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Fillon : équilibre des comptes toujours prévu pour 2012

Fillon_sarko2Le Premier ministre, François Fillon, a réaffirmé samedi l’engagement pris par la France vis-à-vis de Bruxelles d’équilibrer ses finances publiques d’ici 2012.

Celui qui avait déclaré il y a peu que la France était en faillite, aurait-il enfin trouvé la recette miracle ? Cela n’a pas été précisé … De plus, l’objectif fixé par nos partenaires européens ne serait-il pas plutôt 2010 ?

En tout cas, le 1er ministre a du pain sur la planche : le déficit budgétaire de la France s’est élevé à 54,70 milliards d’euros au 30 novembre, contre 54,87 milliards d’euros à la même date en 2006, a annoncé jeudi le ministère du Budget. Si l’on exclut les comptes spéciaux, le déficit s’est toutefois creusé, passant de 46 milliards fin novembre 2006 à 46,8 milliards un an plus tard. Et si l’on parle en monnaie constante …

"L’engagement que nous avons pris de revenir à l’équilibre des finances publiques en 2012 est fondamental", a déclaré le chef du gouvernement lors du Conseil national de l’UMP.

"C’est de sa réalisation que dépendent, à long terme, le plein emploi, la croissance et la pérennisation de notre modèle social. Je ne transigerai pas avec cet engagement", a-t-il ajouté devant quelque 2.500 cadres de l’UMP réunis au palais des Sports, à Paris.

Certes, encore un « beau » discours Mr Fillon, mais comment comptez-vous vous y prendre pour atteindre l’objectif ?

Le 9 juillet dernier, Nicolas Sarkozy était venu en personne expliquer devant l’Eurogroupe sa stratégie économique, qui revient à provoquer un choc fiscal pour doper la croissance française. Mais l’opération supposait de reporter de 2010 à 2012 le retour à l’équilibre budgétaire, en violation du programme de stabilité français et d’un engagement pris à l’unanimité par tous les pays de la zone euro en avril dernier, à Berlin. Devant le tollé que cela avait suscité, notamment en Allemagne, le président français s’était engagé à "tout faire" pour y parvenir dès 2010 si la croissance est au rendez-vous. Il avait promis de fournir en septembre un programme de réformes économiques qui permettrait d’y voir plus clair, assorti de prévisions pour la réduction du déficit.

Mais, au 30 novembre 2007, les dépenses du budget général atteignent 246,42 milliards d’euros contre 242,21 milliards un an plus tôt. Après neutralisation des effets des changements de périmètre de la loi de finances pour 2007, les dépenses du budget général sont supérieures de 4,6 milliards à celles constatées en novembre 2006, indique même Bercy.

"Cette évolution, liée à des décalages calendaires dans l’exécution de la dépense, ne remet pas en cause l’objectif annuel de progression des dépenses de +0,8%, conformément aux prévisions de la loi de finances", assure le ministère.

Les recettes nettes du budget général s’établissent quant à elles à 199,58 milliards d’euros contre 196,28 milliards l’an dernier à la même date. "A périmètre constant, les recettes fiscales nettes s’inscrivent, à la fin du mois de novembre, en progression de +2,1% par rapport à la même période de l’année dernière (+4,9 milliards d’euros)", selon le ministère du Budget.

L’augmentation des recettes fiscales provient essentiellement de la TVA (+4,5 milliards, en hausse de 3,9% d’une année sur l’autre) et de l’impôt sur les sociétés (+3,7 milliards, en hausse de 11,1%), "à la faveur d’un niveau élevé du solde versé en avril et des acomptes versés aux mois de juin et septembre".

Parallèlement, les recettes de l’impôt sur le revenu diminuent de 4,1% (soit -2,3 mds) suite à la réforme du barème tandis que les recettes de TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers) baissent de 1,3% à périmètre constant par rapport à novembre 2006, en raison de la baisse de la consommation liée à l’envolée des prix.

Les recettes non fiscales sont toujours en nette hausse d’une année sur l’autre (+3,3 mds par rapport à novembre 2006) en raison, entre autres, du niveau élevé des dividendes encaissés cette année, ajoute Bercy.

Selon le ministère, les premiers résultats de l’exécution budgétaire de l’année 2007 seront connus le 22 janvier.

"Le solde général d’exécution connaîtra une nette amélioration à la fin du mois de décembre du fait, notamment, du recouvrement des impôts locaux qui aura pour effet d’améliorer le solde du compte d’avances aux collectivités territoriales", précise le ministère dans un communiqué.

En septembre dernier, le président de l’Eurogroupe (forum des ministres des Finances des pays de la zone euro), Jean-Claude Juncker, avait critiqué le manque d’"ambition" de la France en matière de réduction de son déficit public, à l’issue d’une réunion à Porto.

