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La Pologne s’alarme de l’UE à plusieurs vitesses prônée par Merkel à Malte

Réagissant aux propos de la chancelière allemande Angela Merkel, le chef du parti conservateur nationaliste au pouvoir en Pologne, Jaroslaw Kaczynski, a prévenu mercredi qu’une Europe à « différentes vitesses » évoquée par certains dirigeants de l’UE conduirait à son « éclatement ».

Au lendemain de sa rencontre à Varsovie avec Mme Merkel, M. Kaczynski a estimé dans le cadre d’un entretien avec des journalistes de médias publics a ainsi estimé qu’une Europe à différentes vitesses était « une idée pour faire éclater et, en fait, pour annihiler l’Union européenne dans le sens actuel du terme ».

Rappelons que si le chef du parti conservateur nationaliste polonais n’occupe certes aucune fonction institutionnelle au sein du pays, il est toutefois considéré comme l’inspirateur de toutes les décisions importantes du gouvernement polonais.

Selon Jaroslaw Kaczynski, il faut au contraire chercher d’autres solutions pour l’avenir européen, notamment « une réforme qui renforcera les Etats européens ».

Ses propos interviennent alors que vendredi dernier, à Malte, à l’issue d’un sommet informel portant notamment sur l’avenir de l’UE – les dirigeants européens ayant été appelés à réfléchir ensemble sur leur vision de l’Union européenne, à l’approche du 60 ème anniversaire du traité de Rome – Angela Merkel avait estimé que les dirigeants de l’UE pourraient choisir d’opter pour une Europe à « plusieurs vitesses » dans les prochaines années, ajoutant « que tous les Etats » n’allaient pas « participer à chaque fois à toutes les étapes d’intégration ». La chancelière a même proposé que cette idée se retrouve intégrée dans la déclaration que préparent les Européens pour l’anniversaire du traité de Rome, le 25 mars prochain, qui doit fixer un nouveau cap pour l’avenir du projet européen.

Pour rappel, l’Europe «à plusieurs vitesses» désigne l’idée d’un mode d’intégration différenciée selon lequel la poursuite d’objectifs communs est le fait d’un groupe de pays de l’UE à la fois capables et désireux de progresser, impliquant l’idée que les autres suivront ultérieurement.

La France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne seraient prêt à afficher plus d’ambition et à multiplier les coopérations renforcées. Les déclarations d’unité face à la « menace Trump » et aux défis du Brexit se seraient-elles déjà envolées ? Ironie de l’Histoire, les dirigeants les plus en faveur d’une UE à plusieurs vitesses sont issus des six pays fondateurs de la communauté européenne en 1957.

Adhérant à la proposition d’Angela Merkel, les Etats du Benelux ont quant à eux présenté une déclaration commune, dans laquelle ils pointent le fait que « les différentes voies de l’intégration et de la coopération renforcée fournissent des réponses efficaces aux défis qui touchent les Etats membres de façon différente ». Le texte met également l’accent sur les principes de « subsidiarité et de proportionnalité », suggérant que  l’UE ne fasse « que ce que les États membres ne sont pas en mesure d’offrir eux-mêmes à leurs citoyens ».

Des propos rédigés en réaction aux critiques énoncées à l’encontre d’une Europe qui fait trop de choses et doit se recentrer sur les domaines où sa « valeur ajoutée » est sans équivoque, comme la sécurité, le commerce et le climat.

Alors que l’idée prônée par la chancelière allemande a également été reprise par le chef du gouvernement italien Paolo Gentiloni, François Hollande a admis pour sa part que cette Europe à plusieurs vitesses sera « une des voies possibles, pour qu’à Rome, nous puissions dire ce que nous voulons faire tous, et puis certains en Europe davantage».
La méfiance affichée par certains pays de l’Est, tels que la Pologne et la Hongrie à l’égard de l’Union européenne et de ses institutions poussent les Européens de la première heure à vouloir accélérer l’intégration.

Vendredi dernier, le Chef de l’Etat français a directement pointé du doigt ces pays, les accusant implicitement de refuser de jouer le jeu de la solidarité de l’Europe, notamment sur la question des réfugiés.

« L’Union européenne n’est pas un tiroir-caisse, elle n’est pas un self-service où l’on prend des fonds structurels et où l’on accède au marché intérieur » et où « on est solidaires de rien ». « Ceux qui voudraient s’éloigner, qu’ils en mesurent les risques », a-t-il averti.

