Alors que le procès de la catastrophe dite AZF qui a meurtri Toulouse le 21 septembre 2001 arrive à grands pas, tout ne semble pas aussi clair que l'on voudrait bien nous faire croire, n'en déplaise à la justice.
Le récent émoi des Toulousains lundi dernier face à une détonation – qui, nous dit-on, serait due au passage d'un avion à réaction – est la preuve que le doute persiste dans les esprits.
C'est dans ce contexte que paraît cette semaine un livre de Marc Mennessier, journaliste au Figaro, intitulé "AZF un silence d'Etat".
Au terme de sept années d’enquête, le dossier d’instruction de la plus grave catastrophe industrielle qu’ait connu la France est vide, affirme le journaliste scientifique qui a mené l’essentiel de son enquête, avec Anne-Marie Casteret, journaliste à l'Express, aujourd’hui disparue.
Selon lui (et beaucoup d'autres ...), la vérité sur les causes de ce drame n’a aucune chance d’éclater lors du procès qui se tiendra dans les prochains mois à Toulouse. "On est simplement en droit d’espérer que les lacunes béantes de l’enquête et l’incompétence des experts judiciaires éclateront enfin au grand jour" affirme-t-il.
"Les victimes et leurs familles à qui le pouvoir politique, et notamment le ministre de l’intérieur de l’époque, Daniel Vaillant, avait promis toute la vérité découvriront qu’elles ont été odieusement trompées" poursuit-il.
Avant l’ouverture d’un procès spectaculaire, son ouvrage explique la genèse et les raisons de ce "fiasco" judiciaire, et du silence obstiné de l’État.
A noter également que si l'usine de Total Grande-Paroisse est désormais totalement rasée et fait place au Canceropôle, il n'en demeure pas moins que le bruit qui a heurté les oreilles de la population cette semaine a été automatiquement lié dans l'inconscient des Toulousains à celui entendu en provenance du pôle chimique en cette fatale journée de 2001.
Rappelons tout de même "au passage" que l'usine SNPE (Société nationale des poudres et explosifs) - que seule la Garonne séparait d'AZF – poursuit toujours actuellement une partie de ses anciennes activités, lesquelles avaient justifié en 2001 le passage du site en Vigipirate renforcé après les attentats du 11 septembre.
A lire également :
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. AZF : la justice pressée d'en finir
. AZF : et si ce n'était pas que TOTAL ?

13 Commentaires
1
Ca me fait penser à la "vallée de la mort" au sud de Lyon ... on ne fait qu'attendre l'accident(s) depuis des années !
12 septembre 2008 à 13:052
Euh oui mais... j'ai plutot l'impression que ca avait fait peur aux journalistes de la depeche du midi.
12 septembre 2008 à 18:46Sinon on va finir par faire interdire les feux d'artifices à Castres pour ne pas se rappeler des tombés du 8.
Il faut rappeler aussi que l'explosion n'est pas le seul élément fumeux de l'affaire, il y a aussi tout ce qui tourne autour de l'implantation et l'expansion de l'usine comme par exemple le risque limité de la proximité de la rocade parce que la vitesse limitait le temps passé de véhicules et donc le risque.
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Premiers commentaires sur le dernier livre de Marc Mennessier :
Considérant que M. Mennessier est un journaliste scientifique comme cela est mentionnée en dos de couverture, ce livre me paraît très inégal.
On sent tout d’abord tout au long de la lecture, la complète sincérité de ce journaliste qui exprime très bien toutes les péripéties qui lui sont arrivés et qui semblent beaucoup tenir à cœur son travail d’investigation.
Toute la partie concernant les très grosses faiblesses et la teneur quasi-rocambolesque de la piste chimique est très détaillée, argumentée et reflète très bien l’évolution de ce volet dans le dossier judiciaire. Marc Mennessier n’hésite pas à suggérer que quelques personnes au sein même de la société Grande Paroisse ont eu un rôle clé pour que cette thèse chimique puisse avoir un minimum de consistance et que, sans ces interventions miraculeuses, encore loin de toute rigueur expertale, les experts se seraient vraiment trouvés à sec. Le groupe Total a donc laissé courir quelques étapes décisives de toute la mascarade de la soupe chimique comme si finalement la direction de ce Groupe préférait une piste chimique extrêmement boîteuse plutôt que toute autre piste sérieuse et surtout plutôt que toute recherche approfondie de la vérité.
