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Crise avec le Qatar : les exportations de gaz de l’émirat non impactées

Si certains redoutaient que la mise au ban du Qatar par les Etats du Golfe ne créent une pénurie de gaz, qu’ils se rassurent ! Tel ne devrait pas être le cas.

Si certes, le blocus tant diplomatique qu’économique du Qatar, décidé par l’Arabie saoudite et ses alliés devrait avoir à court terme un impact important sur les importations de nourritures du Qatar, les exportations de gaz et de pétrole du pays ne devraient pas en souffrir.

Il ressort des précisions fournies par des analystes que les mesures de rétorsion prises à l’encontre de l’émirat – soupçonné notamment de financer le terrorisme – coupe le seul accès terrestre permettant d’atteindre le Qatar. Elles menacent en tout premier lieu ses importations de produits alimentaires frais et de matières premières nécessités par la mise en place de projets d’infrastructure de quelque 200 milliards de dollars liés au Mondial 2022 de football.

Selon eux, les exportations qataries de gaz naturel liquéfié (GNL) et de pétrole ne devraient être que très peu touchées. Un élément d’autant plus important à noter que la manne pétrolière et gazière procure plus de 90% des revenus publics du pays. Si les échanges commerciaux du Qatar avec ses voisins du Golfe sont certes limités, ses exportations vers l’Arabie saoudite, estimées à 896 millions de dollars par l’ONU, seront néanmoins réduites à zéro. Un élément qui pourrait peser sur son budget. Rappelons toutefois que l’émirat a l’un des revenus annuels par tête d’habitant les plus élevés au monde, avec plus de 100.000 dollars.

Les livraisons énergétiques du Qatar à destination du Japon et de l’Asie du Sud-Est  transiteront quant à elles par le détroit d’Ormuz, limitant l’impact des mesures. Premier exportateur mondial de GNL, le Qatar en livre annuellement 80 millions de tonnes via navires méthaniers. Sa production de gaz est de 77 million de tonnes annuelles. Seules 10% des volumes exportés sont destinés à des pays du Moyen-Orient, tels que les Emirats arabes unis et l’Egypte. Sa production pétrolière est de quelque 600.000 barils par jour.

Le Qatar exporte via gazoduc près de 3,1 milliards de pieds cubes de GNL par jour aux Emirats arabes unis et à Oman. En 2016, l’Egypte a pour sa part importé 60% de ses besoins en GNL du Qatar. Selon les experts, les Emirats peuvent difficilement stopper leurs importations de gaz du Qatar, surtout durant les mois d’été. Cette source d’énergie leur est indispensable et ils n’ont pas d’autre alternative pour se fournir à l’heure actuelle.

La major pétrolière Qatar Petroleum a indiqué samedi dans un communiqué que la situation commerciale demeurait inchangée  : “business as usual”, et ce, malgré la crise diplomatique impliquant Doha et ses voisins du Golfe. En vue de rassurer ses clients, la société étatique a déclaré avoir «mobilisé toutes les ressources disponibles» pour atténuer les actions susceptibles de perturber les approvisionnements. Qatar Petroleum tient par ailleurs à préciser que toutes ses activités ainsi que celles de ses filiales n’ont pas subi de perturbation tant en amont qu’en aval. Il en va de même pour toutes ses installations au niveau mondial.

Selon des éléments recueillis par Bloomberg, le Qatar peut encore accéder aux routes lui permettant d’exporter du pétrole et du gaz à ses acheteurs, même si l’Arabie saoudite et d’autres pays voisins l’ont empêché d’exporter dans leurs eaux territoriales. Qatargas a ainsi déclaré à la compagnie japonaise Jera, qu’elle continuerait à fournir du GNL normalement, en dépit de la rupture avec les relations diplomatiques entre le Qatar et l’Arabie saoudite. Selon les données compilées par Bloomberg, Jera est le plus grand acheteur japonais de GNL qatari dans le cadre de contrats à long terme.

L’«escalade des tensions» dans le Golfe ne perturbera probablement pas les approvisionnements en GNL pour les principaux clients du Qatar en Asie, estime quant à lui Robin Mills, responsable de la société Qamar Energy, basée à Dubaï. “Le Qatar devrait toujours pouvoir exporter via ses propres eaux et Oman”, a-t-il déclaré.

