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Grèce : adoption par le Parlement de nouvelles mesures d’austérité malgré d’amples manifestations

Elisabeth Studer Actualités, Economie Un commentaire

Les Grecs vont une fois de plus se réveiller avec la gueule de bois. En vue de satisfaire ses créanciers réunis dans une troïka  - la Banque centrale Européenne, la Commission européenne et le Fonds Monétaire International – le Parlement grec a adopté dans la nuit de jeudi à vendredi de nouvelles mesures d’austérité qui seront appliquées dans le cadre des budgets 2019 à 2021. Athènes espère ainsi obtenir en contrepartie le versement d’une nouvelle tranche de prêts internationaux, militant parallèlement pour un allègement de sa dette.

Les principaux articles de la loi qui comprennent de nouvelles coupes dans les retraites et des hausses des impôts, ont été approuvés par la faible majorité de la coalition gouvernementale, soit 153 députés de la gauche Syriza d’Alexis Tsipras et du petit parti souverainiste Anel. Selon un vice-président du Parlement, sur 281 députés présents, 128 ont voté contre.

Une grande majorité des députés, tant ceux de la droite de la Nouvelle-Démocratie que les communistes du KKE, ont voté en faveur de deux articles prévoyant la suppression des avantages fiscaux des députés et la réduction de la TVA pour équipement agricole de 24 à 13%.

L’adoption de ces mesures constitue un prérequis pour le déblocage d’une tranche de 7 milliards d’euros du plan d’aide en vigueur (2015-2018), qui serviront notamment à rembourser quatre milliards d’euros à la BCE le 20 juillet prochain.

Le vote est intervenu alors que selon la police, plus de 10.000 personnes, ont manifesté jeudi soir à Athènes pour protester contre le projet de loi, à l’appel des syndicats, notamment celui du Pame, proche du parti communiste grec KKE.

Selon des images diffusées en direct pas des médias, des incidents ont éclaté vers 20H00 locales (17H00 GMT) sur la place Syntagma, dans le centre de la capitale grecque. Un groupe de jeunes cagoulés a lancé des cocktails Molotov en marge d’une manifestation devant le Parlement. La police a riposté en tirant des gaz lacrymogènes.

Mercredi, 16.000 personnes avaient manifesté à Athènes et Thessalonique dans le cadre d’une grève de 24 heures observée par les syndicats du privé et du public.

Sources : AFP, Reuters

Elisabeth Studer – 18 mai 2017 - www.leblogfinance.com

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  1. ES 26 mai 2017 à 12:04

    ttentat Papademos: la Grèce inquiète de la résilience de l’extrémisme local

    Des experts de la police scientifiques relèvent des indices sur la voiture de l’ex-Premier ministre grec Lucas Papademos blessé par une lettre piégée, le 25 mai 2017 à Athènes / © AFP / Angelos Tzortzinis
    La police grecque s’alarmait vendredi de la résilience de l’extrémisme local, au lendemain de l’attentat à la lettre piégée qui a légèrement blessé l’ex-Premier ministre et banquier Lucas Papademos, dans le fil d’actions anarchistes visant les créanciers du pays.

    Les services anti terroristes saisis de l’enquête tentaient dans l’immédiat de comprendre comment la lettre a échappé aux contrôles de sécurité prévus pour la correspondance des décideurs politiques et économiques, a indiqué une source policière à l’AFP.

    La police n’a pas encore précisé si l’envoi contenait un explosif ou de la poudre à pétards. Ce dernier matériel avait été utilisé en mars pour des envois piégés contre le ministère allemand des Finances et le bureau du FMI à Paris, où une employée avait été légèrement blessé.

    Le groupe anarchiste grec Conspiration des Cellules de feu avait revendiqué l’action de Berlin, et les enquêteurs lui ont imputé celle de Paris.

    Huit autres lettres piégées — adressées notamment au commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici et au chef de file de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem — avaient été interceptées dans la foulée dans un bureau postal athénien.

    L’attaque contre M. Papademos “ressemble” à ces actions, même si la police n’exclut aucune piste, a souligné la même source policière.

    Elle a jugé que l’attentat était avant tout “symbolique”. L’impact a été amplifié par “l’espace confiné” où s’est produit la déflagration, alors que M. Papademos et ses deux gardes du corps, également légèrement blessés, circulaient en voiture à Athènes, jeudi soir.

    - “Radicalisation” de crise -

    M. Papademos, 69 ans, a dirigé le gouvernement de coalition formé en Grèce entre 2011 et 2012, au pic de la résistance des Grecs à la cure d’austérité imposée par l’UE et le FMI. Il avait auparavant piloté le passage grec à l’euro à la tête de Banque de Grèce de 1994 à 2002.

    Également ex-vice président de la Banque centrale européenne, il restait hospitalisé vendredi à “titre préventif”, selon la police. Victime de brulures à la tête et au torse, il a été opéré dans la nuit pour une blessure à la cuisse, a précisé l’hôpital.

    Dans l’attente d’une revendication, la police redoutait d’autres envois piégés, et a renforcé les contrôles sur la correspondance.

    Que la nébuleuse extrémiste locale “continue à agir” en dépit de nombreuses arrestations ces dernières années, et qu’elle “réussisse fasse preuve d’expertise et d’expérience est un problème”, a reconnu la même source policière.

    “Les conditions socio-économiques du pays favorisent le recrutement” extrémiste et la “radicalisation” des contestataires, a-t-elle déploré.

    L’attentat intervient après l’adoption par le pays de nouvelles mesures d’austérité d’un montant de 4,9 milliards d’euros prorogeant jusqu’en 2021 la purge qui a frappé de plein fouet la société grecque depuis le déclenchement de la crise de la dette en 2010.

    Le virage pragmatiste du Premier ministre de gauche, Alexis Tsipras, élu au départ pour en finir avec la rigueur, le maintien d’un chômage record, la paupérisation de larges pans de la population ont rompu ces derniers mois la fragile paix sociale.

    Dans sa revendication de l’action contre le ministre allemand des Finances, le groupe Conspiration avait affirmé agir dans le cadre d’un plan “Nemesis” (justice en grec) visant “le système de pouvoir”.

    Le groupe, dont une dizaine de membres ont été condamnés et purgent de lourdes peines de prison, figure sur la liste des organisations terroristes établie par Washington.

    Il avait déjà signé une série d’envois piégés à des ambassades en Grèce et à des dirigeants européens en 2010.

    Se prévalant de collaborer avec les anarchistes italiens de la FAI (Fédération Anarchique Informelle), la Conspiration s’était mise en sommeil en 2011, avant d’annoncer “son retour” en 2014.

    Selon la police, le nom de M. Papademos figurait aussi sur une liste de personnalités retrouvées en janvier au domicile d’une extrémiste arrêtée après quatre ans de cavale

    Paula Roupa dirigeait avec son compagnon Nikos Maziotis –emprisonné– le groupe Lutte révolutionnaire (EA). Il a revendiqué avec une réthorique d’extrême-gauche plusieurs attentats non meurtriers entre 2003 et 2014, le dernier en date à la voiture piégée contre le siège de la banque de Grèce.

    (©AFP / 26 mai 2017 11h26)

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