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Turquie : émeute mortelle liée au Kurdistan, encore une odeur de pétrole ?

Simple hasard ? Alors que la Turquie est très nettement partie prenante dans les opérations d’exportations de pétrole en provenance du Kurdistan, et ce au grand dam des autorités de Bagdad, un manifestant a été tué et deux autres blessés dans les troubles qui frappent actuellement l’Est de la Turquie. Ces dernières auraient officiellement éclaté à la suite de la démolition d’un monument dédié à la révolution kurde.

Selon les agences de presse, les autorités turques de la ville de Lice ont tenté de démonter la statue de Makhsum Korkmaz, l’un des dirigeants du Parti des travailleurs du Kurdistan, interdit dans le pays. Les manifestants ont alors agi en vue d’empêcher les militaires de s’approcher à la statue, et le conflit a dégénéré. Une personne a été tuée par balle dans les émeutes, selon les medias présents sur place.

L’état-major de l’armée turque a tenté quant à elle de justifier le recours à la force contre les manifestants en arguant que « les unités en route pour Lice » avaient « été attaquées par des individus armés de lance-grenades, de carabines et d’engins explosifs”.
Le vice-Premier ministre turc, Besir Atalay, a dénoncé pour sa part un “acte de provocation” destiné à faire dérailler le processus de paix engagé en 2012 entre Ankara et le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan).
A noter parallèlement que des combattants du PKK participent depuis plusieurs jours en Irak à la contre-offensive – soutenue par des frappes aériennes américaines – engagée avec d’autres troupes kurdes contre  les forces de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL) … Ainsi, même si les combattants du PKK étaient jusqu’à présent considérés comme des terroristes par l’Europe et les États-Unis, ils n’en demeurent pas moins des alliés très utiles pour lutter contre les jihadistes …

Autres éléments notables : ces événements interviennent alors que dimanche dernier, une nouvelle cargaison d’un volume conséquent de pétrole brut en provenance du Kurdistan irakien, a été chargée dans un port de Turquie, à destination de la Croatie.
Un tel événement est loin de devoir être pris à la légère car il démontre qu’en dépit de ses désaccords avec le gouvernement central de Bagdad sur l’exportation du pétrole, le Kurdistan a pu trouver des débouchés pour sa production.

Selon David Rigoulet-Roze, spécialiste des questions énergétiques au Moyen-Orient, s’exprimant sur TV5Monde, du pétrole du Kurdistan est exporté depuis janvier, via des camions citernes vers la Turquie. Autre alternative en dehors de la voie maritime : depuis mai 2014, un pipeline ayant pour destination le port turc de Ceyhan permet également de fournir la Turquie en hydrocarbures. Laquelle assume pleinement ses relations économiques avec cette région d’Irak. Elle affirme même haut et clair destiner ce pétrole au marché international.

Le gouvernement du Kurdistan a en effet décidé d’octroyer des concessions pétrolières à des entreprises étrangères (Exxon Mobil, Chevron, Total) sans l’aval de Bagdad, avec l‘ouverture d’un oléoduc partant de Tak Tak (raffinerie dans la région d’Erbil), d’une capacité actuelle de transit vers la Turquie de 100 000 barils jour, pouvant atteindre à terme 400 000 barils jour.

Rappelons à toutes fins utiles que l’intervention militaire américaine qui a débuté le 8 août dernier a officiellement pour objectif de protéger les minorités religieuses du Kurdistan irakien, massacrées par les djihadistes de l’Etat islamique. Néanmoins, certains analystes soulignent que cette partie de l’Irak s’avère être particulièrement riche en pétrole, puisque qu’elle constitue le deuxième pôle exportateur d’Irak.
Après être rentrés à Qaraqosh, et avoir massacré les populations chrétiennes, les miliciens de l’État islamique d’Irak ont accru leur pression sur les champs de pétrole du Kurdistan. Toutefois, ils pourraient se heurter, au sud du gisement de Kirkouk, aux populations yézidies. Lesquelles, de culture et de langue iranienne, viennent de recevoir l’aide logistique et militaire des États-Unis et de la Grande-Bretagne.
Cette région, située autour de la ville d’Erbil, disputée entre les Kurdes et l’ l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL), suscite un intérêt particulier.  Si l’on superpose la carte des gisements pétroliers du nord de l’Irak et celle des minorités, on s’aperçoit que le foyer yézidi, situé au sud de Kirkouk, pourrait constituer un territoire tampon susceptible de protéger les gisements pétroliers du nord contre les appétits de l’EIIL.

