Valises de l'UIMM : les étonnements de Laurence Parisot

Parisot_dgs La présidente du MEDEF, Laurence Parisot, a jugé hier "aberrant qu'il puisse y avoir des retraits d'argent d'un tel montant" à propos de l'enquête sur des retraits suspects attribués à Denis Gautier-Sauvagnac, président de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM). "Il faut attendre que la justice et la police fassent leur travail", a-t-elle déclaré en marge du Forum des femmes pour l'économie et la société à Deauville. Le parquet de Paris a en effet ouvert le 26 septembre une enquête préliminaire, qu'il a confiée à la brigade financière de la préfecture de police. UIMM

"Il se passe quelque chose de grave, sans aucun doute, dans une fédération professionnelle", a ajouté Laurence Parisot. UIMM

Plusieurs millions d'euros ont disparu des comptes de la première fédération patronale entre 2000 et 2007, à l'initiative de son président lui-même, qui envoyait deux collaborateurs procéder à des retraits en espèces : Oui, Madame Parisot, il se passe bien quelque chose de grave !

Mais ce qui est aberrant, Madame Parisot, c'est surtout que le président du plus puissant des syndicats patronaux, votre numéro 2 au MEDEF, qui est aussi le président de l'UNEDIC (laquelle finance les Assedic), n'ait pas démissionné après la révélation de tels faits, qu'il n'a à aucun moment niés : non pas 5,6 comme on l'a cru au début, mais environ 17 millions d'euros selon l'Express auraient été détournés depuis 2000 ! Une somme énorme dont les destinataires ne sont pas encore connus, même si la piste d'un financement occulte des syndicats de salariés paraît la plus probable...

Ce qui est aberrant et choquant, c'est que le bureau de l'UIMM, qui a entendu à huis clos les explications de son président et n'a semble-t-il pas été convaincu... n'en ait pas tiré les conclusions qui s'imposent en pareil cas. D'après le journal Le Monde, "l'UIMM tenait, vendredi en début de soirée, un bureau exceptionnel "quasi exclusivement consacré" à cette affaire "pour déterminer la conduite à tenir" a indiqué à l'AFP une source proche de l'organisation patronale, ajoutant cependant qu'une éventuelle démission de M. Gautier-Sauvagnac n'était "absolument pas à l'ordre du jour".

Plus étonnant encore, certains n'hésitent à voler au secours de DGS (c'est son surnom) avant même les résultats de l'enquête. Tel Yvon Jacob, le président de la Fédération des industries mécaniques (FIM), qui a déclaré hier sur LCI : " Denis Gautier-Sauvagnac est un homme d'une parfaite honnêteté, il ne peut rien lui être reproché à titre personnel".

Si M. Jacob en est si certain, c'est donc qu'il sait quel usage était fait de tous ces millions ?

Il semblerait que oui, sur le principe au moins : "Il a agi dans le cadre de la loi de 1884 (loi Waldeck-Rousseau, NDLR) qui régit les organisations syndicales, patronales  ou de salariés, qui met peu de contraintes  dans la gestion et le contrôle de ces organisations", déclare M. Jacob. "La comptabilité de nos organisations syndicales peut ne pas être publiée si tel est le choix qu'elles ont fait". Il ajoute : "Rien n'interdit que des versements à telle ou telle personne ou organisation soient faits en liquide plutôt qu'en chèque". Ce qui autorise bien évidemment les dérives qu'on imagine... 

Point trop n'en faut toutefois, et le Monde rapporte "que la question du maintien de Denis Gautier-Sauvagnac à son poste de négociateur en chef du Medef [sur la modernisation du marché du travail, NDLR] pourrait en revanche ressurgir lundi, lors de la réunion mensuelle du conseil exécutif du MEDEF".

Madame Parisot, vous avez été élue à la présidence du MEDEF sur la promesse  "d'un nouveau modèle social, d'un nouveau mode de relations fondé sur le contrat, le partenariat, l'ouverture, la transparence, l'éthique". Cet engagement est-il compatible avec l'existence d'une caisse noire au sein de l'organisation patronale ?

