Le Blog Finance

FCA : Marchionne confiant quant à un éventuel impact du dieselgate sur les objectifs 2018

FCA optimiste sur les conséquences d’un dieselgate pour son entreprise. Son patron, Sergio Marchionne vient ainsi d’indiquer qu’il ne s’attendait pas à ce que la plainte déposée aux Etats-Unis pour une affaire de ce type ait un impact sur ses objectifs de 2018.

Reste tout de même qu’en mai dernier, le département américain de la Justice a déposé une plainte au civil contre FCA. Le constructeur avait été accusé en janvier 2017 par l’Agence de protection de l’environnement (EPA) d’avoir utilisé  sur le sol américain, un logiciel de manipulation des tests d’émissions polluantes. La vente de 104.000 véhicules diesel est concernée, des pick-up Ram 1500 et Jeep Grand Cherokee produits aux Etats-Unis entre 2014 et 2016. De lourdes amendes pourraient lui être imposées.Le groupe et plus particulièrement FCA US, sa filiale américaine, encourt des pénalités civiles allant jusqu’à 4,6 milliards de dollars. Selon des échanges de mails datés de janvier et publiés vendredi à la demande des autorités, l’EPA a indiqué à FCA dès novembre 2015 qu’elle soupçonnait au moins une partie de ses véhicules de disposer d’un « dispositif de manipulation » visant à contourner les tests d’émissions.

En vue de calmer le jeu – voire de baisser la facture et de pouvoir poursuivre ses ventes – Fiat a proposé de revoir ses logiciels et d’utiliser la version modifiée pour remettre aux normes les nombreux véhicules impactés. S’exprimant en marge d’une manifestation à Venise, Sergio Marchionne a dit s’attendre à ce que les autorités US donnent leur feu vert beaucoup plus tôt que prévus sur le dossier et non pas dans plusieurs mois comme il en était question jusqu’à présent. Le patron de Fiat a néanmoins précisé que si lorsque la proposition de mise à jour du logiciel avait été faite, son groupe était alors prêt à faire la modification immédiatement, sa mise en œuvre dépend désormais de la justice US. Il a par ailleurs tenu à préciser que les discussions étaient loin d’être rompues, et que le groupe estimait détenir une solution viable.

Cet optimisme tranche cependant avec les déclarations faites par un avocat du ministère de la Justice des Etats-Unis la semaine dernière, indiquant que des semaines voire des mois pourraient s’avérer nécessaires avant que les régulateurs décident d’approuver ou pas cette solution. Un délai qui pourrait être mine de rien pris en compte par Sergio Marchionne, lorsqu’il précise que le groupe n’a fait aucune provision pour d’éventuelles amendes. Selon lui, un tel impact est « impossible à estimer ». Au moins pour 2017 ?  Il a ainsi ajouté que le deuxième trimestre du groupe serait conforme aux attentes, confirmant les objectifs pour l’ensemble de l’année.

A noter qu’une partie du plan d’activité 2018, centré sur la refonte des marques Jeep, Maserati et Alfa Romeo a pour principal objectif d’effacer la totalité de la dette du groupe et à accumuler au moins quatre milliards d’euros de trésorerie d’ici a fin de l’année. Rappelons à cet égard qu’en 2014, Sergio Marchionne avait détaillé un plan de relance mondial de 55 milliards d’euros sur cinq ans.

En janvier dernier, les marchés boursiers s’interrogeaient d’ores et déjà sur la surface financière du groupe. Ils s’inquiètent en effet de l’impact que pourrait avoir un scandale de type dieselgate sur FCA, d’autant plus que ce dernier pèse plus de deux fois moins que Volkswagen au niveau financier. A comparer à la somme de plus de 20 milliards d’euros réclamés au groupe allemand suite au scandale des logiciels fraudeurs. Le tout sur le seul territoire des Etats-Unis, avec 600.000 véhicules impactées.

Si les multiples tentatives d’alliance qu’a mené FCA n’ont pas abouti jusqu’à présent, Sergio Marchionne a néanmoins tenu à souligner qu’une fusion pour FCA était « incontournable à terme » pour que l’entreprise puisse rester dans la course. « La seule façon d’y arriver est de jouer sur l’effet de masse, il n’y a pas d’autre solution », a-t-il déclaré.

Sources : AFP, FCA, La Tribune, Le Monde

Elisabeth Studer – 20 juin 2017 – www.leblogfinance.com

Partager cet article

Article de

1 commentaire

  1. retrouvé le retour 2 juillet 2017 à 18:13

     » sa filiale américaine, encourt des pénalités civiles allant jusqu’à 4,6 milliards de dollars. »

    Il existe une autre solution, c’est de demander des comptes aux USA en arrêtant certains de leurs dirigeants politiques et de la FED qui sont directement à l’origine de la crise actuelle.

Commenter cet article