Sources : La Voix de la Russie, French.irib, egaliteetreconcialiation, TV5Monde, AFP

Elisabeth Studer – www.leblogfinance.com  – 19 août 2014

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22 commentaires

  1. retrouvé le retour 20 août 2014 à 11:16

    Bientôt l’exportation de pétrole dans des bouchons de stylos cachés dans les sous vêtements typiques des mormons !! Une vraie image de la puissance !!
    Il ne manque plus que notre ami Fabius, dernière pièce du puzzle, pour faire un tableau complet :)

  2. ES 20 août 2014 à 12:11

    Irak | Turquie
    Publié le 24-05-2014 • Modifié le 24-05-2014 à 14:57
    Pétrole kurde: conflit entre la Turquie et l’Irak
    par RFI

    Turquie Irak L’Irak porte plainte contre la Turquie à laquelle elle reproche d’importer et de livrer du pétrole en provenance de la région autonome du Kurdistan irakien sans avoir obtenu l’autorisation de Bagdad. Les relations entre la Turquie et l’Irak, déjà tendues, pourraient s’en ressentir.
    L’Irak demande l’arbitrage de la Chambre de commerce internationale située à Paris. La Turquie a en effet annoncé qu’elle commençait à livrer du pétrole en provenance du Kurdistan irakien sur les marchés internationaux. Or pour Bagdad ce pétrole, bien qu’extrait dans la région autonome kurde, appartient à l’ensemble du pays et c’est donc le gouvernement irakien qui doit en autoriser l’exportation.

    L’Irak demande 250 millions de dollars de compensation à la Turquie. Cette lutte pour la maîtrise des ressources pétrolières met aux prises le gouvernement régional kurde qui entend exporter et vendre SON pétrole, au gouvernement irakien qui lui dénie le droit de conclure des accords avec des compagnies pétrolières étrangères sans son aval.

    Mais ce conflit qui oppose l’Irak et la Turquie est aussi un signe de plus de la dégradation des relations entre les deux pays. Ils divergent notamment sur la Syrie. Ankara soutient les rebelles tandis que Bagdag affiche sa neutralité. Par ailleurs les besoins énergétiques croissants de la Turquie augmentent son intérêt pour le pétrole du Kurdistan irakien.

  3. ES 20 août 2014 à 12:14

    jeudi, 24 juillet 2014 12:58 La Turquie vend du pétrole du Kurdistan irakien à Israël

    IRIB-Le journal turc Hurriyet a révélé l’histoire complète de la vente par la Turquie
    du pétrole du Kurdistan irakien à Israël.Selon le rédacteur en chef du journal, Ertugrul Ozkok, « le 22 mai dernier, le pétrolier SCF-United Leadership, battant pavillon des Iles Marshall devrait transporter un million de barils de pétrole brut à Sicile.L’ambassadeur irakien en Italie a prévenu les autorités italiennes que l’achat de ce pétrole s’apparentait à un délit international, parce que le pétrole du Kurdistan appartient à l’Etat Irakien. Ainsi, l’Italie a rejeté à la dernière minute cette transaction.Le pétrolier a pris ensuite la route vers le Golfe du Mexique. Là encore, les autorités mexicaines ont refusé d’acheter le pétrole en question, et ce, après l’intervention américaine qui a exigé l’interdiction de l’arrivée de la cargaison au Mexique.De retour à la Méditerranée, le pétrolier s’est dirigé vers le Maroc, qui, lui aussi a refusé de l’acheter. Personne ne voulait donc se procurer du pétrole kurde. Mais, le 11 juin, lorsque les miliciens de l’Etat islamique en Irak et au Levant ont envahi Mossoul, les risques de la hausse du prix du pétrole augmentent.Directement après, le ministre israélien de l’énergie se dit prêt à acheter la cargaison pétrolière mais à un très bas prix, soit la moitié du prix international.La transaction a été conclue, mais le pétrolier qui s’est ancré dans le port d’Ashkelon le 20 juin portait un nom différent : « SCF-Altaï », et battait pavillon libérien.En effet, cette mesure visait à épargner à la Turquie une vague de critiques internes et étrangères pour ses liens économiques suspects avec l’Entité sioniste, au moment où elle tenait un discours opposé à Israël lors de la conférence de Davos.Le 23 juin, un journaliste demande au ministre de l’énergie turc si son pays a bel et bien vendu du pétrole à Israël. Sa réponse fut alors : « 93 millions de dollars ont été versées dans la Banque du peuple… Ce n’est pas le problème de la Turquie ».Alors que l’offensive israélienne bat son plein contre la Bande de Gaza, une autre question se pose : Le pétrole utilisé par l’armée israélienne dans son agression terrestre serait-il le même acheminé par la Turquie « Dites-moi maintenant, qui pourra prétendre dorénavant que la relation entre la Turquie et Israël est mauvaise ? », s’interroge le rédacteur en chef du journal Hurriyet, Ertugrul Ozkok, à la fin de son article

