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Egypte : explosion sur un gazoduc à destination d’Israël et de la Jordanie

Middle East pipeline map-egypte-gazoduc.jpgS’il était nécessaire de prouver qu’encore une fois le pétrole et le gaz étaient l’enjeu des violences qui secouent l’Egypte  et ses voisins…

Le gazoduc égyptien livrant du gaz à Israël et à la Jordanie a fait l’objet vendredi d’une nouvelle explosion d’origine criminelle.

Il s’agit du huitième incident de ce type pour cette année.

Un événement qui intervient alors que l’Egypte voit d’un très mauvais oeil l’attitude hégémonique d’Israël … concernant notamment des champs gaziers offshore (Léviathan) d’un potentiel gigantesque, permettant à Israël de devenir exportateur de gaz à moyen terme.

L’explosion, qui n’a fait aucun blessé, a eu lieu à une soixantaine de kilomètres à l’ouest de la ville d’Al-Arich, dans le nord de la péninsule du Sinaï, selon des témoins cités par l’agence de presse officielle Mena.

Selon cette dernière, aucun gaz ne circulait dans le gazoduc au moment de l’explosion, compte-tenu des opérations de maintenance alors en cours.

Rappelons que ce gazoduc a déjà été visé par sept attaques non revendiquées depuis le mois de février, lesquelles ont contraint les exploitants à suspendre les livraisons destinées à Israël et à la Jordanie.

Les livraisons de gaz naturel à l’Etat hébreu conclues du temps du président Hosni Moubarak, renversé en février dernier, sont très critiquées dans l’opinion et la classe politique égyptiennes.

L’Egypte fournit 43% du gaz naturel consommé en Israël, où 40% de l’électricité est produite à partir de cette source d’énergie.

Le gaz égyptien couvre par ailleurs 80% des besoins de la Jordanie pour la production d’électricité, soit 6,8 millions de mètres cubes de gaz quotidiennement importés.

Pour rappel, c’est en février 2008, que l‘Egypte a commencé à livrer du gaz naturel à Israël en respect d’un accord bi-latéral signé en 2005. Ce dernier se trouvant toutefois fortement critiqué dès cette date par l’opposition égyptienne, et tout particulièrement par les Frères Musulmans.

Suite à la plainte d’opposants peu enclins à la normalisation des rapports entre l’Egypte et Isarël, la justice égyptienne avait ordonné la suspension d’un contrat d’approvisionnement de gaz sur 15 ans, sans toutefois que cette injonction ne soit appliquée dans les faits.

Principaux arguments avancés – et tout d’abord retenus – : l’illégalité du contrat, ce dernier n’ayant pas été voté par le Parlement, et des prix trop bas.

Le gouvernement s’était alors justifié en précisant qu’un débat parlementaire avait bien été organisé, et que le contrat, approuvé officiellement, était de nature commerciale privée. Tout en reconnaissant néanmoins qu’une renégociation des prix s’avérait nécessaire.

En févreir, 2009, la Haute cour administrative égyptienne  a considéré qu’une telle décision aurait porté atteinte aux “engagements de l’Etat et à ses accords avec d’autres pays” ainsi qu’à sa “souveraineté.

Le ministère israélien des Infrastructures s’était quant à lui félicité de la décision de la justice égyptienne, ajoutant qu’Israël considèrait l’accord gazier avec l’Egypte d’une importance stratégique et vitale pour l’approvisonnement d’Israël en énergie.

Deux années de préparatifs auront été nécessaires pour voir du gaz naturel égyptien couler en Israël. Objet d’âpres négociations, le contrat avait fait l’objet d’un mémorandum signé à l’été 2005 au Caire entre le ministre égyptien du pétrole, Sameh Fahmi et le ministre israélien des Infrastructures, Binyamin Ben Eliezer.

L’accord d’un montant de 2,5 mds de dollars porte sur la vente annuelle pendant 15 ans de 1,7 md de m3 de gaz naturel à la compagnie électrique israélienne (CEI) par un consortium israélo-égyptien, East Mediterranean Gas (EMG).

Parmi les actionnaires de la compagnie EMG, basée au Caire, figure notamment la compagnie nationale égyptienne du pétrole et du gaz (ENGPC, 10 %), et les hommes d’affaires égyptien Hussein Salem (28 %)et israélien Yossi Maïman, patron de Merhav (25 %), la compagnie de gaz thaïlandaise (20%).

Le gaz provient du champ gazier que l’Egypte possède à El Arish, sur la côte méditerranéenne de la péninsule du Sinaï. Acheminé par un gazoduc sous-marin égyptien long de 100 km, depuis El-Arish, dans le nord du Sinaï et près de la bande de Gaza, jusqu’au port israélien d’Ashekelon, près de Tel Aviv, il est ensuite transféré dans un gazoduc israélien et transporté jusqu’aux centrales électriques israéliennes.

En décembre 2010, quatre entreprises israéliennes ont signé avec l’Egypte de nouveaux accords d’achat de gaz sur une période de 20 ans pour un montant évalué entre 5 à 10 milliards de dollars.

Si l’on tient compte de ces nouveaux contrats, le groupe israélo-égyptien East Mediterranean Gas q(EMG) qui avait déjà passé une série de contrats avec des entreprises israéliennes depuis 2005, va fournir à l’Etat hébreu un total de six milliards de m3 de gaz pour une valeur de 19 mds USD.

Sources : AFP, Israel Valley, Xinhua

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