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Juncker/Almunia : ralentissement de la croissance en zone euro

Sdf0612205ralentirreduit Il n’y a plus qu’à prier l’abbé Rézina, car les temps sont durs … et devraient le rester, la situation pourrait même empirer.

Ce n’est pas moi qui le dit, mais le président du forum des ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe), le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker et le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia … Tout de même …

La croissance en zone euro s’annonce beaucoup plus "mauvaise" au second trimestre qu’au premier et risque d’être en-deçà des prévisions au second semestre. La raison majeure invoquées par ces deux " sommités" pour expliquer une telle situation : la flambée des prix du pétrole.

"Le constat est que le deuxième trimestre sera autrement plus mauvais que ne le fut le premier trimestre", où le Produit intérieur brut (PIB) avait crû de 0,8% par rapport au précédent, a indiqué le président du forum des ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe), le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker.

"Les signes de ralentissement de la croissance se multiplient", notamment "au niveau des indices de confiance", a-t-il par ailleurs constaté lors d’une conférence de presse.

"Pour ce qui est de la deuxième partie de l’année, on ne doit pas être très optimiste, les risques de ralentissement sont plus forts que ce qui était prévu au mois d’avril" lors des dernières prévisions de la Commission européenne, a ajouté le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia.

Dans ses dernières prévisions de croissance publiées en avril, la Commission tablait sur une progression du PIB de la zone euro de 1,7% cette année et de 1,5% en 2009.

Si M. Almunia n’a pas souhaité pour l’instant évoquer une éventuelle correction à la baisse des projections, la dégradation de la conjoncture pourrait rapidement le conduire à constater une telle situation.

"Nous sommes tous inquiets de l’évolution de l’inflation. Elle reste une préoccupation non seulement pour l’autorité monétaire, mais aussi pour l’autorité politique", a par ailleurs affirmé M. Juncker. Lequel a toutes les raisons d’être inquiet : la hausse des prix à la consommation a atteint un record de 4% sur un an en juin.

M. Almunia a précisé que cette hausse trouvait son origine pour un tiers dans la progression des prix de l’énergie, pour un autre tiers dans l’augmentation des tarifs des produits alimentaires et pour un dernier tiers dans les autres produits, principalement les services.

Avant le début de la réunion de l’Eurogroupe, la ministre de l’Economie française Christine Lagarde avait jugé que le ralentissement en cours de la croissance en zone euro était préoccupant.

"Le ralentissement de la croissance est clairement un sujet de préoccupation, sur lequel nous devons nous pencher très sérieusement en vue d’essayer de stimuler la croissance, tout en essayant dans le même temps de stabiliser les prix", a-t-elle déclaré à la presse à son arrivée.

"Les deux questions (la croissance et l’inflation) sont liées et nous devons agir sur les deux fronts", avait-elle ajouté.

La semaine dernière, Christine Lagarde avait toutefois écarté l’éventualité en France d’une stagflation, combinant une faible croissance et une forte inflation.

"Je n’y crois pas (…). Je pense qu’on aura une inflation plus forte (en 2008) mais qui va se stabiliser en fin d’année, mais que par ailleurs on aura une vraie croissance", a déclaré la ministre de l’Economie invitée de La Tribune/BFM TV/DailyMotion.

En 2007, l’inflation a atteint environ 1,5% en France, elle sera en 2008 "quelque part entre 2 et 3% (…), mais de toute évidence, on aura de la croissance", a-t-elle ajouté.

Les prix de détail ont augmenté de 0,5% au mois de mai en France et leur hausse sur un an s’est accélérée à 3,3% au plus haut depuis juillet 1991, selon l’INSEE.

"Je pense que vers la fin de l’année nous aurons plutôt un tassement des relevés mensuels de l’inflation", a estimé Christine Lagarde

Le Fonds monétaire international (FMI) a mis en garde mardi contre le risque d’éclatement de crises financières un peu partout dans le monde dû aux prix élevés du pétrole et de l’alimentation, en raison de leur retentissement sur "la balance des paiements de nombreux pays".

Sources : AFP, Reuters

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1 commentaire

  1. Inflation 8 juillet 2008 à 01:24

    L’inflation préoccupe les ministres des Finances de l’Eurogroupe
    Reuters 07.07.08 | 22h21
    BRUXELLES (Reuters) – Les ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe) se sont montrés très préoccupés par l’inflation et ont apporté leur soutien à la récente hausse des taux d’intérêt décidée par la Banque centrale européenne pour lutter contre la hausse des prix.
    “L’inflation est une préoccupation importante, à la fois pour la BCE et pour les gouvernements de la zone euro. Cela doit être pris en compte”, a déclaré le président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker.
    L’inflation “est un des plus grands défis auxquels nous devons nous attaquer”, a renchéri le ministre allemand des Finances Peer Steinbruck.
    Dans ce contexte, la décision de la BCE de relever d’un quart de point ses taux directeurs jeudi dernier a permis de “faire passer le message que les autorités monétaires n’acceptent pas que l’inflation augmente encore”, a déclaré Jean-Claude Juncker.
    La décision de la BCE était “normale”, a approuvé le ministre belge des Finances Didier Reynders.
    Jean-Claude Trichet, le président de la BCE “a expliqué pourquoi il avait fait ce qu’il avait fait. Il a à peine eu besoin de se justifier”, a déclaré le ministre néerlandais des Finances Wouter Bros.