Vous qui avez exprimé publiquement et sans détour votre "mépris" pour tous ces dirigeants tricheurs en Bourse, qui selon vous "sont tout sauf des patrons", vous vous êtes dite lundi "en état de choc, sidérée, incrédule" à propos des valises de l'UIMM. Souffrirez-vous cependant que M. Gautier-Sauvagnac siège encore à vos côtés à la table du MEDEF ? Si la réponse est non, dites-le haut et fort !

Ce qui surprend en effet, c'est la relative discrétion qui entoure cette affaire, comparée au vacarme qu'a déclenché le scandale EADS... Mais peut-être cette réserve des patrons et du gouvernement français s'explique-t-elle par la nature même de l'affaire et des parties impliquées. Car si d'aventure il se vérifiait que les syndicats de salariés - qui s'en sont tous défendus jusqu'à présent - ont bel et bien été les bénéficiaires de cette manne patronale, alors le scandale serait énorme... et l'on comprendrait mieux le débat qui s'est très (trop ?) vite ouvert sur leur représentativité, leur comptabilité et leur financement (avec une représentation de seulement 5% dans le secteur privé, les syndicats ne pourraient pas survivre en France sans de larges subventions publiques). De là à ce que certains parlent de manipulation, trouvant étrange que cette affaire sorte au moment précis où les partenaires sociaux négocient et à la veille de la grande grève du 18 octobre, il n'y a qu'un pas...

Sources : AFP, Reuters, Le Monde, L'Express, LCI, Les Echos

Olivier Demeulenaere

A lire également : Laurence Parisot prend ses distances avec Denis Gautier-Sauvagnac... et critique l'opacité des comptes des syndicats

 

17 Commentaires

  1. 1

    all

    Ben voilà, t'as tout compris : Sarko tient un révolver sur la tempe des syndicats qui ne peuvent plus bouger ; tu les trouvais pas bien modérés ces derniers temps, compréhensifs, les saints-dicats ? Moi je les ai connus plus virulents, surtout la CGT. Bien fait pour eux ils n'ont que ce qu'ils méritent.

  2. 2

    Vincent Poncet

    Liberté Chérie organise des tractages dans toute la France pour dénoncer la prise d'otage permanente des syndicats, alors qu'ils ne représentent en plus personne et que cette histoire est une preuve de plus qu'ils ne sont qu'une organisation de nature maffieuse.
    http://www.liberte-cherie.com/a2809-Imprimez_vos_tracts_pour_les_greves_du_18_octobre.html

  3. 3

    Jean-philippe GREGOIRE

    Décryptage dans Le Monde. On comprend mieux pour quoi DSG n'est pas plus inquiété :

    algré les révélations qui s'accumulent sur les mouvements de fonds en liquide provenant des comptes de l'Union des industries et des métiers de la métallurgie (IUMM), Denis Gautier-Sauvagnac, son président, peut continuer d'agir comme si de rien n'était. Vendredi 12 octobre, le "capitaine" de la délégation patronale, maintenu dans ses fonctions par Laurence Parisot, la présidente du Medef, a présidé la troisième réunion de négociations sur le contrat de travail.

    Le soir même, à l'issue de près de trois heures de débat, les membres du bureau de l'IUMM, parmi lesquels Anne Lauvergeon, PDG d'Areva, Christian Streiff, de PSA (Peugeot-Citroën) et Michel de Virville, secrétaire général de Renault, lui ont renouvelé leur "totale confiance" selon Yvon Jacob. En l'absence de communiqué, le président de la fédération des industries mécaniques a été le seul à accepter de s'exprimer. M. Gautier-Sauvagnac a été chargé de "faire des propositions pour adapter l'UIMM à la nouvelle ambiance de notre pays", a-t-il indiqué en assurant que "il n'a jamais été question qu'il parte".

    La fédération de la métallurgie a adressé un message ferme au Medef qui réunit son conseil exécutif, lundi 15 octobre : "La confiance en M. Gautier-Sauvagnac vaut aussi pour son rôle au sein du Medef et de la commission relations du travail et politiques de l'emploi", a confirmé M. Jacob.

