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Livraison de gaz égyptien à Israël via corruption des fils Moubarak ?

Elisabeth Studer Actualités, Economie, Energies, Matières premières Commentaires fermés

EMG.jpgOù l’on reparle d’Egypte, de gaz, d’Israël et de corruption : un cocktail détonnant !

 

Alors que la décision égyptienne de vendre du gaz à Israël avait été loin de faire l’unanimité au Caire, des documents publiés dimanche par un journal koweïtien laissent entendre que les deux fils de l’ancien président égyptien Hosni Moubarak auraient touché de somptueuses commissions de la part de l’Etat hébreu en vue d’obtenir leur approbation de la transaction.

Selon les documents dont le journal Al-Jarida publie des photocopies, Gamal et Alaa Moubarak ont touché chacun 2,5% d’un contrat global de 2,5 milliards de dollars.

Des négociations à ce sujet ont eu lieu entre des responsables israéliens, l’ancien ministre égyptien du Pétrole Sameh Fahmi et Hussein Salem, un homme d’affaires proche de la famille Moubarak, en janvier 2005.

L’accord bilatéral signé en 2005 avait été fortement critiqué par l’opposition égyptienne, et tout particulièrement par les Frères Musulmans.

East Mediterranean Gas (EMG) s’était alors engagé à livrer 1,7 milliards de mètres cubes de gaz par an à Israel Electric Ltd. durant 15 ans. La première tranche du contrat prévoyant des livraisons aux centrales électriques de Tel-Aviv et Ashdod, permettant à la société israélienne d’accroître sa production de 20 %.

Le Parlement égyptien avait à cette époque exigé – en vain – la dénonciation du contrat au motif que le prix de vente était largement inférieur eu cours mondial, constituant en quelque sorte une subvention publique égyptienne à Israël.

 Malgré de vifs débats parlementaires, l’Egypte a débuté ses livraisons de gaz à Israël le 1er mai 2008. Mais, suite à la plainte d’opposants peu enclins à la normalisation des rapports entre l’Egypte et Israël, la justice égyptienne avait ordonné la suspension d’un contrat d’approvisionnement de gaz sur 15 ans, sans toutefois que cette injonction ne soit appliquée dans les faits.

Principaux arguments avancés – et tout d’abord retenus – : l’illégalité du contrat, ce dernier n’ayant pas été voté par le Parlement, et des prix trop bas.

Le gouvernement s’était alors justifié en précisant qu’un débat parlementaire avait bien été organisé, et que le contrat, approuvé officiellement, était de nature commerciale privée. Tout en reconnaissant néanmoins qu’une renégociation des prix s’avérait nécessaire.

En février 2009, la Haute cour administrative égyptienne, cassant une décision de justice rendue en novembre 2008 avait toutefois décidé que l’Egypte pouvait désormais poursuivre ses livraisons de gaz à Israël.

Précisons que l’homme d’affaires israélien Yossef Meiman détient au total 20,6% d’EMG par l’intermédiaire d’Ampal et le reste grâce à une autre entreprise qu’il détient. Parmi les autres actionnaires d’EMG, figurent l’homme d’affaires égyptien Hussain Salem (28%), l’Egyptian Natural Gas Holding Company (10%) et des investisseurs institutionnels israéliens (4,4%).

Selon le ministère israélien des Infrastructures, l’Egypte fournit 43% du gaz naturel utilisé en Israël .

En décembre dernier, quatre entreprises israéliennes ont signé avec l’Egypte de nouveaux accords d’achat de gaz sur une période de 20 ans pour un montant évalué entre 5 à 10 milliards de dollars.

Si l’on tient compte de ces nouveaux contrats, le groupe israélo-égyptien East Mediterranean Gas, qui avait déjà passé une série de contrats avec des entreprises israéliennes depuis 2005, va fournir à l’Etat hébreu un total de six milliards de m3 de gaz pour une valeur de 19 mds USD.

La fourniture de ce gaz, censée démarrer durant le premier semestre 2011, doit permettre le fonctionnement de trois centrales électriques privées.

Sources : AFP, Maghreb Observateur, presse canadienne

 

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