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Juncker exhorte Macron à réduire la dépense publique

Les Français dépensent trop ! C’est ce qu’a affirmé lundi le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. « Nous sommes confrontés avec la France à un problème particulier, les Français dépensent trop d’argent et ils dépensent au mauvais endroit », a détaillé le président de la Commission européenne à la presse. Bien évidemment, il ne s’agit pas dans ses propos de pointer les doigts les concitoyens français mais les responsables institutionnels. Et encore moins de juger leur mode d’alimentation. Quant à dire si la France est foutue …. parce qu’elle dépense trop …. espérons que Macron sera notre Emmanuel …

C’est d’un ton très ferme, que Jean-Claude Juncker a exhorté le nouveau président élu, Emmanuel Macron à réduire la dépense publique en France, estimant que son niveau actuel n’était pas tenable à terme. Décidément beaucoup de politiques et d’institutions attendent l’ancien ministre de l’Economie au tournant, mais celui-ci en était conscient dès le début de son « aventure politique ».

Observant que « les Français consacrent entre 53% et 57% de leur Produit intérieur brut à leurs budgets publics », Jean-Claude Juncker considère que cette situation « ne peut pas fonctionner dans la durée », compte tenu du niveau relativement élevé de la dette.

Il a estimé que le futur chef de l’Etat français ne pourrait pas compter sur la mansuétude de ses partenaires européens sur ces questions sans offrir de contrepartie. Plus direct encore, il a ajouté qu’il appartient « aux Français de faire un geste en direction des autres » en faisant les réformes nécessaires. Une manière aussi d’indiquer en reprenant une nouvelle fois le terme global de « Français » que l’heure n’est pas aux guerres de clans – telle que celle promue avec véhémence par François Baroin dimanche soir – pour freiner l’action gouvernementale d’ Emmanuel Macron et du parti En Marche ! mais bien à un travail entre commun entre politiques, élus et candidats en vue de redresser la situation économique de la France, bien peu reluisante.

Jean-Claude Juncker a par ailleurs montré une certaine réserve sur le projet d’Emmanuel Macron d’instituer un ministre des Finances de la zone euro.  »Cela annonce une gestation très difficile car tous les Etats de la zone euro ne sont pas d’accord que quelqu’un soit assis à Bruxelles ou ailleurs et décide, au-dessus des Parlements nationaux, de la manière dont les budgets doivent être faits », a-t-il prévenu.

- La France, mauvais élève au sein de l’UE  - 

A noter que ces propos interviennent alors que la Commission doit publier jeudi ses prévisions économiques de printemps pour les pays membres de l’UE, lesquelles seront suivies de recommandations le 17 mai prochain. La France fait figure de mauvais élève alors qu’elle est soumise à une pression de plus en plus forte pour qu’elle respecte les règles européennes, selon lesquelles les déficits publics doivent être en dessous des 3% du PIB.

Précisons que le résultat du déficit public de 2016, publié le 24 mars dernier par l’Insee s’établit à -75,9 milliards d’euros, soit -3,4% du produit intérieur brut (PIB), après -3,6% en 2015. La loi de finances pour 2016 ainsi que la loi de programmation des finances publiques prévoyaient un résultat légèrement inférieur, à 3,3% du PIB. L’objectif n’est donc pas totalement tenu, en raison, notamment, de recettes inférieures aux prévisions, mais il est néanmoins conforme aux recommandations de la Commission européenne. Situation dont s’était alors félicité le ministre de l’économie et des finances, Michel Sapin. « Pour la troisième année consécutive, la France a scrupuleusement tenu ses engagements européens, avait-il fait-il observer.  Ajoutant que « toutes les conditions sont réunies pour que, en 2017, le déficit public revienne sous les 3 %. »

Fin 2016, la dette publique s’est quant à elle quasiment stabilisée, s’élevant à 2 147 milliards d’euros, en hausse de 49 milliards d’euros après 60 milliards en 2015. Elle représente désormais 96 % du PIB, contre 95,6 % fin 2015, soit un accroissement de 0,4 point. Sur la durée du quinquennat de François Hollande, la dette publique aura connu une progression de 6,5 points, contre 25 points durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Rappelons que le candidat Emmanuel Macron a intégré dans son programme une réduction des dépenses publiques de 60 milliards d’euros en cinq ans, via notamment la suppression de 120.000 postes de fonctionnaires. Tout en appelant parallèlement l’Europe à se réformer et souhaitant promouvoir les investissements au sein de l’UE.