A noter que la mise au ban du Qatar intervient – simple hasard de calendrier – alors qu’en avril dernier l’émirat a annoncé qu’il souhaitait développer la production du plus grand champ gazier de la planète, dénommé North Field au Qatar car  situé au large de la côte nord de l’État du Golfe, qu’il partage avec l’Iran. Parallèlement le président iranien Hassan Rohani  inaugurait   cinq phases du champ gazier dénommé  Pars Sud (ou South Pars) en Iran, question de géographie, tout étant relatif dans ce bas monde. Les responsables iraniens estimaient alors que l’inauguration des phases 17, 18, 19, 20 et 21, permettra à l’Iran d’augmenter la production de gaz de Pars Sud de telle sorte qu’elle peut désormais rivaliser avec celle du Qatar. Information d’une importance majeure en terme de géopolitique et de diplomatie pétrolière avais-je alors indiqué,  précisant que ces  champs étaient convoités depuis des mois par les majors occidentales. Les faits m’auront donc donné raison …

Selon une étude menée par Verisk Maplecroft, un cabinet de conseil mondial en risques, environ 40% de l’approvisionnement alimentaire du Qatar transite par la frontière terrestre avec l’Arabie saoudite. Le contexte actuel obligera les autorités qataries à se tourner davantage vers le fret maritime et aérien, augmentant ainsi les coûts et par la-même l’inflation. En guise d’alternatives à ses sources d’approvisionnements traditionnels, le Qatar pourra importer des vivres d’Iran ou d’Oman par voie maritime. La voie aérienne lui permettra d’obtenir des denrées en provenance de la Turquie, l’Europe et l’Asie du Sud-Est. Un responsable iranien a d’ores et déjà fait savoir que l’Iran était prêt à approvisionner le Qatar par bateau. Le cas échéant, l’acheminement des produits importés nécessitera une traversée de 12 heures dans les eaux du Golfe.

A noter que l’Arabie saoudite et ses alliés ont suspendu les liaisons aériennes avec le Qatar, fermant les bureaux de la compagnie aérienne qatarie. Ces mesures devraient contraindre Qatar Airways à modifier les routes aériennes empruntées par ses appareils, causant des surcoûts d’exploitation.

Néanmoins, certains analystes estiment que le Qatar, qui dispose d’environ 350 milliards de dollars investis à l’étranger, pourrait toutefois voir son secteur bancaire souffrir de la crise actuelle. Les banques qataries, déjà en difficulté avec la baisse des réserves de trésorerie et des taux d’intérêt de plus en plus élevés, pourraient selon eux être durement impactées si l’Arabie saoudite et les Émirats choisissent de retirer leurs dépôts. Précisons que la Banque centrale saoudienne a ordonné mardi aux banques du royaume de ne plus traiter avec les banques qataries en riyal qatari.

Sources : AFP, Qatar Petroleum, BusinessWorld Online, Bloomberg, Qatargas

Elisabeth Studer – 11 juin 2017 – www.leblogfinance.com

A lire également :

Inauguration par l’Iran de 5 phases de Pars Sud, plus grand gisement mondial de gaz

Soutien militaire de la Turquie au Qatar via l’envoi de troupes

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8 commentaires

  1. retrouvé le retour 11 juin 2017 à 23:17

    Que pense le petit légumier du Nil de cette nouvelle mise au ban des frèros après en + ” l’élection” de Al Sissi par les USA ( probablement un frère aussi mais de la princesse qui a perdu son mec à Sarajevo !!)

  2. Elisabeth Studer 12 juin 2017 à 00:46

    L’Iran a envoyé cinq avions de légumes au Qatar (responsable)

    Téhéran – L’Iran a envoyé cinq avions de légumes au Qatar après l’embargo imposé à cet émirat par l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et Bahreïn, a déclaré à l’AFP Shahrokh Noushabadi, porte-parole de la compagnie Iran Air.

    “Jusqu’à maintenant cinq avions chargés chacun d’environ 90 tonnes de légumes ont été envoyés au Qatar. Un sixième doit partir aujourd’hui”, a déclaré M. Noushabadi.

    “Nous continuerons les envois tant que le Qatar nous le demandera”, a-t-il ajouté sans préciser s’il s’agissait d’une aide ou d’une transaction commerciale.

