Avenir d'Airbus : la CFTC demande un démenti sur une note blanche

AirbusconcordeSale temps, très sale temps, pour Toulouse et sa région, très fortement dépendantes d'EADS et de sa filiale Airbus ... Alors que de nouveaux retards sont annoncés, c'est l'avenir lui-même du secteur aéronautique français qui semble désormais être menacé, si l'on en croit élus et syndicats.

En pleine guerre des nerfs pour les salariés, lesquels ne savent toujours pas à quelle nouvelle sauce ils devraient être mangés avant la "trêve estivale", la CFTC demande à la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, de faire d'urgence un démenti vis à vis d'une "note blanche" qui prônerait "purement et simplement" de se séparer de l'aéronautique française, soit plus de 50 000 emplois.

"Le silence de la classe politique française face à ce pronostic d'abandon résonne jusque dans les bureaux d'études et les ateliers", tient par ailleurs à préciser le syndicat dans son communiqué.

"Cette note blanche si elle existe est insupportable, choquante vis à vis d'un fleuron de l'industrie française, d'autant qu'elle est accompagnée d'évènements ponctuels mais néanmoins visibles sur le terrain : des pans entiers de nos projets et compétences peinent à trouver leurs budgets !" s'exclame ainsi le syndicat.

"Raison d'Etat ? Parité Euro Dollar ?" s'interroge-t-il, notant parallèlement que sur "le seul mois de mai, des exemples de l'industrie française qui se délite accompagnent ces annonces : Framatome(fermeture annoncée cette semaine), ou Metachrome (130 emplois aéronautique supprimés), Latecoère(menaces de licenciements massifs)."

Le 23 mai, la direction de FCI (ex-Framatome Connectors International) a ainsi convoqué les représentants du personnel en vue d'une fermeture du site de La Ferté-Bernard, dans la Sarthe. Un accord de méthode signé le 17 juillet 2007 avait d'ores et déjà inquiété les 268 salariés qui redoutaient des licenciements mais pas une fermeture.

Selon le syndicat FO, depuis la reprise de FCI, la branche connectique d'Areva il y a trois ans, l'actionnaire américain Bain Capital n'a pas investi et a délocalisé une partie des machines. Le site a donc perdu en compétitivité, d'autant plus vite - selon les syndicats - que "la direction a privilégié les marchés de masse dans la téléphonie peu rentables car concurrencés par l'Asie, abandonnant ses marchés de niche à valeur ajoutée" ... comme l'aéronautique ou la défense.

'La CFTC attend de nos politiques qu'ils passent à l'action après la politique politicienne. Nous demandons que soit fondée une véritable cohésion Etat/Régions autour de nos métiers et activités afin de préserver, défendre, développer nos bassins d'emploi" précisent enfin Marina Lensky, déléguée CFTC au comité européen et Gilbert Plo, Délégué Syndical Central CFTC AIRBUS.

A noter par ailleurs que les présidents des collectivités territoriales de Midi-Pyrénées ont dénoncé vendredi à Toulouse "le renoncement" du Premier ministre "à toute ambition européenne en matière d'aéronautique" après la rupture des négociations entre Airbus et Latécoère sur la cession de sites français du constructeur européen.

Après la réception d'un courrier de François Fillon qui affirmait que "Latécoère est et demeure un acteur majeur de la filière aéronautique" et "sera accompagné avec la plus grande attention dans ses perspectives de développement", les élus socialistes ont estimé que "le Premier ministre n'a pas pris la mesure de la gravité de la situation".

Pour Martin Malvy, président du conseil régional, Pierre Izard, président du conseil général de la Haute-Garonne, et Pierre Cohen, maire de Toulouse et président de la communauté d'agglomération, "la réponse du Premier ministre témoigne soit d'une méconnaissance du dossier, soit d'un renoncement" qu'ils disent ne pouvoir accepter.

