Thierry Breton, nouvelle victime d'Alzheimer ? Le rapport de l'inspection générale des Finances présenté jeudi à la commission des Finances du Sénat précise que les services du ministère de l'Economie et des Finances avaient été informés dès février 2006 d'un intérêt potentiel de la Caisse des dépôts pour une partie des titres EADS que voulait céder le groupe Lagardère. “Détail” tout à fait anodin et conforme au processus en vigueur si l'on en croit pourtant le rédacteur du rapport.
Lors d'un entretien jeudi sur la chaîne Public Sénat, un ancien directeur général de la Caisse des dépôts (CDC), Daniel Lebègue, s'est dit quant à lui "très surpris" par les propos de Thierry Breton, lequel a affirmé avoir appris par la presse l'achat par la CDC de titres EADS en avril 2006.
"Lors de mes investigations, l'APE (Agence des participations de l'Etat) a fait état devant moi d'un document daté du 21 février, qui lui aurait été remis par le cabinet du ministre avant la réunion du 20 mars (...) Ce document appelé 'memo' semble provenir du groupe Lagardère et présente les grandes lignes de l'opération telle qu'elle sera officiellement annoncée le 20 mars", lit-on dans le rapport de l'inspection générale des Finances. "Le mémo comporte mention de la CDC, comme faisant partie d'un 'groupe d'investisseurs' ayant manifesté un intérêt pur l'opération".
Le rapport indique plus loin que la commission de surveillance de la CDC, au sein de laquelle siège un représentant de la direction du Trésor, ne sera informée qu'a posteriori du rachat de titres EADS par l'établissement.
Début octobre, Thierry Breton, ministre de l'Economie au moment des faits, avait assuré ne pas avoir été prévenu par la CDC de son projet d'achat d'actions EADS et avoir appris seulement en juin des nouveaux retards de l'A380.
"Le fait que la CDC soit mentionnée dans ce document est, pour les services, un non événement (...) La CDC fait partie du paysage des investisseurs institutionnels", a souligné jeudi Bertrand Schneiter, inspecteur général des Finances. Quoi de plus banal en somme ...
Un ancien directeur général de la Caisse des dépôts, Daniel Lebègue, s'est dit pour sa part "très surpris" par les propos de Thierry Breton concernant l'achat par la CDC de titres EADS. Se référant à la période 1998-2002 durant laquelle il était à la tête de l'institution publique, soit bien avant l'opération EADS, M. Lebègue a expliqué que "la relation Etat/Caisse des dépôts, Trésor/Caisse des dépôts" était alors "étroite, intime et quotidienne". "Donc je suis très surpris quand j'entends dire le ministre qu'il a appris par la presse cette opération", a-t-il ajouté.
Thierry Breton, entendu vendredi par la commission des Finances du Sénat, a affirmé que l'Etat n'avait pas été informé des modalités de vente par le groupe Lagardère de 7,5% du capital d'EADS en avril 2006, et qu'il avait appris "par la presse" l'acquisition d'une partie de ces actions (2,25%) par la Caisse des dépôts, dirigée alors par Francis Mayer.
"Dans les procédures habituelles de la CDC que j'ai pratiquées, (...) le ministre et ses services auraient été mis dans la boucle (...) par rapport à une opération qui est vraiment inhabituelle par sa nature et son montant", a précisé M. Lebègue.
L'ancien dirigeant de la Caisse a porté un jugement sévère sur les explications données par les dirigeants de la CDC lors des auditions qui se sont déroulées à l'Assemblée nationale et au Sénat. "Personne n'était informé, personne n'est responsable. Je suis un petit peu gêné par cette position-là", a-t-il déclaré. "Quand on est responsable d'une entreprise, cela veut dire qu'on prend des décisions et qu'on en assume les conséquences", a-t-il affirmé. Au sujet de l'affaire EADS elle-même, M. Lebègue a estimé que le "délit d'initié présumé" était "le plus massif de l'histoire financière de France".
Christine Lagarde, actuelle ministre de l'Economie a par ailleurs déclaré également jeudi que le ministère de l'Economie et des Finances alors en poste n'avait eu aucune information jusqu'à fin mai 2006 sur les difficultés du programme de l'Airbus A380.
