«ADP : divergence baissière | Accueil | Le cours du pétrole à son plus haut depuis août 2006 »
Nicolas Sarkosy sous le feu de la conférence de Vienne
Les relations entre la France et l'Europe ne se sont guère améliorées aujourd'hui sur l'épineuse question des déséquilibres budgétaires lors de la conférence de Vienne.
De quoi s'agit-il ? De l'éternelle lutte entre le bien et le mal. Ou entre l'orthodoxie financière et la relance par les déficits. Nicolas Sarkosy, notre nouveau HyperPrésident souhaite reporter l'équilibre budgétaire à 2012, au lieu de 2010. Il faut bien financer l'ensemble des mesures de relance de l'économie française, toutes fort coûteuses : défiscalisation des heures supplémentaires, bouclier fiscal à 50%, et tant d'autres.
Or, l'Europe n'est pas d'accord. Jean-Claude Trichet, le pourtant très français chiraquien président de la BCE avait fait il y a quelques jours part de son « inquiétude » devant les risques de «relâchement des objectifs budgétaires ».
Cette fois, c'est Wilhelm Molterer, le ministre autrichien des Finances (en photo) qui a déclaré lundi qu'il n'était lui non plus pas d'accord avec la décision du président Nicolas Sarkozy de repousser de deux ans le retour à l'équilibre budgétaire de la France. Si le vocabulaire employé est aussi feutré que le tapis des couloirs des grandes banques du VIIIème arrondissement, l'avertissement est on ne peut plus musclé.
Verbatim :
"Je ne pense pas que ce soit une bonne chose" ; "Je ne soutiens pas cela." ; "Nous nous sommes entendus sur cet objectif (de 2010) et la France l'a accepté elle aussi. Et cette perspective devrait nous unir".
Le ministre portugais des Finances Teixera Dos Santos a quant à lui déclaré que « le problème soulevé (était) de nature politique », et a demandé le « respect des compromis ».
Même son de cloche venant de Joaquim Almunia, le commissaire aux Affaires économiques mais en plus direct : « Si chacun croit que l'histoire commence lorsqu'on arrive au pouvoir". Histoire ? Oui, sans doute de rappeler à la France qu'elle tourne délibérément tourner le dos aux engagements pris par le gouvernement Villepin !
Fidèle à son style, Nicolas Sarkosy était pourtant allé défendre sa politique budgétaire devant les ministres européens des Finances, en court-circuitant (une autre habitude "maison") notre actuelle Ministre de l'Economie, des Finances et de l'Emploi. Sans doute, les enjeux étaient-ils trop grands ? Ou alors notre Président a jugé que notre Demoiselle Lallouette Christine Lagarde n'avait pas les épaules assez larges pour ce dossier difficile.
C'est que les réformes structurelles françaises sont jugées trop timides par l'Europe. Et le gouvernement Sarkosy Fillon est accusé de vouloir laisser filer l'inflation, une manière comme une autre de faire porter la relance de la croissance de la France par l'ensemble de la zone euro. On comprend alors la mauvaise humeur des bons élèves de l'Europe...
Car, au fond, que risque la France ? Pas grand'chose pour le moment. Les italiens, confrontés à la même problématique, suivent l'affaire de près, au cas où la brèche tentée par la France s'agrandirait ; l'Allemagne, tout juste convalescente se gardera bien d'intervenir contre son partenaire européen historique, au moment où la Pologne tente un coup de force institutionnel.
Nicolas Sarkosy veut aller vite, il le dit et le fait, quite à bousculer le "système" en place. Certains esprits auront tout de même remarqué que 2012 correspond à la date des prochaines présidentielles.
.
TrackBack
URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/t/trackback/80157/19900614
Voici les sites qui parlent de Nicolas Sarkosy sous le feu de la conférence de Vienne:
Commentaires
Elisabeth
9 juil. 07 20:23:03
mme Merkel n'a pas l'air contente non plus et le fait dire ;)
mais bon cela va t-il changer les choses ?
en tout pas , cecilia participe aux economies budgétaires en rendant sa VISA, c'est deja çà !
9 juil. 07 23:40:01
Encore une histoire qui ne fait la pub de la construction européenne... Qu'on ne s'étonne pas si après les gens votent "non". Mais plus grave, nos amis européens ne semblent guère convaincus par la politique de Sarkozy, quelles que soient les échéances...
9 juil. 07 23:40:59
Depuis un robot peu-il emettre un commentaire sur la politique économique de l'Eurogroupe? :-D
Libé
13 juil. 07 14:18:58
Une relecture attentive des propos tenus lors de la conférence de presse montre d’ailleurs que Jean-Claude Juncker, en dépit des démonstrations d’affection qu’il a eues pour Sarkozy, n’a rien cédé sur le fond.
En particulier, il n’a jamais parlé d’un report à 2012 : «Nous avons retenu son engagement et celui du gouvernement de tout faire pour arriver à l'objectif de 2010.» Peer Steinbruck a dit exactement la même chose à l’issue de l’Eurogroupe : «Nous assumons que la France peut atteindre l'objectif approuvé, en 2010.»
Ce qui n’a pas empêché Sarkozy d’affirmer que la date de 2012 n’avait pas effarouché l’Eurogroupe : «Si le seuil psychologique de confiance que nous créons permettait d'avoir une croissance supérieure, alors nous pourrions être au rendez-vous de 2010.
Nous ferons tous nos efforts pour cela mais je me devais d'être réaliste, d'être honnête, d'être transparent. Si nous n'y arrivons pas, alors je demanderai à être au rendez-vous de 2012.
2012 n'est pas une date invraisemblable puisque c'est une date qui a été fixée par l'ensemble des ministres des Finances. Voilà très exactement le débat que nous avons eu.»
Curieusement, c’est seulement ce message qui a été retenu en France.
François Fillon, le chef du gouvernement, l’a d’ailleurs bien compris ainsi lorsqu’au lendemain de l’Eurogroupe il a affirmé que «notre objectif est très clair, on a dit qu'on reviendrait à l'équilibre en 2012.
Si on peut aller plus vite, on ira plus vite, mais notre contrat avec les Français, c'est 2012».
Jean-Claude Juncker a pour sa part enfoncé le clou mercredi devant le Parlement européen : «Jamais il ne fut question d’y être en 2012».
«Nous applaudissons des deux mains le train de réformes qui est engagé – puisqu’il s’agit de réformes structurelles – par le Président et le gouvernement français, mais nous insistons sur notre exigence que la France, comme les autres États membres de la zone Euro, doit être au rendez-vous du moyen terme au 1er janvier 2010 ».