"Nous pensons que les ambitions dont la France a fait preuve (…) ne correspondent pas tout à fait au niveau des attentes qui est le nôtre", a lancé Juncker en rappelant que les engagements pris à Berlin pour 2010 devaient être honorés. "La France devra amplifier son effort de réduction de la dépense publique", a-t-il ajouté.

Les réformes structurelles engagées par la France "vont dans la bonne direction et sont de nature à augmenter le potentiel de croissance", mais "nous pensons que réformes structurelles et amélioration budgétaire doivent aller ensemble", avait ajouté le ministre des Finances et Premier ministre luxembourgeois. "Cela demande des efforts des autorités françaises et cela demande une pression des pairs qui se poursuivra" a également fait remarquer le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia.

La France ne prévoit le retour à un quasi-équilibre en 2010 que si la croissance atteint 3% à compter de 2009, une performance qu’elle n’a plus atteint depuis la période 1997-2001 et avec laquelle elle ne semble pas près de renouer, puisque la Commission prévoit une hausse de l’activité de 1,9% seulement pour 2007.

Sources : AFP, Reuters

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14 commentaires

  1. Adam 12 janvier 2008 à 22:31

    Elisabeth Studer,
    Pour rappel la France n’a plus eu un ne serait-ce qu’un seul budget en équilibre depuis 1980 et Sarkopperfield en bon prestidigitateur qu’il est veut nous faire croire qu’il y arrivera d’ici 2012.
    Rien que le budget 2008 est une vaste plaisanterie. Il est prévu un déficit d 42 milliards d’euros alors que les paramètres utilisés pour le réaliser sont irréalistes. Une croissance de 2,25% alors que la plupart des économistes doutent qu’elle atteigne 2%, un prix moyen du baril de pétrole de 73 USD alors que Morgan Stanley table sur 95 USD, un euro à 1,37 dollars alors qu’il se situe actuellement autour de 1,47/1,48.
    La France vit très largement au dessus de ces moyens et ce n’est pas avec quelques “mesurettes” que les choses vont changer. La France a besoin d’une véritable refonte économique et sociale.

  2. Nasky 13 janvier 2008 à 00:48

    Ce qui est sûr, c’est que le contexte économique mondial n’aide pas le gouvernement. C’est dans toute l’Europe pareil, les mêmes craintes sur le pouvoir d’achat et l’inflation. Et en France, ça fait des années qu’on se laisse aller… Le gouvernement actuel trouve un pays au bord du gouffre.
    Mais en France, les patrons semblent plus optimistes que la moyenne européenne, c’est déjà une bonne chose.
    Par contre, que serez selon vous les réformes nécessaires, à la place des “réformettes” ? Le Smic à 1500

  3. Adam 13 janvier 2008 à 06:30

    Nasky,
    Je vous répondrais les deux mon capitaine.
    Si on augmentait le Smic net en baissant les cotisations salariales?
    Les cotisations sociales que ce soit salariales ou employeurs (c’est la même chose de toute façon, c’est l’employeur qui paie en fin de compte) sont le véritable problème de l’économie française.
    Elles ont représentés 277,5 milliards d’euros en 2005.
    Eles constituent un véritable frein à l’emploi car elles alourdissent le coût du travail. Elles rendent les produits français moins compétitifs ce qui a pour conséquence d’accroître nos importations et de limiter nos exportations.

  4. bernardo 13 janvier 2008 à 13:00

    je cite 246,42 milliards d’euros contre 242,21 milliards un an plus tôt.
    La masse monétaire ayant augmentée de 12%
    pour la meme periode le déficit equivalent aurait du etre de environ 290 milliards !!
    DONC LE D2FICIT A BIEN BAISSé !!! de 85 milliards. Pris dans nos poches de français moyens. D’ailleurs vous dites vous-meme que les recettes fiscale n’ont fait qu’augmenter

  5. el gringo 13 janvier 2008 à 16:07

    Joli raccourci entre la masse monétaire et le déficit.
    Quelques rappels : l’agrégat M3 rassemble l’argent disponible immédiatement ou à très court terme pour l’achat de biens. on peut le décomposer en 3 catégories M1, (M2 – M1), (M3 – M2).
    M1 correspond aux billets, pièces et dépôts à vue. Précisons que les billets et les pièces (les espèces) ne constituent qu’une fraction de la monnaie en circulation : la monnaie scripturale en représente maintenant plus de 90%. Cette dernière forme de monnaie s’échange par simple jeu d’écriture. Ajoutons que si la banque centrale produit la monnaie fiduciaire, ce sont les banques commerciales qui créent la monnaie scripturale en accordant des crédits sous l’égide des banques centrales. “Les crédits font les dépôts”, selon un adage simplificateur.
    M2 correspond à M1 + les dépôts à termes inférieurs ou égaux à 2 ans et les dépôts assortis d’un préavis de remboursement inférieur ou égal à 3 mois (ex : livret jeune, CODEVI)
    M3 correspond à M2 + instruments négociables sur le marché monétaire émis par le secteur des IFM (institution financière monétaire), avoirs dont le degré de liquidité est élevé avec peu de risque de perte de capital en cas de liquidation (ex : OPCVM). Exemple: titre, certificat de dépôt
    Les moyens de paiement (pièces, billets et dépôts à vue : M1) représentent 47% du total, mais leur progression n

