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PSA concevra avec Tata des véhicules low cost pour l’Inde

PSA concevra avec Tata des véhicules low cost pour l’Inde

PSA a choisi d’externaliser en Inde  la mise au point de véhicules à bas coûts destinés aux pays émergents. C’est en effet  ce qu’indique le journal économique Les Echos.  Le tout  dans le cadre d’un projet  mis en oeuvre  via une alliance avec un partenaire local, d’ores et déjà évoqué  par le presse indienne depuis quelques mois.

Selon les Echos, PSA  a  missionné la société de R & D Tata Consultancy Services – l’une des plus importantes sociétés du conglomérat indien Tata fortement implanté dans les secteurs de l’automobile et de l’acier – pour concevoir des véhicules adaptés aux portefeuilles des clients indiens. A l’instar de la Renault Kwid, le produit conçu pourrait également être destiné à d’autres pays émergents. En interne PSA, ce type de véhicules aurait la dénomination de « smart cars ». Un terme d’ores et déjà employé par le presse indienne en janvier 2018, laquelle annonçait d’ores et déjà une telle alliance. Evoquant même une telle éventualité dès mars 2017. 

L’Inde, point central des véhicules low cost pour PSA

Durant le mois d’avril, Carlos Tavares, le patron de PSA s’est rendu en Inde pour superviser l’avancée du programme. Il a récemment indiqué lors de l’assemblée générale des actionnaires du groupe que le pays « sera le point de convergence et d’industrialisation de la future famille smart cars ».

Une plate-forme spécifique pour les pays émergents devrait être mise en place. Elle pourrait être déployée en Inde, en Iran, en Asie du sud-est ou encore en Amérique latine. Selon la presse locale, les équipes de Tata Consultancy Services travailleraient sur plusieurs véhicules.

L’offre devrait ainsi s’intégrer en plein cœur du marché indien des véhicules de tourisme, avec une petite berline aux allures de SUV (telle que la Renault Kwid) en vue de concurrencer la Swift de Maruti Suzuki dans le segment haut de gamme, un SUV de moins de 4 mètres pour rivaliser avec la Vitara Brezza  et une berline de taille moyenne pour affronter les Honda City et Hyundai Verna.

Réduire de manière drastique les coûts de production

Comme on pouvait s’y attendre, le choix de l’Inde est avant tout financier, Tavares précisant que l’objectif de PSA était d’obtenir un prix de fabrication deux fois moins élevé qu’en France. Le constructeur souhaiterait un approvisionnement en pièces locales à 90 % et chercherait à réduire les coûts de production d’au moins un tiers par rapport à la valeur la plus performante réalisée par le groupe au niveau mondial. Vaste défi, certes, mais le groupe souhaite se donner le temps qu’il faudra pour pouvoir atteindre une cible aussi audacieuse.

Conçue avec la devise «Be Indians in India», le recours  de TCS par PSA est une “tentative par un conglomérat mondial de concevoir et développer des produits pour les acheteurs indiens au coût indien et concurrencer fortement Maruti et Hyundai” affirmaient quant eux les media indiens en janvier dernier.

Ajoutant qu’après avoir tiré les leçons des erreurs commises par d’autres constructeurs automobiles internationaux – lesquels avaient voulu appliquer en Inde les méthodes globales d’ingénierie, stratégie qui s’était avérée au final infructueuse en terme de coûts – PSA avait décidé désormais de s’appuyer sur l’ingénierie indienne.

La presse locale  avait également tenu à préciser que TCS travaillait de manière intensive avec Nissan  pour ses divers projets globaux et avait aidé le constructeur japonais Isuzu  pour ses plans d’approvisionnement en Inde. Indiquant par ailleurs que le groupe Volkswagen avait engagé pour sa part une discussion avec Mahindra Engineering Services, Tata Technologies et Hinduja Technologies.

Alliance avec Tata … mais pas pour refaire une Tata Nano

La direction du groupe tente quant à elle de lever toute ambiguité. Soulignant que les nouveaux véhicules développés ne seront pas des voitures low-cost du même ordre que la Tata Nano.

