Bouygues pour la création d’un pôle nucléaire avec Areva

Sarkozymartinbouygues Les "amitiés particulières" de Nicolas Sarkozy remontent progressivement à la surface "médiatique" après le calme – relatif - de la période estivale.

Après Henri Proglio – le patron de Veolia – qui a annoncé un possible intérêt pour Suez environnement, dans le cas ou Suez se séparerait de ce secteur dans le cadre d’une "éventuelle" fusion avec GDF, c’est au tour de Bouygues de faire entendre sa voix. En cas de refonte du groupe nucléaire français Areva, Bouygues souhaite "jouer un rôle" a déclaré vendredi le PDG du groupe, Martin Bouygues.

On nous dira que Monsieur le Président n’a bien sûr rien à voir dans cette affaire … en tout cas, qu’il n’est d’aucune influence. C’est désormais connu et reconnu : ce n’est pas absolument son style, voyons. De même, la confusion des genres, est une notion qui lui est totalement étrangère à défaut d’être étrange, nous dira-t-on …

Bouygues souhaite "pouvoir jouer un rôle dans le développement d'une filière nucléaire française", a réaffirmé Martin Bouygues lors d'une conférence de presse, interrogé à propos d'une possible entrée de son groupe dans le capital d'Areva. "Avec notre participation dans (le groupe industriel) Alstom et avec les savoir-faire de Bouygues et Areva, il y a de quoi faire un pôle nucléaire français particulièrement dynamique", a déclaré M. Bouygues en marge de la présentation des résultats semestriels de son groupe.

Selon un article paru en juillet dernier dans l'hebdomadaire allemand WirtshaftsWoche, Nicolas Sarkozy aurait l'intention d'utiliser une option de rachat de la participation de la société allemande Siemens dans Areva NP, co-entreprise formée avec le groupe nucléaire français Areva, en vue créer une grande compagnie nationale spécialisée dans l'énergie.

Dans son édition, WirtshaftsWoche ajoutait que le président français souhaite faire fusionner Areva avec Alstom et Bouygues. L'hebdomadaire croit même savoir que Patrick Korn, président d'Alstom, serait appelé à diriger la nouvelle entreprise.

Un responsable gouvernemental français avait alors déclaré que la présidence se refusait à tout commentaire sur l'article. De son côté, Siemens n'avait pu être joint.

Selon le magazine économique, qui cite des sources proches de l'entreprise, ce projet émanerait du président Nicolas Sarkozy lui-même, qui souhaiterait ainsi mettre fin à la fusion Siemens-Framatome entamée en 1999.

Le chef de l'Etat français projette de faire usage de l'option d'achat sur cette participation de 34% dans Areva NP, option courant jusqu'en 2011 en vertu des accords ayant donné naissance à Areva en 2001. Cette participation de Siemens est évaluée à environ un milliard d'euros, selon Wirtschaftswoche. Le président français voudrait ensuite fusionner Areva avec le géant de l'énergie Alstom et celui du bâtiment Bouygues, affirme l'hebdomadaire.

Récemment, Siemens avait fait savoir qu'il était en discussions avec Areva pour maintenir sa participation dans leur co-entreprise nucléaire Areva NP (ex-Framatome). D'après la Wirtschaftswoche, le patron de Siemens Peter Löscher "espère le soutien de la chancelière Angela Merkel" pour contrer le projet de M. Sarkozy.

Sources : AFP, Reuters

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1 Commentaire

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    el gringo

    Refonte de la filière nucléaire : l'Elysée presse le pas

    A la demande de l'Elysée, un groupe de travail a été créé autour de l'Agence des participations de l'Etat, du conseil McKinsey et de la banque HSBC. Ils planchent sur la refonte de la filière nucléaire française. Officiellement, toutes les options sont sur la table, mais un rapprochement entre Areva et Alstom semble privilégié.

    Pas de temps à perdre. Le dossier GDF-Suez à peine refermé, le président de la République s'est déjà attelé à un nouveau chantier industriel : celui de la refonte de la filière nucléaire française. A la demande de l'Elysée, un groupe de travail a été constitué sur le sujet. Autour de l'Agence des participations de l'Etat (APE), le cabinet de conseil McKinsey et la banque HSBC ont été officiellement missionnés pour plancher sur l'avenir du groupe Areva.

