Géorgie/Russie : le conflit perdure sur fond de guerre de gazoduc

Pipeline-georgie-ossetie-du-sud Si certains avaient encore quelque doute sur l'importance du dossier énergétique dans les relations pour le moins tendues qui prévalent entre Géorgie et Russie, les choses s'éclaircissent de jour en jour .... 

Selon l'agence News-Georgia, la Géorgie a protesté mercredi contre la mise en exploitation du gazoduc Dzouarikaou-Tskhinvali  reliant la Russie à l'Ossétie du Sud, territoire que la Géorgie considère comme occupé" depuis la reconnaissance de l'indépendance sud-ossète par Moscou il y a un an.

Gazprom a officiellement mis en exploitation mercredi le pipeline qui acheminera du gaz russe directement vers l'Ossétie du Sud . La cérémonie solennelle a réuni une délégation du géant gazier russe conduite par le vice-président du conseil d'administration Alexandre Ananenkov, des représentants du gouvernement russe et des responsables de l'Ossétie du Nord et de l'Ossétie du Sud.

La réacion n'a pas tardé ...

"Le ministère géorgien des Affaires étrangères proteste vivement contre une nouvelle violation par la Russie des normes et principes du droit international universellement reconnus, de la souveraineté, de l'intégrité territoriale, de la frontière d'État et de la législation géorgiennes", précise ainsiun communiqué.

La construction du gazoduc reliant le village nord-ossète de Dzouarikaou (Russie) à la capitale sud-ossète de Tskhinvali a débuté en décembre 2006. Le tronçon allant jusqu'au col de Koudari (92,8 km) a été mis en place par le groupe russe Gazprom et la partie sud-ossète du gazoduc par la compagnie pétrogazière Itera. La longueur du pipeline est de 169 km, dont 69 passent par le territoire sud-ossète.

La conduite traverse les monts du Caucase à une altitude de 3.148 m, ce qui en fait le premier gazoduc de haut montagne au monde.

Rappelons par ailleurs qu'en juillet dernier, au début de son entretien avec le vice-président américain Joe Biden, le président géorgien Mikhaïl Saakachvili avait affirmé que la Géorgie voyait son avenir dans la coopération avec les Etats-Unis. De quoi fortement déplaire à la Russie, déjà peu "familière" avec les deux protagonistes, pris "séparèment".

"Je voudrais remercier le président Obama qui a dit qu'il ne devait pas y avoir de sphères d'influence au XXIème siècle. Pour la Géorgie, ces paroles sonnent comme de la musique", avait notamment indiqué M.Saakachvili.

Le président géorgien avait alors déclaré que la Géorgie était un pays à démocratie émergente, basée sur la liberté d'expression, la lutte pour l'indépendance, la liberté et la souveraineté.

Le vice-président américain Joe Biden a pour sa part souligné que "les Etats-Unis étaient toujours aux côtés de la Géorgie" et que ce soutien concernait des différents domaines, notamment celui de la sécurité. Suivez mon regard ...

Quelques jours auparavant, le Washington Post rapportait dans ses colonnes que Mikhaïl Saakachvili avait l'intention de demander des armes défensives au vice-président américain en vue de se protéger contre la Russie..

Pour le moment, les négociations sur la livraison d'armes purement défensives, notamment antiaériennes et antichar, ne "sont qu'à leurs débuts" affirmait le président géorgien dans une interview au quotidien américain avant d'annoncer qu'il allait demander à M.Biden d'accélérer les livraisons.

Les armes livrées par les Etats-Unis et d'autres pays membres de l'OTAN "inciteront les aventuriers à y réfléchir à deux fois avant de se lancer dans une nouvelle opération militaire", avait ajouté M.Saakachvili.

Selon lui, le premier ministre russe Vladimir Poutine pourrait être tenté de déclencher une nouvelle guerre en raison de la crise économique qui sévit dans son pays. "Seul un message clair de l'Occident sur les éventuelles conséquences graves" peut arrêter Moscou, avait-il mis en garde.

" Les Etats-Unis n'excluent pas de réarmer la Géorgie après son humiliante défaite face à la Russie il y a un an, même si cela doit déplaire à Moscou", avait néanmoins indiqué à la même date un porte-parole du département d'Etat, Philip Crowley.

"La Géorgie a choisi la voie d'une adhésion à l'Otan, ce que les Etats-Unis soutiennent", a rappelé le porte-parole. "Il est clair qu'une des conditions fondamentales d'une adhésion à l'Otan est de posséder des équipements militaires qui répondent aux critères de l'Otan et qui renforceraient les capacités militaires de l'alliance", avait-t-il cependant ajouté.

Le président du Parlement géorgien, David Bakradzé, avait toutefois démenti toute discussion sur des ventes d'armes américaines pendant la visite de M. Biden

A la suite de la visite de M. Biden à Tbilissi, la Russie avait déclaré quant à elle vouloir prendre des "mesures concrètes" face au "réarmement de la Géorgie", en dénonçant une nouvelle fois les manoeuvres américaines dans la région.

 

Sources : Ria Novosti, AFP

 

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