’organiser. Il doit faire face à d’énormes difficultés matérielles et financières : absence de locaux, d’ordinateurs, de téléphones, de fax… et, plus généralement, de moyens financiers. Il serait certainement plus utile que les forces politiques qui l’accusent de tous les maux lui apportent leur soutien, dans le respect de son autonomie pleine et entière, afin qu’il puisse mener sa lutte, s’organiser et s’étendre à l’échelle nationale et devenir ainsi un puissant vecteur du mouvement social algérien et un interlocuteur incontournable des autorités. Un tel soutien renforcerait sa position en lui permettant de ne pas rester sur la défensive, lui qui, en effet, déclare que son combat n’est pas politique alors même qu’il exprime la revendication essentielle, non de quelques chômeurs locaux s’adressant à un employeur public (Sonatrach, Sonelgaz…) ou privé (ArcelorMittal, Statoil, BP, Saipem, SNC Lavallin…) ou à une agence de l’emploi publique (ANEM) ou privée, mais de tous les chômeurs d’Algérie qui s’adressent, à travers lui, à l’Etat. Rien n’est plus politique. Les chômeurs et le CNDDC en particulier doivent, comme tous les anciens mouvements politiques et sociaux qu’a connus l’Algérie indépendante, assumer le fait qu’ils font de la politique afin de ne plus rester sur la défensive face à ceux qui les calomnient en les accusant d’attenter à l’unité nationale et de faire le jeu de l’impérialisme pour mieux masquer le fait que c’est la politique de leurs accusateurs qui divise la nation. Il s’agit de la meilleure façon de montrer que ce sont ces forces qui tentent de conserver leur misérable monopole sur la vie politique du pays.

    Le mouvement de chômeurs exprime ainsi les attentes, espoirs et revendications de centaines de milliers voire de millions d’Algériens à la recherche d’une insertion dans la vie active en vue de vivre dignement et de subvenir aux besoins de leurs familles. En vue, également, de participer au développement du pays en faveur du plus grand nombre. Ce mouvement est donc très important. Il peut se développer, se consolider, gagner en maturité et en consistance politiques et devenir un exemple aux côtés des autres segments du mouvement social (syndicats combatifs et démocratiques de l’UGTA ou combatifs et démocratiques des syndicats autonomes…). Il peut aussi régresser, se bloquer, voire dégénérer. C’est ce qu’attendent impatiemment ceux qui le combattent par la calomnie et les manœuvres de déstabilisation de l’intérieur ou de sa périphérie afin de le pousser à la faute, comme ils réussirent à le faire en Kabylie au début des années 2000. C’est également ce que souhaitent certains « opposants » qui clameront alors, « nous vous l’avions bien dit », pour mieux justifier leur indigence politique, c’est-à-dire leur incapacité à offrir des perspectives à ce segment du mouvement social et à ce dernier en général. Ou pour mieux masquer leur accointance avec un régime antidémocratique.

    Le retour du tribalisme et des notabilités
    Le soutien à ce mouvement s’avère d’autant plus important que le pouvoir ne semble pas déterminé à infléchir sérieusement sa politique économique dans le sens d’un retour à une politique d’industrialisation et de développement productif national seule à même de régler durablement et structurellement le problème de l’emploi et du niveau de vie des Algériens, de réduire considérablement la facture d’importation et de laminer les couches sociales parasitaires qui s’adonnent à cette activité aussi lucrative pour elles que destructrice du tissu productif national. Seule à même également de faire émerger une Algérie moderne, c’est-à-dire une république basée sur un contrat politique et social passé librement entre citoyens et citoyennes égaux et non sur une agglomération de tribus pourtant dénuées de bases matérielles d’existence mais qu’un pouvoir dépassé et menacé par la montée des revendications sociales et politiques citoyennes agite et utilise afin de maintenir son autorité vacillante. Il désigne arbitrairement pour ce faire des notables locaux inoffensifs à qui il octroie le titre de vis-à-vis légitimes et représentatifs. C’est ce qu’il se plaît et se complaît à faire, avec le succès qu’on lui connaît, de Berriane à Batna en passant par Tamanrasset, Djanet et autre In Amenas. Le pouvoir ne cherche pas ainsi à régler les problèmes. Il cherche juste à déminer le terrain pour perpétuer sa domination. Son unique but consiste à gagner du temps.

