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La Pologne s’attaque à la suprématie gazière de la Russie

Bouleversement au niveau géopolitique et énergétique à prévoir … la Pologne venant de voir  le premier navire méthanier arriver vendredi à son tout nouveau terminal LNG. Joli pied de nez au géant gazier russe Gazprom, le pays tentant de s’affranchir de la suprématie russe dans le but de devenir un important acteur régional en matière de gaz.

Le méthanier Al-Nuaman, Affrété par Qatargas, a ainsi apporté dans ses réservoirs 206.000 m3 de LNG, dans le cadre du premier chargement commercial arrivé à Swinoujscie et destiné au gazier polonais PGNiG.

« Pour la Pologne, c’est être ou ne pas être inondée par le gaz russe », a déclaré à cette occasion Jacek Cwiek-Karpowicz, expert en énergie de l’Institut polonais des affaires étrangères PISM. Ajoutant qu’il s’agissait aussi de montrer que des alternatives étaient disponibles. Selon lui, la Pologne aurait ainsi une chance de devenir à terme la porte de l’Europe centrale pour le gaz.

Précisons que le terminal de Swinoujscie figure parmi le mécanisme énergétique mis en place par Varsovie pour s’affranchir des livraisons russes, via les projets « Porte du nord » et « Couloir du nord. » Il constitue l’élément le plus important dans l’infrastructure gazière de la Pologne qui soit libre de toute interférence russe. Selon un rapport du centre d’études et d’analyses américain CEPA, une telle structure change la donne énergétique dans la région.

D’un coût de construction de 720 millions d’euros, le terminal aura une capacité annuelle initiale de transbordement de 5 milliards de m3, qui pourra être portée ensuite à 7,5 milliards de m3, soit la moitié du gaz consommé par la Pologne. Rappelons qu’à l’heure actuelle, un tiers du gaz consommé en Pologne provient de ses propres ressources, environ 40% est importé de Russie et 20% d’Asie.

En vue de construire de son indépendance énergétique, le pays a fortement modernisé son système gazier ces dernières années, construisant des centaines de kilomètres de gazoducs et d’importants réservoirs souterrains, ainsi que des interconnexions avec les pays voisins. Le gouvernement envisage également de construire un deuxième terminal LNG, flottant, près de Gdansk, comparable à celui qui fonctionne en Lituanie. La construction d’un gazoduc, Baltic Pipe, reliant la Pologne au Danemark, qui lui permettrait de recevoir du gaz norvégien est également à l’étude. Varsovie et Copenhague ont annoncé la relance de ce projet en avril dernier. A terme, la Pologne veut importer jusqu’à 18 milliards de m3 de gaz par la Porte du nord, en réexportant la moitié vers d’autres pays d’Europe centrale.

Fin mai, Piotr Naimski, le responsable gouvernemental aux infrastructures énergétiques polonais a déclaré que la Pologne ne devrait pas prolonger le contrat gazier à long terme dénommé « Iamal » après 2022. « Nous allons chercher d’autres solutions et contrats, » a-t-il ajouté, rappelant que le prix que la Pologne payait pour le gaz russe était le plus élevé en Europe.

Des propos qui ont provoqué le mépris du président russe, Vladimir Poutine.  Lequel a estimé que de toute manière le gaz du gisement russe qui a donné nom au contrat trouverait un acquéreur. « Si on n’en trouve pas en Europe on cherchera sur d’autres marchés », a-t-il déclaré. Laissant également entendre qu’il n’était pas duper et que le discours de la Pologne était avant tout destiné à obtenir un rabais sur les prix et un alignement par rapport aux tarifs pratiqués envers les autres payse.

