Décidement, Poutine nous fera réviser (apprendre ?) notre géographie. Après l'Ukraine, la Biélorussie et tant d'autres, c'est au tour de la Lettonie de se faire "remarquer" ...
Le thème ? encore une fois le gaz ... et son tarif associé. Sur fond de demande de statut de citoyenneté russe pour une partie de la population ... Un air de déjà vu ?
La Lettonie souhaite en effet renégocier son contrat de livraison de gaz auprès du géant gazier russe Gazprom. Elle considère que les tarifs qui lui sont appliqués sont très élevés. "Réflexion" menée certes ... alors que le pays est frappé de plein fouet par une grave crise économique.
L'économie de la Lettonie, pays balte de 2,3 millions d'habitants, s'est en effet contractée de 17% à 18% en 2009. Le budget pour 2010 table sur une baisse de 4% du PIB.
"Nous n'avons pas encore obtenu de réponse du côté russe", a toutefois indiqué le porte-parole du ministère letton des Finances, Sandris Sabajevs, sans précisé la date à laquelle la partie lettone avait initilaisé se négociations avec Moscou.
Le ministre des Finances, Artis Kampars, avait déclaré jeudi au journal letton Dienas Bizness que la Lettonie faisait pression sur Gazprom, l'unique fournisseur de gaz à la Lettonie, pour changer les conditions financières du contrat. La Russie comme unique fournisseur de gaz, souhaitons un bon courage à la Lettonie ... car le Kremlin ne s'est jamais montré très conciliant dans ce genre de "discussions"....
Le ministre a par ailleurs déclaré s'être entretenu avec des représentants de Gazprom et des responsables de l'ambassade russe à Riga sur une modification du contrat. Qualifiant ce dernier de "non avantageux pour la Lettonie".
Selon lui, "les prix moyens du gaz à la Bourse d'Amsterdam sont inférieurs de 30% à ceux pratiqués en Lettonie".
Selon les chiffres d'Eurostat, les Lettons paient en moyenne leur gaz 24% plus cher que les habitants de la Lituanie voisine et 32% de plus que ceux de l'Estonie, les trois pays baltes étant toutefois connectés au même réseau gazier.
Pour rappel, en février 2009, le distributeur letton Latvijas Gaze, contrôlé par la société allemande EON et Gazprom, avait signé un contrat de livraison allant jusqu'en 2030.
La dépendance au gaz russe des trois pays baltes est avant tout historique. La situation est en effet héritée de l'époque où ils faisaient partie de l'URSS.
Mais encore une fois le gaz (voire la crise économique ? ) pourrait être prétexte à ramener vers Moscou les brebis égarées ...
Affaire à surveiller de près dans ce monde de brut : la requête de la Lettonie intervient au moment même où la commission des requêtes du Parlement letton et le Département de la citoyenneté et de l'immigration viennent de discuter de la situation des non-citoyens de la république renonçant à leur statut actuel .... au profit de la citoyenneté russe.
La Diète (parlement) se dit ainsi inquiète de la forte augmentation du nombre de non-citoyens de Lettonie souhaitant devenir un citoyen russe à part entière. Le nombre le plus important de requêtes a été enregistré en Latgalie, région regroupant le plus grand nombre d'ethnies du pays et comptant beaucoup de russophones ... Cela ne vous rappelle rien ?
Le chef de la diaspora russe, Alexeï Vassiliev, estime que le nombre des requérants a augmenté en raison de la détérioration de la situation économique de la région.
Le nerf de la "guerre" ? : sur 2,3 millions d'habitants, la Lettonie est à moitié peuplée de russophones, dont près de 300.000 vivent sans aucune citoyenneté.
Selon la presse russe, les rapports entre Riga et Moscou se sont exacerbés au lendemain de "l'attaque géorgienne contre l'Ossétie du Sud en août 2008", à l'issue duquel la Russie a reconnu l'indépendance des provinces sécessionnistes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie.
La Lettonie avait alors qualifié l'opération russe contre la Géorgie "d'acte d'agression contre un Etat souverain". Le parlement de la République balte avait alors sévèrement condamné la Russie.
L'ambassadeur russe en Lettonie, Alexandre Vechniakov, avait alors déclaré que la position pro-géorgienne de Riga se répercuterait sur ses rapports avec Moscou.
Les rapports entre Riga et Moscou se développent positivement, a néanmoins estimé il y a quelques jours le premier ministre letton, Valdis Dombrovskis, avant d'espérer la signature, en 2010, de nouveaux accords économiques entre les deux pays.
Sources : AFP, Les Echos, Tchas, Ria Novosti

3 Commentaires
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Sans doute pour contrebalancer la hausse très probable du prix de l'électricité ( les experts parlent d'une augmentation de 30 % ) suite a l'arrêt de l'unique centrale nucléaire des pays baltes ( IGNALINA ).
31 janvier 2010 à 23:132
UE/ÉNERGIE: l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie s'accordent sur le tracé de l'interconnexion électrique qui reliera le marché balte à la Suède
Bruxelles, 04/05/2009 (Agence Europe) - Après des mois de tergiversations, les trois pays baltes, l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie ont finalement trouvé un terrain d'entente sur l'interconnexion électrique qui pourrait les aider à rompre, en partie, leur isolement énergétique. Réunis lundi 27 avril, les Premiers ministres estonien, letton et lituanien, respectivement Andrus Ansip, Valdis Dombrovskis et Andrius Kubilius se sont accordés, dans une déclaration commune, sur la mise en œuvre sans délai d'un plan de réalisation de l'interconnexion électrique de 700 à 1 000 mégawatts, le SwedLit, qui devra relier d'ici 2013 au plus tard le marché balte à la Suède et au réseau électrique nordique, via un câble sous-marin de courant continu de 340 km de long, avec deux stations de transformation en Lituanie et en Suède. L'accord intergouvernemental prévoit aussi une participation à parts égales des compagnies énergétiques de Suède, de Lettonie et de Lituanie.