    C’est ainsi que des notables et autres responsables généralement élus sur des listes des partis du pouvoir (FLN et RND) ont organisé récemment à Tamanrasset un meeting au cours duquel ils ont présenté une plateforme adoptée le matin même par les chefs d’une trentaine de tribus touarègues en vue de l’adresser au président de la République à qui ils avaient demandé, en 2008, de se présenter pour un troisième mandat. Cette réunion, la plateforme qui y a été adoptée et le meeting tenu l’après-midi ont permis à ces « notables et élites locales » de réaffirmer leur attachement à l’unité du peuple algérien et de son territoire au moment où la région traverse une situation particulièrement dangereuse : persistance de groupes armés islamistes, contrebandiers et trafiquants en tout genre, interventions militaires impérialistes en Libye et au Mali… Dénonçant la corruption et ceux qui s’y adonnent, ils ont également mis en garde ceux qui tentent de parler au nom des Touaregs pour inciter la population à s’inscrire dans une dynamique politique remettant en cause leur identité nationale algérienne. Il s’avère toutefois dommage, préjudiciable et à tout le moins étonnant que les chefs de tribus aient refusé de lever le voile sur l’identité politique de ces personnalités et groupes. N’est-ce pas, pourtant, le meilleur moyen de les isoler afin de mieux les combattre ?

    Ces prises de position constituent néanmoins une bonne chose en soi. La plupart des constats formulés quant à la situation de marginalisation subie par la population et la région du Sud sont pertinents. Nombre de revendications sociales et politiques avancées dans la plateforme sont justes : création d’emplois y compris qualifiés pour les nombreux jeunes chômeurs diplômés, aide au tourisme, à l’agriculture et à l’élevage, révision du filet social pour les chômeurs, développement de l’université par l’ouverture de filières spécifiques (géologie, environnement, pétrochimie, tourisme…) et enseignement de tamazight, refus d’être appréhendés à travers le prisme déformant du folklore qui les réduit aux rôles de guides, chauffeurs, exigence de participer à la gestion de leur région, refus de considérer leur région come une destination réservés aux fonctionnaires sanctionnés…

    Mais la forme dans laquelle ce mouvement agit, s’exprime et s’organise est problématique car elle est porteuse de graves dangers et dérives tribale, communautariste, régionaliste et non démocratique.

    La mise en exergue de «l’ordre tribal, legs et avenir» et l’exigence de «la reconnaissance de l’organisation sociale [traditionnelle] comme unique porte-parole de la région, rejetant ainsi toutes les personnes importées et autoproclamées représentantes de la population du Hoggar» laissent à penser que les institutions de la république (APC, daïras, wilayas, APN…) doivent être remplacées par une architecture institutionnelle de type tribal aux niveaux régional et national. Alors même que les bases matérielles de la tribu ont disparu à la suite de la destruction par le colonialisme français de leurs bases économiques et politiques, des « chefs de tribus » proposent la désignation de délégués qui feront «partie d’un conseil consultatif qui aidera l’amenokal à parler au nom de tous». Cela pose un double problème. Cette forme d’organisation institutionnelle fait disparaître le citoyen qui redevient un membre anonyme de la tribu qui s’exprime et décide en son nom et par le biais de chefs dont rien n’indique qu’ils sont élus par les membres de la tribu. La présence au meeting de Tamanrasset de femmes et de jeunes signalée par leurs applaudissements et leurs youyous ne doit pas faire oublier que dans cette société proclamée matrilinéaire, ce sont les hommes, vieux, qui exercent le pouvoir et s’expriment au nom de la communauté. L’individu n’existe pas, car son affirmation mettrait en danger le groupe. Ce type d’organisation sociale était sans doute justifié et légitime au cours des siècles passés pour assurer la survie du groupe dans un environnement particulièrement difficile et à un certain stade de développement de la société. Mais après les bouleversements imposés par la colonisation, après une longue lutte de libération nationale ponctuée par une guerre débouchant sur la proclamation d’un Etat national indépendant, l’Algérie a pris, en conformité avec la réalité du XXe siècle, la forme moderne d’une république de citoyens et non celle d’une fédération de tribus dans lesquelles le pouvoir exclusif est détenu par des chefs, chefs qui, signalons-le au passage, ne se sont pas privés de participer durant cinq décennies aux institutions de la république dont ils ont abondamment profitées.

