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Chypre : nouveaux contrats d’exploration pour Total, Exxon, Eni et Qatar Petroleum

L’exploration de gaz et de pétrole aux fins fonds de la mer Méditerranée orientale continue à faire des heureux …
Alors que  l’ambassadeur d’Israël à Ankara a récemment déclaré qu’un accord de paix à Chypre accélérerait la mise en place d’un projet d’acheminement de gaz d’Israël à la Turquie, projet susceptible de  changer la donne géopolitique et l’échiquier énergétique mondial, le ministre chypriote du Commerce a annoncé mardi que l’américain ExxonMobil, le français Total, l’italien Eni et Qatar Petroleum venaient d’obtenir des contrats d’exploration d’hydrocarbures au large de l’île.

ENI et Total ont ainsi obtenu les droits d’exploration pour un des trois blocs faisant l’objet du troisième appel d’offres des autorités chypriotes, ENI en sécurisant un autre pour lui seul, ExxonMobil et Qatar Petroleum s’associant quant à eux pour le troisième. Selon le ministre, ces contrats devraient être approuvés le 17 mars prochain en conseil des ministres, afin de permettre en suivant que les permis d’exploration puissent être délivrés.

« Les compagnies sont plutôt optimistes quant aux perspectives en Méditerranée orientale et plus spécifiquement dans la zone économique exclusive de Chypre », a déclaré à ce sujet le ministre du Commerce George Lakkotrypis. Ajoutant que certaines sociétés pourraient commencer les forages d’exploration cette année.

Les dernières zones ouvertes à l’exploration sont situées non loin du champ gazier Zohr au large de l’Egypte, où Eni a fait d’importantes découvertes offshore, les réserves du gisement étant susceptibles d’abriter 850 milliards de mètres cubes. A noter que Total  et Eni disposent déjà de droits d’exploration sur un bloc situé près de Zohr, en vertu d’un précédent appel d’offres.

En décembre 2015, alors que le géant pétrolier français  avait renouvelé auprès des autorités chypriotes sa licence d’exploration, le consortium ENI-Kogas  (Italie/ Corée) avait vu sa licence d’exploration offshore d’hydrocarbures – prévue initialement jusqu’en février 2016 –  prolongée de deux ans par la République de Chypre. Des contrats intervenant certes durant la trêve des confiseurs mais d’une importance géostratégique mondiale notable, alors que Israël, Turquie, Égypte, Liban, Russie, Etats-Unis, Union européenne sont parties prenantes de ce large dossier traitant des ressources pétrolières et gazières au large de Chypre et d’Israël (mer Méditerranée orientale ). Le ministre chypriote de l’énergie George Lakkotrypis avait alors indiqué qu’ENI-Kogas avait réclamé le renouvellement de cette licence jusqu’en février 2018 afin de disposer du temps nécessaire pour réexaminer sa stratégie d’exploration dans les eaux chypriotes.

En octobre 2015, alors que venait juste d’être conclu l’accord entre la France et l’Egypte sur la vente des navires Mistral de DCNS, le géant pétrolier français Total avait annoncé qu’il allait étendre un programme d’exploration de gaz naturel en off-shore à Chypre, et ce après que les précédentes opérations de recherche en hydrocarbures  se soient  soldées par des échecs. C’est en effet ce qu’avait alors indiqué le ministre chypriote de l’Energie George Lakkotrypis, lors de sa visite en Égypte, dans le cadre d’entretiens tenus au Caire dans le domaine énergétique,Chypre et Egypte étant fortement liés sur ce dossier.

En septembre 2015, une immense réserve de gaz naturel – Zohr -  a été découvert au large des côtes égyptiennes par le géant pétrolier italien Eni, faisant craindre à Chypre que son exploitation ne diminue fortement à terme la demande de l’Egypte en gaz naturel chypriote. Les responsables égyptiens avaient tenu alors à rassurer Chypre face à ses préoccupations, insistant sur le fait qu’ils conservaient un vif intérêt pour l‘importation de gaz issu du champ chypriote dénommé Aphrodite.

