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Le cours du pétrole dégringole, la baisse de l’offre constitue un véritable défi

Le prix du baril aura achevé la journée de mercredi en forte baisse, impacté tout à la fois par des inquiétudes quant au niveau des stocks aux Etats-Unis, la situation en Libye et une certaine déception des marchés après la récente réunion entre l’Opep et ses partenaires.

Le prix du baril de “light sweet crude” (WTI) aura ainsi perdu 1,34 dollar dans la journée, s’échangeant désormais à 48,32 dollars en ce qui concerne le contrat pour livraison en juillet sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).
Parallèlement à Londres, le cours du baril de Brent de la mer du Nord aura chuté pour sa part de 1,53 dollar à 50,31 dollars en ce qui concerne le contrat pour livraison en juillet sur l’Intercontinental Exchange (ICE).

Certains analystes relativisent tout de même l’importance de la chute, arguant que quelques corrections pourraient être observées cette semaine après la forte demande enregistrée la semaine précédente avant un long week-end férié. Tous les derniers lundis de mai, les Américains rendent en effet un hommage aux hommes et aux femmes qui ont perdu la vie dans les différents conflits et guerres dans le cadre du Memorial Day.
Compte-tenu de ce jour férié qui a eu donc lieu lundi, la publication des données hebdomadaires du département de l’Energie (DoE) sur l’offre et de la demande a été repoussée à jeudi. Selon la médiane d’un consensus établi par Bloomberg, les analystes tablent sur une baisse de 3 millions de barils des réserves de brut, de 1,5 million de barils pour les réserves d’essence, et de 700.000 barils pour les produits distillés.

Les investisseurs semblent également réagir à une reprise de production en Libye. L’exploitation des champs pétroliers du pays doit faire face à de régulières perturbations liées à la guerre civile qui le divise. C’est ainsi qu’en avril dernier, les extractions du gisement d’al-Sharara avaient été temporairement arrêtées à cause du blocage d’un oléoduc acheminant le pétrole jusqu’à un port et une raffinerie à 50 km à l’ouest de Tripoli. Mais, même si la Libye est membre de l’Opep, elle a néanmoins obtenu de ne pas être contrainte de suivre les directives du cartel en faveur d’une baisse globale de production. La situation politique particulière qui règne dans le pays lui aura permis d’établir un accord dans ce sens, récemment prolongé jusqu’en mars 2018.

Rappelons en effet que la semaine dernière, le cartel ainsi que dix autres pays producteurs dont la Russie ont décidé de proroger de neuf mois un premier accord ayant pour objectif de réduire d’environ 1,8 million de barils par jour leurs extractions, et qui devait initialement s’achever en juin prochain. Alors que les marchés avaient largement anticipé ce statu quo, les investisseurs se montrent quelque peu dépités parce qu’ils considèrent comme une absence d’avancée significative.

Au final, les efforts de l’Opep semblent profiter …. au pétrole de schiste US, la baisse de production observée par le cartel et ses partenaires permettant juste en quelque sorte de masquer une offre supplémentaire en provenance des Etats-Unis, sans réellement permettre d’agir sur les prix. L’objectif affiché par l’Opep de revenir à un niveau des des stocks mondiaux de brut à la moyenne enregistrée sur les cinq dernières années semble désormais quelque peu compromis.

Sources : AFP, Nymex, ICE, Bloomberg

Elisabeth Studer – 31 mai 2017 - www.leblogfinance.com

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1 commentaire

  1. retrouvé le retour 1 juin 2017 à 00:59

    Il faut voir que l’Afghanistan travaille ferme et que l’on fait de gros trous à Kaboul sans doute pour rechercher du pétrole de schiste !!
    Les américains ayant lancé la plus grosse bombe conventionnelle sur ce pays, visiblement les barbus jouent la symétrie !!
    Il faut faire un monument, et mettre une plaque ” Trou Georges Bush”

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