    Le deuxième problème posé par ce type d’organisation institutionnelle réside dans le danger pour l’unité nationale elle-même dont on proclame pourtant la défense. Si la communauté targuie s’organise en conseil de tribus, qu’est-ce qui empêchera les Chaouias, kabyles, ibadites et autres chaambas… de faire de même ? Allons-nous substituer aux institutions républicaines élues – même mal élues – par des citoyens formellement libres et égaux en droits, une assemblée nationale composée de conseils de tribus locales ? Le gouvernement sera-t-il établi sur la base de quotas communautaires ? Les conseils de tribus désigneront-ils les walis et autres chefs de daïras ? L’APC laissera-t-elle la place à la djemaa ? Les ambassadeurs, officiers et sous-officiers de l’armée et de la police seront-ils choisis par les tribus ? La justice sera-t-elle rendue par les chefs de tribus puisque le rassemblement de Tamanrasset exige que les personnes de leur communauté condamnées bénéficient d’une révision de leur procès ? Des prisons réservées aux membres de la communauté verront-elles le jour ? A moins que l’on revienne à la loi du Talion et aux coutumes ancestrales ?

    Où allons-nous ?
    La situation est très grave. La société algérienne est à la croisée des chemins. Elle peut décider de retourner en arrière pour s’abimer dans des archaïsmes surannés. Elle peut aussi aller de l’avant en donnant aux institutions formellement républicaines de l’Etat un contenu véritablement démocratique. Incapables d’aller de l’avant et de trouver les voies et moyens à même de mener ce combat, certaines forces poussent vers le passé. C’est notamment le cas des islamistes qui se proposent d’en finir avec la république des citoyens pour proclamer une communauté de croyants où l’individu disparaît et ne dispose d’aucun droit au profit des détenteurs du savoir religieux qui confisque ainsi la souveraineté populaire. Les partisans des archs et autre ordres tribaux entendent créer le même type de communautarisme, mais sur une base « laïque ». D’autres encore, à l’image du MAK, se battent pour l’éclatement de l’Algérie sur une base régionale ethniciste donc raciste.

    Une partie du pays, certaines «élites» politiques surtout et des notables locaux voient tout le profit qu’ils pourraient tirer de ce type de perspective. Ils poussent donc dans ce sens et combattent résolument toutes les formes d’organisations modernes : institutions républicaines, partis, syndicats, mouvements de chômeurs, de femmes, d’étudiants, de paysans… sur la base de leurs intérêts dans la société moderne actuelle, c’est-à-dire capitaliste (même si ce capitalisme dominé est atrophié). Ils prônent l’avènement d’une république vraiment démocratique et populaire basée sur la libre association de citoyens égaux en droits et en devoirs.

    Chaque algérien est libre de décider quelle voie il empruntera. Avancer ou reculer, il faut choisir. Faire du surplace dans un monde qui avance revient à reculer. Il ne peut y avoir aucun compromis entre ces deux perspectives. L’une incarne le progrès, l’autre la réaction.

    Il convient cependant, pour conclure, de préciser que la responsabilité première du retour de ces impasses dangereuses (islamisme, tribalisme, communautarisme) incombe fondamentalement et avant tout à la politique du pouvoir qui refuse obstinément le développement économique et social du pays, d’une part, et l’expression libre de la souveraineté populaire, d’autre part. C’est lui qui, pour se maintenir en place et préserver les intérêts illégitimes des forces sociales parasitaires qu’il représente, a remis à l’ordre du jour tous les germes de l’archaïsme que la glorieuse révolution algérienne avait placés sur les étagères poussiéreuses de l’histoire.

