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Airbus A380 : Qatar Airways annule 3 options, par crainte d’un choc pétrolier ?

Déconvenue pour Airbus, déjà empêtré dans l’épineux dossier de l’appareil militaire A400M. Qatar Airways a annulé mercredi ses options pour trois A380, arguant que les 10 exemplaires déjà commandés lui suffisaient. Pour rappel, la compagnie du Golfe doit recevoir cette année ses huitième et neuvième appareils de ce type, et le dernier en 2018. A l’heure actuelle, Qatar Airways exploite sept A380.

« Nous n’avons besoin que de dix A380″, a déclaré son directeur général, Akbar Al Baker, à la presse en marge du salon du tourisme ITB à Berlin, indiquant en parallèle que Qatar Airways avait commandé un grand nombre de gros porteurs A350. De ce fait, la compagnie n’a plus besoin d’un appareil plus grand et plus cher.

Finies donc les belles promesses de mars 2016 … Il y a un an quasiment jour pour jour, le PDG de Qatar Airways avait déclaré que la compagnie aérienne pourrait acquérir des A380 supplémentaires auprès d’Airbus grâce aux bénéfices tirés de la faiblesse des cours du pétrole.

« Qatar Airways pourrait exercer des options d’achat pour trois appareils supplémentaires à la lumière du niveau des cours pétroliers », avait déclaré le dirigeant de la compagnie aérienne. Une telle opération devait représenter un montant de 1,3 milliard de dollars aux prix catalogue.

Akbar Al Baker avait tenu à souligner à cette date que la rentabilité de l’A380 pour les compagnies aériennes dépendait des cours pétroliers. Ainsi, en 2014, Qatar Airways avait demandé à Airbus de retarder d’environ un an la livraison de quatre avions, alors que les prix du baril étaient encore élevés. En mars 2016, la compagnie a demandé à Airbus de reprendre la livraison de ces appareils à partir de la fin de l’année.

Désormais, le cours du pétrole semble reprendre du poil de la bête suite à l‘accord conclu entre pays membres de l’Opep et des pays partenaires tels que la Russie le 30 novembre 2016. Selon certains spécialistes du secteur, le prix du baril pourrait se situer autour des 70 dollars en fin d’année 2017. En un peu plus d’un mois, le prix du baril de brent, la référence européenne, est ainsi passé de 46 à 54 dollars. Quant au WTI, la référence américaine, il grimpait jusqu’à 51 dollars durant la même période contre 46 dollars fin novembre 2016.

En début de semaine, l’Agence internationale de l’Energie a  déclaré que la possibilité d’un choc pétrolier n’était pas à exclure d’ici trois ans, pointant du doigt le manque d’investissements du secteur, lesquels qui ont chuté de 26% en 2016. Selon elle les investissements ne sont pas à la hauteur des prévisions de la demande, et la pénurie pourrait poindre à l’horizon si l’on n’y prenait garde. En vue d’éviter une flambée du prix du pétrole que pourrait engendrer une consommation en hausse constante jusqu’en 2022, l’AIE exhorte désormais l’industrie pétrolière à investir davantage dans les capacités de production. Elle réitère ainsi son avertissement déjà formulé en novembre dernier.

Sources : Reuters, Dow Jones Newswires, Air Journal

Elisabeth Studer – 8 mars 2017 – www.leblogfinance.com

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