En décembre 2015, à l’occasion de l’inauguration du terminal, Marek Grobarczyk, ministre polonais de la Mer, avait indiqué pour sa part que cette livraison constituait « une mesure de diversification et de négociation avec Gazprom ». Marek Grobarczyk estimait alors par ailleurs que le terminal gazier de Swinoujscie offre à la Pologne une bien meilleure position dans les négociations avec le géant gazier russe. Selon lui, il s’agit d’une diversification réelle des livraisons du gaz en Europe de l’Est et Europe Centrale. Diversification qui permet de faire marcher la concurrence et de pouvoir réellement négocier, une alternative à l’achat de gaz russe étant désormais possible.

Rappelons que c’est en juin 2009, que la Pologne a signé avec la société Qatargas un contrat d’une durée de 20 ans, qui permettra au pays de recevoir annuellement environ 1,5 milliard de m³ de gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance du Qatar. En octobre 2012, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) avait annoncé avoir accordé un prêt d’une valeur de 75 millions d’euros étalé sur 12 ans à l’opérateur de réseau gazier polonais Gaz-System, afin d’entamer la construction du terminal. Le reste du financement, d’un montant total de 660 millions d’euros, devait provenir de subventions de la Commission européenne, de la Banque européenne d’investissement et des recettes de l’entreprise.

« Avec ce projet, la Pologne pourra pour la première fois recevoir un tiers de son approvisionnement en gaz d’un autre pays que la Russie  », avait alors déclaré Ricardo Puliti, le directeur de la BERD pour l’énergie et les ressources naturelles. Ajoutant que cette modification faisait partie d’une stratégie destinée à assurer la sécurité d’approvisionnement énergétique en Europe du Sud-Est. « Ce projet est d’une importance capitale, car il permettra de fournir plus de gaz aux pays voisins, à savoir la Slovaquie, la Hongrie et la République tchèque, ainsi qu’à « l’Europe centrale dans son ensemble », avait-il précisé.

Ces nouvelles installations sur la mer Baltique permettront en effet à la Pologne et à ses voisins dépourvus d’accès à la mer d’Europe centrale et orientale d’accéder au marché mondial du GNL. Offrant une solution alternative au gaz en provenance des gazoducs du géant gazier russe, Gazprom.

Le terminal sera fourni en gaz indexé sur le pétrole provenant du Qatar, le plus grand producteur de gaz liquéfié au monde, mais les deux tiers de sa capacité d’importation devraient être réservés au marché spot, ce qui pourrait ouvrir la voie à une énergie meilleure marché. « Le gaz livré par transport maritime par Qatargas sapera probablement les gazoducs russes et réduira leur position dominante en Pologne », avait alors affirmé M. Puliti.

La Russie devrait donc avoir du souci à se faire si elle souhaite maintenir sa domination sur l’approvisionnement énergétique et le transit gazier dans la région. Ainsi, si à l’heure actuelle, la Slovaquie, la République tchèque et la Hongrie ne disposent d’aucune alternative à Gazprom, Prague a d’ores et déjà exprimé son intérêt pour les futures livraisons via la Pologne.

Mercredi dernier, l’Ukraine a annoncé la construction, dès 2017, d’un gazoduc la reliant à la Pologne. Doté d’une capacité initiale de 5 milliards de m3, cette dernière pourrait être portée à terme à 8 mds m3.

Une étape décisive dans la stratégie mise en œuvre pour mettre fin à l’isolement énergétique des pays baltes dans l’UE et de leur dépendance vis-à-vis de la Russie a été franchi en 2015 avec la signature à Bruxelles d’un accord financier pour la construction d’un gazoduc entre la Pologne et la Lituanie, financé en partie par l’UE.  Le coût de ce gazoduc long de 534 km, qui doit pouvoir transporter 2,4 milliards de mètres cubes par an de Pologne vers la Lituanie et un milliard dans l’autre sens, se monte à 558 millions d’euros, dont 300 millions déboursés par l’UE. Il doit être opérationnel dès 2020.

En avril 2015, les Premiers ministres estonien, letton et lituanien ont appelé l’UE et la Pologne à accélérer le bouclage de son budget, les Pays Baltes redoutant que le Kremlin ne cherche à déstabiliser les contrées autrefois sous la coupe de Moscou.