Sur la piste terroriste, Marc Mennessier, reprends tous les arguments qu’il avait déjà évoqués avec les 7 raisons de ne pas croire à un accident mais il n’apporte hélas très peu d’éléments nouveaux et surtout d’éléments déterminants pour que quelques susplicions envers des comportements étranges puissent coller à d’autres éléments bien plus concrets issus de données du terrain. La plus grosse faiblesse de son argumentation reste la même, elle repose surtout, sur des notes blanches des RG de Toulouse, reprises dans le rapport largement diffusé et digne de raisonnements de café de commerce… Ces notes n’ont jamais été argumentées et en plus elles ne présentent aucune démonstration de l’implication des personnes qu’ils attaquent à nouveau dans le projet terroriste.
Marc Mennessier, comme nombre de journaliste non-scientifique, fait beaucoup trop confiance à des dires de services policiers et essaient de coller quelques morceaux techniques intéressants, plus dignes de confiance que les notes blanches, mais sans pourtant essayer de compenser la faiblesse de ses informations.
Son travail du terrain proprement dit, c’est à dire de connaissance du sol, des infrastructures, des enregistrements, des photographies diverses etc… est extrêmement limité et repose toujours sur des avis extérieurs. Son travail n’est pas scientifique pour un sou et est surtout une récolte qu’autre chose avec l’élaboration d’une hypothèse priviligiée au détriment de beaucoup d’autres.
Remettre en cause l’authenticité du tee-shirt intact sur le corps du fameux HJ et admettre sans aucun esprit critique que l’accumulation de 4 sous-vêtements était, elle, bien l’idée préméditée de HJ montre à quel point Marc Mennessier garde ce qui l’arrange pour sa thèse et rejette le reste sans vraiment réfléchir aux autres raisons de falsifications possibles de pièces. Directement associer une éventuelle et récente attirance de HJ pour un mouvement religieux (le témoignage de sa sœur rapportée oralement par un policier de SRPJ de Toulouse étant la seule nouvelle trace de ce fait) alors qu’il n’avait pas du tout l’habitude de s’y plier, avec le passage l’acte kamikaze en quelques semaines n’est qu’une hypothèse et encore une fois M. Mennessier ne dépend que d’une source policiaire.
Cet acharnement à tout relier à une seule et même piste terroriste, finalement plutôt très locale et amateur sans rechercher d’autres idées qui pourraient expliquer certains des faits évoqués est une très grande faiblesse de son argumentaire.
Il apparaît bien, selon les témoignages des employés qui connaissaient HJ que celui-ci, et peut-être même un autre de ses collègues, ont tout fait pour se faire remarquer pendant quelques heures et surtout pour que leur agitation provocatrice puisse remonter dans la hiérarchie de l’usine. Mais dans quel but ? Réussir à coup sûr un attentat… avec le risque de tout faire rater, c’est bizarre ?
L’alerte anti-terroriste du Samedi 1er Septembre 2001 à la SNPE, que rappelle M Mennessier, alerte qui a fait venir un artificier le jour même est restée circonscrite à la SNPE et à Tolochimie qui dépendait aussi de la SNPE. Mais tout a été fait pour que jamais AZF ne soit informé, même à partir du 11 Septembre 2001. Je suis surpris que M. Mennessier n’est jamais proposé l’idée que cette alerte était bidon et servait à un autre but : surveiller un site et un seul site dans le cadre d’un événement particulier qui pouvait concerner techniquement ce site. La SNPE et AZF étant physiquement beaucoup trop liés (passerelles, passage obligé des wagons de la SNPE sur le réseau électrifié de l’usine AZF, personnel soust-traitants communs etc…), si l’alerte avait été reconnue comme sérieuse rien ne pouvait excuser les autorités d’un tel oubli. La dissimulation de cette alerte a été entretenue mais les Suisses ont faussé la donne dès le 22 Septembre dans le Matin de Lausanne et c’est bien un cycliste et photographe Suisse que du personnel de la SNPE avait interpellé devant l’entrée le voyant mitrailler après l’explosion et l’ayant déjà repéré quelques minutes avant l’explosion devant l’entrée. Les gendarmes qui l’ont interpellé et relâché n’ont laissé aucune trace de ce surprenant épisode pourtant décrit par des témoins dans le dossier judiciaire. Les raisons évoquées par M. Mennessier sont à ce niveau d’une naïveté déconcertante. L’alerte a aussi été accompagnée d’un contrôle depuis et sur une partie de la colline de Pech David quelques jours avant le 21 Septembre 2001. Mais étrangement il ne fallait surtout pas que cette alerte sorte du cadre de la SNPE… pourquoi ? Pourquoi M. Mennessier ne pense-t-il pas à autre chose qu’un attentat et ne voit-il pas un autre type d’opération préparée, connue de quelques officiels ?
