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La BCE ravie de la victoire d’Emmanuel Macron

Elisabeth Studer Actualités, Economie Un commentaire

Emmanuel Macron, le candidat des banques ? Alors que l’ancien banquier d’affaires de Rothschild est devenu dimanche le nouveau locataire de l’Élysée, le français Benoît Coeuré –  membre du directoire de la banque centrale européenne (BCE) et bras droit de Mario Draghi – n’a pas caché sa satisfaction de voir arriver au pouvoir le candidat d’En Marche !

Rappelons que le candidat Emmanuel Macron a intégré dans son programme une réduction des dépenses publiques de 60 milliards d’euros en cinq ans, via notamment la suppression de 120.000 postes de fonctionnaires. Tout en appelant parallèlement l’Europe à se réformer et souhaitant promouvoir les investissements au sein de l’UE. En cas d’échec, il pourrait même ouvrir la voie à des aides européennes. En cas de déstabilisation des marches financiers, la BCE s’est également engagé à faire un effort. Au final, que cela soit via une aide à l’Etat français, via des emprunts aux entreprises en vue de permettre la relance de l’investissement ou via une politique monétaire destinée à stabiliser la zone euro, les banques seront de toute manière le grand gagnant de la situation …

Fin 2016, la dette publique de la France s’est certes quasiment stabilisée, s’élevant à 2 147 milliards d’euros, en hausse de 49 milliards d’euros après 60 milliards en 2015. Elle représente néanmoins désormais 96 % du PIB, contre 95,6 % fin 2015, soit un accroissement de 0,4 point. Sur la durée du quinquennat de François Hollande, la dette publique aura connu une progression de 6,5 points, contre 25 points durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

N’oublions pas également que parmi les divers scenarii envisagés par l’Union européenne, le Mécanisme européen de stabilité (MES) et le FMI en vue d’alléger le poids de la dette de la Grèce, figurerait notamment un allongement des maturités de la dette grecque et le versement à la Grèce – via l’intermédiaire des gouvernements européens – des bénéfices réalisés sur les obligations souveraines grecques par la Banque centrale européenne (BCE) et les banques centrales nationales. Car même si les finances de l’Etat grec sont dans un état plus que préoccupant, cela n’a pas empêché jusqu’à présent banques et établissements financiers d’obtenir rémunérations de leur – certes très précieux – soutien.

En tout état de cause, l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence française est une très bonne nouvelle pour l’Europe, a ainsi affirmé vendredi en Italie  Benoît Coeuré. « Il y a un soulagement général dans le G7 de voir que la France a fait le choix d’une stratégie européenne et c’est un sentiment partagé par la BCE », a-t-il déclaré en marge d’une réunion des ministres des Finances et des banquiers centraux du G7. Selon Benoît Coeuré, « les Français ont fait le choix de l’intégration européenne et de la monnaie unique » et ce choix donne un « mandat fort » au président français élu « pour réformer la zone euro », afin de la rendre « plus forte ».

Selon le membre du directoire de la BCE, certaines propositions du programme d’Emmanuel Macron – comme le renforcement de la gouvernance économique de la zone euro – vont dans le sens de ce que la BCE souhaite. La Banque centrale européenne a « intérêt à avoir un pôle économique plus fort dans la zone euro, c’est quelque chose que l’on souhaite voir arriver », a-t-il argumenté.

Le 23 avril dernier, en marge des réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, Ignazio Visco, membre du conseil des gouverneurs de la BCE, avait indiqué pour sa part que la Banque centrale européenne pourra fournir des liquidités aux banques en cas de turbulences sur les marchés financiers après le premier tour de l’élection présidentielle en France. Ajoutant toutefois que la BCE sortirait en revanche de son mandat si elle s’efforçait de limiter une éventuelle hausse des coûts d’emprunt des pays membres de la zone euro. Afin de soutenir l’inflation et l’activité dans la région, la BCE achète chaque mois pour 60 milliards d’euros d’actifs, essentiellement des obligations d’Etat sur le marché secondaire, mais les traités de l’Union européenne lui interdisent de financer directement des Etats.

Ignazio Visco et son homologue de la banque centrale d’Autriche, Ewald Nowotny, avaient alors déclaré que la BCE était prête à venir en aide aux banques en recourant à ses liquidités d’urgence via le mécanisme ELA, comme elle l’a fait pour les banques grecques. Ils s’étaient néanmoins dits certains que cela ne serait pas nécessaire. « S’il devait y avoir des problèmes de type liquidités pour des banques françaises en particulier, alors la BCE dispose de (…) ELA, mais nous ne nous attendons pas bien sûr à des mouvements spéciaux », avait alors affirmé Ewald Nowotny à Washington.

Sources : AFP, Reuters

Elisabeth Studer – 14 mai 2017 – www.leblogfinance.com

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1 commentaire

  1. retrouvé le retour 14 mai 2017 à 21:19

    « Car même si les finances de l’Etat grec sont dans un état plus que préoccupant, cela n’a pas empêché jusqu’à présent banques et établissements financiers d’obtenir rémunérations de leur – certes très précieux – soutien. »
    Faire l’Europe c’est foutre dehors les Anglais. (En prenant bien soin de verrouiller les fenêtres !!) C’est en bonne voie !!
    Mettre Un 3ème voir 4ème pipe dans la Baltique pour les hydrocarbures russes .
    Fermer les bases des USA et foutre de grosses baffes aux états religieux du Moyen Orient.
    Tous les artifices comptables sont débiles !!

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