D’autres projets sont également en développement dans la région, comprenant le renforcement du réseau de gazoducs des pays baltes et l’interconnexion entre la Pologne et le Danemark.

Sources : Sources : AFP, EurActiv

Elisabeth Studer – 19 juin 2016 – www.leblogfinance.com

A lire également :

La Lituanie se tourne vers les USA pour s’approvisionner en gaz, stratégie pour affaiblir la Russie ?

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37 commentaires

  1. Dubai Corporate 20 juin 2016 à 14:35

    la Pologne a le droit de chercher son indépendance énergétique, mais je pense qu’il y a une stratégie européenne pour affaiblir l’économie russe, je vois que c’est une sorte d’une nouvelle guerre froide entre la Russe et l’union européenne.

  2. Elisabeth S 20 juin 2016 à 19:31

    oui, tout à fait. d’autant plus quand l’Europe met en avant le financement de cette stratégie. attention au retour de baton dans les contrats entre Russie et UE …

  3. Elisabeth S 20 juin 2016 à 19:36

    attention également :
    Etat de droit : Bruxelles adresse un avertissement formel à la Pologne 01/06/2016

    Les réformes controversées menées par le gouvernement polonais ont conduit Bruxelles à lui adresser un avertissement formel.

    La Commission européenne a annoncé mercredi avoir adopté son “avis sur l’Etat de droit” en Pologne, un document qui constitue un “avertissement” formel au gouvernement polonais après ses réformes controversées, notamment de son tribunal constitutionnel.

    Une procédure inédite. “Nous avons décidé aujourd’hui d’envoyer un avis sur l’Etat de droit aux autorités polonaises”, a annoncé le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, regrettant que Varsovie et Bruxelles “n’aient pas encore réussi à trouver des solutions”. L’adoption de cet “avis” constitue une nouvelle étape dans la procédure inédite déclenchée par la Commission à l’encontre de Varsovie, et qui peut aboutir en dernier recours à des sanctions comme une suspension des droits de vote polonais dans l’UE.

    Rien de définitif. “Je ne veux pas spéculer sur de prochaines étapes, je nous vois encore dans un processus de dialogue”, a estimé Frans Timmermans, qui a indiqué avoir eu encore une conversation téléphonique mardi avec la cheffe du gouvernement polonais, Beata Szydlo. Parmi les réformes du gouvernement polonais, Bruxelles s’inquiète en particulier du mode de nomination des juges du Tribunal constitutionnel et de l’effectivité du contrôle constitutionnel des nouvelles lois adoptées et promulguées en 2016.

    Pas d’ingérence. L’avis de la Commission est “un instrument”, qui doit aider “à sortir de la crise actuelle” en Pologne, a-t-il dit lors d’une conférence de presse, tout en assurant que la Commission “n’a pas l’intention et ne veut pas s’ingérer dans le débat politique en Pologne”. Dans un document publié au préalable décrivant de manière générale la procédure en cours, l’exécutif européen explique que l’envoi d’un tel avis “constitue un avertissement pour l’Etat membre et donne à celui-ci la possibilité de réagir”.

    La Pologne dispose désormais de deux semaines pour présenter ses observations à la Commission, laquelle pourra ensuite “formuler une recommandation” si ses préoccupations n’ont pas été levées “dans un délai raisonnable”. Ce n’est que faute d’une réponse satisfaisante à cette recommandation que pourrait être déclenchée “la procédure de l’article 7″, qui permet de sanctionner un pays violant les valeurs démocratiques européennes.