Même la piste d’un sabotage sur une opération industrielle secrète sur le pôle chimique ou dans son voisinage ne le trouble pas… Accroché à la seule possibilité explosive terroriste du tas d’ammonitrate, Marc Mennessier n’a pas semblé évoluer ni élargi ses hypothèses depuis 2003… et en cela, le livre aurait pu être écrit il y a 4 ans avant que de nombreuses pièces du dossier et de données techniques soient largement extériorisée.
Bien entendu, le journaliste-scientifique a gobé tout cru les inepties de la petite équipe d’intervenant de l’OMP et du CEA-DAM sur tout le volet sismique, au point même de beaucoup minimiser l’incompatibilité de nombreux témoignages précis des deux explosions avec la seule thèse explosive qu’il développe.
Je l’invite à me contacter sur ce point ou à lire en détail mes chapitres sur ce volet. Je serai ravi de lui décortiquer une grosse partie des arnaques de ces scientifiques et je saurai prendre mon temps pour le faire puisque, même à des gamins de 2nde, l’essentiel des arnaques a pu très bien être décrypté.
A part la piste chimique qu’il démonte, très argumentée et très détaillée sans pour autant être trop austère (tout le passage de son livre à ce niveau pourrait vraiment faire référence), à part une piste terroriste qui a très peu de base technique et qui dépend beaucoup d’une intox gratuite organisée par les RG, Marc Mennessier ne semble pas avoir voulu chercher d’autres secteurs afin de mieux reconstituer le puzzle et pour un journaliste scientifique, cette faiblesse est criante ! L’absente de volonté d’exploiter directement les données et non de toujours dépendre d’avis extérieur technique sans vraiment les vérifier ou au moins les rassembler, m’attriste car je pensais au bout de 7 ans, qu’une réelle relance aurait eu lieu avec ce livre et qu’un plus gros travail technique aurait été complété.
Le passage avec la jeune témoin Emilie est en revanche très intéressant et conforte ce que l’on peut découvrir avec d’autres témoins des faisceaux et éclairs lumineux. Le travail de la justice sur ces faisceaux est bien plus limité encore que sur la piste terroriste que tous les employés d’AZF ont eu loisir de connaître lors de leur première audition puisque le thème de l’altercation entre chauffeurs et HJ a été systématiquement questionné.
Et ce travail sur le problème des faisceaux, à part l’idée un peu limitée de missile arrivant par les airs et laissant une marque lumineuse, n’a pas du tout été développé par Marc Mennessier. Dommage.
Un sabotage d’une opération à caractère militaire secrète au sein de tout un secteur couvert par deux usines peut aussi être provoqué par un désordre remontant dans la hiérarchie et empêchant le démarrage sécurisé de l’opération.
Si du côté SNPE, tout était verrouillé, du côté interne AZF, beaucoup moins surveillé et pas informé du Vigipirate de la SNPE, quelques troubles, même avec une menace sur un autre site d’AZF le 19 Septembre comme celui du Pas de Calais, tout cela a un potentiel non négligeable pour faire échouer un grand projet de démonstration ministérielle… !