- L’Allemagne en ordre dispersé  - 

Le chef de la diplomatie allemande, le social-démocrate Sigmar Gabriel, milite quant à lui pour qu’Angela Merkel et son ministre des Finances Wolfgang Schäuble offrent une marge de manoeuvre à Emmanuel Macron en se montrant plus souple sur les questions budgétaires. Il a ainsi plaidé pour la création d’un Fonds d’investissement franco-allemand en faveur de la croissance, dont il détaillera les contours dans les prochains jours. Ses arguments : Marine Le Pen est assez jeune pour se représenter dans cinq ans … et pourrait alors obtenir la victoire si l’UE ne tend pas la main à Emmanuel Macron en acceptant un déficit plus élevé que prévu.

Reste tout de même à  Sigmar Gabriel à obtenir gain de cause auprès de la chancelière allemande elle-même et de ses ministres conservateurs. « La politique européenne de l’Allemagne est définie par l’ensemble du gouvernement », a d’ores et déjà averti lundi le porte-parole de Angela Merkel, Steffen Seibert.

- Juncker pour une réforme du droit du travail en France dès 2015 - 

Interrogé sur la France en janvier 2015, et notamment sur la question de savoir si la Commission allait accepter d’accorder au pays un délai supplémentaire pour réduire le déficit à 3 % du PIB, Jean-Claude Juncker s’était montré ferme voire menaçant. « Nous voudrions voir la France renforcer ses réformes, en nombre comme en intensité » avait-il alors déclaré. Ajoutant que selon lui,   »la France soufre d’un manque de réformes dites structurelles, de réformes qui portent sur l’essentiel ». Il estimait alors en tout premier lieu qu’elle devait «  soigneusement examiner les faiblesses de son droit du travail ». D’où le discours de Emmanuel Macron à ce sujet   et qui fait frémir les électeurs de Jean-Luc Mélenchon ?

Réaffirmant alors qu’ »il n’y a pas d’autre remèdes que de la consolidation budgétaire », Jean-Claude Juncker n’avait pas exclu de sanctionner la France si son déficit n’était pas réduit. « Un pays ne peut pas échapper aux sanctions s’il ne respecte pas les règles » avait-il averti.

Sources : AFP, Le Monde, Insee

Elisabeth Studer – 08 mai 2017 – www.leblogfinance.com

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12 commentaires

  1. SimonB 9 mai 2017 à 07:59

    On croit rêver! Voilà que le nouveau président se prend déjà sa première fessée…sur fonds d’hymne à la joie ;)
    Quand à Mr Juncker, il sait visiblement comment détourner l’attention, en particulier sur le niveau insensé des dépenses liées au fonctionnement des institutions européennes!

  2. servant jean 9 mai 2017 à 08:50

    Comment ce monsieur – ancien premier ministre luxembourgeois- qui a pratiqué le détournement d’argent vers son pays par le dumping fiscal – aujourd’hui président de la commission Européenne, donc non élu mais avec un pouvoir que nos présidents trop faibles lui ont laissé- peut il se permettre de venir dire à notre nouveau président ce qu’il doit faire et notamment s’attaquer au code du travail. Non, c’est à l’évasion fiscale, à la financiarisation de l’industrie, au lobbying, aux faux pouvoirs qui mettent notre démocratie en danger, que Mr Macron doit s’attaquer. Il se trouve que c’est ce qui caractérise Mr Junker.

  3. Elisabeth Studer 9 mai 2017 à 11:26

    bonjour à tous.
    je trouve moi aussi pour le moins « déplacé » dans tous les sens du terme que Juncker vienne dire à notre nouveau président ce qu’il doit faire et notamment s’attaquer au code du travail.
    C’est même plsu que déplacé, c’est extremement grave au niveau de l’ingerence de l’UE dans le droit français et son économie.

