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Sarkozy reçoit l’Iran à l’Elysée pour parler nucléaire

Shah_saclay_1Pas de répit pour Nicolas Sarkozy. A peine remis d'un week-end éprouvant  – occupé en grande partie  par la gestion de crise consécutive au crash encore inexpliqué de l'A330 d'Air France -  le chef de l'Etat français recevra mercredi le ministre iranien des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki.

Objet de leurs discussions : évoquer la relance du dialogue entre l'Iran et les grandes puissances sur son programme nucléaire.

Une entrevue majeure avant les élections européennes, les présidentielles iraniennes et l'anniversaire du débarquement, fêté en grandes pompes  en compagnie de Barack Obama.

Selon un communiqué de l'Elysée, l''entretien permettra d'aborder en particulier les discussions que les Six (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni et Russie, avec le Haut représentant de l'UE Javier Solana) souhaitent relancer avec l'Iran sur la question de la prolifération nucléaire.

C'est la première fois que le président français reçoit un responsable iranien de haut rang depuis son élection en mai 2007.

Cette rencontre intervient alors que les Six ont récemment proposé à Téhéran de relancer leur dialogue sur son programme nucléaire. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad leur a opposé la semaine dernière une fin de non-recevoir, indiquant que l'Iran ne "discutera pas du dossier nucléaire en dehors de l'AIEA", l'Agence internationale de l'énergie atomique.

Si Nicolas Sarkozy a certes à maintes reprises officiellement vilipender Téhéran sur son projet nucléaire controversé, en  juin 2008, il avait  toutefois laissé entrevoir un possible terrain d'entente.

Au cours d'une conférence de presse commune avec George W. Bush à l'Elysée, le président français avait  lancé: "L'obtention par l'Iran de la bombe nucléaire est inacceptable, c'est clair. C'est une menace inacceptable pour la stabilité du monde, surtout rapportée aux déclarations répétées du président actuel de l'Iran".

Certes, certes, Nicolas Sarkozy ne pouvait pas moins faire et surtout moins dire devant un « public » américain. Mais le Président français a toutefois ajouté quelques propos loin d'être anodins dans le contexte global du dossier. "L'Iran a le droit comme tous les autres pays du monde au nucléaire civil et nous sommes prêts à les aider", avait ainsi poursuivi le chef de l'Etat français.

Nicolas Sarkozy pourrait-il ainsi mettre désormais de l'eau dans son vin et infléchir sa politique vis-à-vis de Téhéran, compte-tenu dela « dette » française envers l'Iran ? Voire compte-tenu des intérêts d'AREVA en la « matière » ?

Rappelons qu'en mars 2007, soit avant les élections présidentielles, Roland Dumas s'était rendu à Téhéran, pour s'entretenir avec des dignitaires du régime sur le dossier du nucléaire iranien.

Présenté par la presse iranienne comme un « envoyé spécial français », l'ancien ministre des Affaires étrangères n'était pas mandaté par Paris, le Quai d'Orsay évoquant un « déplacement privé ». « Mon voyage a été particulièrement utile, d'autant plus qu'il est intervenu dans une période brûlante », avait- il précise quelques heures après son retour à Paris.

Mais de quoi s'agissait-il ?

Roland Dumas répondait à une invitation d'Ali Akbar Velayati, le conseiller diplomatique d'Ali Khamenei, guide suprême de la république islamique. « Velayati est très proche de Khamenei. Nous nous sommes connus lorsque j'ai réglé avec lui le contentieux Eurodif et l'affaire des otages au Liban », rappelle Roland Dumas. Quel joli préambule pour signifier que l'objectif de l'entrevue était très certainement de discuter de cet épineux dossier.

Ali Akbar Velayati s'activait alors sur la scène internationale, défendant selon Roland Dumas, un « paquet de propositions ». Parmi elles, figurait en bonne place l'idée de confier à un consortium international géré par les Européens le traitement de l'uranium sur le sol iranien. Scénario envisageable : relancer, via Eurodif, la coopération franco-iranienne qui avait notamment abouti à la construction du réacteur nucléaire à usage civil de Darakhoin, près d'Ahwaz.

Pour rappel, Eurodif est un Consortium propriétaire d'une usine d'enrichissement de l'uranium implantée dans le site nucléaire du Tricastin à Pierrelatte dans la Drôme, et exploitée par une filiale de Areva NC, Eurodif SA. Cette coentreprise a été créée en 1973 entre 5 pays : la France, la Belgique, l'Italie, l'Espagne et la Suède.

L'uranium enrichi produit par Eurodif alimente environ 90 réacteurs à eau pressurisée, la filière nucléaire la plus largement répandue dans le monde, dont 58 réacteurs français. L'usine produit à elle seule 25% de la consommation mondiale d'uranium enrichi. Eurodif SA compte parmi ses clients EDF et plus de 30 compagnies d'électricité.