Pour son prochain bouquin sur AZF, je tiens à préciser à Marc Mennessier que tous les boyaux du dossier judiciaire sont à l’air et ce, depuis la deuxième moitié de 2004, avec l’accord tacite du juge Thierry Perriquet. Dommage que cet aspect, qui embête énormément de monde, depuis le Procureur de la République de Toulouse, jusqu’à la majeur partie des directions des média français, n’ait pas été largement utilisé par M. Mennessier… ! Quand l’ami de Jospin (selon M.Mennessier), le Procureur Michel Bréard, parlait d’un accident à 99%, n’évoquait-il pas discrètement à d’autres interlocuteurs socialistes de type Fabiusiens, un autre type d’accident, bien plus gênant et surtout touchant tout le pôle chimique, tout en laissant le 1% sur les causes possibles de cet accident à tout ceux qui voulaient se jeter dessus !
Si Marc Mennessier avait passé autant de temps à renifler la vie de HJ et de ses proches, que sur l’emploi du temps toulousain de M. Fabius le jour du 21 Septembre 2001, peut-être aurait-il aussi soupçonné ce Ministre d’Etat de s’associer à quelque projet terroriste grâce un hélico de la DST, avec wescam, discrètement maquillé basé à Blagnac. Et qui sait, la maison de campagne de M. Fabius à Carla Bayle n’est qu’à 4 kilomètres de chemin à moto de Artigat, le hameau où se trouve le centre de recrutement terroriste le plus suspecté par les RG (en fait une secte qui semble prête, pour l’argent facile, à faire pas mal de basses besognes) ? !
Et si Marc Mennessier s’intéresse aussi aux agitations nocturnes et mortelles de la SNPE dans la nuit du 20 au 21 Septembre 2001, je l’invite à contacter le Procureur de la République de Montpellier, il a de quoi, depuis le 10 Septembre 2008, commencer à travailler sur ce sujet et de retrouver quelque intérêt au témoignage matinal de MA près du local de Mairie face à l’entrée de Tolochimie, témoin largement et injustement dénigré par le rapport des RG.
A force de trop côtoyer les RG, beaucoup de journalistes oublient leur sens critique (surtout les journalistes scientifiques, hélas) et balancent sans vergogne, cassant à vil prix et sans assez de retenu, tout type de cible de HJ à Dominique de Villepin !
Le livre fourmille tout de même d'informations très intéressantes pour ceux qui commencent à regarder l'affaire. Je ne peux qu'encourager les Toulousains à lire le livre de Marc Mennessier, rien que pour avoir une idée de la mascarade judiciaire qui est en train de se préparer. Ces livres sur l'enquête AZF sont rares, le dernier était celui de Daniel Dissy (AZF Quelle vérité ?) sorti en 2006.
15 septembre 2008 à 16:514
cf.
http://femme-en-islam.over-blog.org/article-3262071.html
"Louange à Allâh qui t'a fait agir conformément à ce qu'Il aime et ce que j'aime. Viens plus près de moi mon fils, que je puisse sentir et humer ton corps car cette rencontre est peut-être la dernière".
Désignant son armure, elle dit: "Ceci, mon fils, n'est pas l'accoutrement de celui qui desire le martyre. Ôte-le. Cela rendra tes mouvements légers et rapides. Revêts plutôt ton sirwal (un long sous-vêtement) de sorte que si tu étais tué ta `awrah (partie intime) ne serait pas exposée".
15 septembre 2008 à 22:195
Merci à AgoraVox de lancer le débat
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=44786
23 septembre 2008 à 14:066
Livre disponible à la librairie de l'aéroport de Blagnac + Leclerc St orens
03 octobre 2008 à 19:327
Disponible à Montpellier : chez Sauramps
Je suis à demi-surpris que son editeur Seuil et la direction de son journal Le Figaro, ne soutiennent pas Marc Mennessier.
06 octobre 2008 à 12:03Ce livre dérange beaucoup la justice Française et dénonce toute la mascarade en place dans l'affaire AZF mais il a aussi le mérite de dévoiler la complicité des responsables de la Commission d'Enquête Interne de Grande Paroisse dans l'établissement de ce mensonge d'Etat chimique. Là on cible quelques amis haut-placés en politique et bien introduits dans les réseaux internationaux.