Au delà de l’épineux problème des migrants, les divisions avec les pays de l’Est concernent également la politique énergétique, fiscale et sociale, la diplomatie et la sécurité de l’UE. Varsovie se montre très proche de l’Otan et le gouvernement polonais a salué avec enthousiasme l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche … se félicitant de sa politique anti-immigration. La Hongrie et la Pologne sont également en faveur d’une Europe moins pesante et plaident ouvertement pour un rapatriement de compétences au profit des Etats.

Sources : Reuters, Législation européenne, AFP, les Echos

Elisabeth Studer – 9 février 2017 – www.leblogfinance.com

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9 commentaires

  1. retrouvé le retour 10 février 2017 à 00:17

    Il faut faire l’Europe et les Polonais trempés dans l’eau bénite ne sont pas toujours de bons clients !! Des qu’ils peuvent, en particulier, ils se prennent des enfants de Margaret Hilda, baronne Thatcher (née Roberts) souvent même ils se rêvent de l’autre côté de 8000 km d’eau salée.
    La vérité c’est qu’ils sont entre les Allemands et les Russes !! A réfléchir !!

  2. retrouvé le retour 10 février 2017 à 22:56

    Nous devons fabriquer une véritable EUROPE en marginalisant tous les pingouins qui jouent actuellement une pseudo-europe de pacotille !!
    Nos voisins sont la Russie et le monde musulman.
    Les anglo-saxons ne sont que des merdes lointaines en perte de vitesse.

  3. Elisabeth Studer 11 février 2017 à 00:40

    Pologne : la Première ministre hospitalisée après un accident de voiture

    AFP10/02/2017

    La Première ministre polonaise Beata Szydlo a été hospitalisée vendredi pour « subir des examens » après un accident de voiture à Oswiecim dans le sud de la Pologne.

    A la suite d’une collision avec une petite Fiat 600 conduite par un jeune homme de 21 ans, la limousine de fonction de Mme Szydlo a quitté la route et a percuté un arbre, l’avant du véhicule subissant d’importants dommages, d’après les images des télévisions polonaises et les indications de la police locale.
    « L’état de la Première ministre est bon. Elle doit subir des examens supplémentaires à Varsovie », a indiqué son porte-parole Rafal Bochenek sur son compte Twitter.

    Les journalistes arrivés devant l’hôpital d’Oswiecim où elle avait d’abord été transportée en ambulance ont vu décoller un hélicoptère médicalisé qui devait la transporter vers un hôpital de la capitale. A l’hôpital d’Oswiecim, où Mme Szydlo avait subi de premiers examens, son état a été jugé « stable » et « sans danger », par les médecins interrogés au téléphone par les médias.
    Deux fonctionnaires du service de protection du gouvernement, dont le conducteur de la voiture de Mme Szydlo, ont également été hospitalisés, l’un d’entre eux étant sérieusement touché aux jambes.

    Le parquet national a annoncé l’ouverture d’une enquête.

    A Varsovie, lors du rassemblement mensuel en hommage aux victimes de la catastrophe aérienne de Smolensk de 2010, où le président Lech Kaczynski avait trouvé la mort, son frère Jaroslaw Kaczynski, chef du parti au pouvoir, a évoqué l’accident de la chef du gouvernement. « Beata, nous sommes avec toi. Nous sommes convaincus qu’après un bref séjour à l’hôpital tu seras de retour avec nous, à la tête du gouvernement », a-t-il dit.

    Il s’agit du quatrième accident de la route touchant un haut responsable polonais en moins d’un an. La limousine blindée du président Andrzej Duda avait atterri dans un fossé en mars 2016. Plusieurs véhicules de la colonne transportant Mme Szydlo – mais pas le sien – étaient entrés en collision en novembre lors d’une visite en Israël, tandis que le mois dernier un carambolage similaire avait impliqué deux véhicules du convoi transportant le ministre de la Défense Antoni Macierewicz. Celui-ci n’avait pas été blessé.

  4. retrouvé le retour 18 février 2017 à 11:11

    Toutes ces médailles pendues au rétroviseurs et cette odeur d’eau bénite stagnante ne permettent pas à coup sur de bénéficier de la protection céleste !!
    C’est un peu compliqué le blasphème en Pologne, mais on peut trouver des complices, même chez les membres de l’armée du pape, c’est merveilleux. Un vrai miracle ! :) :)

    Pour les autres, si ces crétins pensent qu’ils vont réussir a organiser le monde au futur avec toutes les casseroles que contiennent leurs textes, ils se mettent le doigt dans l’oeil.

    http://www.ledevoir.com/politique/canada/491834/le-droit-de-critiquer-l-islam

    Tous ces partisans de la solution avec une multitude d’états religieux et des « réserves » sont de vulgaires criminels!! :( :(

  5. retrouvé le retour 18 février 2017 à 15:08

    http://www.ledevoir.com/politique/quebec/491717/laicite-une-benediction-pour-couillard

    Trop drôle London est utilisé comme un hub par toutes les compagnies aériennes de la couillonsphère !! Ils me fatiguent ces nuls de me poser comme une merde à London !!