En 1975, la part suédoise de 10% dans Eurodif était parvenue à l'Iran à la suite d'un accord franco-iranien. La société française nationalisée Cogéma et le gouvernement iranien fondent alors la Sofidif (Société franco

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10 commentaires

  1. Elisabeth 2 juin 2009 à 22:40

    Initiative iranienne ?
    Source ; Reuters
    Selon l’entourage de Nicolas Sarkozy, la rencontre aura lieu à la demande des autorités iraniennes.
    “Le président de la République a décidé d’y répondre positivement”, explique-t-on de même source. “Il ne faut laisser passer aucune chance de faire avancer le dialogue sur cette question essentielle pour la sécurité internationale.”

  2. Nenuphar 3 juin 2009 à 11:32

    Foutaise que d’affirmer : “Il ne faut laisser passer aucune chance de faire avancer le dialogue sur cette question essentielle pour la sécurité internationale.”
    l’on sait bien que l’Iran n’a qu’un programme civil, ce qui est son droit le plus absolu et d’autre part, c’est parce que Obama veut un dialogue avec l’Iran que Sarkozy, suiviste, veut lui emboiter le pas en ne se faisant pas passer pour le va en guerre (dixit son MAE Kourchner). Si on veut réellement assurer une sécurité internationale, il faudrait commencer par désarmer Israël qui veut imposer à ses voisins son leadership

  3. lionnel 3 juin 2009 à 16:33

    tu est pret à croire sur parole, un président qui tiens
    de tels propos ? pas moi !!! et du moins je comprends les pays qui veulent pas lui donné l’arme atomique…
    le point du 03/060/09, Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad s’en est une nouvelle fois pris à Israël en qualifiant mercredi l’holocauste de “grosse tromperie”. Le président iranien a estimé que les démocraties libérales du monde avaient dégradé “les valeurs humaines”, dans des propos publiés par le site internet de la télévision iranienne.
    “L’identité de la démocratie libérale a été révélée au monde par sa protection du régime le plus criminel de l’histoire de l’Humanité, le régime sioniste (Israël, NDLR), en utilisant la grosse tromperie qu’est l’holocauste”.
    Le président Ahmadinejad s’exprimait devant 600 universitaires et religieux invités par l’Iran aux commémorations du 20e anniversaire de la mort du fondateur de la République islamique, l’ayatollah Rouhollah Khomeiny, célébré jeudi. “Le seul moyen de remplacer la pensée libérale est de revenir aux enseignements des prophètes divins”, a dit M. Ahmadinejad.
    “Les pensées et le système des régimes libéraux ont rabaissé les standards de la perfection humaine. Les régimes libéraux ne peuvent pas résoudre les problèmes politiques les plus simples au monde”, a-t-il ajouté. Le président iranien, qui remet en jeu son fauteuil à la présidentielle du 12 juin, a nié à plusieurs reprises l’ampleur et même la réalité de l’extermination des juifs par les nazis pendant la seconde Guerre mondiale. L’Iran ne reconnaît pas l’existence d’Israël et le président Ahmadinejad a prédit à de nombreuses reprises ces dernières années la disparition de l’Etat hébreu.

  4. Nenuphar 3 juin 2009 à 16:47

    Lionnel, je vote pour qui je veux et je n’ai aucune leçon à recevoir . Qui plus est, pour qui te prends-tu pour utiliser le “nous” ?

  5. Elisabeth 3 juin 2009 à 18:37

    désolée , un mot de plus et je supprime TOUS les commentaires
    les propos racistes sont proscrits en France

  6. Bocoum 4 juin 2009 à 11:58

    je deffend l’avis de Elisabet

  7. Nenuphar 4 juin 2009 à 12:48

    Elisabeth, qui est raciste dans cette histoire ? Pas moi en tout cas et je respecte la loi contrairement à ce lionnel qui traite ses contradicteurs de partisan d’un tel ou d’un tel. Je mets ce post afin de rétablir la réalité des faits et non pas pour me justifier de quoi que ce soit.

  8. Elisabeth 4 juin 2009 à 14:32

    @nenuphar
    evidemment , j’ai supprime toutes les tournures pour le moins “limites” … dans vos commentaires