Rendant compte devant la commission du Sénat, elle a précisé que le rapport établissait que la décision de la Caisse des dépôts (CDC) de racheter une partie des titres du groupe Lagardère dans EADS au printemps 2006 était purement interne à l'établissement public. Selon elle, la capacité d'intervention du ministère dans ce dossier était "très limitée" par la gouvernance du groupe EADS comme par celle de la CDC.
Reprenant à son compte une des conclusions du rapport, elle a également jugé qu'il n'était pas satisfaisant que l'Etat français, actionnaire à 15%, ne soit pas représenté au conseil d'administration du groupe d'aéronautique et de défense.
Christine Lagarde s'est également déclarée jeudi "tout à fait favorable" à une "modification de la gouvernance" de l'agence des participations de l'Etat (APE) et de la Caisse des dépôts. Il faudrait "s'inspirer de ce qui marche bien hors de France, dans une perspective internationale", a-t-elle ajouté. "La caisse des dépôts, ou l'APE dans une certaine mesure aussi, constitue un fonds souverain", comme il en existe "au Koweit, en Chine", (...) qui "prennent des participations à des conditions qui ne sont pas particulièrement organisées", a-t-elle remarqué.
Le sénateur Philippe Marini (UMP), avait suggéré que l'APE devienne "organiquement autonome" par rapport à la direction du Trésor, et sa compétence "étendue à l'ensemble du patrimoine public" et "à la stratégie d'investissement de la caisse des dépôts".
Sources : Reuters, AFP
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EADS: Des réserves sur l'audition de Lagarde
Philippe Marini, rapporteur général de la commission des Finances du Sénat, et Jean Arthuis, président de cette commission, ont exprimé jeudi des réserves sur certains aspects du dossier des délits d'initiés supposés chez EADS
"J'ai du mal à croire qu'il n'y a pas eu de contact entre les hommes de la CDC et du cabinet du ministre", a déclaré Jean Arthuis à l'issue de la présentation, par Christine Lagarde, d'un rapport de l'inspection générale des Finances qui conclut, selon la ministre de l'Economie et des Finances, à une conduite "irréprochable" des services de Bercy.
"La présence de la CDC dans ce genre d'investissement était somme toute assez naturelle. Ce qui est moins naturel, c'est de prétendre de l'avoir appris par la presse", a pour sa part déclaré Philippe Marini.
12 octobre 2007 à 00:462
Remaniement à la direction de la Caisse des dépôts
AFP 15.03.08 | 14h40
Le directeur général de la Caisse des dépôts (CDC), Augustin de Romanet, a laissé entendre que le numéro deux de la CDC, Dominique Marcel, pourrait changer de fonction, après la nomination auprès de ce dernier d'un chargé de mission. "Des propositions seront faites à M. Marcel", auquel la CDC vient d'adjoindre un chargé de mission, affirme M. de Romanet au quotidien Le Monde daté de dimanche-lundi. "J'ai la plus grande estime pour son travail, il a géré bien des dossiers sensibles. Nous avons eu de bonnes relations professionnelles", ajoute le numéro un de la Caisse. Dans un communiqué publié vendredi, la CDC a annoncé la nomination, "à compter du 31 mars", d'Alain Quinet, "chargé de mission auprès de" Dominique Marcel, actuel directeur des finances et de la stratégie du groupe. Selon le quotidien La Tribune daté de vendredi, M. de Romanet "aurait l'intention de scinder la direction de la stratégie et des finances", la stratégie revenant à son actuel directeur de cabinet, Edward Arkwright. Inspecteur général des Finances, M. Quinet est membre des comités de direction de l'établissement public et du groupe Caisse des dépôts, précise la CDC. Il a été membre du cabinet de l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Egalement inspecteur des finances, Dominique Marcel est un ancien élève de l'ENA (promotion Solidarité-1983) et a occupé diverses fonctions à la direction du Trésor et dans plusieurs cabinets ministériels, dont celui de Lionel Jospin à Matignon
15 mars 2008 à 19:01Ajoutez un commentaire
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