Le Blog Finance

Démenti de VW sur un éventuel départ du patron d’Audi suite au dieselgate

Volkswagen a démenti vendredi que le président directoire d’Audi, Rupert Stadler était sur la sellette. Répondant ainsi aux affirmations de l’hebdomadaire allemand Der Spiegel sur le sujet, suite à la découverte d’un logiciel fraudeur chez Audi et l’élargissement de l’enquête concernant VW. Le 15 mars dernier, le siège du constructeur à Ingolstadt avait d’ores et déjà fait l’objet d’une perquisition, liée à l’enquête sur le dieselgate.

Rappelons que le 17 mai dernier, Rupert Stadler a été reconduità son poste pour cinq ans, même si sa gestion du scandale des émissions polluantes était d’ores et déjà critiquée. Deux sources proches du conseil de surveillance du constructeur ont toutefois indiqué ces derniers jours que sa reconduction avait été conditionnée par l’établissement d’un accord entre les membres du conseil de surveillance stipulant qu’il n’irait pas au bout de son mandat.

Mais depuis sa prolongation, la pression s’accentue de jour en jour sur le patron d’Audi. Vendredi, le parquet de Munich a annoncé qu’il avait élargi son enquête sur le constructeur haut de gamme du groupe VW. Il souhaite notamment examiner les ventes opérées par Audi en Allemagne et ailleurs en Europe en raison de soupçons de tricherie sur les tests d’émissions polluantes. Ses investigations seront ainsi étendues aux véhicules concernés par le rappel annoncé par la marque aux anneaux jeudi dernier, 1er juin. A cette date, Audi a annoncé le rappel de 24 000 véhicules diesel en Europe (dont 14 000 environ en Allemagne). Le constructeur avait alors indiqué avoir détecté des « anomalies » sur ces véhicules dans le cadre du passage en revue de l’ensemble de sa gamme, examen mis en place face au scandale des moteurs truqués. Le Ministre allemand des Transports, Alexander Dobrindt avait déclaré en suivant qu’Audi avait installé un logiciel fraudeur en vue de manipuler les tests d’émissions sur ces véhicules.

S’exprimant sur le sujet, l’hebdomadaire allemand Der Spiegel a affirmé que le postes de Rupert Stadler était menacé, ajoutant que des discussions avaient été menées en vue de discuter de son éventuel remplacement. Le 2 juin, un article du Financial Times a fait quant à lui état des déclarations de Hans Gerd-Bode, un porte-parole de VW, affirmant que les informations relayées par le journal allemand étaient incorrectes. Il a par ailleurs précisé que le conseil d’administration n’avait été informé jeudi que de la nouvelle suspicion de fraude et qu’en l’absence de détails complémentaires, il serait prématuré de discuter du sort de M. Stadler. “Personne ne pense à la dernière étape avant d’avoir franchi le premier pas”, a-t-il ainsi déclaré vendredi dernier. Néanmoins, une personne très au fait des rumeurs et faits chez VW a déclaré que certaines personnes au sein de l’entreprise étaient «très mécontentes» de la façon dont M. Stadler gérait la situation en interne chez Audi.

Si les résultats de l’enquête interne ont certes conduit à une prolongation du son contrat, le rappel mis en place jeudi dernier a selon lui remis la décision en question. Certains se sont d’ores et déjà ouvertement interrogés sur le fait que Rupert Stadler ait pu conserver son poste tout au long de l’affaire, alors même que le chef de la direction de VW lors de l’éclatement du scandale, Martin Winterkorn, a démissionné en quelques jours. Des documents émanant de procédures judiciaires aux Etats-Unis ont par ailleurs révélé que les racines de la fraude de VW trouveraient leurs origines chez Audi en 1999.

Sources : Financial Times, Reuters, AFP, Der Spiegel

Elisabeth Studer – 06 juin 2017 – www.leblogfinance.com 

Partager cet article

Article de

Commenter cet article