  4. jbbob 9 mai 2017 à 11:30

    Il n’aura pas attendu longtemps Mr Juncker … Si Macron suit la ligne de ce personnage ,alors il risque rapidement de se retrouver dans la meme situation qu’hollande .
    Ce n’est pas l’Europe de l’austérité et de la finance que souhaitent les Français . Que Juncker commence deja par rendre les sommes récupérés par le Luxembourg sur le dos de l’administration fiscale Française.

  5. Elisabeth Studer 9 mai 2017 à 11:59

    De grands patrons soumettent à Macron un « Pacte européen »

    Quatre organisations ou associations patronales ont appelé mardi le président élu Emmanuel Macron à lancer une « grande initiative française » dans le domaine de la construction européenne, critiquée au cours de la campagne présidentielle.

    Les dirigeants du Medef, de l’Afep (Association française des entreprises privées), du Groupe des fédérations industrielles (GFI) et du Cercle de l’industrie, association réunissant des dirigeants de grands groupes français, ont envoyé un courrier au président élu lui proposant un « Pacte européen », à l’occasion de la Journée de l’Europe.

    « Nous savons votre engagement pour l’Europe et votre capacité à redonner vie au projet européen dans un monde en perpétuel changement, plein de menaces mais aussi d’opportunités », écrivent-ils dans cette lettre transmise à l’AFP.

    Emmanuel Macron s’est présenté lors de la campagne présidentielle comme un défenseur de l’Union européenne, face à Marine Le Pen qui proposait une sortie de la zone euro, une éventualité qui effrayait les milieux économiques.

    « L’Europe ne sera forte que si la France assume la place qui est la sienne dans l’Union et la France a besoin pour rayonner d’une Europe compétitive et solidaire », écrivent les signataires de ce Pacte.

    Le document appelle tout d’abord à renforcer « la visibilité et la gouvernance du projet européen », en réconciliant le Parlement européen, les parlements nationaux et les régions.

    Par ailleurs, les signataires demandent d’arrêter les limites de l’Union « pour éviter le caractère anxiogène de l’élargissement permanent », et d’affirmer l’UE comme une grande puissance économique en la dotant d’un « arsenal de défense commerciale réellement dissuasif ».

    Ils plaident aussi pour la mise en place d’un Parlement de la zone euro et la « convergence budgétaire, fiscale et sociale » et appellent enfin à « renforcer le Mécanisme Européen de Stabilité » pour « être prêt à assumer les conséquences d’une éventuelle crise ».

    (©AFP / 09 mai 2017 10h18)

  6. retrouvé le retour 9 mai 2017 à 15:25

    Macron a un ancêtre en Italie le « jeune » Mathéo Renzi, avant nous on avait Poujade !! qui défendait le petit commerce !!
    Le ridicule va certainement finir par tuer pépère Junker !!

    Qui peut croire que nous allons boucher le trou de la dette de Sarko et Cie ?

  7. Elisabeth Studer 9 mai 2017 à 20:15

    oui, impressionnant tout de même les chiffres de Sarko !!!!!!!

  8. retrouvé le retour 9 mai 2017 à 23:25

    Oui et maintenant on a MSU et MRU sans compter le FRU, Le tout arrosé QE à la va j’te pousse !! Donc plus jamais obligé de faire comme Sarko, tout est clair :) :)
    Plus jamais d’état en première ligne !!

  9. retrouvé le retour 10 mai 2017 à 00:12
  10. Elisabeth Studer 10 mai 2017 à 01:40

    oui
    Des centaines d’employés d’un site nucléaire dans l’Etat américain de Washington (nord-ouest) ont été évacués ou ont dû rester confinés mardi après l’effondrement d’un tunnel proche du site rempli de substances contaminées mais aucun signe de fuite radioactive n’a été constaté, selon les autorités.

    « Il y a des inquiétudes à propos d’un affaissement dans le sol couvrant un tunnel ferré près d’une ancienne installation de produits chimiques », a indiqué le département américain de l’Energie dans un communiqué. « Les tunnels contiennent des substances contaminées ».

    Mais « il n’y a pas de signes de fuite pour le moment », a poursuivi le ministère. « Les secouristes sont en train de s’approcher près de la zone où le sol s’est affaissé pour de plus amples inspections visuelles ».

