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Syrie : Trump avalise la fourniture d’armes aux milices, faisant fi de la Turquie

Le marché de l’armement, une affaire qui roule ! Et tout particulièrement grâce à la Syrie.
Alors que Donald Trump a montré à nouveau récemment les liens forts qui l’unissent au lobby militaire US, le président américain a approuvé en début de semaine la fourniture d’armes aux milices kurdes YPG (Unités de protection du peuple kurde) qui combattent le groupe Etat islamique (Daesh) en Syrie. Des milices que la Turquie considèrent pour sa part comme « terroristes ».

Ce qu’a en effet déclaré mardi un responsable américain sous couvert de l’anonymat, ajoutant que le financement « pour fournir une aide aux YPG a été approuvé ». « L’approbation prend effet immédiatement mais les délais pour les livraisons d’armes sont à préciser », a-t-il ajouté. Quant aux montants en jeu …. rien n’a filtré à ce sujet. De même que le type d’armes qui seront fournies pour tenter de reprendre Raqa, le bastion de Daesh, situé en Syrie (EI).

Le président américain a autorisé le Pentagone à «équiper» les milices kurdes «autant que nécessaire pour remporter une nette victoire sur Daech» dans cette ville, a confirmé à la suite le porte-parole du Pentagone Jeff Davis. L’administration Trump a finalement tranché dans le sens du diagnostic mis en avant depuis des mois par le Pentagone, selon lequel les milices kurdes seraient le seul allié en Syrie capable de mener rapidement l’assaut contre Raqqa en vue de porter un coup décisif au groupe Etat islamique. Les milices kurdes et leurs alliés arabes ont réalisé la plus grande partie des avancées contre Daesh, avec le soutien des frappes aériennes de la coalition et de conseillers militaires américains.

Reste que la décision de Donald Trump en faveur des milices kurdes YPG , principale composante des Forces démocratiques syriennes (FDS), alliance de combattants kurdes et arabes contre les djihadistes, ne devrait pas tarder à provoquer l’ire de la Turquie. Et ce, à moins d’une semaine d’une visite du président turc Recep Tayyip Erdogan à Washington le 16 mai prochain.

L’administration américaine s’était jusqu’à présent toujours retenue d’aller contre l’avis de la Turquie, pays membre de l’Otan. Ankara considère en effet les YPG comme la branche syrienne des séparatistes kurdes de Turquie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), organisation séparatiste qui livre une violente lutte armée contre les autorités turques depuis 1984, classée comme « terroriste » par la Turquie et ses alliés occidentaux.

«Les YPG sont le fer de lance de la coalition arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS)», a tenu à préciser Jeff Davis. Ajoutant que Washington était « pleinement conscients des inquiétudes des Turcs pour leur sécurité».

Quelques heures avant l’annonce sur la fourniture d’armes aux YPG, le secrétaire américain à la Défense Jim Mattis avait déclaré à Copenhague que les Etats-Unis allaient associer la Turquie aux opérations militaires menées en vue de reprendre Raqa.

«Notre intention est de collaborer avec les Turcs, les uns aux côtés des autres, pour prendre Raqqa», a déclaré Jim Mattis lors d’une conférence de presse tenue à l’issue d’une réunion des principaux pays de la coalition contre Daesh.

Sources : AFP, RFI, Le Parisien

Elisabeth Studer – 11 mai 2017 – www.leblogfinance.com

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2 commentaires

  1. Elisabeth Studer 11 mai 2017 à 23:41

    Washington et Ankara surmonteront leur différend sur l’armement des Kurdes, affirme le Pentagone

    AFP11/05/2017

    Le secrétaire américain à la Défense Jim Mattis s’est déclaré convaincu jeudi que les Etats-Unis parviendront à surmonter leur différend avec la Turquie sur les livraisons d’armes aux Kurdes syriens, un chiffon rouge pour Ankara.

    « Je n’ai pas de doute que la Turquie et les Etats-Unis trouveront une solution, s’ils accordent tout la considération et l’attention nécessaires à la sécurité de la Turquie, à la sécurité de l’Otan et à la campagne qui continue contre le groupe Etat islamique », a déclaré le chef du Pentagone à bord d’un avion militaire, après une rencontre à Londres avec le Premier ministre turc Binali Yildirim.

    M. Mattis s’est entretenu une trentaine de minutes avec le Premier ministre turc, dans la première rencontre de haut niveau entre les deux gouvernements après la décision américaine d’armer les milices kurdes syriennes YPG pour soutenir leur offensive contre le groupe Etat islamique.

    Le président turc Recep Tayyip Erdogan a exhorté les Etats-Unis à revenir « sans délai » sur cette décision.
    [...]
    La Turquie redoute notamment que ces armes ne puissent un jour finir par être utilisées contre elle par les Kurdes.

    Les Etats-Unis estiment de leur côté qu’armer les milices kurdes est le seul moyen de bouter rapidement les jihadistes hors de leur capitale auto-proclamée de Raqqa en Syrie.
    Ils considèrent la coalition arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS), dont les YPG sont le fer de lance, comme leur allié le plus efficace sur le terrain en Syrie contre les jihadistes.
    « Nous sommes 100% d’accord avec les préoccupations turques concernant le PKK » reconnu par les Etats-Unis comme une organisation terroriste, a déclaré M. Mattis à des reporters l’accompagnant lors d’une mini-tournée en Europe.
    « Nous ne fournissons pas d’armes au PKK, nous ne l’avons jamais fait et nous ne le ferons jamais », a-t-il ajouté.

    Les FDS sont en train de s’approcher de Raqqa, dont elles ont coupé les principales voies de communication avec l’extérieur.
    Elles viennent de remporter une victoire importante en prenant aux jihadistes le verrou crucial de Tabqa, à environ 55 kilomètres à l’ouest de la ville.

    M. Mattis a rencontré M. Yildirim en marge d’une conférence sur la Somalie à Londres.
    Il s’est agi d’une discussion « honnête, transparente et utile » entre deux « alliés de l’Otan de longue date », a-t-il estimé.

    Les Américains affirment prendre des précautions pour que les armes livrées aux milices YPG ne soient tournées que contre le groupe Etat islamique, et lui seul.

  2. retrouvé le retour 14 mai 2017 à 11:15

    Les « Frères » sont bien plus malins que cela !! En plus d’organiser le carnaval du voile, et de proposer des arrivées au pouvoir par des élections, ils sont les seuls a avoir bien mesuré que la création d’états sur des bases religieuses finirait par les conduire à la victoire.
    Le seul moyen pour les contrer sont des coups d’état militaires d’une débilité totale !! Voir ce débile de Al Sissi .
    Nous coulons à cause de quelques imbéciles qui sont à l’origine du dépeçage de l’Empire turc sur des bases pseudo religieuses

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