    L'éventualité du retrait de "DGS" commence pourtant à s'imposer. Selon un président de fédération, "tant que cela ne gêne pas la capacité d'influence et d'action du Medef", Mme Parisot ne pouvait prendre le risque de le "lâcher" trop vite, sous peine d'être soupçonnée d'être à l'origine de "l'affaire". Il lui était tout aussi délicat de lui manifester un soutien appuyé et de donner le sentiment de couvrir des pratiques suspectes. Entre la patronne de l'IFOP et l'ancien banquier inspecteur des finances, président et délégué général de la fédération de la métallurgie, les relations restent complexes.


    "POLITIQUE DE L'ENCERCLEMENT"


    Avec l'élection de Mme Parisot en juillet 2005, "l'UIMM pour la première fois n'est plus faiseur de papes", souligne-t-on au siège. La nouvelle présidente a bénéficié de l'appui des services, des banques, de l'assurance et d'un soutien appuyé de Michel Pébereau, président du conseil de surveillance de BNP-Paribas comme de l'ancien président Ernest Antoine Seillière. Elle n'a été adoubée ni par l'UIMM, principale source de revenus, ni par la Fédération du bâtiment, cette autre puissance interne. En nombre de salariés et en cotisations, ces deux structures représentent pas loin de 40 % du mouvement patronal.

    Sitôt élue, Mme Parisot s'est gardée de défier l'UIMM et n'a pas pris le risque de contester la prééminence de DGS sur le terrain de la politique sociale. "Il lui a fallu d'abord découvrir des secteurs qui ne sont pas dans son domaine de compétence", relève un observateur.

    Les divergences n'ont pas tardé à émerger. En langue de bois, ce n'était que l'expression d'un "débat constructif". Il a failli virer à la rupture lors de la crise du contrat première embauche (CPE), que DGS a soutenu. Les échanges furent plus feutrés à propos du contrat de travail, de la fusion Unedic-ANPE ou de la représentation syndicale. "Plutôt que de chercher l'affrontement, Laurence Parisot pratique la politique de l'encerclement", note un autre dirigeant. Avec le renouvellement et la féminisation des équipes, de nouvelles préoccupations ont émergé : l'image de l'entreprise et la politique fiscale autant que le social ; la diversité ou l'égalité hommes-femmes autant que l'Europe et l'international.

    Les réseaux d'influence de Mme Parisot sont aussi éloignés des méthodes de lobbying traditionnel de l'IUMM. Elle s'appuie sur les "think tanks" à la française : l'Institut de l'entreprise présidé par M. Pébereau et l'Institut Montaigne de Claude Bébéar, ancien président d'Axa. Pour les négociations sociales sur le contrat de travail, Mme Parisot a imposé de nouveaux interlocuteurs, notamment Cathy Kopp, la DRH du groupe Accor, Philippe Marcel, président d'Adecco, François-Xavier Cledat, de Spie-Batignolles ou encore Benoît Roger-Vasselin du groupe Publicis. DGS a aussi été encadré de deux experts reconnus : Michel de Virville, secrétaire général de Renault, auteur d'un rapport sur la modernisation du contrat de travail, et Bernard Lemée, ancien DRH nommé conseiller à la direction générale de la BNP.

    Est-ce à dire que la relève est assurée et que le Medef s'apprête à tourner la page DGS en douceur ? C'est compter sans la réaction des "capitaines" d'industrie, qui ne devraient pas se laisser imposer la loi ni dicter leurs intérêts.

  4. 4

    Elisabeth

    Pauvre France .... et vous voulez que nos enfants apprennent l'honneteté .... :(

  5. 5

    Elisabeth

    Un des seuls contre-pouvoirs encore existant étaient jusqu'à aujourd'hui les syndicats

    le debat sur la representativite devrait en affaiblir bcp , de là à diminuer encore leurs pouvoirs via des scandales ... juste avant les greves ..

    A noter également le fait qu'un nouveau Code du Travail prenne jours en toute discrétion , diminuant là aussi leurs pouvoirs.