    Source :
    http://www.lanation.info

  4. ES 6 janvier 2014 à 19:12

    Édition N° 4184 du 2014/01/02
    L’Algérie sous haute tension Manifestations et violences inter-communautaires s’intensifient
    Bouteflika appelle à la tolérance Affrontements inter-communautaires dans la région de Ghardaïa, manifestations pour un logement décent à Annaba, troubles à Alger… Les tensions sociales s’aggraventTHE Economist Intelligence Unit (1) l’avait prédit dans son étude sur le «risque de troubles sociaux dans 150 pays en 2014».
    L’Algérie (au même titre que la Tunisie et le Maroc) sont exposés à un risque d’instabilité sociale en 2014. Le verdict ne s’est fait pas attendre puisque fin 2013, les tensions sociales se sont aggravées: affrontements inter-communautaires dans la région de Ghardaïa (à 600 km au sud d’Alger), manifestations pour un logement décent à Annaba, troubles à Alger… C’est en tout cas ce que confirme la presse algérienne. A quatre mois de l’élection présidentielle, la population a investi déjà les rues malgré l’appel au calme du président algérien Abdelaziz Bouteflika. Homme malade et au bout du souffle, il a repris ses fonctions à la tête de l’Etat après un AVC ayant nécessité 80 jours d’hospitalisation en France cette année. Si le bruit court sur «le renoncement» d’Abdelaziz Bouteflika à briguer un quatrième mandat, il a promis toutefois que de nombreux programmes de développement devraient voir le jour en 2014. «Etant donné les larges prérogatives du président, l’échéance importante sera l’élection présidentielle d’avril 2014. Or, après l’éviction début 2013 des dirigeants des deux principaux partis de la coalition gouvernementale, l’issue de sa succession semble imprévisible à ce stade», avait indiqué Coface dans son appréciation du risque sur l’Algérie. «Si la situation sécuritaire s’est relativement améliorée, l’activisme de groupes islamistes radicaux s’est intensifié aux frontières du sud du pays, comme en témoigne l’attaque terroriste, mi janvier 2013, du site gazier d’In Amenas», est-il souligné.
    Le président avait auparavant signé la loi de Finances 2014. Celle-ci prévoit un déficit de 30,59 milliards d’euros, soit 18% du PIB contre 19% pour 2013, selon l’agence APS. Le budget table sur une croissance de 4,5% contre 5% prévus en 2013. L’inflation, elle, se situe à 3,5% contre les 4% attendus pour 2013. Le texte ne prévoit pas de hausse d’impôts ni de nouvelle taxe, mais table sur une hausse de 10,4% des recettes budgétaires. Le budget 2014 comprend aussi des mesures pour booster l’investissement. Il s’git notamment d’«un allègement des procédures d’agrément pour les projets d’investissements directs étrangers ou d’investissement en partenariat avec des capitaux étrangers».

    http://www.leconomiste.com/article/914787-l-alg-rie-sous-haute-tension

  5. retrouvé le retour 7 janvier 2014 à 01:30

    “Selon The Economist Intelligence Unit” Tout est déjà dit ! Pourquoi utiliser ce genre “d’analyse”? Parce qu’on ne connait qu’une seule langue étrangère l’anglais?

  6. Doha 8 janvier 2014 à 13:02

    L’Algérie, ce grand pays, le plus vaste d ‘Afrique. Ce seul pays africain qui a eu l’indépendance les armes à la main. Ce pays qui alimente en marché noir plus de 25% de besoins en carburant de ses 2 voisins Tunisie et Maroc. L’Algérie ce grand pays d’Afrique avec des réserves de changes de plus de 200 milliards de dollars, troisième réserves Mondiale en gaz de schiste, un taux de chômage de moins de 9%.

  7. Elisabeth Studer 16 février 2014 à 22:55

    International

    Tunisie: les Américains se retirent d’une cérémonie pendant un discours iranien

    Vendredi 7 Février 2014 modifié le Vendredi 7 Février 2014 – 18:37

    Tunisie: les Américains se retirent d’une cérémonie pendant un discours iranien

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    Les représentants des Etats-Unis à la cérémonie vendredi en Tunisie pour célébrer sa nouvelle Constitution se sont retirés pendant le discours du représentant iranien pour protester contre de “fausses accusations” à l’encontre de leur pays, selon l’ambassade américaine à Tunis.

    Le président du Parlement iranien, Ali Larijani, a accusé devant l’Assemblée constituante tunisienne les Etats-Unis et Israël d’avoir cherché à faire échouer les révolutions arabes.