    Les employés du complexe nucléaire de Hanford, à environ 300 kilomètres au sud-ouest de Seattle ont été évacués et ceux travaillant dans des bâtiments un peu plus éloignés ont reçu une alerte de leurs responsables au petit matin leur demandant de « s’assurer que les ventilations étaient fermées » et de « s’abstenir de manger et de boire ».

    Les autorités ont activé les opérations d’urgence mardi à 08H26 heure locale (15H26 GMT). Selon elles personne n’a été blessé.

    Les responsables du site n’étaient pas joignables dans l’immédiat.

    Des travaux sur une route située près du tunnel ont pu provoquer des vibrations qui ont conduit à son effondrement, selon des médias locaux.

    Le site de Hanford avait été à l’origine utilisé pour produire le plutonium utilisé dans les deux bombes nucléaires larguées sur le Japon en 1945, qui ont mis fin à la Seconde Guerre mondiale.

    Par la suite la production nucléaire du site avait été augmentée durant la guerre froide, mais le dernier réacteur a été fermé en 1987.

  11. Elisabeth Studer 10 mai 2017 à 01:40

    Des centaines d’employés d’un site nucléaire dans l’Etat américain de Washington (nord-ouest) ont été évacués ou ont dû rester confinés mardi après l’effondrement d’un tunnel proche du site rempli de substances contaminées mais aucun signe de fuite radioactive n’a été constaté, selon les autorités.

    « Il y a des inquiétudes à propos d’un affaissement dans le sol couvrant un tunnel ferré près d’une ancienne installation de produits chimiques », a indiqué le département américain de l’Energie dans un communiqué. « Les tunnels contiennent des substances contaminées ».

    Mais « il n’y a pas de signes de fuite pour le moment », a poursuivi le ministère. « Les secouristes sont en train de s’approcher près de la zone où le sol s’est affaissé pour de plus amples inspections visuelles ».

    Les employés du complexe nucléaire de Hanford, à environ 300 kilomètres au sud-ouest de Seattle ont été évacués et ceux travaillant dans des bâtiments un peu plus éloignés ont reçu une alerte de leurs responsables au petit matin leur demandant de « s’assurer que les ventilations étaient fermées » et de « s’abstenir de manger et de boire ».

    Les autorités ont activé les opérations d’urgence mardi à 08H26 heure locale (15H26 GMT). Selon elles personne n’a été blessé.

    Les responsables du site n’étaient pas joignables dans l’immédiat.

    Des travaux sur une route située près du tunnel ont pu provoquer des vibrations qui ont conduit à son effondrement, selon des médias locaux.

    Le site de Hanford avait été à l’origine utilisé pour produire le plutonium utilisé dans les deux bombes nucléaires larguées sur le Japon en 1945, qui ont mis fin à la Seconde Guerre mondiale.

    Par la suite la production nucléaire du site avait été augmentée durant la guerre froide, mais le dernier réacteur a été fermé en 1987.

  12. Elisabeth Studer 28 juin 2017 à 00:28

    La Cour des comptes évoque un trou de 9 mds en 2017
    mardi 27 juin 2017 22h03 Imprimer cet article [-] Texte [+]
    L’audit des finances publiques que la Cour des comptes doit rendre public jeudi a identifié un trou de neuf milliards d’euros dans le budget 2017 et de 17 milliards en 2018. /Photo d’archives/REUTERS/Christian Hartmann
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    PARIS (Reuters) – L’audit des finances publiques que la Cour des comptes doit rendre public jeudi a identifié un trou de neuf milliards d’euros dans le budget 2017 et de 17 milliards en 2018 par rapport à la trajectoire des finances publiques du précédent gouvernement, rapporte Le Canard enchaîné à paraître mercredi.

    Les neufs milliards évoqués par l’hebdomadaire satirique, qui dit avoir consulté le rapport de la Cour, correspondent selon les calculs de Reuters à environ 0,4 point de PIB, soit un déficit public atteignant 3,2% du produit intérieur brut (PIB) en fin d’année.

    Un chiffre déjà évoqué par TF1 lundi soir mais que le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a refusé de commenter et également avancé mardi dans un article publié par le site internet des Echos.