  6. Adam 14 janvier 2008 à 19:51

    Grâce à la chute de la livre, le PIB français redépasse le PIB britannique- AFP
    Le produit intérieur brut (PIB) français est repassé au-dessus du PIB britannique, grâce à la forte dépréciation de la livre sterling par rapport à l’euro, redonnant à la France le rang de cinquième puissance économique mondiale, selon le Financial Times.
    “La faiblesse de la livre rend l’économie française plus importante que celle de la Grande-Bretagne pour la première fois depuis 1999″, affirme le quotidien britannique lundi, dans un article revenant sur les conséquences de la chute spectaculaire de la devise britannique face à la monnaie unique (-9% depuis novembre).
    Il la compare avec la crise de la livre en 1992, qui avait entraîné la sortie du Royaume-Uni du Système monétaire européen.
    Selon les calculs du quotidien britannique, le PIB 2006 du Royaume-Uni (dernier chiffre annuel disponible), qui s’élèvait à 1.304 milliards de livres, ne pèse plus que 1.721 milliards d’euros au taux de change actuel de 1 livre pour environ 1,32 euro, soit 4% de moins que celui de la France la même année (1.792 milliards d’euros), alors qu’il représentait 1.916 milliards d’euros au taux de change de l’époque (1 livre = 1,47 euro), soit 6,7% de plus.
    Le PIB français remonte ainsi, provisoirement tout du moins, au 5ème rang mondial, derrière celui des Etats-Unis, du Japon, de l’Allemagne et de la Chine, d’après le quotidien.

  7. béber 17 avril 2008 à 16:27

    La France a pris pour habitude de confondre prévisions économiques et motivation des troupes ( surestimation des objectifs) .
    Ce qui lui fait perdre la notion des réalités.

  8. béber 17 avril 2008 à 16:42

    si un employé gère mal une petite entreprise, pourquoi gérerait il bien une grande?
    Au fait, comment se porte les comptes de l’ump ?
    Est ce que l’actuel président a eut des résultats performant en matière d’équilibres des comptes comme ministre de l’économie?
    Est que l’actuel président a un niveau de compétence intellectuelle suffisant pour gérer un pays , ou s’est il s’entourer d’autres collaborateurs que ceux qui savant pas même faire une règle de trois.
    Le petit peuple est pessimiste.
    Il a raison.

  9. Francis 19 avril 2008 à 16:03

    Merci el gringo : merveilleux rappels et explications.

  10. el gringo 25 avril 2008 à 23:11

    Zone euro : la croissance de M3 décélère
    Le taux de croissance annuel de M3 est revenu à 10,3% en mars 2008, après 11,3% en février. La moyenne sur trois mois des taux de croissance annuels de M3 pour la période comprise entre janvier et mars 2008 a baissé, ressortant à 11,1%, contre 11,5% pour celle allant de décembre 2007 à février 2008. L’évolution de l’agrégat monétaire, souvent utilisé comme un indicateur avancé d’inflation, confirme le caractère exogène de la hausse actuelle des prix. Cela pourrait constituer un argument en faveur d’une détente monétaire.
    http://www.boursier.com/vals/ALL/zone-euro-la-croissance-de-m3-decelere-news-281951.htm

  11. Epargne 28 juillet 2009 à 10:48

    “La France ne prévoit le retour à un quasi-équilibre en 2010 que si la croissance atteint 3% à compter de 2009″ … heu … comment dire … il s’en est passé des choses depuis Janvier 2008. C’était déjà optimiste comme approche, avec l’état de l’économie en Juillet 2009 nous prenons 2 ou 3 ans dans la vue.

  12. compte a terme 15 avril 2013 à 14:03

    équilibre budgétaire en 2012 .. ahh de beaux espoirs exprimés il y a désormais 5 ans. Depuis nous avons un nouveau gouvernement qui peine à inverser la tendance et l’avenir ne s’est toujours pas éclairci. C’est à se demander si nous verrons un jour une embellie ou si c’est désormais notre lot pour de nombreuses années.

  13. Elisabeth Studer 15 avril 2013 à 23:58

    merci d’avoir remis cet article de nouveau en avant