    “Ce qui devait être une cérémonie honorant les réalisations de la Tunisie a été utilisé par le représentant de l’Iran en tant que plate-forme pour dénoncer les Etats-Unis”, a affirmé l’ambassade dans un communiqué.

    “Les représentants des États-Unis présents à l’Assemblée nationale Constituante ont quitté la cérémonie de la constitution en raison des fausses accusations et des commentaires inappropriés formulés par le représentant iranien concernant les Etats-Unis”, a-t-elle ajouté.

    Les Etats-Unis avaient envoyé pour la cérémonie de Tunis William Roebuck, le sous-secrétaire d’Etat aux affaires du Maghreb et de l’Egypte.

    M. Larijani a affirmé, selon une traduction en arabe de ses propos, qu’Israël et les Etats-Unis “ont essayé de rendre ces révolutions (arabes) stériles et de les faire dévier de leur cours afin (qu’Israël) en tire profit”.

    “Ce que l’Iranien a dit dans son discours n’a pas plu aux Américains. On peut se mettre à leur place (…) mais chacun est libre de sa position”, a estimé l’élu tunisien Selim Ben Abdesslem, jugeant “inconcevable de dicter aux différents Etats leurs discours”.

    La Loi fondamentale tunisienne a été adoptée le 26 janvier à l’issue de plus de deux ans de débats houleux et de crises politiques, puis signée par les dirigeants tunisiens le lendemain, trois ans après la révolution qui a renversé le président Zine El Abidine Ben Ali.

    Vendredi 7 Février 2014 – 18:15

    Atlasinfo

  8. Elisabeth Studer 17 mars 2014 à 00:58

    Affrontements en Algérie: trois morts atteints de projectiles

    ALGER – Trois personnes ont été tuées samedi au cours d’affrontements intercommunautaires à Ghardaïa, à 600 km au sud d’Alger, a annoncé le directeur de la santé de la préfecture locale cité par l’agence APS.

    Les trois victimes, âgées d’une trentaine d’années, ont été atteintes par des objets contondants en début de soirée, a précisé l’APS. Une quatrième personne est dans un état critique à la suite d’incidents opposant des jeunes de Ghardaïa, ville inscrite par l’UNESCO au patrimoine mondial de l’humanité.

    Selon l’APS, deux des victimes ont succombé sur les lieux des échauffourées entre groupes de jeunes Mozabites (Berbères) et Chaâmbas (Arabes) près du quartier d’Hadj Messaoud tandis que la troisième est morte des suites de ses blessures à l’hôpital Trichine de Ghardaïa.

    Un blessé, qui a été touché également au cours de ces heurts en début de soirée, est actuellement dans un état critique et a été admis dans un hôpital où son pronostic vital est engagé, selon la même source.

    Un peu plus tôt, le notable mozabite Ahmed Babaoumoussa avait annoncé à l’AFP qu’au moins trois personnes avaient trouvé la mort alors qu’elles tentaient de s’introduire de force dans un commissariat. Mais ces faits n’ont pas pu être confirmés de source indépendante.

    Cette nouvelle vague d’affrontements intercommunautaires a éclaté mardi, dans la foulée d’un allègement des effectifs des forces de l’ordre dans la région et au moment où des Mozabites avaient regagné leurs domiciles qu’ils avaient fuis en janvier.

    On ne disposait pas dans l’immédiat de bilan précis des heurts, mais des témoins ont évoqué plus de cent blessés tandis que l’APS a fait état vendredi d’une soixantaine de blessés en 24 heures, dont huit dans un état très grave, brûlés à l’acide.

    Les derniers affrontements à Ghardaïa avaient eu lieu entre décembre et janvier et avaient fait au moins quatre morts parmi les Mozabites et plus de 200 blessés.

    (©AFP / 15 mars 2014 23h32)

  9. Elisabeth Studer 17 mars 2014 à 00:59

    Poursuite des heurts intercommunautaires dans le sud de l’Algérie

    ALGER – Des heurts opposant des Arabes à des Berbères se poursuivaient samedi pour la cinquième journée consécutive à Ghardaïa, cité du sud algérien aux portes du Sahara, selon un notable local.