  6. 6

    Olivier

    Je crois en effet, comme le dit Le Monde, que Laurence Parisot n'a voulu ni "lâcher" trop vite DGS, ni "donner le sentiment de couvrir des pratiques suspectes"... Mais la gravité des faits va bientôt la rattraper, et l'obliger à clarifier la position du patronat !

  7. 7

    joel

    Elisabeth toute chose est bonne à entendre venir ici dire à la pauvre France que ses enfants n'ont pas à etre honnètes c'est s'associer à DGS !
    Vous avez le controle de ce blog et visiblement la censure facile ! Bye j'y vais plus ! cela ne sert à rien de noyer le poisson en écrivant tout azymut pour éclaire ailleurs !

  8. 8

    beaubeau

    Formidable !
    Merci Messieurs de nous faire croîre qu'il existe en France "liberté, égalité...".
    La génération des babybooms commencent en avoir ras la casquette après 20 années de mensonge, un jour il faudra rendre des comptes et le réveil sera difficile.

  9. 9

    Elisabeth

    Joel , arretez de comprendre de travers !
    , cela se voit bien que vous n'avez pas d'ados à éduquer !
    difficile de leur montrer le droit chemin quand tous magouillent autour d'eux et non des moindres
    ce ne sont que les "petits" qui se font arrêter pour des oranges

    il y a quelques mois encore, je disais , et dire qu'on a embete Strauss Kahn pour 600 KF ... tout le monde a même oublié cela désormais
    c'est presque à qui fera la plus grosse magouille
    Pdt ce temps là Rachida Dati souhaite dépénaliser le monde des affaires, ou va t-on ??

  10. 10

    Yvon

    Il est interessant de noter que Denis Gautier-Sauvagnac est consideré comme un tres bon négociateur.. et certains prétendent qu il faut l'excuser car il n'agit pas par interet personnel..

    Cependant, distribuer des valises d'argent liquides ca aide drolement a négocier.. Ca permet probablement d'assouplir les positions des reprensentants des syndicats adverses dans la négociation.

    Si les faits etaient averés, ca ressemblerait a de la corruption. et c'est pas mieux que de l'enrichissement personnel..

  11. 11

    joel

    Elysabeth,

    Je suis très sensible à l'éducation des ados et j'en ai fait un livre et un site web pour eux et pas pour les parents qui ensemble représentent plus de 18 milliards € de fraude sociale !!!
    Je parle souvent de cela à Kelly elle a 15 ans et pas envie de faire de la fraude fiscale !

    Cette fraude ne peut etre évaluée c'est un des premiers produit bancaire et la base de l'affaire EADS avec Lagardere bien conseillé pour éviter la plus value !

    Ce n'est pas T Breton qui est visé mais DVP qui avait dit que la base de l'affaire Clearstream était un épisode de la guerre du controle de l'armement ! JL père à l'agonie après la 5 avait bénéficié de 80 milliards de l état pour lancer EADS !
    Sko est en train de faire pareil coté Thalès qui signe des milliards avec Boeing pour fabriquer des blindés intelligents destinés à la GB !

    On triche mieux caché secret défense ! y a plein d'affaires bravo ! et de malhonnètes mais de la de faire crre aux ados que c'est class il faut résister et ne pas collaborer !

    Nous sommes un peuple sous occupation financière et il n'y aura pas d'appel en provenance de londres mais un web qui doit bien informer et résister dénoncer ne servant plus à rien Il faut expliquer en détail les coulisses et cibler ses ripostes ! mais ne pas baisser les bra et surtout bien
    utiliser votre blog où je ne voulais plus aller !
    Amicalement ( joel un ex banquier)

  12. 12

  13. 13

    joel

    Esabeth,

    J'admire votre activité sur ce blog qui pourrait etre le complément de l'autre site d'info financière où je vous vois moins où on pourrait lier les infos entre elles !

    Ex dg de la SG en éxile entre Doha et Abu Dhabi voyant la guerre arrivé,
    surpris par la soit disante comm Veolia , je suis à votre disposition pour des infos de terrain me joindre sur joel@emirnautic.free.fr
    ou sur mon gsm jl.buc@free.fr
    http:www.emirnautic.com à Abu Dhabi
    Bravo et bon courage

  14. 14

    joel

    désolé ! erreure :
    je ne sais pas me relire
    mail aux uae : joel@emirnautic.com

    et le site complémentaire au votre est http://contreinfo.info/
    en panne ?

