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AZF : Total ou SNPE, à quand la Vérité, sans langue de bois ?

Alors que la cour d’appel de Toulouse rend lundi 24 septembre son arrêt  concernant l’explosion  survenue le 21 septembre 2001  sur le site de l’usine chimique AZF, propriété de  Grande-Paroisse – elle-même devenue filiale  de Total quelques mois avant les faits  exposés -  il me semble  quelque peu opportun  de rependre  des éléments  que j’avais évoqué ici-même concernant une possible explosion sur le  site voisin de la SNPE,  que seule la Garonne   sépare du site de la catastrophe.

Réflexion   d’autant plus importante à tenir que les  choses sont loin d’être limpides sur le sujet, loin s’en faut.

N’oublions pas non plus que si des hommes et des femmes ont perdu leur vie  suite à l’explosion (voire même les explosions ? ), certains ont vu leur vie basculer en quelques minutes. Bien vivants, ils  ne demandent qu’à savoir  ce qui a brisé leur destinée. Tant  à l’usine d’AZF, que sur le site de la SNPE.

Rappelons  en tout premier lieu  que poursuivis pour homicides involontaires, l’exploitant de l’usine Grande Paroisse (groupe Total), et l’ex-directeur  du site Serge Biechlin avaient été relaxés en première instance au bénéfice du doute.

 

A noter également  que  Me Daniel Soulez Larivière, avocat du groupe Total a laissé entendre qu’un pourvoi en cassation n’était pas impossible. Il a même  d’ores et déjà  prévenu qu’en cas de « condamnation sans preuve », il faudrait que le Conseil constitutionnel se prononce sur une décision « contraire à tous les principes de la présomption d’innocence ».

Au terme d’un deuxième procès qui aura duré quatre mois, l’audience, achevée le 16 mars, n’a pas fait jaillir la preuve que les négligences imputées à l’industriel soient la cause de l’explosion du nitrate d’ammonium stocké dans le hangar 221 d’AZF le 21 septembre 2001.  Et pour cause, diront certains … et moult agriculteurs …

Alors reprenons …

Alors que la catastrophe d’AZF s’est produite il y a maintenant 11 ans, l’énigme demeure, n’en déplaise aux experts, parfois un peu prompts à  entériner les dossiers. Si ces derniers avaient un temps pu conclure que l’explosion du 21 septembre 2001 était consécutive à  un accident chimique, le débat a été maintes fois relancé.

Ainsi si la justice a pu en juillet 2006 mettre fin à  la procédure concernant l’employé du site Total Grande Paroisse, suspecté d’avoir été à l’origine du mélange supposé  fatidique, l’article paru dans Valeurs Actuelles à  la même date – rédigé par Jean-Christian Tirat que je salue ici-bas – aura éclairé l’affaire d’un nouveau jour. Les faits constatés sur le site de l’usine de la SNPE, voisine d’AZF et directement liée à   la « grande muette » pourraient en effet avoir eu une incidence majeure sur les évènements, avions-nous indiqué ici-même, toujours en juillet 2006.

I – Brûlures et odeurs suspectes

Selon l’article paru en juillet 2006 dans Valeurs Actuelles, l’explosion du 21 septembre 2001 aurait pu être provoquée par un gaz aux effets dévastateurs. Trois mois avant les conclusions définitives des experts judiciaires, rendues le 11 mai 2006 au juge Perriquet, Valeurs Actuelles évoquait de nombreux témoignages faisant état, sous le vent de l’usine voisine d’AZF, d’odeurs d’ammoniaque et de  » poisson pourri « , particulièrement fortes et inhabituelles. Un nombre significatif de victimes ont subi par ailleurs des brulures et des lésions cutanées suspectes. L’une d’elles, qui se trouvait sous le vent de la zone sud de la SNPE, présentait même, selon le médecin légiste, les « caractéristiques d’un décès par asphyxie au monoxyde de carbone » .

De plus, des témoins affirment avoir observé des phénomènes lumineux comparables à des inflammations de nappes de gaz. La « piste du gaz » était alors ouverte. Ce type d’explosion dénommée unconfined vapour cloud explosion (UVCE) a des effets particulièrement dévastateurs et produit des impacts sismiques importants. Malheureusement, dans les conclusions des experts judiciaires mandatés par le prédécesseur du juge Perriquet, seul le méthane, gaz naturel plus léger que l’air, a été étudié.