    Par ailleurs, “350 tonnes de fruits et légumes ont également été chargées sur trois petits bateaux” pour être envoyées au Qatar, selon Mohammad Mehdi Bonchari, le directeur du port de Dayyer (sud de l’Iran), cité par l’agence de presse Tasnim.

    Le port de Dayyer, situé dans la province de Bouchehr est situé juste en face du Qatar.

    Le Qatar se retrouve isolé depuis la décision prise lundi par l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, l’Egypte et le Yémen de rompre leurs relations diplomatiques avec Doha, accusé de “soutenir le terrorisme” et de se rapprocher de leur rival iranien.

    Cette rupture se concrétise par l’interruption des liaisons aériennes, maritimes et terrestres avec le petit émirat gazier qui importe une grande partie de ses produits consommés.

    L’Arabie saoudite a fermé sa seule frontière terrestre par laquelle transite 40% de son approvisionnement alimentaire.

    L’Iran, tout comme la Russie et la Turquie, prône un dialoguer pour régler la crise.

    L’Iran chiite et l’Arabie saoudite sunnite s’opposent sur toutes les crises régionales, notamment la Syrie, le Yémen, l’Irak, Bahreïn.

    Depuis le début crise, l’Iran a également ouvert son espace aérien aux vols vers et en provenance du Qatar.

    Selon les responsables iraniens, une centaine d’avions supplémentaires traversent le ciel d’Iran, soit une augmentation de 17% des vols internationaux, selon un responsable de l’aviation civile, cité par l’agence officielle Irna.

  3. retrouvé le retour 12 juin 2017 à 13:49

    Encore un client de perdu !! Pour le petit légumier du Nil !! Il faut croire que ni l’Inde, ni les Chinois, ni les autres ne peuvent fournir !!
    Que pensent les grossiste en légumes égyptiens de Al Sissi

  4. Elisabeth Studer 13 juin 2017 à 00:59

    Le Qatar se tourne vers Oman pour contourner le blocus naval des Emirats

    Doha – Le Qatar a annoncé lundi l’ouverture de deux lignes maritimes avec Oman pour contourner les Emirats arabes unis dont les ports sont fermés à tout trafic maritime avec Doha depuis la début de la crise du Golfe.

    L’annonce faite par l’Autorité des ports du Qatar précise que les deux dessertes se feront entre le port Hamad de Doha et les ports omanais de Sohar et Salalah.

    Le port Hamad est distant de 778 km de Sohar et de 2.095 km de Salalah.

    Parmi les membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Oman et le Koweït sont les seuls à ne pas avoir suivi l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et Bahreïn dans leur décision le 5 juin de rompre avec le Qatar.

    Les ports des Emirats ont servi pendant des décennies de point de transit pour les importations du Qatar.

    Les Emirats font partie des alliés de l’Arabie saoudite qui ont rompu les relations diplomatiques avec le Qatar et lui ont imposé des restrictions commerciales, en l’accusant de soutenir le “terrorisme” et de leur préférer l’Iran, ce qu’il nie avec force.

    Le Qatar est le premier producteur et exportateur de gaz naturel liquéfié et dépend fortement des importations pour ses besoins en produits alimentaires.

    L’Arabie saoudite a fermé le seul point d’entrée terrestre du Qatar par lequel transitaient, selon des spécialistes, 40% de ses importations alimentaires.

    L’Iran, rival chiite de l’Arabie saoudite, s’est empressé d’envoyer des tonnes de produits alimentaires au Qatar et la Turquie, autre alliée de Doha, a également offert son aide.

    (©AFP / 12 juin 2017 12h59)

  5. retrouvé le retour 13 juin 2017 à 09:23

    Un “sans dents” Maghrébin ouvrier agricole, qui s’endort de fatigue le matin au volant d’une voiture non assurée et sans contrôle technique !! et qui écrase un colonel de l’armée de l’air et fait un délit de fuite !! ( Si le colonel en question est un pilote qui vient de bombarder des villes en Syrie, c’est une fable de La Fontaine !! )

    http://www.ledauphine.com/vaucluse/2017/06/12/le-conducteur-avait-ete-suivi-par-un-temoin