  4. ES 20 août 2014 à 12:16

    La Turquie vend le pétrole du Kurdistan irakien
    Home ECONOMIE Flash Eco
    Par Lefigaro.fr avec AFP Mis à jour le 23/05/2014

    La Turquie a commencé à livrer le pétrole du Kurdistan irakien sur les marchés internationaux, a annoncé vendredi son ministre de l’Energie.

    “Les livraisons ont débuté à 22 heures, heure locale (21 heures à Paris) hier depuis le port de Ceyhan”, a indiqué Taner Yildiz à la presse aujourd’hui.

  5. Elisabeth Studer 12 septembre 2014 à 00:13

    La Turquie confirme qu’elle ne participera pas aux opérations armées contre l’EI

    Ankara – La Turquie ne prendra pas part aux opérations armées au sein de la coalition internationale menées par les Etats-Unis pour combattre les jihadistes en Irak et en Syrie voisines, a confirmé jeudi une source gouvernementale turque à l’AFP.

    La Turquie ne participera à aucune opération armée mais se concentrera entièrement sur les opérations humanitaires, a précisé cette source sous couvert d’anonymat.

    Ce responsable a cependant affirmé que la Turquie pourrait autoriser la coalition à utiliser sa base militaire d’Incirlik, dans le sud, pour des opération purement logistiques.

    La Turquie ne sera impliquée dans aucune opération de combat et ne fournira aucune armes, a souligné cette source.

    Le secrétaire d’Etat américain John Kerry est en Arabie saoudite jeudi, après une visite la veille à Bagdad pour tenter de rallier dix pays arabes et la Turquie à la coalition contre les sunnites extrémistes de l’Etat islamique (EI) en renforçant notamment leur coopération militaire.

    Le président américain Barack Obama s’est dit prêt mercredi à frapper l’EI en Syrie et à étendre les raids menés en Irak depuis un mois.

    Ankara a été critiquée par ses alliés occidentaux pour avoir fourni aux militants radicaux, y compris ceux de l’EI, armes et équipements dans les villes proches de la frontière avec la Syrie. La Turquie, qui a toujours nié cette assistance, espérait ainsi accélérer la chute du régime du président syrien Bachar al-Assad avec lequel il a rompu après avoir tissé d’étroits rapports.

    Le président américain a rencontré son homologue turc Recep Tayyip Erdogan pendant le sommet de l’OTAN pour parler de la contribution turque à cette coalition anti-EI.

    La Turquie, membre de l’Otan, est notamment préoccupée par le sort de ses 46 ressortissants retenus en otage depuis début juin par les jihadistes à Mossoul, en Irak.

    Nos mains sont liées à cause de nos citoyens retenus en Irak, a récemment admis le ministre turc de la Défense, Ismet Yilmaz.

    Ankara est également critiqué pour ne pas suffisamment réprimer le flot de jihadistes qui passent par son territoire vers l’Irak et la Syrie. Les Turcs réclament pour leur part un partage accru de renseignements pour repérer les extrémistes.

    La Turquie est un pays qui accueille 35 millions de touristes chaque année. Tant que l’Occident ne partage pas de renseignement, nous ne pouvons renvoyer quelqu’un en raison de son apparence, insiste le responsable turc.

    Depuis le début du conflit syrien en 2011, la Turquie a renvoyé 850 combattants étrangers dans leur pays, souligne-t-on de source officielle.

    Le chef de la diplomatie américaine doit s’entretenir vendredi de la coopération régionale contre les extrémistes avec les dirigeants turcs à Ankara, a par ailleurs affirmé le responsable turc.

    Cette visite n’était pas encore confirmée de source américaine.

    (©AFP / 11 septembre 2014 13h54)

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