    Après avoir pris connaissance des propositions formulées sur le sujet par le Commissariat à l'énergie atomique (« Les Echos » du 31 août), l'Etat passe la vitesse supérieure. Au sommet de l'Etat, on souhaite désormais mettre à plat toutes les options possibles. « Il n'y a aucune urgence, explique-t-on dans l'entourage de Nicolas Sarkozy, mais simplement la volonté de clarifier nos priorités stratégiques : que veut-on faire de notre filière nucléaire ? Quels sont nos moyens ? Est-ce que l'Etat doit rester majoritaire dans toutes les activités ? Quel doit être demain le rôle d'EDF, celui de Total ? »

    Officiellement, toutes les options sont donc sur la table. A Bercy, Stéphane Richard, le directeur de cabinet de Christine Lagarde, reconnaît que le dossier Areva est « ouvert depuis quelques semaines à la demande du président de la République et du Premier ministre ». « Aucun délai n'a été fixé pour la fin de ces travaux, poursuit-il. Ils seront menés de la manière la plus large possible, tant sur l'évolution du capital d'Areva que sur la place future de ses partenaires. »

    Derrière ces précautions de langage, un scénario semble clairement privilégié : celui d'un rapprochement entre le leader mondial du nucléaire et Alstom. Dans sa note consacrée à l'ouverture du capital d'Areva, le CEA envisageait cette hypothèse, qui donnerait naissance à un groupe pesant 40 milliards d'euros de capitalisation boursière. Le schéma décrit par le CEA, principal actionnaire d'Areva, reposait sur une fusion pure et simple entre les deux entreprises, les activités du nouvel ensemble étant filialisées par métiers (construction de réacteurs nucléaires, cycle du combustible, énergies non nucléaires, transmission et distribution d'électricité, transport ferroviaire). Dans cette hypothèse, le holding de tête serait détenu à un peu plus de 30 % par le CEA, à 5 % par l'Etat et à plus de 26 % par Bouygues, premier actionnaire d'Alstom.

    Le problème Siemens

    Il reviendra aux équipes de HSBC et McKinsey de dire si un montage de ce type fait sens et s'il est réalisable. Pour l'heure, une chose est sûre : attaché à l'idée que l'Etat « doit avoir une stratégie dans la mondialisation », Nicolas Sarkozy souhaite voir émerger un acteur puissant dans la filière nucléaire. A l'époque où il était ministre des Finances, il s'était personnellement impliqué dans le sauvetage d'Alstom, alors au bord de la faillite, faisant en sorte que l'Etat prenne 21 % de son capital. Deux ans plus tard, les titres ont été revendus à Bouygues, avec une plus-value de 1,3 milliard d'euros.

    Ces deux acteurs-là feront à coup sûr partie des scénarios étudiés. Mais bien des obstacles sont à surmonter. Avant de savoir quelle place l'Etat réservera à Bouygues ou Alstom, il devra régler le problème Siemens. Actionnaire d'Areva NP (la filiale réacteurs d'Areva) à hauteur de 34 %, l'industriel allemand n'a aucune envie de céder la place à son grand rival Alstom. D'une façon ou d'une autre, il faudra donc l'associer au schéma final. En l'associant à la construction de centrales ou en favorisant une alliance dans le ferroviaire. Le sujet a été évoqué le 10 septembre entre Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel.

    Ce n'est pas tout. A la faveur de la recomposition à venir, l'Etat pourrait chercher à nouer un partenariat stratégique avec le japonais Mitsubishi. Il devra aussi trouver une solution « sécurisante » pour les activités sensibles, comme le traitement du combustible nucléaire ou l'enrichissement de l'uranium. En clair, est-il possible de privatiser La Hague ou Eurodif ? C'est là que pourrait intervenir un schéma associant EDF. Les réflexions en cours pourraient aussi permettre de répondre aux attentes de Total, qui ne fait plus mystère de ses ambitions dans le nucléaire.

    http://www.lesechos.fr/info/energie/4620855.htm

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