Airbus : vers une augmentation du temps de travail

Airbus_toulousemerci Airbus a reconnu vendredi qu'il n'excluait pas d'augmenter le temps de travail dans ses usines.

C'est en tout cas ce qu'a déclaré à l'AFP un porte-parole de l'avionneur européen, interrogé sur une information parue dans les Echos.

A noter toutefois qu'une dépêche d'Associated Press affirme au contraire que les informations selon lesquelles Airbus pourrait procéder à une augmentation du temps de travail pour faire des économies supplémentaires a été qualifiée vendredi de "pure spéculation" par la direction de l'avionneur européen.

Le quotidien économique Les Echos indiquait vendredi que parmi les mesures d'économies supplémentaires à l'étude par Airbus pour financer l'A350 figurait "une augmentation du temps de travail".

Airbus doit faire face à de nouvelles difficultés après l'abandon des discussions sur la vente de cinq de ses sites, deux en France et trois en Allemagne, mesure structurelle intégrée dans son plan de restructuration Power8, annoncé en février 2007. Cette transaction devait  en effet fournir des fonds pour le développement du nouveau long-courrier A350.

Malgré l'échec de la cession de ses usines allemandes de Nordenham, Varel et Augsbourg et l'annonce mercredi de l'arrêt des négociations avec l'équipementier aéronautique Latécoère pour la vente des sites de Méaulte et Saint-Nazaire-Ville, Airbus, pénalisé par la parité euro-dollar, se dit déterminé à poursuivre sa stratégie d'externalisation et ses efforts pour l'application du programme Zéphyr de vente des sites.

Son PDG, Thomas Enders, qui présente la filialisation de ces cinq sites comme "une période transitoire" avant leur vente à de nouveaux partenaires, s'est adressé mercredi dans un courrier à l'ensemble des salariés en mentionnant "les efforts conséquents" qu'ils devront fournir pour assurer les économies exigées par le plan de restructuration Power 8 et maîtriser les coûts d'objectif de l'A350.

Dans son courrier, Thomas Enders souligne que les coûts de revient de ces sites devront être aussi performants que ce qu'aurait proposé l'éventuel repreneur, a indiqué pour sa part le porte-parole d'Airbus.

Comme économies possibles, il a cité, outre l'étude de l'augmentation du temps de travail, des coûts administratifs et de sécurité moindres, ainsi que des systèmes informatiques plus légers.

Thomas Enders explique en effet que, pendant cette période transitoire, Airbus devra faire face aux investissements nécessaires pour développer l'A350. Aussi, "afin de compenser ces engagements financiers, les mêmes niveaux d'efficacité que ceux qui auraient été garantis par de nouveaux partenaires seront demandés aux sites concernés".
"Cela signifie que des efforts conséquents seront sollicités, afin non seulement d'assurer les économies exigées par Power 8, mais aussi de maîtriser les coûts d'objectifs du programme A350", souligne-t-il.

"Il n'y a pas eu de discussions formelles sur ce sujet mais il est fort possible, vu l'actualité, qu'il y ait une augmentation de la durée du travail chez Airbus", a déclaré pour sa part à l'Associated Press Xavier Petrachi, délégué syndical central CGT. "Il faut voir si elle concerne l'ensemble des sites et si elle s'accompagne dans le même temps d'une augmentation de salaire. Ce qui est certain, c'est que le chantage à la délocalisation va se faire. Enders et Brégier préparent le terrain", a-t-il ajouté.

Le même jour, Fabrice Brégier, président d'Airbus France, avait annoncé que la future filiale regroupant Méaulte et Saint-Nazaire Ville devrait mettre en place "une politique de recherche de compétitivité et vraisemblablement d'implantation de filiales dans des pays à bas coûts".

A la question de savoir si la rupture des négociations sur la cession des sites remettait en cause le calendrier de développement du long-courrier A350 - dont la première livraison est prévue en 2013 - le constructeur a affirmé que c'était "précisément pour ne pas le remettre en cause que ces décisions ont été prises".

Pour l'instant, l'avionneur dit disposer de la trésorerie nécessaire pour financer le programme de l'A350, dont les coûts devaient en partie être supportés par les repreneurs des sites.

Une porte-parole d'Airbus a qualifié de "spéculations" une autre information des Echos, selon lesquels l'avionneur envisageait des "délocalisations massives" pour financer le développement de A350.