  4. Elisabeth S 20 juin 2016 à 19:38

    La Commission européenne contre la démocratie polonaise

    Olivier Bault7 juin 2016Nouvelles d’Europe4 CommentairesVues : 38461
    C’était prévu pour le 23 mai, mais c’est finalement le 1er juin que la Commission européenne a adopté un avis négatif sur l’État de droit en Pologne. Un avis motivé par le conflit autour du Tribunal constitutionnel polonais. Ceci alors que la majorité parlementaire conservatrice (PiS) multiplie les ouvertures et les propositions de compromis. Malheureusement, la première réaction qui a suivi l’annonce de l’avis adopté par la Commission de Bruxelles a été une nouvelle crispation de l’opposition libérale constituée par le parti PO, qui a gouverné en coalition avec le parti « paysan » PSL de 2007 à 2015, et par le parti Nowoczesna créé pour les élections législatives d’octobre 2015 afin de récupérer les électeurs déçus par le PO.

    L’ancien partenaire du PO, le parti PSL, s’est au contraire engagé dans un dialogue avec le PiS pour chercher ensemble des solutions. Le leader du SLD, parti social-démocrate issu de l’ancien parti communiste qui n’a plus aucun député au parlement depuis les élections d’octobre 2015, critique lui aussi le jusqu’au-boutisme du PO et de Nowoczesna et leurs appels à une intervention de l’UE. Il est rejoint en cela par un autre parti d’opposition, plus proche idéologiquement du PiS, le nouveau parti Kukiz’15 du rocker Pawe? Kukiz (arrivé troisième aux élections présidentielles de mai 2015 avec 20 % des voix). Ainsi, dans un paysage politique morcelé, la Commission européenne semble avoir choisi de soutenir l’opposition la plus dure, renforçant ainsi l’euroscepticisme grandissant de la droite conservatrice polonaise traditionnellement favorable à l’Union européenne.

    L’avis négatif de la Commission avait circulé dans les médias polonais dès le 20 mai suite à une fuite. Pire encore, une autre fuite dans les médias polonais a montré que le président du Tribunal constitutionnel Andrzej Rzepli?ski ainsi que deux autres juges du Tribunal ont rencontré à plusieurs reprises en mai des représentant de Frans Timmermans, premier vice-président de la Commission européenne chargé de l’Amélioration de la législation, des Relations inter-institutionnelles, de l’État de droit et de la Charte des droits fondamentaux. Un document rédigé en anglais aurait même été envoyé à la Commission depuis le Tribunal constitutionnel avec les explications et commentaires du Tribunal sur le nouveau projet de loi du 29 avril 2016 régulant le fonctionnement du Tribunal constitutionnel. De telles consultations sont tout à fait contraires à la règle d’indépendance et d’impartialité des juges prévue par la constitution polonaise.

    Dans une interview accordée à l’hebdomadaire conservateur Do Rzeczy du 30 mai, le leader du PiS explique que son parti peut accepter différents compromis sur de nouvelles règles de fonctionnement du Tribunal constitutionnel (selon la constitution polonaise, c’est au parlement de définir ces règles) en tenant compte pour une bonne part des recommandations de la Commission de Venise du 12 mars 2016. Des recommandations qui ont servi de base à la résolution du 13 avril, par laquelle le Parlement européen demandait à Varsovie de publier et appliquer les résolutions de son Tribunal constitutionnel. Mais il explique aussi qu’il ne peut pas, comme le demande la Commission européenne, publier la décision rendue le 9 mars 2016 par le Tribunal constitutionnel en violation de la loi sur son fonctionnement alors en vigueur (avec les amendements adoptés par la nouvelle majorité parlementaire le 22 décembre 2015). En effet, ce serait accepter que les juges de ce Tribunal (nommés majoritairement par l’ancienne majorité PO-PSL) puissent eux-mêmes violer la constitution polonaise et se constituer comme souverain ultime, par une application sélective des règles constitutionnelles. Pour Jaros?aw Kaczy?ski, un juriste qui a terminé ses études de droit à l’université de Varsovie en même temps qu’Andrzej Rzepli?ski, le président du Tribunal constitutionnel, la Commission européenne semble ignorer que la constitution polonaise ne parle pas que d’un État de droit mais d’un État de droit démocratique, ce qui signifie que le peuple, représenté par le parlement, est le détenteur ultime de la souveraineté.