Même si Marc Mennessier a largement sous-évalué les magouilles des experts et des responsables scientifiques dépendant du CEA Militaire, même si la piste terroriste abordée par M. Mennessier mériterait largement plus d'investigation faute d'avoir vu toutes incohérences et tous les manquements sur les pistes sismiques et électromagnétiques, son attaque argumentée contre certaines personnes de Grande Paroisse et donc du groupe Total dérange énormément. Me Soulez-Larivière et Patrick Timbart, qui encore aujourd'hui feignent l'impuissance pour trouver une réponse technique devant l'origine de la catastrophe en sont d'autant plus ridicules !
Il serait temps que M. Thierry Desmarest montre autre chose que ce qu'il semble savoir faire à merveille depuis l'Erika : toucher beaucoup d'argent pour négocier le silence d'Etat et surtout ne pas rechercher la vérité... mais question utilisation souterraine des terrains des ballastières et stockage non déclaré d'eau lourde encore dans les années 90, ses responsabilités administratives ne sont peut-être entièrement cachées derrière celle de la direction nationale de Grande Paroisse. Les accords militaires entre Total et la DGA pourraient bien se superposer à terme avec ces composantes encore très peu connues. Et puis M. Desmarest ne semble pas vouloir non plus trop froisser les responsables de la direction de la SNPE, qui protègent aussi, par leur silence, les responsables des événements gravissimes survenus dans l'enceinte de l'usine 6 heures avant l'explosion et dont une plainte attend toujours une réponse de la part des Procureurs informés !
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A noter dans le livre les attendus concernant le non lieu de Gilles F.
très interessant, puisque que les attendus eux-mêmes mentionnent la possibilité qu'il y ait eu 2 explosions, la 1ere ayant lieu soit sur le site d'AZF soit sur un site voisin.
06 octobre 2008 à 12:57Géant non, et les propos viennent de la justice elle-me^me !!!
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Attention Elisabeth, il y à là une interprétation hâtive du texte des attendus pour les simples raisons que la phrase est pauvre en ponctuation et qu'elle est mal tournée. Vient-elle de vous ou du livre de Mennessier ? Je n'ai pas percuté sur ce passage dans son bouquin.
Voici extraite des attendus la phrase en question:
"(Pour avoir) Involontairement causé une incapacité totale de travail inférieure ou égale à trois mois sur les personnes, victimes corporelles de l'explosion survenue le 21 septembre 2001 sur le site et à l'extérieur du site de l'usine AZF Grande Paroisse à Toulouse"
Le texte vise les victimes corporelles sur le site et à l'extérieur du site et non pas une explosion à l'intérieur du site et une autre à l'extérieur. Vous remarquerez en outre qu'il est écrit une explosion, au singulier. Et l'on a du mal à concevoir UNE explosion se produire en deux endroits différents !
Voilà pour cette phrase pour le moins maladroite. Ce n'est pas la seule de cette histoire.
Dans cette affaire, tous les mots, chaque ponctuation, voire un simple S à la fin d'un mot peut changer beaucoup de choses et faire espérer là où il n'y à rien à attendre.
Bien cordialement
22 octobre 2008 à 00:2410
Bonsoir bastien31
j'ai cherche le texte des attendus, et je n'ai pas trouvé
c'est ce qui est mentionné dans le livre qui m'a fait tilté
je retrouve le passage exact et le retranscris ici
22 octobre 2008 à 00:3011
Selon la justice la catastrophe est due au déversement de produits chlorés pour piscines sur du nitrate d'ammonium entraînant la production de trichlorure d'azote (produit explosif volatile et très sensible) qui aurait provoqué l'explosion un quart d'heure plus tard.
Une recherche rapide sur le trichlorure d'azote sur internet (google) donne les infos suivantes:
Le trichlorure d'azote se rencontre dans les piscines par réaction entre le chlore et l'urée contenue dans l'urine des baigneurs. Due à sa faible solubilité dans l'eau, il est volatile et se retrouve donc dans l'air. Il donne l'odeur caractéristique des piscines couvertes. Toxique et très irritant, il est responsable de l'irritation oculaire et respiratoire ressentie par les personnes fréquentant les bassins. Il a de même été utilisé comme gaz lacrymogène.