S'adressant à la presse en début de mois, lors de l'inauguration d'un centre de maintenance Airbus à Dubaï, Thomas Enders avait indiqué que l'avionneur européen examinait actuellement sa capacité à respecter son calendrier de livraisons pour l'A380 en 2008, soulignant même que l'entreprise pourrait freiner son plan de suppressions d'emplois (Power 8) dans ses usines afin de respecter ses délais.

"Nous nous battons", avait ainsi affirmé M. Enders et "nous procédons actuellement à une importante revue" du calendrier, qui prévoit pour l'heure 13 livraisons d'A380 cette année et 25 en 2009.

"En période de montée de charge, les suppressions de postes ont leurs limites. Nous réfléchissons donc sérieusement à des mesures structurelles plus approfondies", avait-t-il parallèlement expliqué, ajoutant que cela pourrait consister à délocaliser des parties importantes de la production et de l'ingénierie.

Sources : AFP, Associated Press, Les Echos

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3 Commentaires

  1. 1

    Asp Explorer

    Quoi ? Que lis-je ? C'était donc pas une bonne idée de licencier du personnel pour rattrapper les retards ? Alors là, je tombe des nues.

    Eh, sérieusement, il y a des boulangeries dont le patron n'a pas le certificat d'études mais qui sont pourtant mieux tenues qu'airbus et ses légions de polytechniciens.

  2. 2

    Asp Explorer

    Quoi ? Que lis-je ? C'était donc pas une bonne idée de licencier du personnel pour rattrapper les retards ? Alors là, je tombe des nues.

    Eh, sérieusement, il y a des boulangeries dont le patron n'a pas le certificat d'études mais qui sont pourtant mieux tenues qu'airbus et ses légions de polytechniciens.

  3. 3

    Bernard VALETTE

    L'interruption des négociations avec LATECOERE, relatives à la cession des sites de Méaulte et Saint-Nazaire Ville n'est pas une bonne nouvelle. C'est même probablement une assez mauvaise nouvelle.
    En effet, les conditions économiques, et en particulier la parité euro dollar, qui avaient amené Airbus à prendre la décision de ventes des sites ne se sont pas améliorées. Elles se sont aggravées.
    D’autre part, Airbus n’a pas renoncé à son projet, en effet les sites de Méaulte et Saint Nazaire Ville seront externalisés dans une filiale de EADS ou d’Airbus pour préparer une vente de ces sites à terme.
    Le risque majeur maintenant est que ces sites soient vendus à des investisseurs non industriels (fonds de pension ou fonds souverain) et qu’ils échappent au contrôle français et/ou européen.
    De plus, il est maintenant clairement affiché que pour faire face aux dépenses d’investissement qu’AIRBUS devra effectuer sur ces sites pour le programme A 350, un programme d’économies conséquent sera mis en œuvre sur ces sites (dont probablement une augmentation du temps de travail que l'employeur cherchera a ne pas compenser financièrement).
    La consolidation industrielle de la filière Aérostructure de l'Aéronautique française comme champion européen vient de prendre un coup d’arrêt. Espérons qu’il ne soit pas définitif.
    En effet, face à la filiale aérostructure allemande (German Aerostructures Company) d'environ 5000 salariés, la france aura une industrie aérostructure morcelée (Latecoere, Socata alliée à DAHER, Sogerma et la nouvelle filiale Méaulte et Saint Nazaire Ville)
    La Société LATECOERE va vraisemblablement devoir prendre des mesures d’adaptation importantes et nous pouvons craindre pour l’emploi et les délocalisations.
    A l’heure où la France va prendre la présidence de l’Union Européenne, le gouvernement français doit faire entendre sa voix et il doit dire quel avenir il entend donner à l’Aéronautique française et européenne et à la filière aérostructure. Il doit tout mettre en oeuvre pour que dans un premier temps, le regroupement français de la filière aérostructure soit engagé. Seule une industrie rassemblée et soutenue pourra faire face aux conséquences de la parité euro dollar.
    Il faut être conscient qu'il ne s'agit ni plus ni moins que de l'avenir de l'aéronautique française et européenne. Si rien n'est fait les avions européens seront construits en zone dollar et en zone low cost.

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