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Iran / Brésil : vers une solution concernant l’uranium ?

lula-e-iran.jpgConciliant l’Iran ces derniers temps ? alors que Clotilde Reiss vient enfin de retrouver le sol français, le président brésilien Lula da Silva a déclaré dimanche se considérer « optimiste » sur l’évolution des discussions en cours pour trouver un compromis dans le dossier nucléaire iranien.

Des propos tenus alors que le Président brésilien entame dimanche une visite à Téhéran et que les Occidentaux travaillent à de nouvelles sanctions contre la République islamique.

« Des négociations sont toujours en cours et il faut attendre jusqu’à la fin des discussions lundi » avant de pouvoir dresser un bilan de la médiation entreprise par le Brésil entre l’Iran et les grandes puissances, a ainsi précisé un des membres de la délégation brésilienne présente à Téhéran.

Cette médiation intervient en marge d’une visite  destinée – officiellement – à renforcer les relations économiques et commerciales entre le Brésil et l’Iran, et d’un sommet des pays non alignés du G15 qui se tiendra lundi dans le pays.

Le président Lula a eu dimanche matin de premiers entretiens avec son homologue iranien Mahmoud Ahmadinejad, et a été également reçu par le guide de la République islamique Ali Khamenei.

Bien que non évoquée dans le communiqué de la présidence iranienne sur cette rencontre, la question nucléaire a été discutée, si l’on en croit une source proche des négociations.

Selon les media iraniens, l’épineux dossier a également au centre d’entretiens entre le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, et ses homologues brésilien Celso Amorim et turc Ahmet Davutoglu.

Tout comme le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, le président brésilien clame de longue date sa farouche opposition à toute sanction à l’encontre du régime iranien.

Il est vrai que l’Iran est un partenaire commercial important pour le Brésil : les exportations brésiliennes vers l’Iran ont augmenté l’an dernier de 7 %, les Iraniens étant particulièrement friands de viande, de maïs, de sucre de canne mais aussi de l’éthanol en provenance du Brésil.

Mais le « clou de l’affaire » pourrait bien être un possible échange de combustible nucléaire. Ainsi, le 5 mai dernier, le président iranien a approuvé une proposition brésilienne d’accueillir un échange d’uranium à destination de l’Iran pour résoudre la crise sur le programme nucléaire iranien, selon le site internet officiel de la présidence.

A l’heure actuelle, le président iranien Ahmadinejad refuse que cet échange se fasse en France ou en Russie comme le propose l’Agence Internationale pour l’énergie atomique, l’AIEA.

Fin avril, le chef de la diplomatie brésilienne Celso Amorim avait annoncé lors d’une visite à Téhéran que le Brésil était prêt à examiner une éventuelle proposition pour un échange de combustible sur son sol, tout en précisant qu’une telle idée n’avait pas encore été soumise à son gouvernement. Le président brésilien Lula da Silva avait toutefois déclaré qu’il existait « des endroits plus proches de l’Iran » pour cet échange.

Rappelons qu’en novembre 2009, Mahmoud Ahmadinejad avait déclaré à la chaîne brésilienne Globo que Téhéran comptait élargir sa coopération dans le nucléaire civil avec le Brésil.

Selon un article publié alors par l’ambassade iranienne à Brasília, le président iranien souhaite en effet développer une relation plus étroite avec le Brésil, signalant qu’il allait demander son soutien dans le domaine nucléaire. « Si dans cette polémique injuste des pays occidentaux contre le programme nucléaire iranien pour des fins pacifiques, le peuple brésilien s’est placé du côté du peuple iranien , c’est parce que le Brésil est en train de vivre une expérience similaire. Le peuple brésilien estime que quelques puissances arrogantes essayent d’empêcher que d’autres nations aient accès aux technologies de pointe« , avait déclaré le président iranien.

Rappelons que Mahmoud Ahmadinejad, qui devait initialement se rendre au Brésil en mai 2009, avait reporté sa visite au dernier moment, l’expliquant par son calendrier très chargé avant la présidentielle iranienne.