Le commissaire européen à l'Énergie, Andris Piebalgs, a aussitôt salué l'accord entre les trois États baltes qui se disputaient le point de départ de l'interconnexion vers la Suède. L'accord ouvre la voie à l'utilisation des 175 millions d'euros dédiés à cette interconnexion dans le volet « infrastructures énergétiques » du plan européen de relance proposé fin 2008 par la Commission européenne. Notons que la déclaration signée le 27 avril par les trois chefs de gouvernement baltes prévoit aussi d'accélérer la mise en œuvre du projet Estlink-2, interconnexion électrique de 800 mégawatts entre l'Estonie et la Finlande, dont l'opérabilité est prévue pour 2013, et les préparations pour la construction de l'interconnexion électrique de 1 000 mégawatts entre la Lituanie et la Pologne, le LitPolLink, qui doit entrer en opération en 2015.
L'entrée des Baltes dans l'Europe de l'énergie: une question en suspens
(AFP)
Les trois ex-républiques soviétiques de la Baltique peinent à intégrer pleinement au reste de l'Union européenne leurs réseaux énergétiques encore très liés à Moscou, une situation que pourrait exacerber la fermeture prochaine d'une centrale nucléaire en Lituanie.
"Nous ne faisons pas encore partie de l'Union européenne en ce qui concerne l'énergie", a récemment déclaré Romas Svedas, vice-ministre de l'Energie de Lituanie, entrée dans l'UE en 2004 et toujours incluse dans le réseau électrique russe.
"Actuellement, nos réseaux énergétiques sont très isolés du reste de l'Europe", a dit de son côté à l'AFP le ministre letton des Affaires étrangères, Maris Riekstins. "Nous sommes semblables à des îles", a renchéri le Premier ministre estonien Andrus Ansip, "une meilleure intégration des pays baltes est nécessaire".
La création d'un marché balte de l'électricité et son rattachement à l'Europe occidentale sont suivis de près par la Commission européenne. Un groupe d'experts a été chargé de préparer d'ici juillet un plan d'interconnexion des réseaux des trois pays.
"Nous voulons libéraliser notre marché sur le modèle de Nord Pool", explique à l'AFP M. Svedas en référence à la bourse énergétique scandinave créée en 1993, qui se dit la première bourse multinationale de l’électricité. Vilnius compte voir l'année prochaine la moitié de son électricité vendue sur le marché libre.
"Nous voulons rejoindre la zone de Nord Pool le plus tôt possible", a déclaré pour sa part à l'AFP le Premier ministre estonien dont le pays veut ouvrir son marché en 2013.
La région n'est actuellement rattachée au reste de l'Europe que par un câble reliant l'Estonie à la Finlande voisine, Estlink, auquel doit s'ajouter un second câble à la capacité supérieure.
Un lien avec la Suède est prévu mais la Lituanie et la Lettonie ne parviennent pas à se mettre d'accord sur celui des deux pays d'où partira ce câble sous-marin.
Enfin, une connexion au réseau électrique de l'Europe continentale (UCTE) via un lien Lituanie-Pologne est en préparation.
La fermeture à la fin de l'année de la seule centrale nucléaire de la région, qui assure 70% des besoins en électricité de la Lituanie, ne fera que renforcer la dépendance de ce pays, ainsi que de la Lettonie, vis-à-vis du gaz russe.
Vilnius s'est engagé en entrant dans l'Union européenne à fermer sa centrale d'Ignalina (est) héritée de l'époque soviétique, du même type que celle qui avait explosé à Tchernobyl en 1986.
Une nouvelle centrale nucléaire est prévue au même endroit mais le projet commun aux trois pays baltes et à la Pologne traîne et elle ne devrait pas entrer en service en 2018, dernière date envisagée.
"Nous sommes prêts à construire notre propre centrale nucléaire", a déclaré à l'AFP le Premier ministre estonien. Tallinn jouit d'une relative indépendance énergétique du fait de ses ressources en schistes bitumineux dont il veut néanmoins réduire l'usage.
Pour Nils Muiznieks, directeur de l'Institut de recherche politique de l'Université de Lettonie, cette volonté affichée par l'Estonie, "impensable il y a deux ans", montre "l'impatience que suscite chez tous la Lituanie".
"J'ai parfois l'impression qu'ils parlent, parlent. Il est temps d'agir", dit de son propre pays le responsable lituanien Romas Svedas ajoutant que le rattachement au réseau européen est "une question très sensible" et qu'"il y va de l'indépendance énergétique du pays".
La Lettonie est plus pragmatique. "L'influence du lobby gazier russe y est très forte" avec "pour but de maintenir la Lettonie accrochée à la seringue du gaz russe", estime M. Muiznieks.
31 janvier 2010 à 23:333
Merci pour toutes ces infos, à suivre de pres, donc
31 janvier 2010 à 23:46Ajoutez un commentaire
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