    Le 26 avril, la Cour suprême polonaise prenait parti pour le Tribunal constitutionnel en affirmant que les décisions de ce dernier s’appliquent sans qu’elles aient besoin d’être publiées (la constitution parle au contraire d’une prise d’effet au moment de leur publication). Peu avant, le 20 avril, le directeur du département de la jurisprudence et des études du Tribunal constitutionnel expliquait à la télévision publique que les décisions rendues par le Tribunal constitutionnel ne faisaient pas toujours effet et n’avaient pas toujours force de loi puisque ce tribunal est soumis comme les autres à l’exigence de respect de la loi en vigueur. Une interprétation qui semblait donner raison au gouvernement de Beata Szyd?o et qui valut à son auteur, le professeur Kamil Zaradkiewicz, également maître de recherches à l’université de Varsovie, de dures sanctions disciplinaires de la part du Tribunal constitutionnel. Des sanctions qui ont poussé une vingtaine de professeurs de droit de l’université de Varsovie à publier une lettre ouverte au président du Tribunal constitutionnel pour s’inquiéter de cette violation flagrante de la liberté d’expression garantie par la constitution, qui plus est à l’encontre d’un universitaire.

    Le conflit polono-polonais s’inscrit donc dans la dérive vers une sorte de dictature des juges que l’on observe depuis plusieurs décennies des deux côtés de l’Atlantique. Les fonctionnaires non élus de la Commission européenne, outre qu’ils s’ingèrent dans la politique intérieure d’un État membre en prenant clairement parti pour son opposition libérale et européiste, ont décidé de soutenir le pouvoir arbitraire et illimité de juges non élus.

    Aux yeux du PiS, l’attitude de la Commission européenne ressemble aussi beaucoup à ce qui s’était passé il y a quelques années avec la Hongrie et elle montre une nouvelle fois que les institutions de l’UE traitent les États de l’ex-bloc de l’Est comme des membres de seconde zone. Par conséquent, il s’agit pour la Pologne de faire respecter malgré tout sa souveraineté face à Bruxelles, mais aussi face à Berlin qui a des intérêts économiques importants sur les bords de la Vistule.
    ***************************************************
    Les dirigeants polonais comptent sur le soutien non seulement de la Hongrie mais aussi d’autres pays de la région qui partagent leur point de vue pour bloquer toute procédure de sanctions que la Commission européenne pourrait vouloir lancer.
    Au final, c’est toute l’Union européenne qui ressortira affaiblie des ingérences de la Commission dans les affaires intérieures polonaises. Les partisans de l’intégration européenne, plutôt que de se réjouir des résolutions inutiles et mal informées du Parlement européen et des agissements d’une Commission soumise aux lobbies, feraient mieux de s’en inquiéter.

  5. Elisabeth S 20 juin 2016 à 19:39

    iolation de l’Etat de droit : que risque véritablement la Pologne ?
    Marc GERARD 2 semaines ago Actualités analysées, Europe Leave a comment

    Sommée par Bruxelles depuis plusieurs mois de revenir sur les réformes engagées menaçant l’Etat de droit, la Pologne, gouvernée par le parti très conservateur Droit et justice, s’expose à des sanctions inédites. Mercredi dernier, l’adoption d’un « avis » formel par la Commission européenne marque le premier pas d’une procédure exceptionnelle.