A la même période, à peine remis d’un week-end éprouvant – occupé en grande partie par la gestion de crise consécutive au crash toujours inexpliqué de l’A330 d’Air France vol AF 447 (entre la ville brésilienne de Rio et Paris) – Nicolas Sarkozy avait quant à lui reçu le ministre iranien des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki. Objet de leurs discussions : évoquer la relance du dialogue entre l’Iran et les grandes puissances sur son programme nucléaire .

Une entrevue majeure avant les élections européennes, les présidentielles iraniennes et l’anniversaire du débarquement, fêté en grandes pompes en compagnie de Barack Obama. C’était ainsi la première fois que le président français recevait un responsable iranien de haut rang depuis son élection en mai 2007.

En janvier 2009, le Times affirmait pour sa part que six pays occidentaux – la France, les Etats Unis, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Australie et le Canada – avaient commencé à faire pression sur des pays producteurs d’uranium – dont le Brésil - pour qu’ils ne fournissent pas l’Iran. Etaient également concernés : le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, mais aussi la République démocratique du Congo et le Niger.

Sources : AFP, Reuters, RFI, Ria Novosti, Brasilidade

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7 commentaires

  1. ahmad.anazé 17 mai 2010 à 00:01

    Rien à faire:
    Convaincre l’Iran? Sur le nucléaire on ne peu rien faire. Réussite de l’avoir le nucléaire est la fierté et l’orgueil de l’Iran.
    Au Moyen Orient, avant le nucléaire de l’Iran, il faut résoudre, d

  2. Elisabeth Studer 19 mai 2010 à 00:09

    Iran: le Brésil demande à participer avec la Turquie au groupe 5+1
    MADRID – Le Brésil souhaite participer avec la Turquie aux négociations du groupe 5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU et l’Allemagne) sur le dossier nucléaire iranien, a indiqué mardi à Madrid un conseiller du président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva.
    Il serait « normal et souhaitable » que le Brésil et la Turquie, qui ont négocié lundi avec Téhéran une offre d’échange d’uranium iranien en Turquie puissent participer aux négociations des grandes puissances, a déclaré à la presse Marco Aurelio Garcia, conseiller du président brésilien.
    « Je crois qu’il serait normal qu’au moins une bonne partie des négociations soient ouvertes » à ces deux pays, a déclaré le conseiller pour les affaires étrangères du président Lula.
    (AFP / 18 mai 2010 17h06)

  3. Elisabeth Studer 19 mai 2010 à 00:10

    Iran: Erdogan « appelle la communauté internationale à soutenir » l’accord
    MADRID (Espagne) -
    Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a appelé mardi à Madrid « la communauté internationale à soutenir » l’accord conclu lundi entre l’Iran, la Turquie et le Brésil sur un échange d’uranium iranien en Turquie.
    « J’appelle la communauté internationale à soutenir la déclaration finale (des trois pays, ndlr) au nom de la paix mondiale », a déclaré le Premier ministre turc, au cours d’une conférence de presse en marge du sommet UE/Amérique latine.
    « Nous devons cesser de parler de sanctions » contre l’Iran après cet accord, a estimé M. Erdogan.
    « Il y a une chance vitale devant nous, une chance unique et je crois que nous devons la saisir », a insisté le responsable turc.
    Cet accord représente « la meilleure garantie que nous ayons jusqu’à présent », a-t-il encore déclaré.
    « Nous avons vu qu’à travers des négociations et une diplomatie positive, l’Iran peut s’asseoir à une table de négociations et que nous pouvons parvenir à un consensus dans le cadre de règles diplomatiques internationalement acceptées », a encore souligné M. Erdogan.
    « Malheureusement il y a toujours des méfiances (…) ce qui est évident d’après les communiqués vus hier (lundi, ndlr) et il y a toujours des perspectives d’accroître les sanctions contre l’Iran », a encore commenté le Premier ministre turc.
    18/05/2010

  4. Ahmed1 21 mai 2010 à 03:51

    La Turquie médiateur pour la Paix?
    Mais la Turquie elle même est un pays Génocidaire, Destructeur et Négationniste, connu pour le monde civilisé, inclus ses amis Européen et USA.
    La Turquie n’a pas de crédit pour mener des négociations tant qu’elle n’accepte pas son passé, plain des crimes.

  5. ES 26 septembre 2012 à 13:59

    je corrige pb d’accents au plus tot
    Elisabeth

  6. ES 26 septembre 2012 à 14:01

    A lire et

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