    On peut y faire la synthèse de vos informations !
    sachez que http://boom2000.free.fr va se derniser et se généraliser vu le nombre de ses visiteurs !

    je vais y mettre le palmarès des affaires et y faire un KrachTest avec le palmarès perso de ceux pris la main dans le bol de confiture histoire de rapp à Bébéar, pas à l'aise ce soir que la liste est bien longue !

    courage et résistons pour donner un bon exemple à nos enfants en leur montrant la honte à vivre du travail des autres !

    il est beau ce 380 ! mais à une échelle démoniaque ! Dubai attend les siens avec impatience sans avoir osé acheter les parts de la CDC ! j'espère que les chinois ( vous Ne parlez pas de leur bulle ) n'en n'auront pas l'idée ! il y a une affaire à tentern pour un prédateur !

  15. 15

    valerie

    REUTERS et MARIANNE:
    L'ancien président de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) Denis Gautier-Sauvagnac, mis en examen pour des retraits d'espèces sur les comptes de son organisation, a perçu 1,5 million d'euros quand il a quitté son poste en décembre.
    Il a aussi négocié un accord avec son organisation qui prévoit la prise en charge par cette dernière d'une éventuelle condamnation financière.

  16. 16

    Olivier

    Merci pour l'info. Comme quoi selon que vous serez puissant ou misérable...

    Il faut restaurer la confiance, disent nos politiques. On voit plutôt de la connivence...

  17. 17

    laurent

    10/03/10 - Les Echos - La cour d'appel de Paris a confirmé mercredi le jugement du tribunal de grande instance déboutant la présidente du Medef de ses poursuites en diffamation contre l'ancien président du patronat de la métallurgie.

    La cour d'appel de Paris a confirmé mercredi le jugement du tribunal de grande instance déboutant la présidente du Medef Laurence Parisot de ses poursuites en diffamation contre un ancien président du patronat de la métallurgie (UIMM), Daniel Dewavrin.

    L'ancien président de l'UIMM avait affirmé en mars 2008 que Mme Parisot était au courant du système de retraits en liquide au sein de la fédération de la métallurgie avant sa révélation dans la presse en septembre 2007. Daniel Dewavrin disait tenir cette information de Denis Gautier-Sauvagnac (DGS), son successeur à la tête de l'UIMM. DGS lui aurait relaté un de ses entretiens avec Laurence Parisot en juillet 2007 -soit trois mois avant la révélation du scandale- au cours duquel l'existence de ce système de retraits de fonds avait été évoquée.

    "Le tribunal a jugé que le seul témoignage de Denis Gautier-Sauvagnac affirmant avoir directement entendu Laurence Parisot tenir des propos caractérisant le mensonge allégué était insuffisant à établir la vérité du fait diffamatoire, l'intéressé n'ayant jamais lui-même publiquement dénoncé le mensonge allégué", indique la cour d'appel dans son arrêt, reprenant le jugement rendu en première instance.

    La patronne du Medef avait été déboutée de ses poursuites en diffamation en première instance en mars 2009, le tribunal ayant retenu la bonne foi de M. Dewavrin qui a présidé l'UIMM de 1999 à 2006. "Elle ne dit pas qu'elle savait depuis longtemps que ces choses-là existaient, qu'elle en a tiré profit pour mener sa politique", affirmait--il dans une interview sur France Inter le 8 mars 2008, ajoutant que "ça lui sert de prétexte pour attaquer l'UIMM avec une très, très grande violence". Mme Parisot avait estimé que les propos de M. Dewavrin constituaient une riposte à ses déclarations une semaine auparavant quand elle avait fait part de son indignation devant les indemnités de départ de l'UIMM accordées à M. Gautier-Sauvagnac.

    Lors de l'audience en appel le 20 janvier, elle avait à nouveau jugé que les propos de M. Dewavrin marquaient "une intention de nuire" et que cela avait "particulièrement réussi".

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