L’odeur évoquée par les témoins pourrait bien être celle de l’hydrazine ou plus précisément de l’un de ses dérivés plus communément appelée UDMH, utilisée dans les missiles et les fusées pour ses qualités propulsives. Rappelons que l’UDMH est fabriquée par la SNPE, c’est même l’une de ses spécialités, le site de fabrication étant situé au sud de la SNPE, tres précisément dans l’axe du hangar 221 et de la tour de prilling d’AZF…

Un document de l’Otan parle de l’UDMH en ces termes :  Odeur acre et ammoniaquée, très inflammable, caustique et toxique, réaction spontanée au contact des substances riches en oxygène, vapeurs plus lourdes que l’air et, combinées à  celui-ci, qui forment des mélanges explosifs. Quant aux symptômes d’intoxication, ce même document précise :  Brûlures acides : yeux, membranes des muqueuses nasales et pharyngées, irritation des voies respiratoires, formation de cloques. La victime du monoxyde de carbone était justement affectée par ces symptômes. Ce document de l’Otan précise que la distance de sécurité à faire évacuer sous le vent est de 1 000 metres, pour les munitions. Or, l’atelier de la SNPE se trouvait a  peine a  750 metres de la « tour verte » et à  800 metres du hangar 221, sur un axe où il n’existe aucun batiment pouvant faire obstacle à la propagation des vapeurs.

II – Un nouveau scénario possible …  déjà en 2006

Un employé de la SNPE avait pour sa part informé en 2006 que l’atelier UDMH ne fonctionnait pas, le 21 septembre 2001, jour de la catastrophe. Une grande quantité de ce produit, destinée à  la fusée Ariane 4, a été évacuée, sous contrôle de la préfecture, dans les 48 heures ayant suivi la catastrophe.

Plus préoccupant, le journaliste de Valeurs Actuelles, Jean-Christian Tirat, a également découvert que le mélange nitrate d’ammonium-UDMH est la base de l’astrolite (BLU-73), selon la classification de l’armée américaine, l’explosif conventionnel le plus puissant qui soit. Ces nouveaux éléments et l’analyse des faits permettent au journaliste – après maintes et maintes recherches et validations scientifiques – d’élaborer un nouveau scénario, que je vous livrais  ici, dès juillet 2006.

« Lors des opérations d’entretien dans l’atelier de la SNPE, de l’UDMH se répand dans une partie du pôle chimique, sur le sol et dans les égouts et forme des poches. Une premiere explosion – dont l’origine est toujours un mystère – se produit sur le site voisin de la SNPE. Le gaz a pu alors rencontré un poste électrique ou un point chaud, enclenchant le fameux « effet dominos » . La « flamme » de l’explosion initiale descend le cours de la fuite et atteint, quelques secondes plus tard la base de la « tour verte » d’AZF, dotée, au niveau du sol, de deux ventaux alimentant une colonne d’air ascendante.

La tour pourrait donc être une sorte d’aspirateur géant dans lequel se mélangent, ce matin du 21 septembre, l’air aspiré et l’UDMH. Toujours selon le scénario du journaliste, en montant, ce mélange va à la rencontre du nitrate fondu et chaud, sur le point d’être transformé en granulés.

L’air, ensuite, est normalement évacué à l’extérieur par deux puissants ventilateurs, au sommet de la tour, mais ce jour-là  il pouvait très bien contenir de l’UDMH. Cet « assemblage incompatible », air-nitrate chaud-UDMH, qui monte dans la colonne d’air, finit par détoner en provoquant le décollage du sommet de la tour. Au même instant, ce qui est évacué dans l’atmosphère par les ventilateurs réagit lui aussi et produit l’effet de flash ; autrement dit, ce même éclair dont des témoins ont cru qu’il avait frappé la tour alors qu’il a pu partir de celle-ci.

A proximité, se trouve le hangar 221 d’AZF, dont le sas ouvert, face à la SNPE, sous le vent, s’est lui aussi plus ou moins saturé de vapeurs d’UDMH, rendant très instable une partie des nitrates qui ont pu être amorcés par l’explosion de la tour. Le fait est que si les nappes d’UDMH ont réagi, le phénomène pouvait alors se propager dans une réaction en chaîne. »

III – Questions en suspens

Reste tout de même beaucoup de questions en suspens, auxquelles J-Christian Tirat, en fin limier, et tous ceux et celles qui suivent sa démarche, pourront peut-être répondre un jour.

