De très importantes sommes d’argent sorties en liquide d’une organisation patronale ; un banquier qui prend peur et qui dénonce ; une perquisition qui met la main sur encore plus de billets ; des syndicats soupçonnés de bénéficier de finacements occultes ; un silence assourdissant du gouvernement et des médias qui se déchaînent…
Ca se passe en Chine ou dans un quelconque pays de la zone pacifique ? Eh bien pas tout, c’est en France !
Preuve du malaise persistant, la Présidente du Medef, Laurence Parisot, a commencé à prendre aujourd’hui une certaine distance avec le président de l'Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM) Denis Gautier-Sauvagnac.
« Beaucoup de gens autour de moi sont à juste titre en état de choc, sidérés et incrédules devant les sommes d'argent retirées en liquide." a-t-elle déclaré aujourd’hui, considérant que l’affaire est "très grave".
En attendant, Mme Parisot confirme que Denis Gautier-Sauvagnac reste jusqu’à nouvel ordre négociateur principal avec les syndicats. C’est que ce n’est pas vraiment le moment de faire des vagues en plein débat sur la réforme des régimes spéciaux et du contrat de travail unique*. Les mauvaises langues diront qu’on ne change pas une équipe qui gagne... "Le cas échéant, lui-même me dirait qu'il n'est plus en état d'assurer sa mission". Dont acte.
Les syndicats hurlent au complot politique médiatique. Cette affaire les embarrasse tout autant, voire plus, que le Medef, d’autant que pour l’instant, seule la rumeur les accuse d’être les bénéficiaires des largesses cachées de l’UIMM, l’enrichissement personnel de M. Gautier-Sauvagnac ayant été jusqu’à présent complètement écarté.
Laurence Parisot a bien senti le souffle du boulet de canon. Indirectement mise en cause, elle a déclaré qu’elle trouvait "aberrant que certaines organisations syndicales et patronales n'aient pas de comptes certifiés", et réclame "plus de transparence financière". Des commissaires aux comptes pour les comptes annuels des syndicats et pourquoi pas des partis politiques, que voilà une idée qui ne va pas plaire aux intéressés !
Si Laurence Parisot soutien encore Denis Gautier-Sauvagnac, c’est moins par principe de présomption d’innocence que pour faire disparaître un système dans lequel les payeurs – les entreprises – sont les seules à subir les foudres de la loi, les bénéficiaires passant fort opportunément au travers des mailles de la justice.
Cette affaire risque d’avoir un retentissement énorme dans notre système syndical. Le temps est venu d’une réforme en profondeur et d’une moralisation des relations entre l’état, les entreprises et les principaux syndicats.
En attendant, Laurence Parisot détient entre ses mains une carte qu'elle ne va pas manquer de jouer dans ses futures négociations avec les syndicats. En maintenant ostensiblement Denis Gautier-Sauvagnac à la table des négociations - alors que la logique aurait voulu qu'il s'effaçât de lui-même, elle donne un signal clair à ses adversaires : il va falloir que les syndicats comptent avec elle. Inutile d'espérer passer par dessus le MEDEF et négocier directement avec Xavier Bertrand Ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité du gouvernement Fillon 2.
* François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, a déclaré que "la CFDT n'a pas touché un euro de cet argent-là". "Cet élément de suspicion est d'autant plus préjudiciable que nous avons ouvert une négociation primordiale sur le marché du travail.
Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière, nie le principe de financements occultes et se dit prêt à faire auditer ses livres de comptes.
.

Ajoutez un commentaire
Merci de consulter notre charte de modération avant de poster votre commentaire.