    Les rencontres entre Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne, et Beata Szydlo, chef du gouvernement polonais, n’ont pas empêché la mise en place d’une procédure exceptionnelle à l’encontre de la Pologne pour non respect de l’Etat de droit.
    Les rencontres entre Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne, et Beata Szydlo, chef du gouvernement polonais, n’ont pas empêché la mise en place d’une procédure exceptionnelle à l’encontre de la Pologne pour non respect de l’Etat de droit.
    A la suite de la victoire du parti Droit et justice (PiS) en novembre 2015, la Pologne, par le biais de son président Andrzej Duda et de la chef du Gouvernement Beata Szydlo, a amorcé des réformes contestées au sein des médias et de l’armée notamment. Cependant, c’est la réforme du Tribunal constitutionnel qui a amené la Commission européenne, par la voix de son vice-président Frans Timmermans, à émettre un « avis » sur l’Etat de droit dans le pays. Plusieurs recommandations y sont faites parmi lesquelles l’annulation de la nomination de trois juges acquis au PiS au Tribunal constitutionnel, la mise en œuvre de tous les arrêts rendus par le Tribunal constitutionnel depuis le 9 mars et le retour sur la loi du 22 décembre 2015, qui modifie le fonctionnement du Tribunal.

    Cet « avis » s’inscrit dans une démarche de dernier recours puisque Timmermans a multiplié les contacts et les discussions avec Varsovie (il y était encore le 24 mai dernier), espérant une évolution du gouvernement polonais. De plus, les instances européennes sont longtemps restées réticentes à l’adoption de cet « avis » de peur de se voir accusées d’ingérence, alors que se profile le référendum britannique sur l’appartenance à l’Union Européenne. Cependant, l’annonce n’a pas fait flanché le gouvernement polonais qui s’est montré uni contre cette décision européenne qualifiée de « suggestion qui ne nous oblige à rien » par le ministre des Affaires étrangères, Witold Waszczykowski, ou encore comme une volonté de « nuire à un gouvernement qui ne lui convient pas », selon Zbigniew Ziobro, le ministre de la Justice.

    La menace de l’article 7 du Traité de Lisbonne

    Désormais, la Pologne est invitée à envoyer ses « observations » en réponse à l’« avis ». Ceci constitue la première étape de la « procédure pré-article 7 », créée par l’ancien président de la Commission, José Manuel Barroso. Dans un deuxième temps, si le problème n’a pas trouvé de solution, la procédure prévoit l’envoi par la Commission d’une «recommandation État de droit», publique cette fois-ci, avec une exigence de résolution des problèmes définis dans un délai imparti. Dans un troisième et dernier temps, la Commission devra contrôler le suivi donné à sa recommandation par l’État membre. Faute de suivi positif, la Commission peut recourir à l’un des mécanismes prévus à l’article 7 du traité de Lisbonne. Cet article, encore jamais activé contre un Etat membre, prévoit, en cas d’atteintes graves à la dignité humaine, à la liberté, à la démocratie, à l’égalité, à l’État de droit ou aux droits de l’Homme, une suspension des droits en tant que pays membre de l’UE et notamment la perte du droit de vote au Conseil européen.

    Si les sanctions encourues par la Pologne sont exceptionnelles, l’arsenal législatif et judiciaire de l’Union Européenne pourrait se retourner contre elle. En effet, dans un tout récent entretien, le président de Droit et justice, Jaroslaw Kaczynski, a qualifié les agissements de Bruxelles « d’attentat contre la souveraineté » polonaise et a menacé de porter la procédure de la Commission européenne devant la Cour de justice de l’UE. Alors que la montée des euroscepticismes se fait de plus en plus présente, l’affrontement entre la Pologne et Bruxelles ne semble pas prêt de trouver une issue rapidement.

  6. retrouvé le retour 20 juin 2016 à 23:30

    “Ceci alors que la majorité parlementaire conservatrice (PiS)”
    Les “conservateurs” sont surtout la très grande majorité des Polonais trempés des la naissance dans l’eau bénite !! qui refusent par exemple de regarder flotter comme sur notre Tour Eiffel, le drapeau du Mariage Anal !
    Ca sent le roussi pour ce crétin de Donald Tusk placé là où il dort par les Zamerloques !!

  7. Elisabeth S 21 juin 2016 à 00:20

    mais la Pologne risque de sortir le chantage de l’approvisionnement en gaz de l’Europe ….

