« Au milieu de ces conflits, de ces crises financières, de la dette et de l’emploi, où l’on perd tous repères, nos valeurs, nos références, d’une planète que l’on détruit … nous voulons comprendre les responsabilités. »
Tels sont les mots même de Jean-Paul Griolet, Président de l’Association Visa pour l’Image, structure organisatrice du 24eme festival international du photojournalisme qui se tient à Perpignan (France) du 1er au 16 septembre 2012.
Alors devant des photos aussi violentes que celles présentées dans le cadre de l’exposition intitulée « L’onde de choc grecque »… on aurait presque envie de lui hurler la réponse.
Voire même en tant que blog de la planète finance, « réputé » être sans langue de bois, on se fait même un devoir de lui répondre.
Et de reprendre ce que l’on a déjà dit ici-même.
Car le grand responsable de tous ces maux, c’est le capitalisme à outrance, porté par la sulfureuse banque Goldman Sachs. Donc l’objectif pourrait bien être de faire tomber un par un les différents pays membres l’Union européenne, pour leur proposer encore plus aisément des prêts. Histoire de renflouer les banques américaines et de financer les campagnes électorales. Et tout particulièrement celle de Barack Obama.
Seule l’argent des banques permettant de contrer l’argent du pétrole … ne l’oublions pas. Lobby bancaire contre lobby pétrolier, telles semblent en effet les deux seules alternatives des citoyens américains.
Rappelons ainsi qu’en deux ans, la Grèce a obtenu trois plans d’aide de l’Union européenne et mis en place sept plans de rigueur. Et que Goldman Sachs est loin d’être étranger à toute l’affaire.
A noter également que la sulfureuse banque anglo-saxonne a récemment été « choisie » pour réaliser l’audit de la banque espagnole Bankia, en grande difficulté. Le gouvernement de Mariano Rajoy a en effet mandaté la société pour procéder à une évaluation « indépendante » de la banque récemment nationalisée et de sa maison mère BFA. Goldman Sachs devra ainsi déterminer combien les pouvoirs publics devront injecter dans la banque pour la remettre à flot … en toute objectivité ? Permettez moi d’en douter, on croit rêver.
Précisons également que la firme US s’est fait notamment connaître du grand public via sa mise en oeuvre de produit dérivé financier pendant la crise des subprimes et la crise de la dette grecque … c’est vous dire sa neutralité …
Rappelons tout de même que – et ce n’est pas un simple hasard – le nouveau président de la Banque Centrale Européenne Mario Draghi (BCE), le nouveau Président du conseil italien Mario Monti et l’ancien premier ministre grec Lucas Papadémos appartiennent à ce que l’on surnomme le »gouvernement Sachs« européen.
N’oublions pas en effet que Mario Draghi fut ni plus ni moins vice-président de Goldman Sachs pour l’Europe durant la période 2002-2005.
Mieux encore : devenu « associé », il est chargé des « entreprises et pays souverains ». Une fonction qui le conduit tout droit à remplir une mission de toute première importance. A savoir : multiplier le nombre d’acquéreurs d’une pilule supposée miracle mais devenue à terme très difficile à avaler : le produit financier dénommé « swap » … lequel aura notamment pour « avantage » de permettre de dissimuler en partie de la dette souveraine.
En février 2010, alors que certaines rumeurs laissaient entendre que des banques américaines – et non des moindres – pourraient être derrière les spéculations visant la Grèce, le New York Times affirmait de son côté que des banques de Wall Street – telles que Goldman Sachs – auraient usé d’instruments financiers complexes en vue « d’aider » Athènes à dissimuler l’ampleur de sa dette.
Des montages, précisait le journal, « de même ordre que ceux qui ont été à l’origine de la crise financière outre-Atlantique ».
Selon le New York Times, citant « des personnes au courant de la transaction », un montage élaboré par Goldman Sachs aurait ainsi permis en 2001 d’aider le gouvernement grec à emprunter des milliards. Un « soutien » qui serait intervenu quelques temps après l’adhésion d’Athènes à l’Union monétaire européenne.
Goldman Sachs n’ayant rien d’un philanthrope, la banque aurait rémunéré ses « services » à hauteur de quelque 300 millions de dollars. C’est en tout cas ce qu’affirmait alors le NYT citant « plusieurs banquiers au courant de la transaction ».
Certains affirmaient également alors que des banques US pourraient tirer les ficelles, histoire de plomber la zone euro. ….. et de pouvoir proposer à terme à la Grèce des emprunts à des taux prohibitifs.
Telles pourraient donc « bien » être les responsabilités que Jean-Paul Griolet souhaite comprendre …
Alors en guise de credo, reprenons les termes mêmes qu’il a employé dans le texte présenté en préambule du guide des Expositions du Festival, indiquant que, selon lui, »seule une presse diversifiée, plurielle et libre, nous évitera de sombrer dans l’obscurantisme, l’extrémisme et toutes ses conséquences ».
Et je rajouterai, en ce qui me concerne, que malgré les pressions éventuelles, je serai là, voire même encore plus présente. Toute pression exercée pour freiner mon »énergie rédactionnelle » me confirmant quelque part … que je suis sur la voie de la vérité. Et me permettant de faire le tri entre supposés amis et vrais soutiens et encouragements tout au long de mon chemin.
Jean-Paul Griolet lui-même indiquant que « les photojournalistes du monde entier » - qui se retrouvent ces quinze prochains jours à deux pas de ce que Dali considérait comme le Centre du Monde (ou plus précisément le «centre cosmique de l’univers») - sont les « artisans de cette liberté d’expression qui seule peut nous aider dans notre recherche de vérité ».







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