«  Le but est de développer des véhicules adaptés aux attentes des clients indiens. Nous avons notamment sollicité Tata, mais compte tenu de son statut de nouvel entrant sur ce type de marché R & D, nous sommes susceptibles de nous entourer également de compétences locales d’autres bureaux d’études » est-il également précisé.

Production via le partenaire indien CK Birla

Tout en peaufinant parallèlement la mise au point de ses smart cars, PSA devrait lancer la production chez son partenaire indien CK Birla  à partir de la mi-2019 , au rythme de 30.000 puis 60.000 voitures à l’année.

En janvier 2017, les groupes PSA et CK Birla ont signé des accords de joint-venture pour produire et vendre des véhicules et des composants en Inde à l’horizon 2020. Ce partenariat comprend deux accords de joint-venture entre le Groupe PSA et les sociétés du Groupe CK Birla. Dans le cadre du premier accord, le Groupe PSA détiendra une part majoritaire dans la joint-venture constituée avec HMFCL pour l’assemblage et la distribution des voitures particulières de PSA en Inde. En vertu du second accord, une joint-venture 50/50 est constituée entre le Groupe PSA et AVTEC pour la fabrication et la fourniture de groupes motopropulseurs. Les sites de production pour l’assemblage des véhicules et des groupes motopropulseurs seront situés dans l’État de Tamil Nadu.

L’usine de CK Birla devrait disposer d’une capacité annuelle de 100.000 unités et bénéficiera d’un investissement complémentaire au fur et à mesure de la montée en puissance du projet à long terme. Le site devrait se voir adjoindre une unité de fabrication de moteurs et de transmissions. La performance de la structure industrielle sera soutenue par un degré élevé d’intégration locale, afin d’atteindre le niveau requis de compétitivité des coûts.

Sur place, le groupe compte s’appuyer sur un réseau de concessionnaires indépendants. Ce partenariat à long terme devrait permettre aux deux entreprises de contribuer à la croissance du marché automobile indien, dont la production devrait atteindre 8 à 10 millions de véhicules d’ici à 2025, contre 3 millions en 2016.

Sources : Les Echos, economictimes.indiatimes.com, PSA

Elisabeth Studer, le 4 mai 2018, www.leblogfinance.com

 

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5 commentaires

  1. retrouvé le retour 5 mai 2018 à 18:35

    Peugeot qui n’arrive pas a vendre ses modèles sur le marché chinois et se retrouve avec des stocks de moteurs sur les bras qu’on essaie de rapatrier et de brader en Europe ferait mieux de se spécialiser daans la production de “tuk tuk” !!

    • Cyrano 6 mai 2018 à 00:14

      Difficulté sur le marché chinois oui. Importation moteur “essence” a cause du succès des ventes en europe et de la baisse de diesel le temps de pouvoir produire.

  2. retrouvé le retour 6 mai 2018 à 07:03

    Produire une petite voiture en Inde quand on connait l’organisation de la circulation dans ce pays !! Pour ce qui est de Peugeot on va voir les actionnaires !!
    En fait les Japonais, Coréens et autres Chinois sont du côté germanique de la force et nous de l’autre côté. mais en plus dans le fossé.

  3. retrouvé le retour 6 mai 2018 à 19:20

    Et wouiii mon petit Pinocchio, ne peut pas bénéficier du nez de Cyrano qui veut, seule ES en était capable maintenant que la voici rangée des voitures, c’est cuit.
    C’est sur que du temps de la gouvernance Michelin, Peugeot ne se serait pas lancé dans ce genre d’aventure Muskée !!

    L’Inde Chavire dans le n’importe quoi et devient un état religieux hindouiste dans lequel les conférenciers venus d’Europe peuvent toujours voir des vieillards de 30 ans mourir sur les marches des universités !!

  4. retrouvé le retour 9 mai 2018 à 08:07

    Si Tata est resté en Inde, tout le monde connait bien, la démarche de Mittal pour dégager ce bourbier. L’affaire Peugeot est sans doute une contrepartie des “ventes” d’armement de Dassault.
    On chercherait à couler PSA que l’on ne ferait pas autrement.

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