  6. retrouvé le retour 13 juin 2017 à 12:27

    Le Bon roi Philippe avait mis ses babouches à l’envers, :)

    http://www.lalibre.be/lifestyle/royals/le-roi-philippe-rompt-le-jeune-dans-une-famille-musulmane-de-gand-photos-593f03e9cd700225436178b2

    Ce repas mêlant l’homme, le roi mécréant et la pècheresse même cachant avec un voile pudique le poil qui excite le mâle, ne me semble pas très catholique pour ni l’Emir du ?idj?z ni pour celui du Qtard

  7. Elisabeth Studer 21 juin 2017 à 00:04

    Qatar: Washington se dit “perplexe” face à la position saoudienne

    Washington – Les Etats-Unis se sont dits “perplexes” mardi face aux explications apportées par l’Arabie saoudite et ses alliés du Golfe pour justifier l’isolement imposé au Qatar, et ont appelé les parties à régler rapidement leurs différends.

    Signe de l’impatience croissante de Washington face au rôle joué par Ryad dans la crise, une porte-parole de la diplomatie américaine a douté ouvertement de la justification donnée par les alliés du Golfe, qui accusent le Qatar de “soutenir le terrorisme”.

    “Maintenant que cela fait plus de deux semaines que le blocus a commencé, nous sommes perplexes face au fait que les Etats du Golfe n’aient pas donné au Qataris ni au public de précisions sur leurs accusations visant le Qatar”, a déclaré Heather Nauert.

    “Plus le temps passe, plus le doute s’installe à propos des actions entreprises par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis”, a-t-elle ajouté, visant directement ces deux proches alliés de Washington.

    “A ce stade, nous faisons face à une question simple: est-ce que ces actions découlaient véritablement de leurs inquiétudes face au soutien présumé du Qatar au terrorisme?”, a-t-elle asséné. “Ou est-ce qu’elles découlaient des griefs anciens entre les pays du GCC”, le Conseil de coopération du Golfe, a ajouté la porte-parole.

    Ces déclarations surviennent après deux jours passés par le chef de la diplomatie américaine, Rex Tillerson, au téléphone avec de hauts responsables du Golfe.

    Chargé par le président américain Donald Trump de trouver une issue à cette crise, ce dernier a passé au moins 20 appels à Ryad et Doha, selon la porte-parole. Le Qatar abrite la base militaire américaine stratégique d’Al-Udeid, qui héberge près de 10.000 soldats américains et joue un rôle primordial dans les opérations contre le groupe Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie.

    L’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte ont rompu début juin leurs relations diplomatiques avec le Qatar, qu’ils accusent de “soutenir le terrorisme” et de se rapprocher de l’Iran, rival régional du royaume saoudien. Parmi eux, les pays du Golfe ont fermé leurs frontières terrestres et maritimes avec le richissime émirat gazier et lui ont imposé de sévères restrictions aériennes.

    “Nous encourageons toutes les parties à calmer les tensions et à s’engager dans un dialogue constructif”, a souligné Heather Nauert. “Nous appelons à nouveau toutes les parties à se concentrer sur l’objectif central régional, et international, de lutte contre le terrorisme”.

    Des responsables américains ont démenti que ces déclarations signalaient un changement de position de Washington, mais elles tranchent toutefois nettement avec les déclarations de Donald Trump, qui avait semblé au départ prendre position au côté de l’Arabie saoudite face au Qatar.

    Le président américain avait ainsi accusé Doha le 10 juin d’avoir, au cours de l’histoire, “financé le terrorisme à un très haut niveau”, faisant écho aux accusations de Ryad.

    Mais le département d’Etat a envoyé des signaux plus nuancés depuis le début de la crise, appelant le Qatar à “répondre aux inquiétudes de ses voisins” tout en demandant à l’ensemble des pays de la région de renforcer la lutte contre le jihadisme et d’assécher le financement des groupes extrémistes.

    (©AFP / 20 juin 2017 23h05)

  8. retrouvé le retour 11 août 2017 à 16:04

    http://www.lalibre.be/debats/opinions/eux-aussi-ont-des-surs-des-femmes-qu-ils-respectent-alors-pourquoi-moi-quand-je-descends-cette-rue-je-recois-leurs-invectives-598d81a8cd70d65d2550b9ae

    Voilà de l’occupation pour le bon roi Philippe !!! lutter contre les moeurs d’un autre temps !! et les états religieux minables du Moyen Orient !! à la romaine ??

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