Ma question est: Comment se fait il que les personnes qui sont passé dans le hangar quelques minutes avant l'explosion (et après le déversement) n'aient pas senti d'odeur particuliaire comme une odeur de piscine (due à la présence de ce produit)? Ou peut être ont elles senti quelque chose mais aucune info n'existe à ce sujet. Ce serait peut être un point à approfondir.
D'autre part si on regarde les causes des accidents industriels liés au nitrate d'ammonium (recherche sur internet) il n'y aurait apparemment que 2 causes: soit un incendie prolongé, soit un explosif dans la masse. A toulouse il n'y a pas eu incendie... Si quelqu'un a eu l'idée de mettre une charge de dynamite dans un des tas (reproduisant ainsi la catastrophe d'Oppau qui s'est produit 80 ans jour pour jour avant), peu de chance que ce soit un accident. C'est troublant mais bon je ne suis pas spécialiste et maintenant on ne sait plus trop où est la vérité après tout ce qui a été dit dessus...
Voir:
22 octobre 2008 à 19:12http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d'accidents_industriels_impliquant_du_nitrate_d'ammonium
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LE PROCES AZF APPROCHE : VENEZ DÉBATTRE SUR LE FORUM DE WWW.AZFSILENCEDETAT.COM !
Vous vous posez des questions sur le procès qui va s'ouvrir dans moins de six semaines à Toulouse, vous avez des opinions à faire partager, des analyses à confronter : alors venez grossir les rangs des membres du forum de www.azfsilencedetat.com
Depuis l'ouverture du site le 25 novembre dernier, ce lieu d'échanges en ligne, que je suis régulièrement, a reçu 2534 visites et accueilli pas moins de 123 messages sur les huit thèmes actuellement ouverts à la discussion.
Les deux derniers sujets concernent l'organisation du procès qui ne s'annonce pas sous les meilleurs hauspices (voir rubrique News, l'article du 10 janvier 2009). La justice aurait-elle peur de la vérité ?
Mais vous pouvez également créer votre propre thème de discussion et inviter les internautes à débattre avec vous d'un point qui vous tient particulièrement à coeur, en relation avec l'affaire bien entendu. Bref, vous l'aurez compris : je suis impatient de vous lire !
Marc Mennessier
13 janvier 2009 à 00:2313
AZF : quatre mois de débats pour rien !
Le rideau vient de tomber sur le procès de l’explosion de l’usine AZF, l’un des plus longs de l’histoire récente : plus de quatre mois d’audience et au moins autant avant de connaître le jugement du tribunal correctionnel de Toulouse qui ne sera rendu que le 19 novembre prochain.
Comme on pouvait le redouter, ce procès « hors normes », « historique », « exceptionnel », selon les superlatifs utilisés ça et là dans la presse, n’a pas permis, loin s’en faut, d’élucider les causes de cette explosion majeure, qui a provoqué officiellement la mort de 31 personnes, le 21 septembre 2001 dans l’usine chimique de Grande Paroisse, filiale de Total, à Toulouse.
Au terme de 400 heures de débats fleuves, parfois captivants, souvent soporifiques, la thèse soutenue par l’accusation d’un mélange involontaire entre deux produits incompatibles (le DCCNa et le nitrate d’ammonium stocké dans le funeste hangar 221), reste toujours aussi improbable.
Dans une lumineuse intervention, Monique Mauzac, professeur de chimie à l’université de Toulouse, dont le mari, ingénieur à AZF, a perdu la vie dans l’explosion, a démontré que ce scénario inventé sur mesure par les experts judiciaires, ne tenait scientifiquement pas la route.
Spécialiste mondialement reconnu de la chimie du nitrate d’ammonium, le professeur Georges Guiochon, venu spécialement des Etats-Unis pour témoigner à la barre, a tenu à peu près le même langage. La presse, et notamment l'Agence France Presse dont c'est le rôle, ne s’en est guère fait l’écho. Mais depuis huit ans que dure cette comédie, on commence à être habitué…
Les salariés de l’usine qui sont intervenus dans le hangar peu de temps avant le drame ont planté plus que des banderilles dans ce "prêt-à-penser" chimique : absence d’eau sur le sol du sas d’entrée au bâtiment 221 (or l’eau est indispensable à la réaction), disposition erronée des différents tas de nitrate présents dans le sas (indispensable pour que la fameuse « chaîne pyrotechnique » s’allume), distance entre le muret et le tas principal de 300 tonnes incompatible avec une transmission par « sympathie », etc.