    Première chose pour réembarquer: « shoes !! shoes !! » Il faut jouer la mosquée !! Manque plus que le robinet sur le tapis roulant.
    Trop bien les cocos je vais faire sortir le staff pour au moins voir la tête du chef !! :) shoes, connais pas, donc là il faut continuer à garder ses chaussures et bien regarder !!
    Tout le monde s’énerve et là le chef qui pointe le nez c’est un sikh qui pointe le nez avec son déguisement militarisé, incroyable !! Un uniforme commandé par une religion !!

  6. retrouvé le retour 19 février 2017 à 00:46

    Fin novembre 1918, la famille attend des nouvelles de Baptiste, Mon grand père son frère, gravement mutilé est encore à l’hôpital militaire, En 1920 après des démarches humiliantes imposées par le Ministère de la Guerre, sa mère et le dernier des trois fils partent vers la marne arracher le corps de baptiste aux alignements du cimetière militaire pour le mettre dans la tombe de son père qui vient de mourir.
    La farce du « devoir de mémoire » se fera sans eux.

  7. retrouvé le retour 19 février 2017 à 10:35

    sans commentaires

    http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/491886/bouchard-et-taylor-desormais-divises

    Le Quebec trempé à l’origine dans l’eau bénite, essaie de se libérer, et voilà que pointent le communautarisme et les obligations religieuses « pas graves », avec en premier lieu les costards et autres déguisements. Sans parler de ce que l’on est obligé de porter en dessous pour préserver sa vertu contre le péché « féminin » !!

  8. Elisabeth Studer 1 avril 2017 à 22:08

    La Hongrie lance une consultation populaire anti-UE

    AFP01/04/2017

    La Hongrie a lancé samedi une campagne anti-européenne en demandant aux citoyens leur avis sur comment faire face aux politiques de Bruxelles qui, selon le gouvernement, menacent leur indépendance.

    Le questionnaire, intitulé « Stoppons Bruxelles! », a été envoyé à chaque foyer, a annoncé un haut responsable du gouvernement en lançant officiellement la campagne. « De grandes décisions et des combats sont à venir, et (la Hongrie) ne peut en sortir victorieuse que si elle a le soutien de tout le pays », a déclaré Bence Tuzson.

    Le questionnaire comporte six questions, portant principalement sur la question de l’immigration. « Que doit faire la Hongrie lorsque, en dépit d’une récente série d’attaques terroristes en Europe, Bruxelles veut la forcer à laisser entrer des migrants entrés illégalement? », est l’une des questions – qui comme réponse donne le choix entre « permettre à ces migrants de circuler librement dans le pays » ou bien « les maintenir sous surveillance en attendant que les autorités statuent sur leur cas ».
    Le gouvernement du Premier ministre nationaliste Viktor Orban a ordonné, avec des règles entrées en vigueur la semaine dernière, la détention indéfinie des migrants dans des camps à la frontière.

    Une autre question porte sur les organisations non-gouvernementales (ONG) internationales qui selon le gouvernement soutiennent l’immigration illégale ou « s’ingèrent » dans les affaires intérieures du pays. Depuis des mois, le gouvernement hongrois tente de réprimer diverses ONG qu’il qualifie de « politiques » ou de « militants mercenaires » – en particulier celles fondées par le milliardaire d’origine hongroise George Soros.

    En 2015, une « consultation nationale » du même type avait été menée, cette fois portant sur « l’immigration et le terrorisme ». Elle avait été largement critiquée, notamment par l’agence de l’ONU pour les réfugiés, le HCR, qui y voyait un risque de renforcer la xénophobie dans le pays.

    En octobre dernier un référendum organisé par M. Orban contre les quotas de réfugiés de l’Union européenne avait recueilli une large majorité des votants, mais n’avait pas été validé en raison d’une faible participation.

  9. retrouvé le retour 2 avril 2017 à 15:25

    Les Z’ONG, c’est maintenant un truc de « bobos » style XVIème, et ça fait mal !! La meilleures connue c’est RSF (reporters Sans Frontières) avec son co-fondateur Monsieur Ménard maire de Béziers, Je ne sais pas où Monsieur Soros va se faire couronner maire ! Il pense peut-être à la royauté !! Vive la REPUBLIQUE

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