    Selon le quotidien économique, qui cite une source proche du dossier, l’audit de la Cour soulignerait l’impact de différents facteurs – dont certains ont été relevés par l’opposition dès la présentation du budget 2017 à l’automne dernier – comme la recapitalisation à venir d’Areva.

    Sont également citées, pour expliquer le décalage entre les prévisions et la situation actuelle, des dépenses sous-budgétées (comme les emplois aidés) ou des recettes moins importantes qu’attendu dans la lutte contre la fraude fiscale au niveau du service qui gère les « repentis fiscaux », le STDR (service de traitement des déclarations rectificatives).

    MESURES D’ÉCONOMIES

    Interrogé mardi par des journalistes en marge d’un déplacement à Paris, Bruno Le Maire a une nouvelle fois botté en touche.

    « Je recommande, même si c’est une lecture peut-être un peu plus aride, de lire le rapport de la Cour des comptes qui sortira jeudi pour avoir des chiffres exacts plutôt que de lire Le Canard enchaîné », a déclaré Bruno Le Maire.

    Son prédécesseur à Bercy, Michel Sapin, contacté par l’hebdomadaire, a déclaré qu’un déficit de 3,2% avait bien été prévu par la direction du Budget en février mais que, pour compenser, le gouvernement avait alors gelé pour 10 milliards de crédits, ce dont la Cour n’aurait pas tenu compte.

    Bruno Le Maire, mais aussi le Premier ministre, Edouard Philippe, et le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, ont multiplié ces dernières semaines les déclarations suggérant que le déficit public de la France serait supérieur aux 2,8% du PIB visés par le précédent gouvernement, voire au seuil de 3% sous laquelle la France s’est engagée à le contenir en fin d’année.

    Pour respecter ses engagements européens et préserver sa crédibilité, l’exécutif – qui a affirmé à plusieurs reprises son intention de ne pas avoir recours à une loi de finances rectificative cet été – prévoit donc des mesures d’économies.

    « Nous ferons avec Gérald Darmanin, au Premier ministre, au président de la République, un certain nombre de propositions qui concerneront tous les secteurs de la dépense publique. On ne va pas passer le rabot sur un ministère ou sur un autre. Il faut que l’Etat, les collectivités locales, les dépenses sociales, chacun fasse un effort », a ainsi déclaré Bruno Le Maire lundi sur TF1.

    « ACCOMMODEMENTS CRITIQUABLES »

    Dans le programme de stabilité présenté mi-avril, le ministre des Finances et le secrétaire d’Etat au Budget de l’époque, Michel Sapin et Christian Eckert, tablaient sur un déficit ramené à 2,8% du PIB en fin d’année mais le Haut conseil des finances publiques (HCFP) s’était à l’époque montré dubitatif.

    La Cour a déjà estimé le mois dernier que les conditions propices de l’année 2016 n’avaient pas été suffisamment mises à profit pour rétablir les finances publiques et que l’accélération durable des dépenses ainsi que des reports de charges et des « accommodements critiquables » faisaient peser « un risque sur l’exécution 2017″.

    Elle avait également estimé que l’accélération des dépenses observée l’an dernier, en lien avec le plan d’urgence pour l’emploi, les recrutements dans la police et l’armée ou encore les effets différés des mesures en faveur des fonctionnaires, se manifesteraient au-delà de l’année 2017.

    De fait, les 17 milliards d’euros manquants pour 2018 évoqués par Le Canard enchaîné représentent un écart de 0,7 point de PIB, ce qui aboutirait à un déficit public à 3,0% en fin d’année, contre 2,3% dans les prévisions du précédent gouvernement.

    Le programme économique d’Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle repose sur un déficit public à 3% du PIB à fin 2017 – un niveau comparable aux prévisions des grands organismes internationaux – et prévoit de maintenir le solde public sous ce seuil des 3% (hors mesures exceptionnelles) tout au long du quinquennat.

    Le chef de l’Etat a présidé mardi une réunion ministérielle sur la situation des finances publiques à l’Elysée, avec Edouard Philippe, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin.

    (Myriam Rivet, édité par Simon Carraud)

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