Sans oublier les analyses montrant qu’il n’y avait pas de DCCNa sur le sol du bâtiment où a été confectionné le chargement déversé dans le hangar 221 vingt minutes avant l’explosion. Quant au fameux tir 24, censé reproduire la détonation meurtrière et qui a beaucoup marqué certains esprits impressionnés sans doute de voir pour la première fois, ailleurs qu'au cinéma, le film d’une explosion, il a été réalisé dans des conditions fort éloignées de celles qui régnaient dans le bâtiment 221, le matin du 21 septembre. Sa pertinence, eu égard à la chose jugée, est donc nulle. En outre, les experts judiciaires n’ont pas trouvé utile de procéder à un nouveau tir. Or la reproductibilité d’un résultat est à la base de la démarche expérimentale…
En dépit de ces incohérences, déjà connues bien avant le procès, le ministère public a requis, sans surprise, trois ans de prison avec sursis et 45.000 euros d'amende contre Serge Biechlin, l’ancien directeur de l’usine et 225.000 euros d’amende contre la société Grande Paroisse. Dans un interminable réquisitoire qui a duré près de huit heures, le procureur de Toulouse, Patrice Michel a invoqué "un dysfonctionnement grave dans la gestion des déchets et le recours à la sous-traitance » ainsi que « le croisement de produits incompatibles". Sans établir à aucun moment la preuve que ces éventuels dysfonctionnements aient pu avoir un lien causal avec l’explosion. Sauf à accepter l’idée que l’on puisse condamner aujourd’hui quelqu’un, non plus sur une preuve mais sur une probabilité, une présomption, pour ne pas dire un parti pris.
Ce réquisitoire bien peu convaincant a été accueilli avec si peu de distance critique par les journalistes (y compris au Figaro) que beaucoup de gens ont cru de bonne foi que « Total a été condamné », comme j’ai pu le constater à maintes reprises ces derniers jours. Certains confrères ont même affirmé que le parquet avait requis des peines maximales à l’encontre des prévenus. Ce qui est faux puisque le code pénal prévoit de la prison ferme pour ce type d’infractions, or le procureur n’a demandé que de la prison avec sursis contre Serge Biechlin…
Au fond la seule véritable surprise de ces débats aura été l’étonnante capacité des experts judiciaires à défendre, envers et contre tout, leur indéfendable explication. Je pensais qu’ils ne tiendraient pas la distance et qu’ils s’effondreraient avant la fin du procès. Je les ai sous-estimés sur ce point, dont acte. Mais cela ne rend pas leur travail plus crédible pour autant ! De plus, le soutien constant dont ils ont bénéficié de la part de l’accusation, des avocats des parties civiles et, ce qui est moins pardonnable, des médias, leur a incontestablement évité de plonger définitivement le nez dans l’ornière.
