Négociations Airbus/Latécoère stoppées : les élus Midi-Pyrénées s'inquiètent

Latecoereaffichetoulouse Les présidents de la région Midi-Pyrénées et du conseil général de Haute-Garonne, Martin Malvy et Pierre Izard, ainsi que le maire de Toulouse, Pierre Cohen – tous les trois, élus du Parti Socialiste - se sont déclarés très préoccupés mercredi par la rupture des négociations entre Airbus et Latécoère, adressant un courrier au Premier ministre François Fillon.

Latécoère a quant à lui parallèlement annoncé qu'il envisageait de procéder à une réorganisation et éventuellement à des licenciements suite à l'abandon du processus de cession des sites de Méaulte et St Nazaire par Airbus annoncé mercredi.

Dans une lettre adressée au chef de gouvernement ils estiment que "la rupture par Airbus des négociations avec Latécoère pour la vente de ses sites de Méaulte et Saint-Nazaire, si elle peut être rassurante quant à l'équité de traitement entre les sites allemands et les sites français, n'en est pas moins extrêmement préoccupante pour l'avenir de la filière aéronautique à Toulouse et en Midi-Pyrénées".

"Leur rupture unilatérale par Airbus fragilise gravement l'entreprise Latécoère et remet totalement en cause la construction et la pérennité, en France et particulièrement en Midi-Pyrénées, du grand pôle européen dans le domaine de l'aérostructure qui devait être bâti autour de cette entreprise", estiment les trois signataires.

Les Etats actionnaires "et en priorité la France au moment où elle s'apprête à exercer la présidence de l'Union (...) doivent imposer d'urgence à la gouvernance des groupes Airbus et EADS d'arrêter l'engrenage qui se met en place au détriment des équilibres qui ont présidé à la création d'Airbus", ajoutent les élus socialistes.

Les trois signataires soulignent "le risque à court terme de voir disloquer l'organisation aéronautique européenne et de la faire passer sous actionnariat américain" et demandent à M. Fillon "l'organisation à Toulouse d'une table ronde sur l'avenir de la filière aéronautique".

EADS, la maison mère d'Airbus, a annoncé mercredi la fin des négociations avec Latécoère pour la reprise des deux sites, "dans la mesure où aucune solution viable n'a pu être atteinte dans les délais fixés, en particulier à cause du contexte financier". Elle a décidé de leur filialisation, dans l'attente d'une reprise à d'autres partenaires.

Selon François Junca, président du Conseil de surveillance de Latécoère “cette décision d'Airbus prive la France de la possibilité de constituer un leader mondial dans le domaine des Aérostructures”. Ce dernier estime que “Airbus poursuivra sa politique de recherche de partenaires à risque dans la zone dollar pour réaliser des ensembles d'Aérostructures '.

En outre, le président du Conseil n'exclut pas de procéder à des licenciements, précisant d'ores et déjà que “ les contrats de travail temporaires des fonctions techniques et administratives (environ 200 personnes) ne seront pas renouvelés '.

Le dirigeant précise que l'objectif du groupe ' n'a pas changé' toutefois ' la parité actuelle de 1,55 dollar contre euro nous contraint à faire croître la production dans nos filiales et chez nos sous-traitants à coût bas, ce qui se traduira à terme par une réduction importante de notre activité en France '.

En janvier 2008, La Dépêche du Midi annonçait dans ses colonnes que Latécoère, un des principaux employeurs en Midi-Pyrénées, préparait la construction d'une nouvelle usine implantée en Tunisie.

Le journal affirmait ainsi que le projet serait de grande ampleur puisqu'« il pourrait concerner à terme près de 1 000 emplois ». L'usine aurait en charge la production d'éléments d'aérostructures c'est-à-dire de tronçons de fuselage pour le compte d'Airbus.

La société est présente depuis 1995 en Tunisie où elle possède déjà deux unités de production : l'une à la Charguia, près de Tunis, l'autre, depuis 2006, à Zaghouan. Si ces deux sites sont spécialisés dans le câblage, la future usine fabriquerait des pointes avant d'Airbus. Selon le journal, elle devrait bénéficier de transfert de charges de l'usine de Méaulte, le but étant notamment de faire de la place pour la production de l'A350 qui se fera à Méaulte spécialisée dans les pointes avant des Airbus.

François Junca, n'a jamais caché qu'il n'avait plus les moyens de créer des emplois en France. « C'est notre présence à l'étranger qui nous permet de conforter les emplois en France » a-t-il maintes fois répété.

Sources : AFP, La Vie Fiancière, Cercle Finance, DDM

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1 Commentaire

  1. 1

    el gringo

    Airbus va renforcer son plan de rigueur pour financer l'A350


    Airbus va prendre des mesures d'économies supplémentaires et envisage notamment des délocalisations massives pour financer l'A350, rapporte dans son édition de vendredi le quotidien économique, Les Echos, qui cite une lettre du PDG d'Airbus Thomas Enders adressée à l'ensemble des salariés.


    L'abandon de la vente à Latécoère des deux sites français de Méaulte (Somme, nord) et de Saint-Nazaire Ville (Loire-Atlantique, ouest), qui devait servir en partie à financer le développement du nouveau long-courrier A350, devrait aboutir à demander des efforts supplémentaires aux salariés des sites concernés.


    "Dans une prochaine étape, les sites de Méaulte et de Saint-Nazaire-Ville seront tous les deux externalisés d'Airbus. Comme pour les sites de Nordenham, Varel et Augsbourg, c'est une phase transitoire qui devrait mener à terme à la vente (...) à un ou plusieurs partenaires financiers", poursuit-il.


    Durant cette période transitoire, Airbus devra faire face au investissements nécessaires pour développer l'A350, aussi "afin de compenser ces engagements financiers, les mêmes niveaux d'efficacité que ceux qui auraient été garantis par de nouveaux partenaires seront demandés aux sites concernés", écrit Thomas Enders.


    "Cela signifie que des efforts conséquents seront sollicités, afin non seulement d'assurer les économies exigées par Power 8 (ndlr: le plan de restructuration d'Airbus), mais aussi de maîtriser les coûts d'objectifs du programme A350", souligne-t-il.


    Parmi les mesures à l'étude dans ce "Power 8 Plus" figurent notamment, selon le journal, une augmentation du temps de travail, déjà en discussion en Allemagne, et des délocalisations massives de charges hors de la zone euro.


    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?news=5478543

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