Alors que les ressources en hydrocarbures situées au large de Chypre et d’Israël pourraient être un des enjeux de tout premier ordre dans la guerre du pétrole et du gaz à laquelle se livrent actuellement les grandes puissances mondiales, Nicosie et Le Caire ont  en effet signé en février 2015 un protocole d’accord qui pourrait conduire le gouvernement chypriote à approvisionner en gaz son voisin égyptien via un gazoduc sous-marin (off-shore). Un tel projet permettrait en tout premier lieu à l’Egypte de solutionner son problème de pénurie énergétique, tout en offrant à Chypre la possibilité de s’affranchir d’une éventuelle tutelle financière russe, européenne, ou américaine. Voire israélienne.

Mais si Chypre souhaite réaliser des travaux d’exploration dans le champ gazier Aphrodite  récemment découvert au large du sud-est de l’île, ses réserves estimées ne sont pas assez importantes pour permettre à l’Etat chypriote de développer ses propres infrastructures d’exportation sur la terre ferme. C’est fort d’un tel constat, que le protocole d’accord signé alors autorisait la holding gouvernementale égyptienne Egas et la Compagnie nationale d’hydrocarbures chypriote à examiner des solutions techniques pour transporter le gaz naturel à travers un pipeline off-shore reliant directement le champ d’Aphrodite au territoire égyptien. Rappelons que le champ Aphrodite découvert en 2011 par la compagnie américaine Noble Energy contiendrait, selon les estimations, entre 100 et 170 milliards de m3 de gaz. Des niveaux de réserves toutefois insuffisants pour pouvoir rentabiliser le projet d’usine de gaz naturel liquéfié à Vassilikos, près de la ville côtière chypriote de Limassol, la deuxième ville la plus importante du pays.

L’accord sur l’exportation du gaz chypriote à l’Egypte, destiné à la consommation locale ou à la réexportation, a été signé au final à Nicosie en août 2016 par le ministre de l’Energie Georgios Lakkotrypis et son homologue égyptien du Pétrole et des Ressources minérales, Tarek el-Mala. Le ministre chypriote a indiqué à cette occasion que l’objectif était d’avoir un gazoduc opérationnel pour 2020-2022, espérant que cette signature « contribuera à accélérer les accords commerciaux et créera un cadre d’investissement pour la vente de gaz naturel de Chypre vers l’Egypte ».

Elisabeth Studer – 7 mars 2017 – www.leblogfinance.com

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4 commentaires

  1. retrouvé le retour 8 mars 2017 à 10:26

    « L’exploration de gaz et de pétrole aux fins fonds de la mer Méditerranée orientale »

    ES il ne manque plus qu’une nouvelle fois, une histoire de pétrole dans une autre zone sismique au large du Maroc et pour faire classe un petit coup de gaz de schiste polonais !!
    Pour ce qui est de Chypre la « réunification » de l’île ne saurait se faire avec une partition conçue sur des bases pseudo religieuses !!

    Le pétrole est plus loin va le chercher où il est !! C’est vraiment dommage ce genre de fausse piste.

  2. Elisabeth Studer 8 mars 2017 à 17:05

    ca chauffe au Sahara occidental …. et personne n’en parle ….

  3. Elisabeth Studer 8 mars 2017 à 17:05

    tiens aussi en Birmanie ! là il y a du pétrole …. et Total et Kouchner ! que du beau monde pour vous ! ;-)

  4. retrouvé le retour 8 mars 2017 à 21:34

    2 Des « boatpeople » kouchnerisés en Birmanie ?
    Non je regarde Damir et son frère Sacha. Je pensais que c’était Alexander !! Pas une seule femme voilée aujourd’hui dans le Sarajevo de Mme Servant Schreiber !! Une grosse bouteille de collyre et des lunettes pour toute l’équipe !!!

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