    Il est difficile dans l’immédiat d’avoir un bilan précis de ces affrontements entre Chaâmbas (Arabes) et Mozabites (Berbères) qui ont éclaté mardi.

    Au moins trois personnes seraient mortes alors qu’elles tentaient de s’introduire de force dans un commissariat à Ghardaïa, selon Bahmed Babaoumoussa, un notable mozabite, mais ces faits ne pouvaient être confirmés de source indépendante.

    La situation ne présage rien de bon, tout risque de basculer, a-t-il ajouté catastrophé.

    Le porte-parole du comité de coordination de cette ville, Ahmed Baba Aissa, avait fait état jeudi d’une centaine de blessés, puis vendredi, l’agence algérienne APS avait annoncé une soixantaine de blessés, dont huit dans un état très grave, durant les dernières 24h.

    Des familles mozabites chassées ces dernières semaines de chez elles par des Chaâmbas étaient revenues mardi pour réintégrer leur maison, ce qui serait la cause des derniers incidents selon la presse.

    Des centaines de personnes continuent de s’affronter dans le quartier mixte de Hadj Messaoud, a déclaré par téléphone à l’AFP Mohamed Tounsi, un notable de cette région située à 600 km au sud d’Alger.

    Ailleurs, un calme précaire est revenu dans la majorité des quartiers samedi mais il faut rester prudent, a pour sa part indiqué à l’AFP Hamou Mesbah, de la fédération du Front des Forces Socialistes (FFS) parti très présent à Ghardaïa.

    Les Mozabites qui habitent les quartiers mixtes et dont les maisons n’ont pas été brûlées veulent emporter leurs affaires pour ne pas tout perdre, a-t-il expliqué.

    Samedi, tout était fermé à Ghardaïa centre, c’est une ville fantôme, a expliqué le responsable politique. Même les enfants qui avaient école en ce jour de week-end pour rattraper le retard lié à la fermeture des écoles suite aux récents heurts, n’ont pas été en classe.

    Les dernières violences intercommunautaires dans cette ville avaient eu lieu entre décembre et janvier et fait au moins quatre morts parmi les Mozabites et plus de 200 blessés.

    Depuis un mois, la ville vivait dans un calme relatif, ce qui a amené le patron de la police, le général Abdelghani Hamel, à annoncer il y a une semaine un allègement des forces de l’ordre dépêchées en grand nombre pour séparer les communautés.

    Selon le wali (préfet), cité M. Tounsi, les effectifs de la police ont été réduits de 40% une fois le calme revenu dernièrement.

    Du coup, les policiers n’arrivent pas à arrêter les heurts, s’est plaint le notable.

    Certains ont profité de cet allègement pour attaquer les Mozabites, a déclaré par téléphone à l’AFP l’un d’entre eux, Brahim, un commerçant qui se dit affligé par la centaine de magasins brûlés depuis jeudi et qui s’ajoutent à nombre de commerces et habitations incendiées depuis des mois selon lui.

    A la mi-janvier, le Premier ministre Abdelmalek Sellal, devenu jeudi directeur de campagne du président Bouteflika qui brigue un quatrième mandat, s’était rendu à Ghardaïa pour tenter de calmer la situation.

    Ces dernières violences, qui n’ont pas jusqu’à présent été commentées par le gouvernement, interviennent en plein préparatifs de la présidentielle, le 17 avril, qui opposera six candidats.

    Le principal challenger de M. Bouteflika, Ali Benflis, a dénoncé vendredi soir dans un communiqué l’absence de canaux de dialogue et de concertation entre l’Etat et la population.

    Il a aussi regretté que les pouvoirs publics n’aient pas pris les mesures appropriées pour apporter les vraies solutions à un problème qui risque de prendre des dimensions imprévisibles.

    (©AFP / 15 mars 2014 22h06)

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    Bonjour

    malheureusement , un journalisme qui n’est pas qualifíé a toujours tendance à aller vers la sensation.

    Faux et archifaux cette analyse, mettre au même niveau differents pays tels que la Turquie et l’Algérie sur la base d’une etude faite par des stagiaires de l’Economist est symptômatique de la faiblesse de cet article.

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