Article faussement naïf du New York Times ? Allez savoir … En tout état de cause, le célèbre journal vient d’indiquer que trois des quatre unités d’élite maliennes à commandement touareg formées par les États-Unis dans les années 2000 sont passées dans le camp des rebelles lors du conflit de 2012.
Tout est dit en une simple petite phrase … ou presque. Puisque nous apprenons ainsi tout d’abord que les Etats-Unis ont « investi » dans la formation de militaires maliens, lesquels – ironie de l’histoire ou ultime étape d’un plan proche d’une stratégie du chaos – ont retourné leurs treillis pour désormais affronter les forces militaires du Mali. Pas étonnant en sorte, que l’armée française trouve les rebelles fort bien entraînés … tirant ainsi – sans le vouloir ou dans un message de « reconnaissance » à peine voilée - un formidable coup de chapeaux aux instructeurs américains.
Rappelons en effet que durant les années 2000, et au début des années 2010, des militaires maliens ont été entraînés par des instructeurs américains dans le cadre de l’opération Enduring Freedom – Trans Sahara (OEF-TS).
Opération militaire conduite par les États-Unis et d’autres pays partenaires dans la région du Sahara/Sahel en Afrique, ayant pour but officiel de mener des actions de contre-terrorisme et à réguler le trafic d’armes et le trafic de drogues en Afrique centrale.
Autre élément du dispositif : la Joint Task Force Aztec Silence (JTF Aztec Silence), organisation interarmées dont le but est d’effectuer les missions et de remplir les objectifs de l’OEF-TS.
Précisons que la JTF est dans un premier temps une composante du United States European Command (EUCOM). Mais suite à l’annonce en septembre 2007, de la création du United States Africa Command (US AFRICOM), sa mission passe sous la responsabilité de ce dernier.
En 2007, le Congrès des États-Unis décide d’allouer la somme de 500 millions de dollars à la Trans-Saharan Counterterrorism Initiative (TSCTI) pour les six années à venir, afin – officiellement – de soutenir financièrement les États africains impliqués dans la lutte antiterroriste contre Al-Qaïda que sont l’Algérie, le Tchad, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, le Nigéria, et le Maroc.
Ce programme s’appuie notamment sur l’ancien Pan Sahel Initiative (PSI), plan achevé en décembre 2004 et qui s’était focalisé sur les trafics d’armes et de drogues, ainsi que le contre-terrorisme.
En 2009, RFI indiquait pour sa part qu’à Gao, dans le nord du Mali, des militaires américains se trouvaient à pied d’oeuvre pour former leurs collègues maliens.
But offciel : renforcer la capacité de l’armée malienne à lutter contre l’insécurité et le terrorisme. Rappelons que le 8 décembre 2009, al-Qaïda au Maghreb islamique avait revendiqué le rapt du Français Pierre Camatte et de trois Espagnols enlevés fin novembre, respectivement au Mali et en Mauritanie.
Les Etats-Unis participant alors – officiellement - à la formation des militaires maliens en vue de chasser l’organisation de la région.
Les forces spéciales américaines entraînaient alors plus de deux heures par jour les troupes maliennes, notamment aux techniques de combat dans le désert et à des séances de tir …. ajoutait RFI.
« Pour tous, les Américains ne le cachent pas, il s’agit de former des troupes d’élite afin de lutter contre les ennemis communs dans la bande sahélo-saharienne. A la tête de ces ennemis, les Américains ont placé Aqmi (al-Qaïda au Maghreb islamique) » ajoutait RFI.
Le journal indiquant alors que si Washington n’avait pu à cette date s’installer militairement dans la zone, il avait « décidé de donner les moyens à ses partenaires ».
Mais désormais, donc, selon le NYT, trois des quatre unités d’élite maliennes à commandement touareg formées par les instructeurs US seraient passées de l’autre côté du miroir. L’histoire ne dit pas s’il y a une finance et/ ou manipulation à la clé …. et si le but ultime des Etats-Unis ne serait pas celui-là.
Rares journaux français à reprendre cet article, le Canard Enchaîné et Libé nous indiquent quant à eux que plusieurs unités d’élite ont été formées avec l’aide des américains avant de rejoindre l’insurrection nordiste l’an dernier.
En 2012, trois commandants sur quatre formés par les Etats-Unis à la tête d’unités d’élites engagées au Nord-Mali se sont ainsi ralliés aux islamistes. Tout « en apportant avec eux leurs troupes, leurs armes, leurs véhicules et leur expertise tout juste acquise au plus fort de la bataille », selon les dires d’officiers supérieurs maliens. Un officier supérieur indiquant en effet que lesdits commandants ont « été suivis par 1600 soldats ayant fait défection de l’armée malienne ».