  9. Elisabeth 5 juin 2009 à 11:51

    Bresil, iran et uranium …
    L’Iran pourrait se retrouver
    à court d’uranium
    Julie Connan (lefigaro.fr) avec AFP
    16/02/2009 | Mise à jour : 20:15 |
    Selon un centre d’études américain, la République islamique pourrait voir ses activités de traitement et d’enrichissement du combustible nucléaire, compromises. Téhéran dément fermement.
    L’Iran pourrait prochainement venir à manquer de concentré d’uranium (ou «yellow cake»), première étape dans la transformation du minerai via des centrifugeuses. C’est ce qu’affirme une étude publiée mercredi par un centre d’études et de réflexion basé aux Etats-Unis. Si l’information était confirmée, cela renforcerait les doutes de la communauté internationale sur la nature du programme nucléaire iranien : les experts de l’ISIS (Institute for Science and International Security) notent en effet qu’un manque d’uranium serait un obstacle évident pour un programme nucléaire civil de production d’électricité, mais pas pour un programme nucléaire militaire. Car d’après des analystes occidentaux, l’Iran aura en effet enrichi suffisamment d’uranium à la fin de l’année pour produire, s’il le souhaite, des ogives nucléaires.
    Les auteurs de cette étude, David Albright, Jacqueline Shire et Paul Brannan se sont basés sur un rapport de novembre 2008 de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Selon ce texte, l’Iran a consommé près des trois-quarts des 600 tonnes de stocks de concentré d’uranium qu’il avait acquis dans les années 1970 auprès de l’Afrique du Sud, sous le couvert d’un programme nucléaire civil, quand le shah d’Iran était encore au pouvoir.
    Risques d’approvisionnements illégaux
    Or, d’après les auteurs, aucune des deux mines d’uranium iraniennes ne semble avoir la capacité de fournir le combustible pour un seul réacteur : d’une part, elles ne produisent pas assez d’uranium, d’autre part, le minerai est de mauvaise qualité et très coûteux.
    Autrement dit, si l’Iran parvient à maintenir ses activités d’enrichissement d’uranium en 2010, cela pourrait signifier que le pays s’est fourni à l’étranger, en violation de la résolution 1737 des Nations unies, estime l’étude de l’ISIS.
    Dès mercredi, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Hassan Qashqavi a jugé ces informations, déjà révélées fin janvier par Times, de «spéculations de médias».
    D’après le quotidien britannique, six pays occidentaux – la France, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Australie et le Canada – ont d’ores et déjà commencé à faire pression sur des pays producteurs d’uranium pour qu’ils ne fournissent pas l’Iran.
    ******* Parmi ces pays figurent le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, mais aussi la République démocratique du Congo, le Niger ou le Brésil. ******
    En 2005, l’Iran avait tenté d’importer illégalement par bateau de l’uranium 238 provenant du Congo. Mais l’opération avait été déjouée par les douanes tanzaniennes.
    ——————————————————————————–
    Elisabeth
    4 juin 2009 01:06:27
    Bresil/ France et iran …
    LONDON
    Uranium Nations Urged Not To Sell To Iran
    The British newspaper said Britain’s Foreign Office late last year ordered its diplomats in Kazakhstan, Uzbekistan and Brazil.
    Western powers believe Iran is running short of raw uranium for its nuclear programme and are urging producer nations not to sell to Tehran, The Times reported on Saturday.
    The British newspaper said Britain’s Foreign Office late last year ordered its diplomats in Kazakhstan, Uzbekistan and Brazil — all major uranium producers — to lobby their governments on the issue.
    “Countries including Britain, the U.S., France and Germany have started intensive diplomatic efforts to dissuade major uranium producers from selling to Iran,” the newspaper said.
    The Western governments accuse Tehran of trying to acquire nuclear weapons under cover of a civilian nuclear energy programme. Iran denies the accusation and says it only wants nuclear power in order to generate electricity.
    The enriched uranium required for use in nuclear reactors or weapons is produced in centrifuges that spin uranium hexafluoride gas (UF6) at high speeds. The UF6 is derived in a chemical reaction from “yellow cake”, a concentrate obtained from mined uranium ore.
    The Times quoted sources as saying Iran had nearly exhausted its stock of yellow cake, of which it had acquired several thousand tonnes from South Africa in the mid-1970s.
    A spokesperson for Britain’s Foreign Office declined to confirm the Times report but said:
    “It’s essential to dissuade Iran from progressing towards the technology for a nuclear bomb. This risks sparking off a regional nuclear arms race. In a region which already faces huge security and other challenges, nuclear proliferation would be disastrous for stability.”
    The World Nuclear Association lists the top 10 uranium mining nations in 2007 as Canada, Australia, Kazakhstan, Russia, Niger, Namibia, Uzbekistan, the United States, Ukraine and China. Brazil was 13th.
    The vice president of Kazakhstan’s state atomic company told Reuters in an interview in November that the former Soviet republic planned to increase uranium production to nearly 12,000 tonnes this year from around 8,600 tonnes in 2008.
    The Times said the Democratic Republic of Congo, where fighting and smuggling are rife, was another potential source of supply that troubles Western nations and the United Nations nuclear watchdog, the International Atomic Energy Agency.
    Objavljeno: 24.01.2009. u 12:40h

  10. Marco 15 avril 2010 à 16:35

    Je défends également l’avis de