Tout d’abord, quel a été l’élément déclencheur qui a permis l’occurence du premier événement à  partir duquel les autres se sont enchainés, et comment ces évenements se sont-ils précisément enchainés ?

S’agit-il toujours d’un accident industriel ou bien  d’un accident militaire ? La piste de l’attentat peut-elle entièrement être ecartée ?

Pire encore,  quelques-uns  auraient-ils intérêt à « libérer » -  certes à leur manière - des terrains « idéalement situés » entre le centre  ville de Toulouse et  la rocade toulousaine, voire à monnayer un éventuel « silence », alors que la fureur immobilière a  plongé les Etats-Unis et l’Espagne dans un chaos financier ? Quoiqu’il en soit, ce sont des rumeurs   de plus en plus insistantes  qui courent  désormais à Toulouse  alors que le  casino du groupe Barrière et le cancéropole du groupe Pierre Fabre occupent désormais les lieux.

En tout état de cause, n’oublions pas que des témoins ont fait état de drones sillonnant la zone des le début de la matinée du 21 septembre 2001. A noter que l’usine de la SNPE participe à l’élaboration du carburant d’Ariane, la fusée ayant pour vocation notamment de lancer des satellites militaires hautement stratégiques tels que Syracuse. 

Selon les investigations des journalistes experts du dossier, les documents comptabilisant le nombre précis de personnes décédées ne sembleraient pas aussi limpides que ce qu’on voudrait nous faire croire.

En tout état de cause, pourquoi depuis ces années, les experts se sont-ils démenés pour prouver qu’une seule explosion avait eu lieu ? La « grande muette », l’Etat auraient-ils quelque chose à  cacher, coûte que coûte, indiquais-je déjà en juillet 2006 ? Un accord aurait-il été passé avec Total en vue de « rejeter la faute » sur l’opérateur pétrolier, en vue d’offrir une version des faits plus politiquement correcte ? Les super-profits engrangés par le groupe ces temps derniers pourraient ainsi s’avérer être une véritable aubaine dans ce contexte …

En tout cas, les efforts menés pour brouiller les pistes pourraient laisser supposer qu’il s’agisse d’un secret défense, voire d’un secret d’Etat,  comme le pense notamment le journaliste du Figaro, Marc Mennessier, auteur du livre « AZF, un silence d’Etat« .

Pauvre Vérité … et pauvre France

 

 

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12 commentaires

  1. JPM 28 septembre 2012 à 09:58

    L’hypoth

  2. leguevaques 28 septembre 2012 à 10:23

    je ne comprends pas comment on peut venir encore colporter de telles contre v

  3. ES 28 septembre 2012 à 11:11

    pourquoi ? …
    ne serait-ce que pour des gens comme lui …
    —————————————————————–
    Jean-Jacques Delcouderc d

  4. ES 28 septembre 2012 à 11:13

    MERCI
    Mme et M. Jacques Delcouderc et Mme Patricia Leclerc remerient les services d’urgence et le service de chirurgie orthop

  5. ES 28 septembre 2012 à 11:19

    MERCI M. CHAUVEL
    M. et Mme Delcouderc remercient Thierry Chauvel et les pompiers de la SNPE pour avoir sauv

  6. JPM 28 septembre 2012 à 15:13

    Ma

  7. BK 29 septembre 2012 à 12:29

    Comment a-t-on

  8. ImmoPro 22 octobre 2012 à 17:38

    Un jour peut-

  9. Elisabeth Studer 20 août 2013 à 23:57

    MERCI

    Mme et M. Jacques Delcouderc et Mme Patricia Leclerc remerient les services d’urgence et le service de chirurgie orthopédique et et traumatologie UF3 de l’hôpital Rangueil ainsi que le personnel et l’encadrement pour avoir soigné efficacement avec tout leur dévouement et mleur patience leur fils et compagnon Jean-Jacques blessé à la SNPE.

  10. ES 21 août 2013 à 00:10

    MERCI M. CHAUVEL

    M. et Mme Delcouderc remercient Thierry Chauvel et les pompiers de la SNPE pour avoir sauvé leur fils Jean-Jacques, blessé vendredi à l’intérieur de la Poudrerie.

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