De quoi aisément expliquer pourquoi les militaires français doivent désormais faire face à des combattants « bien entraînés » et « capables de mouvements tactiques structurés ». N’étant par ailleurs de secret pour personne que leurs armements proviennent du conflit dont la Libye a été le théâtre durant l’année 2012.
Le NYT indiquant ainsi que des soldats sont revenus du front libyen « lourdement armés et aguerris » et se sont associés par la suite avec les djihadistes.
Libé tient également à rappeler à l’occasion que le capitaine Sanogo, auteur du coup d’Etat de mars dernier au Mali, avait bénéficié d’une formation de plusieurs années aux Etats-Unis.
«Je ne pense pas que les Etats-Unis sont co-responsables de la situation au Mali », tente toutefois de nuancer Witney Schneidman, analyste à la Brookings et ancien secrétaire d’Etat adjoint aux affaires africaines.
Désormais, et à la demande de Paris nous dit-on, les Etats-Unis ont donné leur accord pour mettre des moyens aériens à la disposition de la France en vue d’acheminer des troupes et de l’équipement au Mali.
Une décision intervenu après un examen par des experts juridiques de l’administration Obama de la nature de l’assistance que pouvait apporter Washington. Selon iTélé, ce sont « 600 Américains qui seront déployés en France et au Mali ».
Un autre responsable militaire a précisé que le commandement chargé du transport (Transcom), le commandement chargé de l’Afrique (Africom) travaillaient maintenant sur les détails opérationnels avec la France.
« Nous soutenons l’opération française au Mali avec des renseignements et du transport aérien », a quant à elle précisé la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton.
Où l’on reboucle la boucle … avec le grand retour de l’Africom ?
Sources : NYT, Libé, Le Canard Enchaîné, RFI, Wikipedia







http://french.irib.ir/galeries/videos/item/237617-mali-france-le-député-belge-qui-dit-un-peu-trop-la-vérité-vidéo
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Mali: rôle militaire accru des Etats-Unis après des élections
BAMAKO – Les Etats-Unis vont probablement jouer un rôle militaire plus actif au Mali, où l’armée française combat les groupes islamistes armés, mais seulement après la tenue d’élections dans ce pays, a déclaré lundi à Bamako Chris Coons, un sénateur américain.
Les Etats-Unis ont fourni à la France, engagée militairement au Mali depuis le 11 janvier, un soutien en matière de renseignement, ainsi que des moyens aériens, vols d’avions de transport C-17 et missions de ravitaillement en vol.
Mais ils ne peuvent pas coopérer directement avec l’armée malienne tant qu’un gouvernement démocratiquemenr élu n’aura pas remplacé les dirigeants actuels, qui ont accédé au pouvoir à la suite d’un coup d’Etat, a souligné M. Coons, président de la sous-commission des Affaires étrangères du Sénat pour l’Afrique.
On peut espérer une aide supplémentaire des Etats-Unis dans cette région et d’autres, mais (…) la loi américaine interdit une assistance directe à l’armée malienne après le putsch, a déclaré le sénateur à la presse à Bamako.
Après une pleine restauration de la démocratie, il me semble probable que nous reprendrons notre aide directe à l’armée malienne, a ajouté le sénateur.
M. Coons se trouve au Mali à la tête d’une délégation du Congrès américain composée de Républicains et de Démocrates pour rencontrer le président intérimaire Dioncounda Traoré et des responsables militaires français et africains.
Avant le coup d’Etat militaire de mars 2012, l’aide américaine consistait principalement en des missions d’entrainement et la fourniture de matériel comme des véhicules.
L’assistance militaire reprendrait évidemment d’une manière appropriée aux besoins actuels. Les priorités auront beaucoup changé, a relevé le sénateur.
La perspective d’une aide militaire américaine accrue après les élections complique encore plus la donne pour ce qui concerne la fixation d’une date.
Le président Traore avait indiqué qu’il espérait pourvoir organiser des élections d’ici le 31 juillet, mais cette date a été jugée prématurée par certains, compte tenu des problèmes auxquels est confronté le Mali: poursuite des attaques des insurgés, armée profondément divisée, des centaines de milliers de déplacés.
Le ministre malien de l’Administration territoriale (Intérieur) Moussa Sinko Coulibaly, chargé des élections, a indiqué vendredi que le délai de juillet peut être révisé si nécessaire.
La France est intervenue militairement au Mali le 11 janvier face à l’avancée vers Bamako des insurgés islamistes qui occupaient le nord depuis dix mois. Elle est le seul pays occidental à avoir engagé des troupes au sol au Mali. Des forces ouest-africaines – la force internationale de soutien au Mali (Misma) – ainsi que des forces tchadiennes devraient prendre le relais avec le déploiement progressif de 6.000 hommes.
Le putsch militaire et le trouble qui s’en était suivi avait facilité la chute du Nord du Mali aux mains des groupes islamistes.
(©AFP / 19 février 2013 00h02)