  8. Elisabeth S 21 juin 2016 à 00:22

    a noetr egalement que Donald Tusk est le président du Conseil européen …

  9. Elisabeth S 21 juin 2016 à 00:33

    et comme par hasard …

    Barack Obama ira au sommet de l’Otan en Pologne en juillet
    WASHINGTON (Reuters) – Barack Obama participera au sommet de l’Otan du 7 au 9 juillet à Varsovie et aura des entretiens avec le président polonais, Andrzej Duda, sur les questions de sécurité, a annoncé la Maison blanche dans un communiqué diffusé lundi.

    Le président américain se rendra ensuite du 9 au 11 juillet en Espagne, membre de l’Alliance atlantique, dont il rencontrera les dirigeants.

    Au cours de ce sommet, l’Otan devrait approuver le déploiement de troupes alliées supplémentaires en Europe de l’Est.

    L’anonce de cette visite de Barack Obama a coïncidé avec le début lundi en Pologne d’importantes manoeuvres militaires auxquels participent une vingtaine de pays de l’Otan et d’Etats partenaires comme la Suède et la Finlande.
    Ces exercices, qui visent à rassurer les pays d’Europe de l’Est face aux initiatives de la Russie en Ukraine, sont de nature à tendre un peu plus les relations entre Moscou et les Occidentaux.

    “Nous ne dissimulons pas notre appréciation négative du déplacement vers nos frontières des infrastructures militaires de l’Otan et de l’implication de nouveaux Etats dans les activités militaires du bloc”, a déclaré à Moscou le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, qui recevait son homologue finlandais, Timo Soini.

    Sergueï Lavrov a invoqué le “droit souverain” de la Russie “à assurer sa sécurité par des mesures adaptées aux risques actuels”.

    Pendant plus de dix jours, 30.000 soldats, dont 14.000 américains, et un important nombre de véhicules, d’avions et de navires vont être déployés dans le cadre d’une série d’exercices militaires parmi les plus importants dans cette partie de l’Europe depuis la fin de la Guerre froide.

    Les manoeuvres baptisées Anakonda-16 prévoient une attaque nocturne par hélicoptère et l’intervention de parachutistes américains pour construire un pont provisoire sur la Vistule.

    Le but de ces exercices est “d’entraîner et d’intégrer les forces et le commandement militaire polonais dans un environnement allié, commun et multinational”, a expliqué la 7e armée américaine, composante terrestre du commandement américain en Europe.
    06/06/2016

  10. retrouvé le retour 21 juin 2016 à 08:59

    “président du Conseil européen”= “ce crétin de Donald Tusk placé là où il dort par les Zamerloques”
    Pour ce qui est de l’Otan, mis à part des avions déglingués qui nous rasent la moustache, et des équipes chargés de sacs en plastique noir pour ramasser discrètement les morceaux !! C’est comme l’Armée de Bourbaki !!

  11. retrouvé le retour 21 juin 2016 à 14:44

    «est connu de la justice pour divers faits, y compris certains liés à des problèmes psychiatriques» et voilà la “suprématie” de la Belgique mise à mal par un dingue avec du papier d’alu autour du ventre !!.
    Combien ça coûte ?? silence on tourne (en rond bien sur :) )
    Pas de gaz, pas de pétrole et surtout pas de cervelle !!

  12. retrouvé le retour 21 juin 2016 à 14:57

    Et la retraite des Pollack ? Avec des fonctionnaires type catégorie A payés 700€ et ensuite des retraites à 300€ ? Qui en veut? ES ? Bravo l’Europe !! et les Amerloques cachés derrière les bosquets numériques.
    Pour le reste laissons la parole à Macron: «le capitalisme et les religions» menacent la «promesse républicaine»

  13. retrouvé le retour 21 juin 2016 à 17:51

    Klaipeda !! früher MEMEL :)

  14. retrouvé le retour 22 juin 2016 à 19:52

    En fait le gaz polonais va venir depuis le Vatican par une conduite souterraine bénite pour éviter le feu “éternel” au gaz russe de l’enfer. Va de retro satanas putin !! :)

  15. retrouvé le retour 23 juin 2016 à 21:36

    Visiblement les US confondent la Russie soit avec la Louisiane, soit avec l’Alaska. Pour le moment ces nuls croient avoir asservi la France, la Pologne et d’autres avec des méthodes plus musclées comme la Yougoslavie ou la Libye . On verra bien qui rira le dernier !!
    C’est sur que sur que semer la merde en Russie pour récupérer son pétrole et le reste ça serait un merveilleux jackpot !! On peut toujours rêver !!