Ils soulignent que l'importance actuelle des carnets de commandes que M. Fillon a mis en avant "est conjoncturelle et ne garantit en rien l'avenir de la filière" aéronautique et particulièrement pour "les avions du futur, ceux pour lesquels il apparaît (...) que leur avenir se prépare hors zone euro".

"Il est du devoir de l'Etat actionnaire de mettre fin à la dérive financière de la gouvernance d'Airbus pour la recentrer sur des objectifs industriels", ont par ailleurs affirmé les trois élus.

On estime que quelque 12.500 salariés travaillent chez Airbus à Toulouse, ainsi que 6.300 sous-traitants, et que 55.000 emplois sont liés directement ou indirectement à l'aéronautique en Midi-Pyrénées.

Sources : Syndicats, Dépêche du Midi, AFP, Usine Nouvelle

A lire également :

. Airbus (EADS) : des mesures additionnelles avant la "trêve" estivale

. Airbus : vers une augmentation du temps de travail

. Airbus : POWER 8, ... la suite

 

4 Commentaires

  1. 1

    Financial Times

    Précision concernant un deal possible entre Allemagne et France .. et nucléaire contre aéronautique

    lequel article a vivement alerté les syndicats


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    Franco-German carve-up of Europe’s industrial spoils
    By Paul Betts

    Published: May 19 2008 18:14

    French presidents like to make their mark with a grand project.

    One of General de Gaulle’s proudest achievements was launching (with the British) the now-defunct Concorde supersonic airliner. François Mitterrand constructed the Louvre pyramid and Jacques Chirac brought his passion for ethnic art to life with the Musée Branly.

    Nicolas Sarkozy has yet to reveal his grand project, but that does not mean he is not drawing up blueprints behind the scenes.

    True to his interventionist approach, the current president has an even grander scheme in mind to make France the undisputed European champion of nuclear energy.
    To achieve his ends, however, will require industrial engineering on a scale not seen since nationalisation under the first Mitterrand presidency in the early 1980s.

    **The pragmatic Mr Sarkozy seems prepared to cut a deal with the Germans that would mean France giving up to Germany its long-held ambition of leading the European aerospace industry.***

    In return, Germany must be willing to surrender its own ambitions in the energy sector to the French.

    In practice, this means handing over leadership of EADS to the Germans and the withdrawal of Siemens from France’s Areva nuclear group.

    It is only an idea being bandied about in the highest circles, but serious enough to be worrying the French aerospace community. In effect, the plan could go like this. The troubled Alcatel-Lucent telecoms equipment group sheds its 21 per cent stake in Thales, the French defence electronics company, to EADS. This would help balance the EADS industrial portfolio, which is still too reliant on Airbus. Meanwhile, Dassault Aviation would regain its freedom from EADS by buying back the 46 per cent stake held by the Franco-German group.

    EADS – where the need to maintain an equal balance between French and German influence has been a source of permanent friction – would then come firmly under German control. In turn, this would satisfy Berlin’s long cherished desire to re-establish Germany as a leading aerospace nation.

    The price for obtaining leadership of the European aerospace industry will be lifting the German obstacles to Mr Sarkozy’s grand nuclear plan. In particular, Siemens would have to pull out of Areva, clearing the way for a merger between Areva and Alstom – the French heavy engineering group and builder of power turbines that was rescued by Mr Sarkozy’s vigorous intervention when he was finance minister a few years ago.

    Mr Sarkozy believes this would anchor French leadership in the nuclear industry and in the booming energy sector in a lasting and more profound way.

    The sad thing about this proposed Franco-German split is that it eloquently shows that cross-border industrial co-operation between the countries does not work.

    Moreover, the real expertise in aviation lies far more on the French than the German side.
    Under the circumstances, it seems only fair to ask whether such a division of industrial spoils is really in Europe’s broader interests in the longer term

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    Flyteam

    C'est tout simplement surprenant d'évoquer la possibilité de supprimer la filière aéronautique française! Le poids social, economique, le passif historique, l'enjeu de puissance, tout pousse à encourager cette industrie à relever les défis de la concurrence mondiale.
    R.
    www.flyintelligence.com

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