Sans parler des menées du ministère public pour instiller le doute sur la sincérité des prévenus avec le prétendu « rapport caché » du détonicien du CNRS, Michel-Henri Presles. Quelques semaines avant le procès, ce dernier avait fort opportunément calculé, au moyen d’une simulation numérique, que le muret de séparation présent dans le sas du hangar 221 aurait pu, en se fragmentant, provoquer la détonation du tas principal de 300 t de nitrates. Bien que peu convaincant, car n’ayant fait l’objet d’aucune expérimentation valable, ce mistigri scientifique permit dès le lendemain matin, à l’un des experts judiciaires de modifier ses conclusions pour accréditer l’hypothèse de la transmission de l’explosion par sympathie mise à mal, quelques jours plus tôt, par les témoignages des salariés. A-t-il refait ses petits calculs pendant la nuit ? On peut en douter. Et de toute façon, il n’est pas admissible qu’un expert judiciaire modifie ses conclusions au fil des audiences d’un procès, une fois l’instruction close ! Encore un point sur lequel cette calamiteuse affaire AZF fait figure de première judiciaire…
Le procès n’a pas non plus permis de progresser sur les pistes dites alternatives. Mais c'était, encore une fois, largement prévisible. La thèse de l’acte volontaire (malveillance, terrorisme…) a été évacuée comme une patate chaude en dépit de quelques éléments nouveaux survenus pendant les audiences : présence d’un intérimaire non identifié à ce jour le matin de l’explosion, perquisition effectuée dès le lundi 23 septembre en plus de celle du vendredi 28 au domicile de Hassan J, selon sa compagne... Mais pas question de rebondir sur ce genre d’imprévus, de bouleverser le bel ordonnancement d'un procès qui se devait d'être « exemplaire ». Pourtant la vérité surgit parfois de détails apparemment anodins…
Les policiers venus se plaindre de n’avoir pu enquêter sur la piste criminelle (cf le chapitre 2 de mon livre : « La piste interdite ») ont été déjugés sous prétexte, en gros, que... leur hiérarchie prétendait le contraire. Si la sincérité d’un témoignage se mesure à l’aune du grade de celui qui en est l’auteur…
Quant à la médecin-légiste qui a signalé les multiples sous-vêtements de Hassan J., censés cacher une maigreur depuis longtemps révolue si j’en juge par les photos prises lors de l’autopsie, elle a quasiment eu droit à un procès en islamophobie de la part de certaines parties civiles et commentateurs en mal d’inspiration.
Et que dire du grand numéro de l’ancien patron des RG de Toulouse venant affirmer tout à trac que les pistes de l’acte de malveillance ou du « djihad isolé » sont exclues ? Et que l’explosion ne peut être que d’origine accidentelle. Faut-il en déduire que ce grand service de police dispose d’informateurs fiables, cela va sans dire, à chaque coin de rue, dans chaque cage d’escalier et jusque sur les quais de chargement des usines Seveso II pour être en mesure de détecter, et éventuellement de prévenir, des agissements par nature aussi imprévisibles ? C’est à la fois réconfortant et inquiétant. Je précise que, bien entendu, Joël Bouchité, avait juré juste avant, en levant la main droite, de dire toute la vérité, rien que la vérité.
Bref, ces quatres mois de procès m'ont conforté dans l'idée que l'enquête judiciaire a été arbitrairement orientée dès le départ vers la piste accidentelle au détriment de toutes les autres. Et pour des motivations que tout le monde ignore dans la mesure où MM Chirac et Jospin n'ont pas cru devoir venir exposer devant le tribunal les raisons qui les avaient amenés à privilégier la piste accidentelle quelques heures seulement après le drame...
J'aurais néanmoins appris trois petites choses au cours de ces quatre mois interminables : la première est qu’un hélicoptère militaire Super Puma inconnu au bataillon était bel bien en vol à proximité de l’usine au moment de l’explosion, la seconde est que, selon les analyses acoustiques réalisées par plusieurs spécialistes de renommée internationale, le bruit enregistré avant l’explosion du hangar 221 correspond, d’après les données (incomplètes) dont ils disposaient, à celui d’un objet non identifié volant en altitude au nord est du site à une vitesse supersonique, la troisième est qu’il y a probablement eu deux explosions, l'une d'elles étant suffisamment aérienne ou faiblement couplée avec le sol pour ne laisser aucune signature sismique. Impossible évidemment de tirer, en l’état, la moindre conclusion de ces éléments disparates. Mais ils n'en sont pas moins intéressants à creuser. Sans oublier le doute qui subsiste sur le nombre exact de morts retrouvés sur le site, l'intérimaire "fantôme" que la PJ n'a pas vraiment cherché à identifier, les phénomènes d'électrisation subis par plusieurs salariés de l'usine quelques instants avant l'explosion et j'en oublie sûrement...
Par conséquent, en plus de prononcer la relaxe de Serge Biechlin et de la société Grande Paroisse, qui s'impose du strict point de vue du droit, le tribunal serait bien inspiré de demander un supplément d’information. Histoire de laisser une petite chance à la vérité de se manifester un jour. Peut-être. Réponse le 19 novembre.
Marc Mennessier
www.azfsilencedetat.com
20 novembre 2009 à 00:40Ajoutez un commentaire
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