  16. retrouvé le retour 24 juin 2016 à 06:48

    Ouf merci les Anglais (si c’est bon pour le départ ) pour votre décision, nous allons pouvoir enfin mettre en place un vrai état européen !! Pourquoi avoir peur d’une grosse Suisse avec une partie de population qui parle allemand et une autre Français ou italien !!
    Monsieur Kouchner et autres Sarko ou Juppé vont pouvoir se faire du soucis, les tribunaux pour crimes de guerre se rapprochent.

  17. retrouvé le retour 27 juin 2016 à 17:09

    La pseudo chute des indices le CAC à 4000 points n’a rien à voir avec ce qui peut arriver en en cas de retour de baton sur les QE

  18. retrouvé le retour 6 juillet 2016 à 18:16

    La pagaille invraissemblable qui règne au Sud et à l’Est de l’Europe:
    Portugais qui viennent en France pour multiplier leur salaires par 4 ou qui rodent en perdition en Allemagne.
    Polonais et autres Baltes qui bouchent les autoroutes EST/OUEST en Allemagne.
    ETC.. ne peut plus être maîtrisé.
    Et chez nous la dérive du budget et chez les voisins de l’EST de l’Allemagne des fonctionnaires catégorie type A avec 300€ ou 400€ !!
    Et tout le reste !!
    Que les Anglais quittent vite l’Europe. Que l’on juge les crétins comme Fabius, Kouchner, Sarko, Juppé & Co qui sont des criminels de guerre et responsables des conflits qui ravagent “notre étranger proche”

  19. retrouvé le retour 8 juillet 2016 à 16:24

    Les “manoeuvres” de l’armée polonaise, quelques land rover qui remplacent les voitures russes et quelques vieux tanks pourris qui circulent sur une voie unique, il ne manque que les chevaux pour revivre 1939 !! Le mieux c’est que vu d’ici on croirait que tout cela risque d’être efficace !! gare

  20. Prince 9 juillet 2016 à 00:58

    Acheter du gaz au Qatar qui finance l’international terroriste c’est pire que tout,
    autant financer directement le terrorisme
    pourquoi ne pas proposez un couscous contre gaz avec le Qatar et un couscous contre pétrole avec l’Arabie saoudite, il y a déjà l’embargo européen sur les armes contre ces monstres inhumains – http://www.courrierinternational.com/article/2014/09/30/le-club-med-des-terroristes
    - http://www.middleeasteye.net/analyses/arabie-saoudite-le-nouveau-roi-du-terrorisme-1211091864
    financer le terrorisme pour contrer la russie, c’est lamentable
    Prince

  21. ES 9 juillet 2016 à 13:50

    oui, il se passe quelque chose autour de la Pologne ! a surveiller de TRES pres !!!
    je suis revenue ;-)

  22. retrouvé le retour 19 juin 2017 à 00:03

    https://www.youtube.com/watch?v=sbvJpK70zRk

    A chacun ses scandales en Pologne c’est l’adultère !!

  23. retrouvé le retour 26 mars 2018 à 03:48

    http://www.liberation.fr/planete/2015/02/12/peine-de-mort-l-oklahoma-se-redirige-vers-la-chambre-a-gaz_1200520

    Les USA qui sont les inventeurs géniaux de la “chambre à gaz” et du barbelé devraient s’attaquer aux nazz qui ont copié ce matériel en catimini sans leur verser de droits pour les brevets!!

  24. Helena 25 janvier 2019 à 00:09

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